‹ Les maladies microbiennes des animaux (volume 2)Chapitre 120 sur 156 · Diagnostic · texte numérisé non relu

Diagnostic

Les accidents observés ne peuvent guère être confondus qu’avec la tuberculose cutanée et avec les lymphangites et adénites tuberculeuses. Le diagnostic devra être assuré par l’examen bactériologique du pus. Sur le cadavre, la coexistence de lésions viscérales, chez certains animaux, portera encore à soupçonner la tuberculose.

Étiologie. — Étude expérimentale.

Un ne possède aucun document sur les conditions étiogéniques de la maladie. La virulence est localisée à coup sûr au niveau des

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altérations spécifiques et la transmission est à craindre lors d abcédation des tumeurs. D’après Maillet, « le farcin ne fournit que rarement des matières suppurées de nature à être en contact •avec la peau d’animaux non alî’ectés et personne ne le considère comme apte à se communiquer ». Peut-être la maladie procèdet-elle d’une infection directe par des germes répandus dans les litières ou dans les sols, la pénétration s’opérant à travers le tégument, au niveau d’une solution de continuité.

L’infection expérimentale est obtenue facilement chez le cobaye, chez le bœuf et chez le mouton. Le lapin, le chien, le chat, le cheval et X âne sont réfractaires.

Chez le cobaye, l’inoculation hypodermique détermine la production d'un abcès volumineux; en quelques jours, les vaisseaux et les ganglions lymphatiques de la région s’engorgent, s’indurent, et deviennent le siège d’un énorme phlegmon, dont l’ulcération verse au dehors plusieurs centimètres cubes de pus; à ce moment, l’animal, très amaigri, semble devoir bientôt succomber; mais, au contraire, il revient peu à peu à son état normal; il engraisse et ne conserve plus, de la lésion si grave qu’il avait présentée, qu’une induration des lymphatiques et des ganglions primitivement atteints.

L'inoculation intra-péritonéale et l’injection intra-veineuse provoquent en 9-20 jours des lésions de tuberculose miliaire aiguë.

A l’ouverture des cobayes inoculés par le péritoine, la séreuse se montre littéralement farcie de nodules tuberculiformes, au centre desquels a pullulé le microbe, qui se présente toujours sous l’aspect d’amas bacillaires en forme de broussailles; ces nodules sont surtout confluents dans l’épiploon, qui est transformé en une sorte de boudin volumineux, mamelonné ; la pression en fait sourdre quelques gouttelettes de matière puriforme, épaisse, difficile à dissocier, où l’examen microscopique montre une quantité considérable d’amas bacillaires. Les viscères de la cavité abdominale (foie, rate, reins, intestins), paraissent également farcis de pseudotubercules; mais un examen attentif permet de s’assurer que leur enveloppe péritonéale est seule atteinte; leur parenchyme est tout à fait intact. Les organes de la cavité thoracique ne sont jamais envahis.

Les lésions consécutives à l’injection intra-veineuse simulent mieux encore la tuberculose miliaire généralisée; à l’autopsie du sujet d’expérience, on trouve tous les viscères, mais surtout le poumon, le foie et la rate, infiltrés d’un nombre considérable de petits nodules tuberculiformes, au centre desquels l’examen micros-

copique, après coloration par la méthode Gram-Weigert, montre une ou plusieurs touffes de bacilles. Que l’on ait injecté du pus ou du liquide de culture, peu importe; le résultat est toujours le même; les lésions sont identiques ; la mort survient toujours également vite.

Chez la vache et chez le mouton, l’injection intra-veineuse provoque des lésions analogues, également généralisées à tous les parenchymes, mais les animaux résistent plus longtemps. Vingt à vingt-cinq jours après l’inoculation intra-veineuse de pus virulent, chez la vache et chez le mouton, on trouve dans les poumons un nombre considérable de granulations miliaires, grisâtres, semi-transparentes, abondantes surtout dans les couches superficielles, dont chacune a pour centre une grosse touffe de bacilles enchevêtrés. Le foie et la rate présentent des lésions semblables, mais en petit nombre.

En somme, l’expérimentation confirme pleinement les données de la clinique. Le bacille du farcin du bœuf, injecté dans les veines ou dans le péritoine, tue le cobaye en quelques jours ; au contraire, inoculé sous la peau du même animal, il reste pendant de longs mois confiné dans les vaisseaux ou les ganglions lymphatiques du voisinage, sans modifier l’état général du sujet, sans ralentir son engraissement. On comprend dès lors que les bœufs farcineux puissent continuer leurs services, aussi longtemps que le bacille n’a pas franchi les ganglions et pullulé dans les viscères.

Inoculé chez le bœuf par une effraction tégumcntaire périphérique, auniveau des membres le plus souvent, le parasite envahit de proche en proche, par une progression très lente, les voies lymphatiques dans lesquelles il reste généralement cantonné. Alors que toutes les barrières ganglionnaires sont franchies, les microbes déversés dans le sang sont lancés dans tous les tissus et ils cultivent en certains parenchymes, dans les poumons notamment.

Résistance du virus. — Les cultures conservent longtemps leur virulence et leur végétabilité ; après quatre mois de séjour à l’étuve, à 38% elles tuent rapidement le cobaye. Le parasite est tué en quinze minutes à 63° et en dix minutes à 70° (Nocard). L’acide sulfureux, à la dose de GO grammes de soufre par mètre cube, tue sûrement après un contact de 24 heures. (Thoinot.)

Traitement. — Prophylaxie.

L intervention chirurgicale est indiquée alors que les lésions sont encore limitées ; on doit enlever tous les lymphatiques envahis et Nocard et Leclainche. 40

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cautériser profondément les tissus l’iodure de potassium n a aucun eüet sui

^ Les' animaux atteints seront isolés jusqu'à leur complète guérison; on évitera les inoculations possibles par 1 intermédiaire

jougs ou des harnais.

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