‹ Les maladies mentales dans l'œuvre de Courteline [microforme]Chapitre 10 sur 23 · SUR · texte numérisé non relu

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au bureau et que l'incessante terreur d'être enfin flanqué à la porte hante, poursuit, torture, martyrise d'un bout de la journée à l'autre? Eh bien! monsieur, c'est ure chose épouvantable, et voit ma vie cependant... Tous les matins, je me raisonne: je me dis Va au ministère, voilà plus de huit jours que tu n'y es alé!" 7 habille alors et je pars, je cingle vers le ministère. Mais ouiche! J'entre à la brasserie, je prends un bock, deux bocks, trois bocks!... je regarde marcher l'horloge, pensant : Quand elle marquera l'heure, je me rendrai à mon bureau, et quand l'horloge à marqué l'heure, j'attends qu'elle marque le quart, et quand elle à marqué le quart, j'attends qu'elle marque la demie, et quand elle à marqué la demie, je me dis * Ce n'est pas possible, il est trop tard! ... J'aurais l'air de me ficher du monde. Quelle existence!” [1 continue, d'une voix mouillée : “Moi qui avais un si bon estomac, un si bon sommeil, une si belle gaieté!! Je ne prends plus de plaisir à rien!! Tout ce que je mange me semble amer comme du fel!... J'ai une fièvre. .…., j'ai maigri de Vingt livres depuis que je ne suis jamais au ministère!!!" Son existence est partagée entre l'horreur du bureau et l'effroi de sa mise en disponibilité, I relève son pantalon, et continue : “Regardez plutôt mes mollets, si on ne dirait pas des bougies! ... Et si vous pouviez voir mes reins! des vrais reins de chat écorché:...c'est lamentable! Tenez,—ncus sommes entre hommes, nous pouvons nous dire cela—, ce matin, j'ai eu la curiosité de regarder mon derrière dans la glace—, Eh bien! J'en suis encore malade, rien que d'y penser. Quel spectacle!! Un pauvre petit derrière de rien du tout, gros à peine comme les deux poings... je n'ai plus de fesses, elles ont fondu. Le chagrin, naturellement, les angoisses continuelles, les affres!... Avec ça, je tousse la nuit, j'ai des tr-nspirations, je me lève des cinq à six fois pour aller boire au pot-à-l'eau. Ça finira mal, tout cela. ça me jouera un mauvais tour!” Le directeur, svmpathique, lui conseille

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un traitement héroïque, pourtant bien simple : V’enez au bureau, M. Badin ?— Non, monsieur, je ne peux Pas Y venir, c'est plus fort que moi, je n'aime pas ça!!!” ,. La scène se termine sur une COMparaison que fait M. Badin, entre ses collègues qui ne donnent à l'administration, que leur zèle, leur activité, leur intelligence et leur temp, et lui-même qui lui donne sa vie. Le directeur, espérant que son employé va lui remettre sa démission, reste stomaqué quand celui-ci, Pour finir, lui demande une augmentation!!!

Messieurs, j'en ai fini avec la neurasthénie. Nous allons voir Maintenant les troubles mentaux dans les dégénérescences.

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