‹ Les maladies microbiennes des animaux (volume 2)Chapitre 73 sur 156 · III. — Diagnostic · texte numérisé non relu

III. — Diagnostic

Le diagnostic est assuré, dans presque tous les cas, par la coexistence des troubles oculaires et des altérations de la pituitaire; dans les régions où la maladie est fréquente, le plus léger trouble de la cornée, associé à l’élévation de la température et aux autres symptômes généraux, suffit pour faire reconnaître l’affection.

La peste bovine qui présente quelques analogies symptomatiques avec le coryza est suffisamment différenciée par les troubles digestifs intenses, par sa contagiosité et par son caractère épizootique.

CORYZA GANGRÉNEUX DES BOVIDÉS.

Le coryza simple, et les formes épizootiques, encore peu connues, dites catarrhe nasal infectieux, seront distingués par le peu de gravité de l’état général et des lésions locales, ainsi que par les caractères du jetage, muqueux ou muco-purulent. La conjonctivite et la kératite épizootiques sont dénoncées par leur apparition simultanée sur un certain nombre d’animaux, par la forme toute particulière des accidents, enfin par l’absence des troubles généraux et des lésions sur la pituitaire.

La forme intestinale est plus facilement confondue avec les entérites toxiques, surtout avec l 'entérite pseudo-membraneuse .

Étiologie. — Étude expérimentale.

La virulence des divers produits organiques a été plusieurs fois recherchée. Hiibscher a inoculé au veau le jetage nasal et A. Frank le sang frais des malades sans aucun résultat. Esser (1882) a renouvelé en vain les mêmes tentatives, Brusasco (1886) a multiplié les expériences; l’inoculation du jetage et du sang sous la peau ou sur les muqueuses, l’ingestion du jetage nasal et buccal restent sans effet.

L’observation avait démontré déjà que la maladie est peu contagieuse et tous les praticiens sont d’accord sur ce point. Dans une étable renfermant de nombreux animaux, on voit un, deux ou trois animaux être atteints dans une année, à des intervalles irréguliers et plus ou moins éloignés. En quelques étables seulement, la maladie affecte un caractère enzoolique ; Fentzling (1887) voit succomber, dans une même ferme, trente-deux bovidés en dix-huit mois; Dieckerhoff et Junkers observent huit cas en dix-sept jours, sur un effectif de quinze animaux.

La réceptivité est limitée aux bovidés (1) ; le sexe ne paraît avoir aucune influence sur la prédisposition; par contre, la maladie n’est presque jamais observée chez les veaux âgés de moins d’un an.

Les modes de l’infection sont indéterminés. L’apparition fréquente du coryza chez des animaux maintenus en stabulation permanente a fait supposer l’existence d’un « miasme d’écurie ». Les microbes cultiveraient dans le sol, pour envahir l’organisme, sous certaines conditions de prédisposition passagère (refroidissement...). Ainsi s’expliqueraient la persistance de la maladie dans certaines étables qui restent indéfiniment infectées. Une con-

(1) Dieckerhoff dit avoir observé une maladie identique chez une girafe du jardin zoologique de Berlin.

Page 1