I. Symptômes
Les expressions cliniques de l’infection tuberculeuse diffèrent, suivant les espèces considérées et il est, indispensable d’étudier successivement la maladie chez chacune d’entre elles. On examinera ainsi les symptômes de la tuberculose chez les bovidés, chez le mouton et la chèvre, chez le cheval , chez le porc, chez les carnassiers et chez les oiseaux.
Pour chacune des espèces considérées, les aspects cliniques sont variables encore suivant chacune des diverses localisations, suivant l’étendue, la forme et l’àge des lésions. Toutes les parties de l’organisme peuvent être envahies, les déterminations se mon-
SYMPTÔMES
trant isolées ou irrégulièrement associées. Une étude clinique complète des formes tuberculeuses, qui obligerait à mentionner les signes propres à chaque localisation, ne saurait être ici tentée; seuls, les types habituels seront décrits en détail ; les autres seront indiqués seulement ou différenciés par leurs manifestations essentielles.
§ 1. — Tuberculose chez les Bovidés (1).
On peut distinguer, quant au mode de l’évolution, une tuberculose chronique évoluant en foyers localisés et une tuberculose aiguë généralisée. Cette dernière forme n’est guère observée que comme une complication d’une tuberculose locale.
Les formes chroniques se classent facilement d’après la localisation des lésions ; on distingue ainsi une tuberculose thoracique, une tuberculose abdominale, des tuberculoses des ganglions, du système nerveux central, des organes des sens (œil et oreille), des organes génitaux, de la mamelle, de la langue, des articulations et des os, de la peau et des muscles.
Ces diverses localisations évoluent isolément ou se trouvent différemment associées sur un même sujet.
a. Tuberculose thoracique. — Les manifestations de la tuberculose thoracique sont variables, suivant que les lésions siègent exclusivement ou prédominent sur le poumon, sur les séreuses (plèvre ou péricarde) ou sur les ganglions.
I. Tuberculose pulmonaire. — La localisation pulmonaire, la pins fréquente de beaucoup, évolue lentement et reste muette pendant un long temps.
Le premier symptôme consiste en une toux petite, sèche, un peu sifllantc, à quintes courtes; elle se produit sous l’influence de causes occasionnelles légères, le matin et le soir, sous l’impression de l’air froid, pendant les repas, à la suite d’une irritation laryngienne due aux poussières des fourrages, pendantla déglulilion des boissons froides, encore au début du travail ou après un exercice de quelques instants à une allure rapide. Chez les animaux de travail, on observe en outre un essoufflement rapide pendant les eflorls du tirage. Les vaches atteintes deviennent parfois « laurelières » ; elles se montrent inquiètes, indociles et elles poussent des beuglements prolongés; laissées en liberté, elles sautent sur leurs
9) Ib,S'. Sijmpionm'oloijie (1er Tuberculose des Bindes. Schweizer Arcliiv, 1 889, p. 153- Caustf.n IIahms. L 'rfahrungen übee RtriUerkrankheiten, I vol., Berlin, I8UU.
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voisines ; on constate chez elles une tuméfaction des lèvres de la vulve et du clitoris, ainsi qu’une sensibilité extrême des reins à la pression. La fécondation n’est presque jamais obtenue (1).
La température reste normale, mais à certains moments, et à des -intervalles irréguliers, on note une hyperthermie subite de 1°-1°,5 qui persiste pendant 24-36 heures.
Chez les jeunes animaux, on remarque, dès le début, des modifications de l’état général ; la croissance est notablement retardée ; les malades restent plus petits et plus maigres que- leurs compagnons •de même âge. Chez les adultes, au contraire, les signes généraux font souvent défaut; l’embonpoint se maintient et l’engraissement • est obtenu; la sécrétion du lait persiste; les bêtes pleines donnent des foetus viables et de bonne apparence.
L’exploration du thorax, par la percussion et l’auscultation, est impuissante à déceler les lésions commençantes.
En de nombreux cas, les accidents restent ainsi limités pendant plusieurs mois; en d’autres, ils progressent et des manifestations nouvelles sont observées. Les bêtes de travail et les vaches laitières maigrissent rapidement; le poil est terne et piqué; la peau, adhérente et sèche, est accolée aux tissus sous-jacents, surtout au niveau des dernières côtes, et le pli formé ne s’efface que lentement. Les animaux soumis à l’engraissement « ne profitent pas » ; ils conservent à peine leur état d’embonpoint en dépit de tous les soins. L’appétit devient irrégulier, capricieux; on observe de la perversion du goût ; les malades lèchent les murailles, mangent la terre et le fumier. La rumination est tardive, longue, irrégulière ; •on note fréquemment, après le repas, une météorisation passagère. Les muqueuses sont pâles, anémiées; la peau, au niveau du périnée et des mamelles, présente les mêmes caractères. L’œil est terne; la physionomie exprime la tristesse. La température présente des exacerbations brusques et passagères ; parfois aussi elle .monte régulièrement, vers le soir, jusqu’à 40°, 5, pour revenir le .matin à la normale. Le lait est modifié dans sa qualité; le liquide est séreux, bleuâtre, de saveur salée ; puis, la sécrétion diminue pour disparaître graduellement.
La respiration est modifiée dans son rythme et dans sa fréquence;
(l) La valeur de ce symptôme, admise par presque tous les auteurs, est loin d’être absolue. « La nymphomanie et la tuberculose, dit Carsten Hakjis (Loc. cit p. 100), ne se trouvent pas nécessairement associées, et Rychener l'avait très justement remarqué, .l’ai trouvé des tubercules dans l’ovaire chez des vaches qui n’avaient jamais présenté de nymphomanie, tandis qu’à l’autopsie de bêtes nymphomanes je n’ai trouvé aucun tubercule. »
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elle est accélérée, courte, entrecoupée; souvent, à la fin de l’expiration, un sillon se creuse au niveau de l’hypochondre, depuis le liane jusqu’au sternum. La toux est de plus en plus fréquente; elle reste rauque, quinteuse, sifflante; sèche dans certaines formes, elle s’accompagne dans d’autres du rejet de mucosités qui, lancées dans l’arrière-bouche, sont dégluties après quelques mouvements de mâchonnement. Projetées par les cavités nasales ou par la bouche, les matières rejetées forment une masse visqueuse, épaisse, de couleur jaunâtre. Les pressions exercées au niveau des intercostaux, ainsi que les coups portés sur le thorax, provoquent la» plainte et un accès de toux. Les reins se montrent sensibles aux pressions et l’affaissement de la région est encore une cause déterminante de la toux.
La percussion permet de délimiter des zones de matité ou de submatité en différents points; en de nombreux cas d’ailleurs, les indications fournies sont peu précises, en raison de la dissémination, des lésions ou de leur localisation dans des régions inexplorables. A l’auscultation, on trouve le murmure respiratoire affaibli ou imperceptible en divers points, augmenté et rude en d’autres ; des râles sibilants sont perçus dont le siège se déplace fréquemment. La présence des vomiques voisines de la plèvre est indiquée par une résonance tympanique à la percussion, par du souffle caverneux el du gargouillement. Rarement un bruit de souffle véritable est constaté; il coïncide avec un agglomérat de tubercules ayant envahi en totalité le tiers inférieur de l’un des lobes.
En môme temps que ces signes locaux on observe, chez quelques malades, une tuméfaction de certains groupes ganglionnaires,, notamment des ganglions sous-glossiens, parotidiens ou cervicaux (supérieur, moyen, inférieur). (V. Tuberculose ganglionnaire).
Dans une dernière période, la cachexie tuberculeuse est complète. L’amaigrissement est extrême; les masses musculaires sont atrophiées; toutes les saillies osseuses se dessinent nettement; la peau est soudée aux os; le poil est terne et hérissé. L’animal reste presque constamment debout, la tête allongée sur l’encolure, les coudes écartés du tronc, comme pour faciliter la dilatation du thorax. L’expression de la face traduit l’anxiété et l’abattemenf : les yeux, larmoyants et chassieux, s’enfoncent dans les orbites.
L hyperthermie est continuelle chez quelques malades et la température atteint, vers le soir, 41°; chez d’autres, on observe des accès fébriles qui persistent pendant un, deux ou trois jours, puis la température retombe un peu au-dessous de la normale.
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La respiration est très courte, précipitée, saccadée ; le moindre déplacement occasionne un essoufflement extrême ; l’animal refuse d’avancer; il reste anhélant, la tête allongée, la bouche ouverte et la langue pendante. La toux est fréquente, faible, douloureuse; le pincement de la colonne vertébrale ou la pression du thorax provoquent des quintes répétées. Un jetage jaunâtre, grumeleux, d’odeur fétide, s’écoule continuellement. La percussion dénote des zones étendues de matité et de sub-matité; souvent elle permet de reconnaître la présence de cavernes superficielles. A l’auscultation, on constate la disparition du murmure respiratoire, des râles sibilants, des souffles et du gargouillement bronchique.
La compression des oreillettes ou des Ironcs veineux par des masses tuberculeuses a pour conséquence la réplétion des jugulaires, du pouls veineux et des œdèmes du fanon et des membres.
Les troubles digestifs sont constants; l’appétit est à peu près nul; l’ingestion des fourrages provoque aussitôt du météorisme; une diarrhée albumineuse permanente s’établit. Les malades succombent pendant un accès fébrile, ou encore par épuisement avec une hypothermie de 1-2°.
tl. Tuberculose de la trachée et du larynx (1). — Cette forme* coexiste généralement avec d’autres localisations, mais elle peut évoluer seule ou constituer l’expression dominante de l’infection.
La respiration est ronflante, accompagnée d’un bruit de cornage et d’un râle intermittent, dû à l’agitation des mucosités par le passage de l’air. La toux est fréquente ; on la provoque facilement en tirant sur la langue, ou encore par une faible pression exercée sur le larynx. La tête est étendue sur l’encolure et ses déplacements latéraux sont pénibles.
L’exploration de la région permet d’apprécier l’épaississement diffus des parois laryngiennes ou la présence d’une tumeur délimitée. En quelques cas, l’examen par la cavité buccale montre des tumeurs ou des ulcérations de la muqueuse.
Les ulcérations trachéales sont décelées seulement par la sensibilité à la pression et par le rejet de muco-pus lors des accès de toux.
III. Tuberculose de la plèvre et du péricarde. — L’envahissement des plèvres, qui coexiste fréquemment avec la tuberculose du poumon, est aussi observé isolément.
La localisation pleurale reste insoupçonnée le plus souvent ; elle se traduit uniquement par une toux courte, sèche, toujours faihle.
(I) Hess. — Tuberkulis ? des Kehlkopfes bei einer Kuh. Schweizer Archiv. 1883, p. 268.
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line diminution de la résonance thoracique n’est constatée que très exceptionnellement, alors que les néoformations ont acquis un volume considérable. Le bruit particulier de « frottement perlé » ( Perlenreiben ou Perlenschaben de Vogel) reste inappréciable en de nombreux cas et il ne possède qu’une valeur diagnostique restreinte. Les symptômes généraux et la fièvre manquent presque toujours; alors seulement que l’extension s opéré parpoussées successives, il existe des accès fébriles coïncidant avec, une toux pleurétique, de la dyspnée et de la sensibilité du thorax à la percussion et à la pression.
h. Tuberculose abdominale. — Les altérations portent sur le péritoine, sur les ganglions, sur le foie, la rate, 1 intestin... Les localisations sont différemment associées entre elles; elles coïncident ou non avec des manifestations thoraciques de même type; ainsi coexistent les tuberculoses du poumon et du loie, celles de la plèvre et du péritoine....
La tuberculose du péritoine n’est exprimée par aucun signe constant et elle est rencontrée à un haut degré chez des animaux gras el en santé apparente. L’exploration rectale peut déceler une tuméfaction des ganglions ; d’autre part, les tubercules sont reconnus par le toucher extérieur alors qu’ils siègent sur le feuillet pariétal, au niveau de la panse. (Hess.)
La présence d’ulcères tuberculeux de Y intestin coïncide avec de la diminution de l’appétit, du météorisme, des coliques intermittentes; puis surviennent de l’amaigrissement et des alternatives de constipation et de diarrhée.
Les altérations du foie et de la rate restent muettes ou provoquent seulement un peu d’ascite. L’envahissement du rein et de la vessie se traduit généralement par de l’hématurie chronique et un amaigrissement progressif.
c. Tuberculose ganglionnaire. — En outre des tuméfactions des ganglions cavitaires ou périphériques, consécutives aux diverses localisations tuberculeuses, on observe aussi une forme caractérisée par un envahissement, général ou partiel, du système ganglionnaire (1).
(I) C’est probablement la tuberculose ganglionnaire qui est décrite, par Ayhault : Désaffections scrofuleuses da?is L'espèce bovine. Recueil de méd. vét., 1855, p. 4x1. Connue dans le Poitou, sous les noms {fournée ou aumailles , la maladie est exprimée par des tumeurs froides, indolores, roulant sous la peau, qui siègent aux environs des glandes salivaires, au fanon, sur les maxillaires inférieurs et le long des tendons fléchisseurs du pied.
Godbille. — Un cas de lymphangite tuberculeuse externe chez un bo:uf — Bulletin de la Soc. centr. de méd. vét., 1808, p. -JOt).
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Les ganglions superficiels augmentent de volume; ils forment des tumeurs dures, légèrement mobiles, peu douloureuses à l’exploration, de la grosseur d’un œuf à celui de la tète d’un enfant. Les masses le plus ordinairement envahies sont celles de l'auge, de la parotide, du liane, du grasset, très rarement celles du coude, de l’épaule, de l’aine. Il existe quelquefois des engorgements des. vaisseaux lymphatiques dans le voisinage des ganglions envahis..
La tuberculisation des ganglions cavitaires provoque des troubles fonctionnels divers. La tuméfaction des ganglions bronchiques et médiastinaux occasionne des météorisations qui apparaissent réguliè renient, peu après le repas ou dès le début du travail, quels que soient le mode d’alimentation des animaux et la quantité des matières ingérées. On observe après quelque temps une toux faible, courte et sèche et une tuméfaction des ganglions de l’auge. La peau devient sèche et adhérente ; l’amaigrissement progresse ; la sécrétion du lait diminue.
L’envahissement des ganglions mésentériques a aussi pour conséquence du météorisme peu prononcé, sans retard ni gêne appréciable de la rumination. (Quittant.)
d. Tuberculose des organes génitaux. — 1. Male (1). — Frank a observé une tuberculisation du pénis, du cordon et du testicule, sur un taureau qui communiqua la maladie à plusieurs vaches. Sur la muqueuse du pénis apparaissait, de temps à autre, une éruption analogue à celle de l’exanthème coïtai. La nature des accidents fut contrôlée par l’inoculation au lapin et par la constatation des bacilles.
Moulé a rencontré des tubercules nombreux, disséminés à la surface et dans la masse des testicules et sur la verge. Il existait des tubercules dans le poumon et des ulcères sur la trachée et sur le pharynx. Perroncito constate, chez un taureau de trois ans, atteint de tuberculose généralisée, un envahissement de la gaine vaginale, du cordon et du testicule par de nombreux tubercules fibreux.
Eber signale une tuberculose primitive du pénis et du fourreau chez un bœuf qui ne présente aucune autre localisation. Tout le
(1) Observations de Schlotterer et de Walley (citées par Lydtin). — Frank. — Gôring’s Notizen ans den Jahresb. aer bayer. Thitrarzle pro 1888. Deutsche Zeitsohr. fur Thierrn., t. XVI, 1890, p. 281. — Moulé. — Comptes rendus du 2e congrès pour l’étude de la tuberculose, 1891, p. 767. — Eber. — liin Fa/l von primarer Tuberculose des Pénis. Deuts. Zeitschr. fur Thierrn., t. XVIII, 1892, p. 188. — Perroncito. — Un easo di tuberco/osi dei teslicoli in un torello. Giornale di uied. veter., 1892, p. 51. — Krautheim. — Tuberculose am Pénis. Wochenschr. fur Thierh., 1894.
SYMPTÔMES
repli cutané emprisonnant l’extrémité libre du pénis est infiltré, épaissi et parsemé de nodosités arrondies, dures, de la grosseur d’une noisette, à parois fibreuses et à contenu caséeux. Deux masses tuberculeuses siègent en outre en arrière, au niveau du corps du pénis. La muqueuse a conservé, au niveau des tumeurs, sa teinte rose normale; la peau est considérablement amincie. Dans une observation de Ivrautheim il existe, sur le gland, de petites masses tuberculeuses; aucune autre localisation tuberculeuse n est découverte à l’autopsie.
La tuberculose de la prostate est mentionnée par brauenholtz ( 1) chez un animal présentant des lésions généralisées. L organe, rempli de foyers caséeux, atteignait le poids de dix livres et demie.
IL Femelle (2). — Les lésions portent à la lois sur la muqueuse vaginale, sur l’utérus et sur l’ovaire.
La tuberculose du vagin est observée, par Frank, chez plusieurs vaches saillies par un taureau affecté de tuberculose du pénis. Huit à quatorze jours après le coït, on note une coloration rouge et l’infiltration de la muqueuse vaginale, accompagnée de mouvements fréquents de la queue. Après deux ou trois jours apparaissent des élevures, de la grosseur d’une lentille, qui se remplissent d’abord d’un liquide jaune, puis d’une matière purulente qui se concrète peu à peu. Beaucoup d’élevurcs se desquament et se cicatrisent spontanément, d’autres persistent, tandis que de nouvelles évoluent à leur voisinage. L’évolution continuant, les parois du vagin sont totalement envahies par des noyaux caséeux; les lèvres cutanées de la vulve également envahies, ont une épaisseur de deux centimètres, line des vaches fut affectée plus tard de tuberculose généralisée.
La tuberculose de 1 utérus provoque les accidents propres à la métrite purulente chronique, avec écoulement permanent de mucopus. Parfois aussi le col est complètement fermé et le catarrhe fail défaut. Par l’exploration rectale, on trouve l utérus volumineux, sous forme d’une masse dure et rigide.
La tuberculose de Yovaire, localisée ou étendue aux trompes et à l’utérus, provoque souvent la nymphomanie. Les lésions soupçonnées sont assez exactement appréciées par l’exploration rectale.
e. Tuberculose de la mamelle. — La tuberculose envahit le
(1) Fradenholtz. — Prostatilis (uberculosa einer Oc/isen. Preuss. Mittheil. , t. M, 1881, p. 69.
(2) Eggeung. Metritis chronica et tubereulosa bei Rindern. Preuss. Mittheil., t. X I , 1881, p. 68. — Frank. — Loc. cit.
T U B E RC 1 1 LO S K •
plus souvent un seul quartier, de préférence un quartier postérieur, plus rarement les deux quartiers postérieurs ou une moitié de la glande (1). Elle débute par une tuméfaction indolore, dilï'use ou localisée en foyers. Le quartier affecté, et c’est là un signe caractéristique, continue à donner un lait d’apparence normale et seulement diminué dans sa quantité.
Peu à peu, la tuméfaction se densifie et il persiste des noyaux indurés, « durs comme la pierre » ; parfois aussi on trouve un peu d’œdème du tissu conjonctif sous-cutané. Alors que les quartiers postérieurs sont atteints, les ganglions inguinaux superficiels sont toujours durs et augmentés de volume.
Pendant un mois environ, l’état reste stationnaire, puis la sécrétion laiteuse se modifie. Le liquide perd progressivement ses caractères ; il se transforme en un liquide séreux, de couleur jaunâtre, renfermant quelques llocons et sécrété souvent en très grande quantité. Alors que les diverses mammites aboutissent, après la disparition des phénomènes aigus, à une atrophie de la glande, la mammite tuberculeuse a pour conséquence une augmentation persistante du volume et de la densité de l’organe. Cet état persiste indéfiniment; la sécrétion d’un lait aqueux continue, tandis que les quartiers restés sains donnent un laitjaune, épais et crémeux.
f. Tuberculose du cerveau et de la moelle. — L’extension des lésions aux méninges cérébrales (2) provoque des accidents variables dans leur expression suivant le siège des tumeurs et la rapidité de l'évolution. Les premiers signes consistent en un état d’hébétude, bientôt suivi de troubles de la locomotion. Le malade reste longtemps couché; il se relève difficilement, reste sur les genoux pendant quelque temps, pour retomber parfois. A une période plus avancée, il se produit des contractures des muscles du cou et de l’opisthotonos; les accès, provoqués d’abord par l’extension forcée de la tête, se montrent ensuite en l’absence de toute cause appréciable. Des paralysies locales s’établissent; la langue pend hors de la bouche, la déglutition est difficile et la salive s’écoule continuellement; les fourrages sont conservés dans la bouche pendant quelque temps et rejetés ensuite. Le pouls et la température restent normaux.
p) Bang. - Ueber die Euler tuberculose der MilcUlcü'ie.... Deutsche Zeitschr. fur Thiermed., t. XI, 1 885, p. 45. — Hess. — Landvvirtschaft. Jarbuch der Schweiz, 1888, p. 48.
Une très exacte description de la tuberculose de la mamelle est donnée, dès 1875, par Frank, dans son hebut tsbùl fc .
(2) Nombreuses observations de Engbl, Zuxdel, Uulig, Schwanfeldt, Hess, Gassneu, Hausmann, Nuss,... etc.
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« En outre de ces manifestations habituelles, de nombreuses formes sont observées qui simulent la méningite aiguë, la rage, le tournis, l’hémorragie cérébrale, les intoxications. On peut admettre aussi que certaines observations de fièvre vitulaire survenant un certain temps après le part se rapportent en réalité à une tuberculose cérébrale méconnue. » (Hess.)
La tuberculose de la moelle (1) coexiste ordinairement avec la localisation cérébrale. Elle est exprimée par des troubles différents suivant l’étendue et la localisation des lésions. Les accidents progressent lentement ; ils consistent, au début, en une difficulté croissante de la marche, suivie de parésie et de paralysie de 1 arrièretrain.
<j. Tuberculose de l'œil (2). — La tuberculose oculaire n’a été que rarement étudiée chez les bovidés. Mathieu (1880) rapporte quatre cas de tuberculose étendue aux différents milieux de l’œil. Roder signale aussi, sans autres détails, un cas d’extension à l’œil chez une vache.
Dans une observation de Hess, l’infection débute, chez une vache, par de la conjonctivite purulente, suivie d’hypersensibilité de l’œil à la lumière, d’un faible larmoiement, puis, après quelques jours, d’une inflammation intense de la conjonctive et d’un trouble grisblanc de la cornée. En quatre semaines, il se produit une rétraction et une atrophie complète du bulbe. Les deux yeux sont successivement atteints.
Dans les observations de Edelmann et de Moncet, tout l’intérieur du bulbe est envahi par des néoformations tuberculeuses comprimant et atrophiant les diverses parties.
h. Tuberculose de la langue (3). — Les altérations sont localisées ou étendues à toute une partie de l’organe. Dans le premier cas, la langue conserve en partie sa mobilité; à l’exploration, on perçoit une tumeur dure, enchâssée dans le tissu musculaire. Sur la face supérieure de la langue, il se produit, au niveau de la néoplasie, une ulcération plus ou moins étendue, recouverte d’un exsudai solide et jaunâtre.
Lors d envahissement difius, 1 organe, dur, peu mobile, prend
(O Maieh. — Ueber die Gehirn und Rückenmar/cstuberculose des Rindes. Berlin. Thier. Wochtnsch., 1895, p. 98.
("T Edelmann. — Zur CasuUlifc der Augenluberculose. Deutsche Zeitschr. fi'ir Thiermed., t. XIX, '892, p. 45. — Moncet. — Tuberculose oculaire chez le bœuf, ltevue vêt., 1895. p. 129 (avec bibliog.).
(3) Nocakd. — Art. Tuberculose. Diction, de méd. vét., t. XXI, 1892, p. 426. — Godbille. I uberculose de la langue chez une vache, bulletin de la Soc. centr. de méd. vét., 1893, p. 139.
TL'UEHCÜLOSIi.
un aspect identique à celui de la langue de bois de l’actinomycose; la différenciation n’est possible que par l’examen direct des lésions. (V. Actinomycose.)
i. Tuberculose des os. — Les symptômes observés sont semblables à ceux des tumeurs malignes des os.
La tuberculose des corps vertébraux est plusieurs fois mentionnée. Millier a observé l’envahissement des quatrième et cinquième vertèbres cervicales, avec ankylosé et immobilisation delà tête en extension; Caudwell, Walley, Coremans signalent la même localisation, suivie de compression et d’atrophie de la moelle. Metz a rencontré un cas de carie tuberculeuse du sternum. Leisering mentionne l’ostéite tuberculeuse du maxillaire inférieur.
Les os des membres sont également affectés; Garsten Harms a rencontré une localisation sur le fémur, et Moulé en signale d’autres sur l’extrémité supérieure du tibia et sur l’humérus.
j. Tuberculose des articulations. — Les localisations articulaires sont rarement observées.
Meyer rapporte un cas d’arthrite tuberculeuse du genou chez une vache tuberculeuse; Guillebeau et Hess observent des arthrites du jarret, du coude, et Lucet une arthrite fémoro-tibiale.
Dans tous les cas, la région est tuméfiée, chaude, douloureuse el le membre est à peine appuyé sur le sol.
k. Tuberculose des muqueuses. — L’envahissement des muqueuses extérieures paraît être extrêmement rare.
Zimmermann (1) rapporte une observation de tuberculose probable de la pituitaire chez une vache. Il existe une grande quantité de tubercules de la grosseur d’une tête d’épingle, les uns purulents, les autres gris-jaune et calcifiés; dans le voisinage, la muqueuse est rouge et épaissie; un jetage muqueux abondant s’écoule continuellement. Les ganglions sous-glossiens et parotidiens sont tuméfiés et douloureux. La présence des bacilles ne put être constatée.
La présence de foyers tuberculeux sur la muqueuse du pénis ou du vagin a été également rapportée (V. Tuberculose des organes génitaux).
l. Tuberculose de la peau et des muscles (2). — Hiittner rapporte une observation de tuberculose cutanée chez un bœuf. Les foyers,
<1) Zimmermann. — Nasenluberculosis beim fonde. Berl. Thier. Wochenschr., 1894, p. 556.
(2) Tuberculose de ht peau et du tissu conjonctif: — Hüttner. — Cutis Tuberkutose beim fond. Zeitschr. f. Kleisch und Milchhyg. t. IV, 189i, p. 140. — Moulé. — Tuberculose
SYMPTOMES
d’origine embolique, étaient répartis en grand nombre sur tout le corps, sous forme de petites tumeurs du volume d’une noisette à celui d’une noix.
Développées dans le tissu cellulaire sous-cutané, les tumeurs sonl moins apparentes; elles forment des saillies au niveau desquelles la peau reste mobile. Elles siègent sur le tronc, en toutes les régions, et, plus souvent, sur la queue et sur les membres.
Bournay (comm. inédite) a constaté, chez une vache, 1 envahissement simultané de la peau et du tissu sous-cutané. Les néolormations cutanées étaient constituées par des noyaux indurés, de la grosseur d’une noisette, abondants sur les parois du thorax ; dans le tissu conjonctif, les tumeurs, plus volumineuses, siégeaient principalement vers l’extrémité des membres. 11 existait des foyers tuberculeux dans les os et dans les cartilages de l’aile du nez el de l’oreille.
La tuberculose musculaire n’est exprimée par des signes objectifs que lorsque les néoformations ont envahi simultanément le tissu sous-cutané ou les ganglions superficiels.
m. Tuberculose aiguë généralisée. — La tuberculose miliaire aiguë est rarement observée chez les bovidés et les signes qui l’expriment sont incomplètement étudiés.
Des troubles généraux graves sont rencontrés dès le début ; l’animal est abattu, déprimé; l’appétit est nul; seules, les boissons froides sont recherchées ; la rumination est suspendue. La température est un peu élevée (39°-39°,5). On perçoit une toux fréquente, courte, faible, douloureuse ; les accès sont provoqués facilemeni par l’ingestion d’eau froide ou par la pression du larynx. La respiration est courte et fréquente (40-50 par minute). A l’auscultation, on constate de la rudesse du murmure respiratoire, due à l’intensité du bruit laryngien. La percussion indique une résonance normale; les coups portés sur le thorax ou les pressions au niveau des intercostaux provoquent de la douleur.
A une période plus avancée, tous les symptômes s’exagèrent. La température atteint 10°, 5-41°; la faiblesse est extrême; les batte-
dans le tissu sous-cutané. Bulletin de la Soc. centr. de méd. vét., 1891, p. 253. — Nocard.
— Art. Tuberculose. Dict. de méd. vét., t. XXI, 1892, p. 424.
Tuberculose des muscles: Observations de Leisering et de van Hertsen. — Hertwig. — IJcber einen seltenen Fall von Tuberculose beim llinde. Zeitsch. fur Fleisch und Milchhyg.. t. 11, 1892, p. 112. — Maske. — Secundàre Muskeltuberculose beim liind , id., t. 111, p. 107 .
— Metz. — Tuberkulose der Knochen, Gelenlie und Muskulatur beim llinde. Deutsche Zeitschr. fur Thierm., 1894. — Rasmussen. — Embolisk Muskelluberkulose bos Kvneget. Maanedskr. for Dyrlacger, t. VI, 1894, p. 97. — Késévitcii. — Tuberculose musculaire. Compte rendu de la Soc. des méd. vét. de Moscou, 1895, p. 26.
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monts du cœur sont violents et tumultueux; la toux est avortée et très faible ; la respiration est dyspnéique. Le malade tombe et meurt, par asphyxie, après une courte agonie.
§ *2. — Tuberculose du mouton et de la chèvre.
Les symptômes de la tuberculose, chez ces espèces, ne sont nullement étudiés. La maladie n’est soupçonnée qu’à l’autopsie, presque toujours dans les abattoirs. Les quelques renseignements obtenus indiquent, comme troubles prédominants, l’amaigrissement progressif et une toux quinteuse, grasse, pénible. La toux est suivie parfois de la projection, par la bouche entr’ouverte, de mucosités purulentes, riches en bacilles; mais, le plus souvent, le muco-pus des bronches, mobilisé par les quintes de toux, ne dépasse pas le pharynx et l’animal le déglutit aussitôt.
Tuberculose du cheval.
La tuberculose se traduit à la fois par des signes communs à toutes les formes et par des symptômes spéciaux aux diverses localisations.
Les premiers troubles observés consistent en de l'affaiblissement et en une moindre aptitude au travail. L’animal s’essouffle rapidement; au moindre effort qu’on exige de lui, on le voit s’arrêter bientôt, battant du liane, la tète étendue, les naseaux dilatés, tremblant sur les membres, refusant d’avancer. L’examen minutieux des grands appareils ne montre aucune lésion capable d’expliquer cette impotence fonctionnelle.
Bientôt survient un amaigrissement rapide, en dépit de l’appétit conservé et de la bonne qualilé des aliments; en même temps apparaît d’ordinaire une polyurie abondante, qui persiste pendant plusieurs semaines et qui joue sans doute un rôle important dans le dépérissement si rapide du sujet. Non seulement la quantité d’urine excrétée s’élève au double, au triple, au quadruple du chiffre normal, mais la proportion d urée y est bien plus considérable et l’acide urique, qui fait défaut dans l’urine normale des herbivores, s’y montre en quantité relativement élevée, tandis que l’acide hippurique, si abondant d’ordinaire, tombe à un chiffre insignifiant ou disparaît; en un mot, le cheval tuberculeux excrète, à ce moment, de l’urine d’autophage, indiquant une consomption rapide de l’organisme.
Tous ccs signes s’aggravent peu à peu ; l'amaigrissement est
SYMPTÔMES
extrême, les masses musculaires s’atrophient. La marche de la température est variable; tantôt il existe une hyperthermie à peu près constante de 1 à 1°,5, tantôt il se produit seulement des poussées fébriles irrégulières ou une exacerbation nocturne de 1 à 2°.
Les symptômes locaux sont peu marqués, même dans les formes les plus graves. La localisation pulmonaire est décelée par de la toux, ordinairement petite, sèche, quinteuse, pénible, accompagnée d’un jetage muqueux peu abondant. Cette toux persiste indéfiniment avec les mêmes caractères, ou bien elle disparaît totalement. La percussion n’indique qu’une diminution de la résonance, difficilement appréciable. A l’auscultation, on perçoit de la rudesse du murmure respiratoire, partout conservé, et un peu de crépitation à la fin de l’expiration. Le premierbruit ducœur estsouventdédoublé; il existe à certains moments du pouls veineux. La respiration est courte, un peu accélérée; elle s’effectue souvent en deux temps, séparés par un temps d’arrêt ou par un léger soubresaut.
La tuberculose de la plèvre, muette le plus souvent, est accompagnée, en quelques cas, d’un épanchement appréciable.
Les localisations abdominales sont exprimées par des troubles sans signification précise. On signaleainsi de la diarrhée chronique, de l'ascite, des coliques intermittentes...
Au cours de l’évolution, on observe chez quelques animaux des engorgements des ganglions sous-glossiens, parotidiens, pré-scapulaires....
§ 4. — Tuberculose <lu porc.
La maladie évolue généralement sous une forme lente et insidieuse. La localisation primitive habituelle sur les organes abdominaux entraîne l’arrêt de l’engraissement, puis l’amaigrissement progressif du sujet; les muqueuses pâlissent; la peau devient sale; on observe de la constipation, de la météorisation, des coliques, de la diarrhée passagère; l’animal est triste ; il reste couché sur la litière pendant des journées entières; le lire-bouchon de la queue est détendu ; le ventre, tombant; l’œil, terne; la palpation du ventre est douloureuse; elle peutfaire percevoir des masses plus ou moins volumineuses, dures, mamelonnées, résultant de l’allération des ganglions mésentériques ; il est rare qu’il n’exisle pas quelque tumeur ganglionnaire dans l’auge, au niveau du cou, à l’entrée delà poitrine. Sous cette forme, la maladie peut durer plusieurs mois; la mort survient rapidement si la lésion se généralise par la voie sanguine.
il BEKCULOSE.
La tuberculose pulmonaire est rarement primitive ; elle complique, plus tôt ou plus tard, la tuberculose abdominale; elle se traduit au début par une toux quinteuse, douloureuse, fréquemment suivie de vomissements; la respiration se précipite et, peu à peu, devient pénible et dyspnéique; l'amaigrissement est rapide et la mort survient en quelques semaines.
La tuberculose ganglionnaire ( scrofulose ) se traduit par une « bouffissure » de la face, avec tuméfaction des parotides, soulevées par les ganglions profonds hypertrophiés; les ganglions rétro-pharyngiens, cervicaux supérieurs et sous-glossiens forment une sorte de chapelet de tumeurs inégales et bosselées, qui s’étend, comme un collier, d’une oreille à l’autre, en s’élargissant sous le cou, entre les branches montantes du maxillaire inférieur. Des tumeurs analogues peuvent se développer à l’entrée de la poitrine, en arrière de l’épaule, dans l’aine; à mesure qu’elles augmentent de volume, elles deviennent plus dures et plus adhérentes aux tissus voisins; parfois on constate, en un point de leur surface, un peu de fluctuation; la tumeur se ramollit, puis s’abcède, donnant écoulement à une petite quantité de pus épais et grumeleux; la tumeur ne disparaît pas et une fistule persiste.
Des localisations sur les centres nerveux sont observées (1), exprimées par des troubles de la locomotion (tournis, roulement...), des accès épileptiformes, de la paraplégie, de l’hémiplégie ou des monoplégies localisées en des régions diverses (œil, paupières, langue, facial — ).
Schuetz (2) a étudié la tuberculose de Y oreille moyenne et interne, relativement fréquente, et consécutive à une localisation pharyngienne primitive. On constate d’abord de la suppuration locale, puis un bourgeonnement qui obstrue le conduit auditif externe. L’envahissement des méninges et des centres est toujours à craindre.
La tuberculose des organes génitaux est presque toujours secondaire; le testicule est envahi parfois dans la tuberculose généralisée. Meier (3) a signalé deux eas de tuberculose primitive du cordon testiculaire. La tuberculose de Y utérus est également rencontrée.
Les localisations sur les articulations et sur les os sont exprimées par des arthrites chroniques, des déformations osseuses, de l’ankylose, des boiteries et par des suppurations persistantes.
(1) Azary. — Beitrâge zur Tuberculose des centralen Nervensystems der Schweine. Deutsche Zeitschr. fur Thierm., t. VI, 1880.
(2) Schuetz. — T)i.e Tuberculose des mittleren und inneren Ohres beim Schweine. Yirohow’s Archiv, t. Ll.
!3j Meier. — Impftuberculose hei Schweinen. Berl. ïhier. Wochenschr, 1800, p. 374.
SYMPTÔMES
La tuberculose aiguë est. décelée par des signes peu évidents. U existe de la fièvre, de la dyspnée, de la diarrhée et de l’amaigrissement rapide; les malades succombent trois à huit jours après la constatation des premiers symptômes.
§ S. — Tuberculose du chien et du chai (1).
a. Formes chroniques. — Les aspects de la maladie diffèrent, pour chacune des localisations; les formes les plus ordinaires sont dues à la présence de lésions thoraciques ou abdominales.
La tuberculose thoracique débute par des symptômes vagues de cachexie progressive; l’appétit est faible et irrégulier; le ventre est rétracté; l’animal maigrit et s’essouffle rapidement. Un observe en même temps une toux sèche, quinteuse, suivie de vomituritions. La respiration, courte, saccadée, devient précipitée et haletante après une courte promenade. Chez certains malades, on observe en même temps des alternatives de constipation et de • diarrhée. La température reste voisine de la normale, avec des oscillations de 1 à 2 degrés.
A une période plus avancée, tous les signes s’accentuent ; l’animal est considérablement amaigri, les muscles sont émaciés; l’atrophie des crotaphites et l’enfoncement des yeux donnent à la face l’expression si caractéristique du chien cancéreux. Les muqueuses sont pâles ; la respiration, vite (25-40 par minute) et courte, parfoisplaintive, devient dyspnéique sous le moindre effort.
Alors que les lésions pulmonaires prédominent, la toux est plus fréquente, quinteuse : il s’écoule un jetage muco-purulent, souvent peu abondant; par contre, des mucosités sont projetées par les naseaux lors des accès de toux et, à l’auscultation, on perçoit des râles crépitants humides et muqueux, du gargouillement bronchique, parfois du souffle tubaire; il existe de la sub-matité ou de la matité complète en divers points.
S’il s’est produit un épanchement pleurétique, on note la matité complète des parties inférieures, d’un seul côté ou des deux à la fois, à des hauteurs différentes; souvent aussi, on perçoit un bruit de souffle atténué. La sensibilité des parois costales est exceptionnellement constatée, et seulement lors de poussées sub-aiguüs. La
(I) Jensen. — Tuberculose beim llund und bei der Kutze. Deutsche Zeitschr. fur Thierry .
I. XVII, 1891, p. 295-324 (avec bibliogr.). — Eber. — Ileilrag zur Kenntniss der Tuberculose bei llund und Katze. ld., t. XIX, 1893, p. 129. — CaDiot. — Ta tuberculose du rlden. Hroch., Paris, 1893 (avec bibliogr.).
Nocard et Leclainc.uk.
TUBERCULOSE
respiration est dyspnéique et discordante. L’appétit est presque nul; il existe le plus souvent une diarrhée continue, séreuse et sanguinolente.
Dans une dernière période, le malade est complètement phtisique ; la respiration est asphyxique ; les battements du cœur sont précipités et violents ; par le nez, s’écoule un jetage purulent, fétide. A l’exploration de la poitrine, on constate du gargouillement bronchique et la présence d’un épanchement pleural. La mort survient, après un abaissement de la température vers 35° et au-dessous.
La tuberculose abdominale revêt des expressions différentes •suivant l’étendue et la prédominance des lésions sur tel ou tel organe; mais l’on observe toujours la cachexie progressive traduite par la faiblesse, l’amaigrissement et l’émaciation musculaire. L’abdomen, rétracté au début, augmente ensuite de volume à la suite d’un épanchement passif (ascite) ou inflammatoire (péritonite), ou encore en raison de l’hypertrophie des viscères envahis. L’exploration de la cavité, par la palpation, permet de reconnaître la présence des tumeurs volumineuses (foie, mésentères, ganglions).
La tuberculose ganglionnaire est observée chez quelques animaux en l’absence d’altérations viscérales. Les lésions portent sur les ganglions mésentériques, bronchiques, médiastinaux et sur les groupes périphériques. En outre des signes de la cachexie tuberculeuse, les tuméfactions provoquent divers accidents par compression des organes. Les lésions sont presque toutes appréciables par l’exploration directe.
La tuberculose génitale est plusieurs fois mentionnée. Jensen a rencontré des tubercules dans le testicule, chez le chien et chez le chat, et dans l’utérus chez la chatte.
La tuberculose cérébrale est annoncée par de la tristesse, de l’inquiétude et par une altération de la voix. Plus tard, on constate de l’hébétude, de l'incoordination dans les mouvements, de la parésie générale ; chez quelques malades, il se produit des périodes d’agitation, des contractions des mâchoires et des muscles de l’œil. La paralysie s’étend et l’animal meurt dans un coma absolu.
Les localisations articulaires sont également observées. Nocard rapporte un exemple d’arthrite du grasset chez le chat; Jensen a vu les lésions étendues à toutes les articulations des membres; Cadiot signale la coexistence des arthrites chroniques du grasset et du
jarret.
Des ulcères tuberculeux de la peau et du tissu sous-cutané sont décrits par Jensen, Müller, Cadiot. Ils siègent en des points très
SYMPTÔMES
divers (parotide, cou, abdomen...) ; les plaies, limitées par du tissu induré, sont entourées parfois de petits nodules à contenu caséeux.
Marche. — La durée moyenne de l’évolution est de deux à quatre mois; mais, chez nombre d’animaux, la marche est plus lente et les lésions semblent progresser par poussées successives, avec des rémittences de plusieurs mois. Parfois aussi, les lésions res te ni localisées et elles ne compromettent pas la vie.
b. Tuberculose aiguë (1). — L’expression symptomatique, modifiée suivant la prédominance des lésions en certains points, est toujours assez vague. On constate au début des b issons, de 1 accélération des battements du cœur, de la discordance respiratoire, de la sensibilité du thorax et de l’abdomen à la percussion et à la palpation. La température est souvent peu élevée.
Les symptômes généraux s’aggravent rapidement ; 1 appétit est supprimé; l’amaigrissement est extrême; l’animal, alïaibli, est incapable de se soulever ; on observe des hémoptysies et une diarrhée sanguinolente. La mort arrive en deux ou trois semaines en moyenne.
§ 0. — Tuberculose des oiseaux.
La tuberculose est étendue aux viscères ou localisée dans certains tissus (peau, muqueuses...).
а. Tuberculoses viscérales. — La maladie n’est exprimée objectivement qu’à une période avancée ; on constate de la somnolence, une diminution de l’appétit; chez les poules, la crête pûlit et devient tombante. L’amaigrissement fait des progrès rapides; les pectoraux sont émaciés et le bréchet paraît tranchant. Souvent, on remarque en même temps une boiterie d’intensité variable.
A une période plus avancée, la diarrhée s’établit et persiste en s’aggravant. La mort survient, par épuisement, alors que les malades sont complètement étiques.
б. Tuberculoses externes. — Elles coïncident avec des localisations viscérales à évolution lente ou elles existent seules.
Les localisations articulaires et osseuses sont relativement fréquentes chez toutes les espèces. Elles sont décelées par des boiteries, des gonflements articulaires et des déformations des os.
Les lésions des muqueuses extérieures et de la peau ont été relevées principalement chez le perroquet (2). Elles siègent sur la
(1) Liknaux. — Tuberculose miliaire nique chez le chian. Annales deméd.vét., 180*2, p. CIO.
(*2) Ebkhlf.in. — Die Tuberculose der Pavat/cen. Monalsh. fur Thierheilk., t. N , I Di, p. 2-a8. Cadiot. — Sur la tuberculose du perroquet. Bulletin de la Suc. cenlr. de uiéd. vét., 1804, p. 197.
TUBERCULOSE
muqueuse buccale, sur la conjonctive, sur la pituitaire ou sur différents territoires cutanés. Sur les muqueuses, on trouve au début de petites élevures grisâtres qui se réunissent en plaques; à leur niveau, se forment des croûtes épaisses, dures à la surface, caséeuses dans le voisinage de la muqueuse; détachées, elles laissent à nu une surface rouge, granuleuse. Sur la peau, notamment au voisinage de la bouche ou de l’œil, on trouve également desv plaques recouvertes de croûtes dures, sèches, qui représentent des cornes atteignant plusieurs centimètres de longueur. (Mégnin.)