‹ Les maladies microbiennes des animaux (volume 2)Chapitre 122 sur 156 · I. — Symptômes · texte numérisé non relu

I. — Symptômes

La lymphangite épizootique est exprimée par des accidents qui portent ordinairement sur la peau et exceptionnellement sur les muqueuses.

(1) En Suède, on a observé une forme de lymphangite enzootique identique peut-être au farcin d’Afrique; cette maladie a aujourd’hui disparu (Lindqvist).

SYMPTÔMES

a. Accidents cutanés. — Les lésions siègent de préférence sur les membres, surtout sur les membres postérieurs, aussi sur les

différentes parties du tronc (garrot, dos, épaule ), sur les laces

de l’encolure, plus rarement sur la tête.

Souvent, la lymphangite débute au niveau d’une plaie préexistante

(atteinte, blessure de harnachement, plaie opératoire ); dans ce

cas, le travail de cicatrisation est suspendu, les bourgeons charnus prennent une teinte rose-pâle; ils donnent un pus séreux et mal lié ou blanchâtre et cailleboté. Les croûtes tonnées, soulevées par le pus, sont à peine adhérentes. La plaie s’étend insensiblement en surface, tandis que s'établit un engorgement, d étendue variable suivant la région envahie. Après une période qui varie de huit jours à cinq ou six mois, on voit se dessiner sous la peau un ou plusieurs reliefs, plus ou moins sinueux, formés par des lymphatiques enflammés.

Parfois aussi la lymphangite apparaît un certain temps après la cicatrisation de la plaie d’inoculation (jusqu’à cinq et six mois). 11 se développe, au niveau de la cicatrice, une tumeur du volume d’une olive ù celui d’un œuf de pigeon, indolore, dure, facile à délimiter sous la peau légèrement infiltrée. Le bouton se ramollit après un temps généralement court; il devient fluctuant et s’abcède en donnant un pus épais, bien lié, ou encore jaunâtre et mélangé de grumeaux de même couleur. La cavité de l'abcès se remplit de bourgeons charnus, tandis qu’apparaît une lymphangite des vaisseaux voisins.

Ouelle que soit son origine, la lymphangite suit une marche identique ; les cordes allongées, sinueuses, simples ou ramifiées deviennent douloureuses et elles gagnent vers les ganglions voisins. En même temps apparaissent sur leur trajet de petites tumeurs sphéroïdales, de la grosseur d’une noisette à celle d’une grosse noix, qui donnent à la corde l’aspect d’un chapelet à grains irrégulièrement distants. D’abord dures et indolores, les tumeurs deviennent douloureuses à l’exploration, en même temps que de la fluctuation se manifeste. Ouvert prématurément, le bouton donne un pus bien lié, épais, crémeux et jaunâtre; si on laisse l’abcédation se produire, la peau dépilée se crevasse et donne issue à un pus strié de sang. Le ramollissement des foyers s’opère irrégulièrement et suivant le degré de résistance des tissus; ainsi les boutons formés les derniers, au voisinage des ganglions, s’ouvrent souvent les premiers.

Les plaies qui résultent de l’ouverture des abcès se remplissent

lymphangite épizootique.

de bourgeons exubérants, saignant au moindre contact; les bords renversés circonscrivent un orifice fistuleux central (farcin en culde-poule) qui donne un pus d’abord crémeux et bien lié, puis jaunâtre, huileux et caillebolé.

Les ganglions voisins participent à l’inflammation. Ils se montrent, dès le début, volumineux, entourés d’une infiltration séreuse, puis bosselés et plus ou moins indurés. Au niveau des masses ganglionnaires, les tumeurs atteignent un volume considérable. Des foyers de suppuration évoluent qui aboutissent à l’abcédation ; puis la cicatrisation s’opère et il persiste seulement des noyaux d’induration.

Sur le trajet des cordes enflammées, les plaies ulcéreuses continuent à suppurer; souvent aussi des foyers voisins se réunissent et des tranchées ulcéreuses s’établissent, interrompues de distance en distance par des lambeaux de peau dépilée; elles fournissent en abondance un pus jaunâtre, mêlé de caillots fibrineux. La cicatrisation est difficile et de nouveaux foyers peuvent se développer dans les parties voisines.

Cette évolution ordinaire présente quelques variantes. Au niveau des régions frappées, le tissu conjonctif sous-cutané est parfois envahi et l'on voit évoluer une lymphangite réticulaire diffuse. L’engorgement porte sur tout un membre, ou bien il est localisé à une articulation. Chaude et douloureuse au début, la tuméfaction transforme toute la région en une masse régulièrement cylindrique, dans laquelle se trouvent noyés les cordons et les boutons spécifiques. Au sein du tissu enflammé apparaissent, soit un foyer étendu de suppuration, soit des abcès multiples développés sur les régions plus particulièrement exposées aux traumatismes (extrémité des membres, plis articulaires). Les engorgements disparaissent peu à peu, laissant un empâtement marqué au niveau des articulations.

Les accidents sont ordinairement limités à une seule région ; en quelques cas aussi plusieurs foyers évoluent, simultanément ou successivement, en des points différents.

L’évolution est toujours lente; si, dans les cas bénins, la cicatrisation est complète en un mois environ, il faut souvent six mois et plus pour obtenir la guérison. Enfin, une récidive est longtemps à craindre et les petits abcès qui continuent à évoluer dans le tissu cicatriciel constituent des sources possibles d’une infection nouvelle.

Abandonnée à elle-même, l’infection tend à s’étendre et à gagner d’autres régions, par continuité de tissu ou à la suite d’une auto-

LÉSIONS

inoculation. Les animaux, épuisés, succombent cachectiques; en d’autres cas, des lésions pulmonaires spécifiques sont la cause de la mort.

b. Accidents sur les muqueuses. — Des lésions de la pituitaire sont observées chez quelques animaux; des ulcérations isolées ou confluentes se développent qui simulent complètement les chancres de la morve aiguë. Ces localisations, confondues jusqu ici avec la morve, n’ont fait l’objet d’aucune description clinique (1).

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