en 2 min
en 1 heure.
Essence de térébenthine.
Acide phénique à 1 : 40.
Acide salicylique à 1 : 1.000. J g
Acide sulfurique I c
Acide nitrique ? à 1 : 100. ( g
Acide chlorhydrique ) l &■
Solutions saturées de sulfate de fer, le chlorure de zinc, eau de chaux, 1 ô> acide picrique, sel marin, ammo- ) niaque .
Les recherches de Cornil et Chantemesse portent sur des cultures virulentes en bouillon, mélangées à une quantité égale de la solution antiseptique à étudier. On constate ensuite la fertilité ou l’infertilité du mélange par les cultures. On comprend ainsi
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que les résultats de Salmon, recherchant la destruction de la virulence par l’inoculation, soient quelque peu différents.
Modifications de la virulence. — Les propriétés biologiques de la bactérie de la pneumo-entérite sont facilement modifiées par son passage à travers les milieux vivants ou inertes. Les incertitudes qui persistèrent pendant plusieurs années, quant à l'identité des microbes isolés par les divers expérimentateurs, s’expliquent parles altérations subies par le virus artificiellement entretenu, suivant les conditions variables de sa culture.
Chez les animaux infectés naturellement, la virulence est déjà très différente dans les diverses formes de la maladie; le microbe a déjà subi, dans les types à évolution lente ou chronique, une atténuation très marquée.
Dans les milieux artificiels, l’atténuation se produit également, alors surtout que les cultures ne sont pas fréquemment renouvelées, ou encore que l’ensemencement est pratiqué dans des milieux préparés depuis un certain temps.
Cornil et Chantemesse ont montré que les bactéries, cultivées à une température de 43°, subissent une atténuation graduelle de leur virulence, telle qu’après quatre-vingt-dix jours elles ne tuent plus le cobaye ni le lapin. L’atténuation obtenue est fixe et transmissible par hérédité.
Une exaltation de la virulence est observée, soit à la suite de l'inoculation en série à de jeunes porcs, soit par de nombreux passages successifs de lapin à lapin, puis de pigeon à pigeon. On obtient ainsi un virus qui tue le pigeon en 10-12 heures, par inoculation sous-cutanée, et qui tue aussi le porc-à coup sûr par inoculalation sous-cutanée, par injection intra-veineuse, ou par les voies digestives. La virulence exaltée se maintient dans les jeunes cultures et ce n’est qu’après un temps assez long qu’elle paraît diminuer (Selander).
Immunisation. — I. L’inoculation avec le virus atténué par le ohauffageà 43°, permet de conférer l’immunité au cobaye et au lapin. « Un cobaye qui a reçu 0 c. c. 5 d’une culture de quatre-vingt-dix jours, dans le tissu cellulaire, présente une tuméfaction qui se remjplit de pus caséeux et se vide. Quelques jours plus tard, une culture de soixante-quatorze jours produit le même effet. Désormais l'animal résiste au virus de cinquante-quatre jours et au virus le plus virulent ». Cornil et Chantemesse ont tenté d’appliquer au porc la
LES SEPTICÉMIES HÉMORRAGIQUES.
même méthode, mais les résultats obtenus sont inconstants. Plus récemment, Smith et Moore ont réalisé également l’immunisation du lapin, par l’inoculation sous-cutanée de cultures entretenues à 43°5 — 44° pendant deux cenls jours.
D’autre part, Sclander n’a pu obtenir, aucune atténuation par le procédé de Corail et Chantemesse, en opérant sur des cultures ensemencées directement avec du sang virulent. Il attribue ces différences dans les résultats à des « inégalités biologiques » des bactéries, qui compliquent gravement leur étude expérimentale.
II. — Diverses tentatives ont été faites dans le but de conférer l’immunité avec les produits solubles. Déjà Salmon déclarait avoir rendu le pigeon complètement réfractaire, en inoculant de faibles doses d’une culture stérilisée à 58° ; toutefois la résistance considérable du pigeon à l’infection rendait ce résultat peu probant.
Les travaux de Selander montrent que l’injection au lapin de petites doses de sang, stérilisé par la chaleur, confère une immunité suffisante pour permettre à l’organisme de résister à un virus peu actif, mais insuffisante pour assurer sa résistance au virus renforcé. Smith et Moore immunisent le cobaye par des inoculations sous-cutanées répétées (clix) de un centimètre cube d’une culture stérilisée par le chauffage à60°; toutefois le résultat est inconstant.
Schweinitz a obtenu l’immunisation du cobaye avec les produits solubles isolés, et aussi avec la sucholotoxine seule. Novy vaccine le rat avec des doses faibles de sa toxalbumine.
Metchnikoff (1) a pu conférer une immunité absolue au lapin par les injections répétées, dans les veines ou sous la peau, de doses faibles de virus. Les injections répétées de sang chauffé donnent le même résultat. Enfin le sérum des lapins ainsi vaccinés est doué de propriétés immunisantes, à l’égard des lapins auxquels il est injecté.
Si, à l’heure actuelle, la question si importante de l’immunisation préventive contre la pneumo-entérite n'est pas encore pratiquement résolue, la vaccination apparaît au moins comme théoriquement possible et il est permis d’espérer qu’elle sera bientôt réalisée.
Traitement.
Les moyens d’intervention conseillés n’ont qu’une efficacité très restreinte. Les malades seront placés dans des locaux bien aérés,
(I) Metchnikoff. — Immunité des lapins vaccinés contre le microbe du hog-cholera. Annales de l’Institut Pustour, t. "VI, 1892, p. 289.
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à température constante; ils recevront des aliments de facile digestion, liquides ou semi-liquides.
La médication générale comporte l’emploi des antithermiques et des antiseptiques. On prescrira l’acide salicylique, le salicylate
de soude, l’antipyrine L’acide phénique a été employé sous
toutes les formes, en breuvages, en lavements, en lavages cutanés; Graffunder a recours aux inoculations sous-cutanées avec la solution à 2 p. 100.
Les accidents pulmonaires serontcombattus par les frictions sinapisées, par l’administration de l’émétique, de l’ipéca et par les inhalations de vapeurs de goudron ou d’eau phéniquée. Contre les symptômes intestinaux, on ordonnera, suivant les indications spéciales, le calomel, le salicylate de bismuth, les opiacés
Le traitement n’est économiquement justifié que dans quelques circonstances seulement. En règle très générale, il convient de conseiller l’abatage des animaux dès les premiers signes de l’infection.
Prophylaxie.
Mesures sanitaires.
Dans une porcherie envahie, la contagion est difficilement évitée; alors que la maladie est reconnue, tous les sujets exposés sont généralement contaminés. 11 convient cependant d’évacuer les animaux encore sains et de les répartir en lots aussi peu nombreux que possible, isolés les uns des autres. Les porcs affectés qui paraîtraient guéris devront être considérés comme suspects, en raison de la persistance de lésions locales ; ils seront sacrifiés aussitôt que possible.
La contagion d’une étable à une autre sera combattue par un aménagement approprié des eaux provenant des locaux infectés et par la désinfection fréquente de ceux-ci. Les malades seront séquestrés de la façon la plus complète. Les porcheries saines seront interdites aux personnes étrangères. Les eaux de boisson de provenance douteuse (mares, ruisseaux) ne seront données aux animaux qu’après avoir été bouillies.
Les cadavres des animaux qui ont succombé, les viscères des malades sacrifiés devront être détruits par le feu, par l’acide sulfurique, ou enterrés profondément, dans des endroits clos. Galtier a vu la transmission s’opérer par des cadavres enfouis dans des conditions défectueuses.
LES SEPTICÉMIES HEMORRAGIQUES.
La désinfection des locaux comporte le nettoyage complet, suivi de lavages à l’eau chaude, de toutes les surfaces souillées ; les sols seront balayés et grattés ; les murs, les auges seront soigneu-
sement brossés. On pratiquera ensuite des lavages avec l’une des solutions antiseptiques suivantes :
Sublimé corrosif 1 gramme.
Acide chlorhydrique 2 —
Eau 1 litre.
ou encore :
Acide phénique du commerce 40 grammes.
Acide chlorhydrique 20 —
Eau 1 litre.
Pour la désinfection des matières organiques, des sols souillés par le sang ou les déjections, on rejettera le sublimé qui, en coagulant les substances albuminoïdes, laisse intacts les microbes protégés par une enveloppe imperméable.
Dans le cas où certaines parois n’ont pu être atteintes par les solutions antiseptiques, on complète la désinfection par le dégagement de chlore gazeux.
II. — Très souvent, la maladie est importée dans une porcherie par un animal nouvellement introduit ; on éviterait facilement cette source de la contagion en faisant subir à tous les sujets achetés une quarantaine suffisante.
Les accidents aigus sont facilement constatés et les lésions chroniques se traduisent par quelque symptôme suspect comme la diarrhée ou la toux.
Une surveillance effective des abattoirs et des tueries particulières permettrait de découvrir nombre de foyers ignorés et d’appliquer des mesures sanitaires aussi simples qu’eflicaces.
L’abatage général de tous les malades et contaminés constitue
la seule mesure sanitaire rationnelle, en raison même de la fréquence des lésions persistantes chez les guéris et de l’existence de localisations muettes, chez des sujets restés sains en apparence. C’est ce système que la Grande-Bretagne vient d’adopter et il sera intéressant de suivre les résultats de cette grandiose expérience.
Utilisation de la viande. — Quand les animaux sont en bon état de graisse et qu’on les sacrifie dès le début de la maladie, on peut sans inconvénients autoriser la consommation de la viande et
SUR LES SEPTICÉMIES HÉMORRAGIQUES. 87
du lard, mais Ions les viscères (poumons, foie, rate, estomac, intestin) doivent être saisis et détruits.
Législation. — France. — Le décret du 28 juillet 1888 classe la pneumo-entérite du porc parmi les maladies contagieuses. Les mesures sanitaires applicables sont prescrites en même temps pour celle atlection et pour le rouget du porc (V. Rouget, Législation).
Danemark. — La pneumo-entérile est classée parmi les maladies contagieuses malignes; les animaux atteints sont abattus. Les propriétaires reçoivent une indemnité égale aux quatre cinquièmes de la valeur. ( Loi du 14 avril 1893.)
Grande-Bretagne. — Un act, en date du 12 septembre 1893, applique a la swinc-fever les dispositions de Tact de 1890 sur la péripneumonie. D’après ces dispositions, tous les animaux malades et tous ceux qui ont été exposés à la contagion doivent être immédiatement abattus. Il est accordé, pour les contaminés, une indemnité égale à la valeur totale des animaux et, pour les malades, une indemnité égale à la moitié de la valeur des animaux avant la maladie.
Suisse. — LTn arrêté du conseil fédéral, en date du 15 septembre 1892, range la pneumo-entérite parmi les maladies contagieuses.
Suède. — Un ordre du 23 mars 1888 prescrit l’application des mesures générales de l'ordonnance de 1887.
En Hollande , en Roumanie, les dispositions sont communes à la pneumo-entérite et au rouget (Y. Rouget, Législation).
§ 16 — CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES SUR LES SEPTICÉMIES HÉMOR- RAGIQUES
Toutes les affections précédemment étudiées présentent entre elles d’étroites ressemblances, à quelque point de vue qu’on les considère. En 1886, Ilucppe (1), étudiant la bactérie de la Wildseuche, est frappé de son identité morphologique et de ses analogies biologiques avec les microbes du choléra des poules, de la Schweineseuche et de la septicémie des lapins. Il note la similitude des infections expérimentales obtenues chez le lapin, le cobaye et la souris avec les différents microbes isolés, et aussi les communes particularités étiologiques des affections. Sa conclusion est que « la Wildseuche, la Schweinescuche, et probablement aussi la septicémie des lapins et le choléra des poules, constituent des tormes diverses d’une seule infection, la septicémie hémorragique. »
Depuis 1886, le cadre des septicémies hémorragiques s’est consi-
(1) Hueppe. — Ueber die Wildseuche und ihre Bedeulung filr die Nationalolionomie und die Hygiene. Berliner klinische Wochens., t. XXIII, 1886, p. 753 et 794.
SUR LES SEPTICÉMIES HEMORRAGIQUES.
déraillement agrandi et la « bactérie ovoïde » prend chaque jour une importance plus grande dans l’étiogénie des infections animales. loutes les espèces sont ses tributaires; il n est point de région qui soit indemne. La liste de ces affections n’est d ailleurs pas close et en outre des maladies déjà classées et étudiées dans les pages qui précèdent, d’autres seront sans doute groupées sous le même titre.
Toutes les septicémies hémorragiques sont fonction d’un microbe qui affecte les mêmes formes dans les mêmes conditions de milieu. Il se présente dans les tissus sous la forme d’une bactérie ovoïde (coccobactérie) ; les matières colorantes se fixent sur les pôles et il reste un espace clair central. Les dimensions de la bactérie varient d’une affection à l’autre, mais les différences observées se retrouvent, aussi considérables, dans une même affection, suivant les conditions du développement. Lors de pullulation rapide, dans le sang et surtout dans les bouillons de culture, les microbes sont représentés par des coccus, isolés ou associés en diplocoqucs. Les bactéries possèdent des réactions colorantes identiques. Toutes aussi cultivent rapidement dans les bouillons de viande et sur la gélatine, qu’elles ne liquéfient pas.
Identiques par leurs caractères biologiques essentiels, les bactéries diffèrent par quelques modalités accessoires et l’on s’est efforcé d’établir sur celles-ci une classification systématique. Caneva (1), Bunzl-Federn (2), Afanassieff (3) basent la différenciation sur la mobilité des bactéries, la réaction des cultures dans le lait, les caractères des cultures sur gélatine et sur pomme de terre, l’action sur la peptone et le mode de répartition dans les tissus.
L’étude bactériologique de chacune des septicémies décrites montre qu’aucune des propriétés invoquées ne possède une valeur réelle quant à la différenciation, toutes étant éminemment modifiablessuivant les conditions les plus diverses. L’insuffisance des distinctions établies par ces méthodes ressort nettement de l’analyse
(1) Caneva. — Ueber die Baktcrien dev hcimorrhagischen Seplikiimie,.... Centralb. fur Bakt., t. IX, 188G, p. 557.
(2) Bunzl-Federn. — Bemerkunqen über « Wild and Schweinesenche ». ld., p. 787.
(3) Afanassieff. — Experimentelle Untcrsuchungen über einige Mikroorganismen ans der Gruppe dev sogenannten Seplilcaemia hümorrhagica. Arbeiten an a. d. Institut zu Tübipgen, t. I, 1892, p. 263.
SUR LES SEPTICÉMIES HÉMORRAGIQUES.
des groupements proposés; témoin, la classification de Bunzl- Federn, la plus étudiée semble-t-il :