II. — Lésions
Lors de localisation cutanée, les lésions portent à la lois sur le derme, le tissu conjonctif sous-cutané, les vaisseaux lymphatiques et les ganglions.
Au début, la peau est seulement hyperémiée au voisinage de la corde; plus tard seulement le derme et le tissu conjonctif sont infiltrés et épaissis par une néoformation cicatricielle.
Les lymphatiques enflammés ont leurs parois épaissies et confondues avec le tissu périphérique ; la membrane interne est hyperémiée et granuleuse. Le vaisseau renferme, suivant le degré et l’ancienneté de l'inflammation, un liquide trouble, lactescent, avec des coagula fibrineux légèrement adhérents, ou encore du pus, liquide et cailleboté ou épais et homogène. Le pus s’accumule
(1) En outre de ces formes, Caparini (*) décrit une localisation oculaire qui n'est pas mentionnée par les auteurs :
« Le farcin de l’œil existe seul ou associé à d’autres localisations, notamment au farcin de la face, et il est accompagné ou non d’un engorgement des ganglions sousgtossiens.
» Les premières altérations qui s'établissent dans les diverses parties de l'œil sont inconnues. Un larmoiement plus ou moins abondant et le gonflement des paupières semblent être les premiers symptômes par lesquels la maladie se dénonce. La tuméfaction palpébrale augmente rapidement; l'œil est maintenu fermé et, de son angle interne, une matière muco-purulente et des larmes s’écoulent sur la face. Si l’on procède alors •a un examen soigneux de l’œil, on trouve les paupières œdématiées, accolées à leurs bords par un muco-pus épais et desséché; dans le sac conjonctival, la même matière est accumulée; la conjonctive, fortement injectée, est couverte de petits nodules, du volume d une tête d’épingle ou un peu plus, isolés ou confluents, d’aspect jaunâtre el plus ou moins saillants à la surface. Entre les nodules, on trouve des ulcères superficiels d’égales dimensions, ronds ou lenticulaires, à fond lardacé. Le nombre des nodules et des ulcères varie ; leur siège de prédilection paraît être la troisième paupière qui est alors transformée en un véritable conglomérat de nodules et d’ulcères. Eu même temps, les tubercules et les ulcères ont envahi le repli conjonctival ; ils forment une couronne blanche qui tranche sur la sclérotique pigmentée du cheval. Les tubercules situés profondément sur la conjonctive palpébrale suppurent, deviennent fluctuants et s ouvrent à la face externe des paupières.
» Des cordes et des boutons au niveau de l’arcade sous-orbitaire et de la crête zygomatique coincident ordinairement avec cette sorte de farcin. »
(*) Ut;o Capamni. — La cura del farcino. Broch., Napoli, 1885, p. 14.
LYMPHANGITE ÉPIZOOTIQUE.
principalement au niveau des valvules ; le foyer provoque une néoformation périphérique qui constitue le bouton; la coque enveloppante est progressivement détruite et l’ulcération se produit.
Les ganglions sont friables, infiltrés, de couleur jaune-rougeâtre au début de l'envahissement; plus tard, ils montrent des foyers purulents disséminés et, après la cicatrisation, des noyaux d’induration.
Lors de lymphangite diffuse, la peau et le tissu sous-cutané sont transformés en un tissu épais (jusqu’à 5-6 centim.), très dense, fibreux oulardacé. Sur la coupe, on rencontre des abcès plus ou moins volumineux et à divers degrés de leur évolution; les vaisseaux lymphatiques sont dilatés et remplis de lymphe coagulée et purulente. Les muscles sous-cutanés, les tendons, les gaines articulaires ou tendineuses ne présentent d’autres altérations que celles qui résultent de la compression exercée.
Les lymphatiques situés au delà de la région envahie sont sains. Le poumon et les autres viscères ne sont que très rarement envahis.
Sur la pituitaire, on rencontre parfois des ulcérations profondes; la muqueuse est infiltrée, dans toute son épaisseur, par des amas considérables de cryptocoques (1).
La lymphangite constitue une affection grave, en raison à la fois de sa contagiosité et de ses complications possibles, mais elle est presque toujours curable. Si l’on intervient à temps, on peut enrayer l’évolution des lésions et guérir les malades dans 90 p. 100 des cas.
Le pronostic varie d’ailleurs suivant les diverses localisations. Les lymphangites des régions du rein, de la côte et de l’encolure sont relativement bénignes; celles du garrot, au contraire, sont graves en raison des complications de nécrose et aussi de la complexité et de la richesse de la circulation lymphatique dans la région. La localisation sur le membre postérieur, peu grave s’il
(1) Mazzanti (*) trouve, à l’autopsie d'une jument âgée de trente mois, morte avec des symptômes d’entérite typhoïde, des lésions siégeant sur la terminaison du gros côlon. Elles consistent en des tumeurs de la grosseur d’un œuf de pigeon; à leur niveau, la muqueuse intestinale présente une ulcération irrégulière de douze centimètres de diamètre, à bords relevés et friables, dont le centre déprimé est recouvert d’un putrilage noir et de débris alimentaires. Sur la coupe, la paroi indurée de l’ulcère montre de nombreux foyers de suppuration. A l’examen histologique, on rencontre un grand nombre de cryptocoques, libres ou inclus dons les globules de pus.
(*) Mazzanti. — Farcino criptococchico sulla mucosa del grosso colon in un puledra. Il moderuo Zooiatro, 1892, p. 193.
ÉTIOLOGIE.
existe une corde unique ou peu ramifiée, est grave au contraire lors d’inflammation diffuse, avec engorgement volumineux et destruction étendue du tégument.
La lymphangite des membres peut laisser après elle des reliquats qui compromettent l’utilisation des animaux; tels, les engorgements périarticulaires au niveau du jarret ou du boulet.