I. — Symptômes
Les symptômes du choléra varient suivant la rapidité de l’évolution. Si, en règle générale, la marche est très rapide, la mort survenant en quelques heures ou en quelques jours, on peut observer aussi des infections à marche chronique, qui restent compatibles pendant des semaines ou des mois avec la vie des malades. Ces dernières formes, récemment différenciées, sont observées en dehors des grandes poussées épizootiques ; elles permettent d’interpréter la persistance de la contagion en certains foyers.
On peut reconnaître, suivant le type évolutif, une forme foudroyante, une forme aiguë, et une forme chronique.
a. Forme foudroyante. — Sous cette forme, les malades succombent en quelques heures, après avoir présenté des signes d’intoxication suraiguë. En quelques minutes, l’animal atteint se montre abattu, triste, somnolent. Il s’isole dans un endroit frais et sombre ; il reste immobile, indifférent à ce qui l’entoure. Les ailes sont écartées et tombantes ; le cou est replié et la tête ramenée sur le tronc. Ainsi ramassé « en boule », les plumes hérissées, l’œil à demi-fermé, le malade prend un aspect très particulier. En même temps, la crête et les muqueuses deviennent violacées, la température s’élève à 43° — 43°5 ; un mucus filant, mêlé de parcelles alimentaires, s’écoule de la bouche ; puis, après quelques mouvements convulsifs, le malade tombe et meurt.
CHOLÉRA DES POULES
Souvent la mort survient deux et cinq heures après l’apparition des symptômes. Parfois l’évolution est plus rapide encore ; des poules cessent subitement de manger, de chanter; elles paraissent anxieuses pendant quelques instants, puis elles tombent mortes, comme frappées d’apoplexie.
b. Forme aiguë. — Ordinairement la marche est moins rapide. L’animal a perdu sa gaieté et sa vivacité; il est triste, abattu, somnolent; la marche est traînante; les ailes tombent ; le corps s’affaisse sur les pattes; les plumes sont hérissées. La poule cesse de gratter le sol; elle s’isole, reste immobile un long temps, somnolente, puis, detempsâ autre, elle étend le cou, se secoue et fait quelques pas. Les aliments sont refusés le plus souvent, tandis que les boissons sont encore recherchées. Les périodes de réveil deviennent plus rares et plus courtes, en même temps que la maladie progresse et que la somnolence est plus marquée. La crête, flasque et tombante, prend une teinte rouge brun; les plumes sont hérissées; les ailes, tombantes; on observe des frémissements vermiculaires de la peau et des contractions des muscles de l’abdomen. Bientôt apparaît de la diarrhée, d’abord grisâtre et excrémentitielle, puis sanguinolente, mousseuse, mêlée de masses blanchâtres ressemblant au blanc d’œuf cuit. La faiblesse est extrême; la crête, les muqueuses sont cyanosées ; la peau est marbrée de taches bleuâtres ; la respiration est difficile et bruyante ; le malade épuisé s’affaisse, en étendant les ailes, et ne se relève qu’en titubant. Dans une dernière période, agonique, les extrémités se refroidissent; la crête est noire ; le bec s’entr’ouvre spasmodiquement ; quelques mouvements convulsifs se produisent, puis l’animal pousse un cri et meurt.
La durée de la maladie varie entre vingt-quatre et soixante heures.
La résolution est très rare; dans ce cas, la diarrhée persiste pendant une ou deux semaines, et il se produit un amaigrissement considérable.
Dans un milieu envahi, la contagion s’opère souvent avec une rapidité extrême; en deux ou trois jours, presque tous les animaux ont succombé. En d’autres cas, l’infection se prolonge pendant une ou deux semaines et un certain nombre de sujets échappent à la maladie.
c. Forme chronique. — Dans les basses-cours infectées, certains des animaux qui semblent avoir résisté h l’infection maigrissent, mangent peu et présentent une diarrhée permanente ou
LES SEPTICÉMIES HEMORRAGIQUES.
intermittente. En même temps, on observe des signes d’anémie progressive et de faiblesse croissante; la crête et les muqueuses se décolorent, les malades restent affaissés, en boule, les plumes hérissées. Après quelques semaines, l’amaigrissement est extrême et la mort arrive par épuisement. .