‹ Les maladies microbiennes des animaux (volume 2)Chapitre 6 sur 156 · II. — Lésions · texte numérisé non relu

II. — Lésions

On rencontre toujours deux ordres d’altérations; les unes, inflammatoires, localisées au tube digestif, les autres, d’origine toxihémique, étendues à divers organes. Les premières sont d’autant plus marquées que l’évolution a été plus lente; les secondes, au contraire, sont particulièrement intenses dans les formes à marche rapide.

La peau est marbrée de taches noires, dues à des hémorragies dans les couches profondes du derme et dans le tissu conjonctif sous-cutané. Un liquide spumeux s’écoule par le bec et par les narines.

La muqueuse des premières voies digestives revêt une teinte brun foncé ; le jabot renferme des aliments qui ont fermenté sur place en raison de l’arrêt de la digestion. L’intestin contient des matières molles, albumineuses, jaunes ou grisâtres et striées de sang. La muqueuse intestinale, congestionnée, est recouverte d’un exsudât inflammatoire, souvent hémorragique ; en certains points, notamment au niveau de l’anse duodénale, elle est criblée de taches ecchymotiques. Les vaisseaux mésentériques, gorgés de sang, forment une riche arborisation de couleur noire. Le foie, volumineux, est congestionné et friable; la rate, tuméfiée en certains cas, est normale en d’autres. Le péritoine renferme quelques caillots fibrineux.

Les poumons sont congestionnés ; parfois aussi, on rencontre des foyers de pneumonie, catarrhale ou hémorragique, associés ou non à une exsudation séro-fibrineuse sur les plèvres et sur la séreuse des sacs aériens. — Le péricarde renferme un liquide séreux, limpide, d’un jaune pâle, qui se concrète à l’air en une masse gélatineuse diffluente ; ordinairement, il existe de nombreuses taches ecchymotiques au niveau des oreillettes. Le myocarde a une teinte lavée; il est ramolli et friable. Le sang contenu dans le cœur est noir et coagulé. — Dans les centres nerveux, on note seulement l’injection des vaisseaux de la pie-mère et de petites ecchymoses sous-séreuses. — Les muscles ne se montrent nullement alté rés

CHOLÉRA DES POULES

lors d’évolution rapide; lorsque la maladie se prolonge, ils prennent une teinte grise et lavée.

Les bactéries spécifiques sont rencontrées dans tous les tissus. Dans le sang, après coloration, elles apparaissent, libres entre les globules, sous la forme de microcoques, de diplocoques et surtout d’éléments ovoïdes. Dans l’exsudât péricardique, dans les pulpes de la rate, du rein... et de tous les parenchymes, les microbes se retrouvent en abondance.

Dans les formes à marche lente, on rencontre des foyers de dégénérescence caséeuse dans divers organes ; dans le foie, ils se présentent sous la forme d’un fin piqueté jaunâtre, étendu à toutes les parties de l’organe; dans le poumon, dans les parois de l’intestin et dans les autres parenchymes, on trouve aussi parfois de petites masses caséeuses, disséminées ou confluentes. L’examen direct et l’inoculation permettent d’y déceler les bactéries spécifiques (1).

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