‹ Les maladies microbiennes des animaux (volume 2)Chapitre 70 sur 156 · I. — Inoculation · texte numérisé non relu

I. — Inoculation

La constatation des propriétés immunisantes d’une première atteinte de la peste devait donner l’idée de recourir à l’inoculation préventive et, depuis Dodson, de nombreuses tentatives ont été faites.

En 1778, Camper demande la création d’un « Institut pour les inoculations » en Hollande; des expériences, réalisées dans la petite île d’Aonde (Zélande), donnent des résultats favorables. Frank, Walz, Viborg, plus tard Jessen et Spinola, recommandent l’inoculation comme un moyen de faire disparaître la peste de la Russie. De 1853 à 1859, des expériences officielles sont poursuivies dans les gouvernements de Charkoff, de Koursk et de Cherson ; elles donnent des résultats contradictoires. En 1863, Ravitsch et Jessen concluent de leurs expériences que l’inoculation de la lymphe vieille est inefficace, et que l’inoculation de la lymphe fraîche peut occasionner des pertes très graves. Raupach (1864) établit que si les pertes consécutives sont généralement moindres que lors de contamination naturelle, elles restent graves néanmoins; il estime que l’inoculation ne saurait être considérée, même en Russie, comme un moyen de détruire la contagion.

Actuellement, l’inoculation est définitivement abandonnée ; ses avantages sont incertains, et elle présente cet inconvénient considérable d’étendre les foyers d’infection ou d’en créer de nouveaux. En admettant d’ailleurs que la mortalité due à l’inoculation soit moindre que celle qui est causée par la maladie naturelle, la différence n’est pas suffisante pour compenser les chances qu'ont les animaux d’échapper à la contagion.

On a tenté encore d’obtenir l’immunisation par l’inoculation d un virus antagoniste. L’analogie supposée entre la peste et la variole a provoqué de nombreuses tentatives d'inoculation du cow-pox, sans qu’aucun résultat ait été jamais obtenu. L’inoculation de la fièvre aphteuse, considérée un instant comme préservatrice, est également inefficace.

C’est évidemment par l’inoculation de virus atténués que la vaccination pourra être obtenue et d’intéressantes tentatives ont été réalisées déjà. Unterberger et Jessen (1853-1855) essaient d’obtenir une maladie bénigne par 1 inoculation, en série, de la lymphe recueillie dans les vésicules cutanées, suivant le procédé conseillé en 1802 par Pessina, pour le claveau. Raupach remarque que la

PROPHYLAXIE

glycérine modifie le virus et qu’il est possible d’obtenir, avec les virus glycérinés, une forme atténuée de la maladie. Enfin les récentes recherches de Semmer permettent d’espérer que des virus-vaccins pourront être un jour obtenus.

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