DYSENTERIE ÉPIZOOTIQUE DES POULES ET DES DINDES
(Lucet) (1).
L’affection sévit, du printemps à l’automne, dans un certain nombre de fermes du Loiret; elle a peu de tendance à la diffusion et les foyers s’éteignent ordinairement sur place. Fréquente pendant l’été, elle disparaît toujours pendant la saison froide.
L’infection est due à une bactérie courte, aérobie et anaérobie, ne prenant ni le Gram, ni le Weigert, cultivable dans les bouillons et sur les différents milieux solides.
La maladie se rapproche en tous points de ïenlèrile infectieuse de Klein ; les caractères différentiels indiqués par Lucet
(1) Lucet. — Dysenterie épizootique des poules et des dindes. Annales de l'Institut Pasteur, t. V, 1891, p. 312.
LES SEPTICÉMIES HÉMORRAGIQUES.
n’ont rien d’essentiel, et il est probable qu’il s’agit du même microbe, observé à des degrés divers de virulence.
Étude clinique.
Symptômes. — « Pendant une première période (invasion), les individus atteints perdent l’appétit, recherchent les liquides, restent tristes, isolés ; leur crête pâlit ; la température rectale s’élève de 1 ou 2 degrés. — A la période â'êtat, apparaît une diarrhée d’abord muqueuse, abondante, vert bleuâtre, accompagnée d’une inappétence absolue et d’une soif vive. Le dos est voussé, les plumes hérissées, ternes, salies autour de l’anus par les déjections ; les malades laissent pendre leurs ailes, bâillent fréquemment, marchent avec peine, titubent et restent des heures entières dans la même position, immobiles, somnolentes, les paupières demifermées, indifférentes à ce qui se passe autour d’elles.
« Quatre ou cinq jours plus tard, la diarrhée se montre jaunâtre, parfois rougeâtre ou striée de sang, uniquement constituée par l’exsudât intestinal ou séreux et s’accompagne de ténesme ; la crête s’affaisse, se décolore davantage, puis revêt une teinte légèrement violacée, qui s’accuse plus encore après la mort; les bâillements deviennent continuels, les extrémités se refroidissent, la somnolence augmente. Amaigries, anéanties, la tête touchant le sol, les malades laissent échapper par le bec des matières grisâtres, gluantes, dont l’écoulement est surtout abondant quand on les suspend par les pattes, puis tombent sur le côté, se débattent quelques instants et meurent de neuf à treize jours après l’apparition des premiers symptômes. Du niveau élevé où elle était arrivée dans les premiers jours, la température rectale, pendant cette période, descend progressivement, lentement d’abord, puis rapidement le dernier jour, où elle est alors de 1 à 3 degrés au-dessous de la normale.
« La marche de la maladie présente d’ailleurs quelques variantes ; parfois l’on observe de l’amaigrissement, la diarrhée persiste et les malades, après avoir présenté des alternatives d’amélioration et d’aggravation, succombent en une vingtaine de jours. Parfois enfin des poules, après avoir été malades pendant huit à dix jours, retrouvent peu à peu leur gaieté et l’appétit, et la diarrhée disparaissant, se rétablissent promptement, sans paraître se ressentir des atteintes du mal. »
Lésions. — Les lésions varient suivant la rapidité de l’évolution. Dans la forme aiguë habituelle, on trouve le sang incoagulé;