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Lésions

a. Bovidés. — Les lésions sont presque toujours localisées ; la fréquence relative des diverses déterminations varie suivant les pays considérés.

En France, les tumeurs du maxillaire sont nettement prédominantes; l’actinomycose de la langue est rare et les autres formes sont à peine signalées. En Bavière, E. Claus donne les proportions suivantes :

Mâchoires 51 p. 100

Langue 29 —

Pharynx 7 —

Larynx et trachée 6 —

Poumon 2 p. 100

Intestin 2 —

Os 3 —

En Russie, Mari fournit les indications suivantes, d’après les statistiques de l’abattoir de Moscou :

Peau 51,2 p . 100

Maxillaire inférieur 32,8 —

Ganglions sous-glossiens. 10,4 —

Poumon 5, G —

Langue 1 —

Larynx 0,8 —

Ganglions bronchiques.... 0,8 p. 100

Plèvre et péritoine 0,2 —

Parois thoraciques et abdominales n,2 —

Foie 0,2

I. Maxillaires. — Les altérations débutent soit au niveau des alvéoles molaires, soit en un point quelconque de la surface osseuse.

LÉSIONS

Dans le premier cas, le tissu spongieux est rapidement envahi ; les parois des alvéoles sont résorbées, transformées en une masse ramollie, bourgeonnante, d’apparence ulcéreuse (Ponfick... Goculel) et la suppuration gagne les parties profondes. Lors d’évolution primitive des lésions dans les parties superficielles, cet envahissement est précédé par le développement d’une tumeur cutanée; celleci est constituée d’abord par un tissu inflammatoire très vasculaire, parsemé de grains jaunâtres d’actinomyces ; les altérations progressent et envahissent le maxillaire, en môme temps que des foyers de suppuration s’établissent et s’ouvrent à l’extérieur.

Quel que soit le mode de pénétration du parasite, sa présence dans le tissu osseux provoque une ostéite purulente, suivie d’une néoformation réactive dans le voisinage. Sur une coupe, l’os envahi se montre creusé de cavités multiples, communiquant entre elles et avec l’extérieur par un système de trajets fistulcux, tapissés et remplis en partie par des bourgeons charnus, friables, ulcérés en divers points et recouverts d’une couche épaisse de pus. Les cloisons intermédiaires sont formées par du tissu lardacé, pénétré de stalactites osseuses ( ostéosarcome ). Dans le pus qui remplit les foyers, on retrouve en abondance des granulations d'un jaune-soufre, formées par des masses conglomérées d’actinomyces.

Débarrassé des parties molles par la macération, l’os se montre gonllé, creusé d’un réseau de cavités irrégulières séparées par de minces cloisons osseuses qui lui donnent l’apparence spongieuse (ostéoporose, spina-ventosa).

IL Langue. — Au début de l’infection, l’actinomyces se montre sous une forme nettement filamenteuse dans le tissu sous-muqueux; on rencontre dans le voisinage de nombreuses cellules migratrices. A une période plus avancée, on trouve les formes en massue, au sein de véritables tubercules, avec foyer central de dégénérescence, cellules géantes et ceinture épithélioïde ; il existe en outre une infiltration séreuse des parties voisines, avec épaississement du tissu conjonctif.

Lors d’actinomycose ancienne les lésions sont plus étendues. La langue est volumineuse, dure; tout l’organe est envahi par des nodules d’apparence caséeuse, du volume d’un grain de chènevis à celui d’une noisette ou d'une noix. Les tumeurs sont un peu en saillie à la surface de l’organe ; elles ont une coloration blanchâtre; la muqueuse, ulcérée à leur niveau, a perdu son revêtement épidermique ; leur consistance est ferme; en les malaxant, on lait sourdre a la surface une matière caséeuse, au milieu de laquelle

ACTINOMYCOSE.

on trouve une grande quantité de petits grains jaune-pâle d’actinomyces. Le tissu conjonctif interstitiel est considérablement hypertrophié et induré (glossite interstitielle). Les fibres musculaires, atrophiées par compression, ont une teinte jaunâtre et lavée.

III. Le développement primitif dans les téguments, au niveau de l’encolure notamment, détermine une inflammation subaiguë du derme et du tissu conjonctif sous-cutané. OEdématiée au début, la région est bientôt envahie par un tissu de formation nouvelle, étendu en plaques irrégulières, ou localisé sous forme d’une tumeur délimitée, entourée d’une coque fibreuse isolante. Sur la coupe, on trouve des foyers contenant des actinomyces entourés de quelques cellules géantes et de cellules épithélioïdes. En même temps que les lésions progressent, pour envahir soit les os sous-jacents, soit le tissu inter-musculaire et les ganglions, des foyers de suppuration s’établissent dans le tissu inflammatoire et des abcès s’ouvrent au dehors ou se réunissent entre eux.

Dans les ganglions lymphatiques et dans les glandes salivaires, les accidents sont traduits par la présence de tumeurs arrondies, de la grosseur d’un pois à celle d’un œuf, ou par celle de petits abcès remplis d’un pus caséeux, jaunâtre, montrant les grains d'actinomyces.

Les actinomycomes du pharynx et du larynx se présentent sous l’aspect de tumeurs faisant saillie dans la cavité, atteignant jusqu’au volume du poing. Tantôt la tumeur est molle, spongieuse, formée d’un tissu mou, aréolaire, tantôt elle est dure et constituée presque exclusivement par du tissu fibreux (Johne, Bang). Dans un cas d’actinomycose de Y œsophage, rapporté parBollinger, il existait dans la muqueuse une centaine de petites tumeurs aplaties, de un à quatre millimètres de diamètre, recouvertes par l’épithélium et réunies en amas de dix à vingt millimètres de côté. Elles étaient formées par un tissu inflammatoire d’un jaune-rouge, entourant une touffe de parasites. De Jong a rencontré une tumeur du volume du poing à la partie supérieure de l’œsophage; la partie antérieure était dure, libreuse, creusée de nombreux foyers purulents de la dimension d’une tête d’épingle; la partie postérieure était molle et pâteuse.

L’actinomycose du poumon se présente sous la forme de lésions diffuses ou limitées. Dans le premier cas, toute une partie de l’organe est transformée en une masse fibreuse renfermant un très grand nombre de petits foyers ; dans le second, il existe une tumeur unique qui atteint jusqu’au volume de la tête d’un enfant.

Sur le péritoine et sur la plèvre, les actinomycomes forment de

LÉSIONS

petites masses arrondies, du volume d’une lentille à celui d’une noisette, disséminées ou réunies en amas et analogues aux granulations tuberculeuses.

Dans le foie , il existe des tumeurs arrondies, composées d’une coque conjonctive épaisse et d’une masse centrale ramollie.

L’actinomycose de la mamelle se présente sous divers types. En général, on trouve des nodules du volume d’une fève à celui d’un œuf de poule, entourés d’une zone libreuse et contenant des loyers purulents à leur centre. Dans trois observations recueillies par Jensen, le tissu paraissait simplement hypertrophié à première vue. On rencontrait de petits nodules rosés, purulents à leur centre, disséminés en quantité innombrable dans toute la masse.

b. Porc. — Les diverses localisations reproduisent exactement ce que l’on observe chez les bovidés.

Les lésions des mamelles , étudiées par Ponfick, Johne, Nocard. consistent en la présence de nodules arrondis, formés d’une épaisse coque libreuse emprisonnant une substance molle, jaunâtre, caséeuse ou purulente, mêlée à des gazons d’actinomyces.

Dans une observation de Greffier, les reins montrent des tumeurs du volume d’une noix, développées dans la couche corticale. Sur la coupe, le tissu est granuleux, blanchâtre, un peu ramolli par places ; le parenchyme voisin reste sain. L’examen histologique montre que les néoformations sont constituées par des nodules représentant exactement le follicule de lvôster et entourés par une zone de cellules fusiformes.

Sur le péritoine (Greffier), on trouve des tumeurs arrondies, résistantes ou obscurément fluctuantes, montrant sur la coupe une coque indurée, épaisse, limitant un tissu homogène, très mou, grisâtre, piqueté d’actinomyces (1).

Dans les muscles du porc, « les lésions consistent en la présence de petites taches grisâtres disséminées. Le tissu musculaire, pâle et infiltré au début de l'infection, reprend ensuite ses caractères normaux. A un faible grossissement, les petites concrétions ressemblent à des amas de guanine, ou encore à des trichines ou à des cysticerques calcifiés. Le foyer se développe dans l’intérieur des faisceaux primitifs ; il détermine d’abord un épaississement considérable du sarcolemme, puis une prolifération conjonctive et la formation d’un tissu de granulations (2) ».

(1) Nocard. — Actinomycose des animaux. Bulletin de la Soc. cenlr. de méd. vét., 1892, p. 178.

(2) Virchow. — Actinomycosis in Schweine/leisch. Yirchow’s Archiv, t. LXXXXN , 1884, p. 534.

ACTINOMYCOSE.

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