ACTION SUR LA PEPTONE
Wildseuche
Schweineseuche
Barbone
Choléra des poules
Septicémie des lapins
(Koch).
immobile.
non modifié.
coagulé.
rougit.
culture lente.
Phénol et indol.
Indol seulement.
Phénol et indol.
Peste des porcs de Marseille.
mobile
culture rapi-
de, grise.
Septicémie des furets
Septicémie spontanée des
lapins (Eberth)
Swine-plague (vieille cul-
ture)
Hog-cholera. . .
dissout.
reste bleu.
culture rapi-
ni phénol, ni
de, brune.
indol.
Swine-plague (culture ré-
cente)
Svinpest
L’arbitraire de ces groupements ressort suffisamment de ce fait que des affections très voisines, comme la Schweine-seuche et le hog-cholera, ou identiques, comme la Schweineseuche et la swineplague d’une part, le hog-cholera et la peste de Marseille, de l’autre, se trouvent classées dans des groupes différents. Pour un môme microbe, les réactions varient à tel point qu’une même maladie, la swine-plague de Billings, figure dans deux catégories distinctes, suivant que l’on étudie des cultures plus ou moins anciennes.
Les suites de l’inoculation aux divers organismes, qui semblent établir des distinctions très nettes entre les affections, varient à la fois suivant la quantité et la qualité du virus et suivant les modes de la pénétration. Ce critérium peu siïr conduit d ailleurs a des groupements inacceptables et il n’a pas été utilisé jusqu ici. Le mode de répartition des bactéries dans les tissus est
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au moins aussi variable, et les assertions de Caneva sont entièrement controuvées par les connaissances anatomo-pathologiques actuelles.
Une première conclusion peut être formulée sans réserve : une différenciation des septicémies hémorragiques basée sur les caractères biologiques des bactéries est impossible, d’après les formules proposées; il existe des différences plus marquées entre les divers états d'une même bactérie qu’entre les états correspondants de deux bactéries de provenance différente.
L’étude clinique des septicémies hémorragiques permet de préciser les étroites analogies qui relient entre elles les diverses affections groupées. La bactérie ovoïde détermine deux ordres d’accidents, les uns septicémiques, les autres locaux. Ces modes d’évolution se retrouvent dans presque toutes les maladies étudiées; ils sont fonction à la fois de la virulence du microbe et de la réceptivité de l’individu ; parfois ils se succèdent sur un même sujet.
Le type de l’évolution septicémique est fourni par les formes aiguës du choléra des poules, de la septicémie des lapins, de la
Wildseuche, du barbone Les animaux succombent, en quelques
heures, à une intoxication par les produits solubles. Les lésions constatées sont comparables chez toutes les espèces; presque toutes sont le résultat de troubles circulatoires dont le mécanisme reste à déterminer.
Les formes à évolution subaiguë présentent également de nombreux caractères communs. La prédominance des altérations sur l’intestin et sur le poumon, déjà ébauchée dans les formes aiguës, devient ici très manifeste (pneumo-entérites). Les troubles consistent en des congestions, avec œdème lymphatique, exprimées sur l’intestin par l’épaississement de la couche sous-muqueuse et par des hémorragies, sur le poumon par l’infiltration du tissu interlobulaire etpardes exsudats intra-alvéolaires.
Lors d’évolution lente, les altérations consistent toujours en des dégénérescences caséeuses, en foyers localisés aux terrains d’élection (intestin et poumon) ou disséminés dans les parenchymes.
On chercherait vainement un élément de différenciation dans l’étude anatomo-pathologique des infections. La bactérie, quelle que soit sa provenance, se montre toujours capable de produire soit des accidents septicémiques, soit des dégénérescences caséeu-
SCR LES SEPTICÉMIES HÉMORRAGIQUES.
ses locales, suivant la réceptivité du réactif. Dans la pleuro-pneu-
monie des veaux, la swine-plague, la pneumo-entérite on
retrouve les deux ordres d’altérations ; dans le choléra des poules môme, des lésions chroniques sont fréquemment observées. Expérimentalement, l’on obtiendra à volonté les deux modes d’évolution, en tenant compte à la fois de la virulence du microbe et de la résistance des sujets d’épreuve.
L’étiologie des septicémies hémorragiques constitue 1 un des points les plus intéressants de leur étude.
Certaines affections, comme la Rinderseuche et la corn-stalk disease, procèdent de l’infection proprement dite et la contagion ne joue qu’un rôle secondaire ou nul dans leur genèse. Les foyers apparaissent subitement, dans certaines localités déterminées, sous certaines conditions de saison et d’alimentation; ils tendent peu à s’étendre et ils s’éteignent sur place en un temps très court.
Pour d’autres, comme la pleuro-pneumonie septique des veaux,
le barbone, la swinerplague, le rôle de l'infection est évident
encore, mais la contagion s’opère aussi, directe ou indirecte, et les foyers tendent à s’étendre et à se multiplier.
Pour d’autres enfin, comme le choléra des poules et la pneumoentérite, la contagion joue un rôle prépondérant, presque exclusif, etla diffusion s’opère, en toutes les circonstances, avec une extrême facilité.
La bactérie ovoïde apparaît dès lors comme un parasite facultatif, capable de végéter à l’état de saprophyte dans certains milieux. La démonstration directe de l’existence du microbe dans les sols était donnée, avant môme que Ilueppc n’eùt réalisé la synthèse des quelques maladies connues à cette époque. En 1881, Koch et Gaffky (1) avaient trouvé dans l’eau de la Panke une bactérie qui, inoculée au lapin, lui communique une septicémie transmissible par inoculations successives. Or c’est ce môme microbe de la septicémie expérimentale qui est retrouvé plus tard par Klein, par Thoinot et Masselin, par Eberth et Mandry dans la septicémie spontanée du lapin, et il n’est autre que la bactérie ovoïde des septicémies hémorragiques.
La localisation en foyers des septicémies qui procèdent d une
(1) Koch. — Zur Untersuchungen der pathogenen Organismen. Mittheil. a. d. Reichsgesund., t. I, 1881. Gaffky. — Experimentell erzeugte Septikftmie — Id- , id.
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infection directe est expliquée par les conditions indispensables à la vie de la bactérie dans les sols, à sa pullulation dans les couches superliciellesou dans les eaux, et probablement aussi à son aptitude pathogène. Toutes les causes capables de modifier le sol-milieu de culture interviendront dans l’étiologie, c’est-à-dire toute une suite indéfinie de phénomènes que la séduisante théorie du « Grundwasser » ne retient qu’en faible partie.
Cette série des septicémies hémorragiques représente l’effort d’un saprophyte vers le parasitisme, et l’on a sous les yeux toutes les phases de l’évolution, depuis les tentatives avortées de la Rinderseuche et du barbone jusqu’aux contagions très différenciées que sont la pneumo-entérite du porc ou le choléra des poules. Viennent à disparaître les infections bâtardes qui jalonnent les étapes parcourues, et il restera seulement une maladie nouvelle, probablement commune à toutes les espèces animales, aussi nettement différenciée que le sont aujourd’hui la tuberculose et la rage.
Certaines circonstances étiologiques rendent ces contagions naissantes particulièrement redoutables. Il semble que, devenus nettement-parasites, les microbes soient capables encore, pendant une très longue série de générations, d’un retour à la vie saprophytique, dans des conditions de plus en plus étroitement déterminées. Au contraire, les agents des vieilles contagions, très différenciés, sont incapables de ce retour à l’état originel, ils sont devenus des « parasites de nécessité » et les modes de la transmission indirecte sont limités parla résistance des germes eux-mêmes. Contre celles-ci l’action sanitaire est toute-puissante ; la prophylaxie des premières est difficile et incertaine.
Il est probable que le nombre des affections classées à l’heure actuelle parmi les septicémies hémorragiques devra être notablement réduit; les analogies qui relient certaines d’entre elles apparaissent évidentes : Cornil et Toupet ont pu considérer le choléra des canards comme une variété du choléra des poules ; Billings insiste, avec raison, sur les caractères communs des
lésions dans la swine-plague et la corn-fodder L’assimilation
établie par llueppe entre la Schweineseuche et la Wildseuche est confirmée par des faits d’observation, démontrant l’évolution simultanée des deux maladies. A Java et en Egypte, le barbone et la Rinderseuche sont observés en même temps ; en Hongrie,
SUR LES SEPTICÉMIES HÉMORRAGIQUES.
Malkoldy signale l’infection simultanée des buffles et des porcs, et Reischig conclut à la contagion du barbone aux bœufs blancs et aux porcs. Galtier admet la contagion de la pncumo-entérite du porc au mouton et au bœuf ; il considère comme des infections voisines, sinon identiques, la pleuro-pneumonie septique des veaux et la boa-frida ou péripneumonie de la chèvre (V. Péripneumonie).
Par contre la liste des infections dues à la « bactérie ovoïde » n’est certainement pas close, et l’on peut prévoir que d’autres maladies non classées encore, viendront se ranger dans le même groupe. La protéose observée en Sardaigne par Perroncito (1) ne paraît être autre chose qu'une septicémie hémorragique qui, grâce à l’extrême virulence du contage, frappe à la fois toutes les espèces domestiques.
(I) Perroncito. — Sulle malallie del bestiame e.... délia proteosi in Sardegna. Broch., Torino, 1890.