‹ Les maladies microbiennes des animaux (volume 2)Chapitre 76 sur 156 · I. — Symptômes · texte numérisé non relu

I. — Symptômes

§ 1. — Fièvre aphteuse chez les bovidés.

La fièvre aphteuse se présente sous des types cliniques différents, suivant le siège de l’éruption et la gravité de l’évolution. Dans un premier paragraphe, on peut grouper, pour l’étude, foutes les formes caractérisées par une éruption sur la peau ou sur les

FIEVRE APHTEUSE.

muqueuses apparentes, les manifestations pouvant revêtir déjà des aspects divers, suivant le siège des lésions. Dans un second, seront réunies les formes exceptionnelles, dues à une éruption sur les muqueuses profondes ou à la marche particulière de l’infection.

a. Forme bénigne. — Dans la très grande majorité des cas, la fièvre aphteuse est exprimée par des symptômes généraux peu graves et par l’évolution régulière d’une éruption vésiculeuse en divers points des téguments.

L’invasion est annoncée par une réaction fébrile d’intensité variable; l’animal est triste; l’appétit diminue; la rumination cesse ou devient irrégulière; la peau est chaude; le mufle et les ailes du nez se dessèchent. Chez les vaches laitières, la sécrétion lactée diminue du tiers ou de la moitié. La température s’élève jusqu’à 40° et au-dessus.

Les troubles avant-coureurs de l’éruption apparaissent peu après; dès ce moment les symptômes varient suivant le siège des lésions. Les points d’élections sont la muqueuse buccale, l’espace inter-digité et la mamelle. Exceptionnellement, les aphtes évoluent sur le périnée ou au voisinage de la vulve et de l’anus. Tantôt l'une des localisations est seule observée, tantôt on en retrouve plusieurs, diversement associées.

La localisation buccale (stomatite, mal de bouche, surlangue...) est annoncée par la sécheresse de la bouche et la rougeur de la muqueuse. On constate ensuite une salivation de plus en plus abondante, des grincements de dents, des mouvements des lèvres; la préhension des aliments, surtout celle des fourrages, s’effectue difficilement; la mastication est lente et pénible. Peu après apparaissent, en divers points de la muqueuse, des ecchymoses, ou, si l’éruption doit être confluente, des taches plus ou moins étendues, tuméfiées, douloureuses. En un ou deux jours, l’épiderme pâlit à leur niveau, en même temps qu’il se sépare des tissus sous-jacents et des vésicules sont constituées, remplies et bientôt distendues par un liquide clair exsudé. Les aphtes sont situés principalement à la face interne des lèvres, sur le bourrelet de la mâchoire supérieure, sur les gencives, sur le mufle, et aussi sur les faces latérales de la langue, sur la muqueuse du palais et des joues. Les vésicules s’agrandissent peu à peu, pour atteindre des dimensions variant de celles d’un grain de mil à celles d’une pièce de deux francs; leur forme est variable; certaines se montrent régulièrement arrondies, d’autres sont plus ou moins allongées. L’épiderme

SYMPTÔMES

qui les recouvre, d’abord jaunâtre, blanchit peu à peu, en môme temps que le contenu devient moins transparent. Sur la langue, la vésicule revêt la môme couleur que la muqueuse environnante et elle n'est appréciable que par la saillie qu’elle forme. Au voisinage des aphtes, la muqueuse est congestionnée, mais l'on ne remarque aucun épaississement de la membrane. L'évolution est accompagnée d’une salivation abondante; la préhension des aliments est rendue extrêmement pénible et souvent l’inappétence est complète.

En môme tempsque cette éruption buccale, on peut trouver aussi des vésicules sur la pituitaire, à l’entrée des cavités nasales, et, plus exceptionnellement, sur la conjonctive et sur le bord ciliaire des paupières. Cette dernière localisation s’accompagne de larmoiement, de photophobie et des autres signes de la conjonctivite.

En quelque point qu’ils évoluent, les aphtes ne persistent que pendant un temps très court. Dans la bouche, la mince pellicule d’enveloppe est déchirée presque aussitôt par les frottements, dus aux mouvements des lèvres ou de la langue, et par le contact des aliments; dans les points moins exposés, la phlyctène s’ouvre spontanément, par suite du ramollissement de la membrane.

On voit au niveau des aphtes une plaie toute superficielle, formée par un tissu d’un rouge vif, finement granuleux, parfois recouvert de lambeaux épidermiques. L’ouverture des vésicules est accompagnée de l’écoulement d’une salive visqueuse, striée de sang et mêlée de débris membraneux jaunâtres. La mastication est encore douloureuse; les mâchoires sont â peine écartées, tandis que la langue est fréquemment en mouvement.

La cicatrisation est rapide; la surface dénudée se recouvre d’un enduit pultacé grisâtre, puis d’une plaque épithéliale d’apparence plombée. En même temps, les troubles fonctionnels diminuent graduellement; les aliments sont plus facilement déglutis; la rumination devient régulière; la sécrétion laiteuse se rétablit.

En quelques cas seulement, des plaies persistent pendant un temps variable, entretenues par le séjour de matières alimentaires à leur niveau. La bouche exhale alors une odeur fétide; la salive s’écoule continuellement et la mastication peut être gênée.

En dehors de toute complication, l’évolution est complète en 8-15 jours.

La localisation digitèe (fièvre aphtongulairc, exanthème inler-

phalangé, mal des onglons ) est constituée par la présence des

aphtes sur le tégument de l’espace inler-digité cl sur la couronne.

FIÈVRE APHTEUSE.

Elle sc montre sur un membre ou sur plusieurs en même temps.

L’éruption est précédée d’une congestion intense du tégument. Les animaux soustraient le membre affecté à l’appui, ou, lorsque plusieurs pieds sont atteints, reposent alternativement sur l’un et sur l’autre, en piétinant sur place. La région est chaude, tuméfiée, douloureuse à l’exploration.

Les aphtes se montrent tout d’abord dans l’espace inter-digité ; souvent, l’éruption s’étend, plus discrète, sur toute la couronne. Les vésicules évoluent comme sur la muqueuse buccale; elles sont toutefois plus petites, plus irrégulières; leur contenu devient rapidement purulent. Les malades restent longtemps couchés; pendant la station, ils se tiennent immobiles, le dos voussé, les membres engagés sous le tronc. La douleur est telle que la température se maintient au-dessus de la normale; l’appétit est diminué; l’irrégularité de la rumination a pour conséquence du météorisme intermittent.

Les aphtes sont ouverts prématurément par les frottements ou par le contact des litières; ils laissent à nu une surface bourgeonneuse; celle-ci, exposée aux traumas et aux souillures, est toujours suppurante et la cicatrisation s’opère d’autant plus lentement que les causes d’irritation persistent. Parfois, il existe du décollement de la corne au niveau du bourrelet.

L’évolution régulière de l’éruption est complète en 8-10 jours.

La localisation mammaire est très ordinaire chez les vaches laitières. L’éruption est précédée d’une tuméfaction de la peau, accompagnée de rougeur et d’hyperesthésie. Les aphtes, isolés ou confluents, siègent sur le trayon; souvent l'un d’eux occupe l’extrémité de celui-ci, au niveau de l’orifice du canal; plus rarement, ils sc montrent sur la mamelle. L’éruption provoque une douleur très vive et des défenses lors de la mulsion.

Les vésicules, irrégulières dans leur contour, de dimensions variables, sont entourées d’une auréole rosée; jamais il n’existe de bourrelet périphérique. Elles s’ouvrent hâtivement, lors de la mulsion ou sous la seule pression du liquide épanché. Les surfaces dénudées se recouvrent de croûtes jaunes, puis brunes, et la cicatrisation s’opère rapidement.

Dans quelques formes bénignes, telles qu’on les observe entre les grandes épizooties, l’aphte évolue sans s’ouvrir; le liquide exsudé se résorbe peu à peu et l’épiderme soulevé se dessèche et se desquame.

Des éruptions erratiques sont en outre observées, qui accom-

SYMPTÔMES

pagnent ordinairement l’une des formes précédentes. — Les vésicules évoluent sur le périnée, au niveau de l’anus et de la vulve, sur la peau et sur la muqueuse, à la face interne des cuisses — L’éruption s’opère parfois sur la muqueuse des pre-

mières voies digestives (arrière-bouche, pharynx, œsophage) ; elle se traduit par les signes de l’angine pharyngée ; on observe l’écoulement de la salive, de la difficulté de la déglutition et des accès de toux au moment du passage des aliments ou des liquides. — Sur la muqueuse des premières voies respiratoires (pituitaire, larynx, trachée ), l’évolution des aphtes se traduit encore géné-

ralement par des accidents sans gravité; on constate un jetage abondant, strié de sang, mélé de débris épithéliaux; la respiration est un peu gênée et bruyante.

Ces diverses localisations se trouvent différemment associées chez un même individu, avec prédominance des lésions sur tel ou tel point.

Certaines complications peuvent être observées, notamment à la suite de l’éruption sur les onglons et sur la mamelle.

La suppuration au niveau du bourrelet a pour conséquence un décollement de l’ongle, qui peutaboutir, en quelques cas, à la chute de l’ergot. L’inflammation intense des tissus dans la région de la couronne détermine aussi la nécrose des téguments et leur escarrification sur une surface plus ou moins étendue. Des infections secondaires s’établissent et, en l’absence d’une intervention rationnelle, la mortification progresse; elle atteint les tissus profonds, tendons et ligaments, pour déterminer l’ouverture des synoviales articulaires et la carie osseuse. Ces altérations sont accompagnées de symptômes généraux, surtout quand plusieurs membres sont envahis. Les malades restent constamment couchés; la réaction fébrile est intense; l’appétit disparaît, tandis que des troubles digestifs permanents sont observés et que les animaux maigrissent à vue d’œil.

La mammite est l’une des conséquences fréquentes de l’éruption sur les trayons. Elle est due à la réplétion de la mamelle et à la fermentation du lait dans les réservoirs, plutôt qu’à une « propagation de l’inflammation. » Les accidents sont observés, en effet, alors que la mulsion est rendue impossible ou difficile, en raison des défenses que provoquent les attouchements des aphtes ou des plaies par les mains du frayeur. La mamelle est tendue, douloureuse, rosée; les veines se dessinent à sa surface. Le lait, d’abord épais, jaune, quelquefois mêlé de sang, 11e tarde pas à fermenter; il se

FIEVRE APHTEUSE.

coagule et l’on obtient un liquide clair, séreux, et des grumeaux caséeux qui obstruent le canal. A une période plus avancée, la suppuration s’établit dans la glande ; un ou plusieurs quartiers subissent une lente transformation fibreuse et perdent difinitivement leur rôle sécréteur.

Chez les bovidés adultes, l’évolution est ordinairement régulière et la mortalité ne dépasse pas 2-5 p. 1000, si les animaux sont convenablement soignés. Au début de certaines épizooties, la maladie est plus grave et les pertes atteignent, dans certaines localités, jusqu’à 5 p. 100 de l’effectif.

Le pronostic varie, d’ailleurs, suivant le mode d’utilisation des animaux. Chez les bœufs de travail, les altérations ongulaires sont redoutables, en raison à la fois du repos forcé qu’elles nécessitent et de la possibilité de complications, entraînant des boiteries persistantes. Chez les vaches laitières, l'affection est grave encore, en raison de la fréquence des mammites, consécutives à l’éruption mammaire; en outre des accidents immédiats possibles, on doit redouter la suppression définitive de la sécrétion ou la diminution notable de celle-ci. Enfin le taux des pertes est de beaucoup augmenté si des soins hygiéniques convenables ne sont pas donnés aux animaux, et la surveillance constante qu’exige le traitement aggrave encore le pronostic économique.

b. Formes graves. — Les formes graves de la fièvre aphteuse sont dues, soit à une localisation de l’éruption sur les muqueuses profondes, digestive ou respiratoire, soit à des intoxications aiguës dont les modes sont encore fort peu connus.

I. La localisation sur les voies digestives porte principalement sur la muqueuse de la caillette. Elle se traduit par une fièvre intense ; les muqueuses sont injectées, la bouche exhale une odeur fétide ; la rumination est suspendue et le météorisme permanent. Après quelques jours, survient une diarrhée intense, souvent dysentérique, qui épuise les animaux. La terminaison par la mort en 5-6 jours est fréquente ; souvent aussi, la diarrhée persiste après la disparition graduelle des autres symptômes et les malades tombent dans un état de maigreur et de cachexie extrêmes.

Chez les bovidés adultes, ces formes sont tout à fait exceptionnelles et elles se montrent ordinairement dans une même étable (Schrader,

H a mis ), sans que rien puisse faire prévoir ce mode particulier

de l’évolution.

Chez les veaux de lait, directement infectés par le liquide virulent,

SYMPTÔMES

ces accidents sont beaucoup plus fréquents et le pronostic est encore plus grave que chez les adultes. Les symptômes observés sont ceux de l’entérite suraiguë ; la mort arrive après 3-5 jours en moyenne.

Les localisations bronchique et pulmonaire sont plus rarement constatées. Elles sont révélées par de la toux, de l’essoufflement, du jetage, accompagnés de symptômes généraux graves, de troubles digestifs et d’un amaigrissement rapide (1). La terminaison par asphyxie est à craindre ; parfois aussi, les accidents persistent sous une forme chronique et les animaux deviennent cachectiques.

Ces formes malignes de la contagion tuent jusqu à 15-20 p. 100 des animaux affectés.

IL En outre de ces types assez bien définis, il en est d autres qui expriment un mode particulier de l’infection.

En 1839, Rychner voit périr 2000 bovidés dans les alpages de Fribourg et de Berne, d’une forme de fièvre aphteuse qui est différenciée sous les noms de « faux charbon » ou de « typhus cérébral ». Des accidents de même ordre sont plusieurs fois signalés

ensuite, en France par Roinard, Richard, Buignet, Delorme (2),

en Allemagne par Zundel, Carsten Harms, Johne, Lydtin (3).

Pendant l’épizootie de 1890-93, plusieurs milliers de bovidés succombent dans l’Europe centrale et de nouvelles observations sont publiées (4).

Les accidents sont observés soit dès le début de l’invasion, avant que l’éruption externe se soit produite, soit au cours de la maladie et jusque dans les dernières périodes de celle-ci.

Parfois la mort arrive en quelques minutes seulement [forme apoplectique). Subitement l’animal cesse de manger; il paraît anxieux, tombe sur le sol et meurt en conservant dans la bouche des fourrages à demi triturés. En d’autres cas, les troubles persistent pendant quelques heures ; le malade est complètement stupéfié ; il se produit des grincements de dents et des tremblements musculaires ; la température n’est jamais très élevée.

Sous un second type, l’évolution est moins rapide. L’animal est profondément abattu ; il refuse les aliments pour rechercher les

(1) Lemaître. — Recueil de inéd. vét., 1876, p. 970.

(2) IL Bouley. — Chroniques du Recueil, 1872.

(3) Zundel. — Chronique vétérinaire d'Allemagne. Recueil de nièd. vêt., 1872, p. 455 et 568. — C. Harms. — Erfahrungen ueber Rinderkrankheiten, p. 240.

(4) Guillebeau. — Ein Ausbrucli von bosartiger Maul-und Klauenseuche . Schweiz. Archiv, 1891, p. 1 87 . — Km. — Die bosarlige Mnul-und Klauenseuche. Monats. f. prakt. Thierh., t. IV, 1892, p. 145, — Schottelius, Kextzling, Hafner, 1m.mi.xger... Woehensch. f. Thierh., 1892.

fièvre aphteuse.

boissons froides ; après quelques heures, la faiblesse est extrême; il se produit une salivation abondante, des grincements de dents,

des tremblements musculaires L’amaigrissement est rapide;

chez les vaches, la sécrétion du lait cesse dès les premiers instants. — Souvent on distingue des troubles intestinaux ; le ventre, rétracté, est douloureux à l’exploration ; il survient des coliques et une diarrhée dysentérique (Siecheneder). — En d’autres cas, la respiration est pénible et bruyante : on observe des symptômes d’angine grave et une toux très douloureuse (Golteswinter). — Enfin on signale, dans quelques formes, des accidents cérébraux (Imminger).

La terminaison habituelle est la mort, en un à quatre jours en moyenne.

§ 2. — Fièvre aphteuse chez le mouton et la chèvre.

L’invasion est annoncée, de même que chez les grands ruminants, par de l’abattement et de l’inappétence ; elle est rapidement suivie de l’apparition de l’éruption. La localisation sur les onglons est de beaucoup la plus ordinaire; la bouche est rarement affectée. Chez les brebis laitières, la localisation mammaire est assez fréquente et souvent grave.

Les vésicules évoluent comme chez les bovidés. Chez le mouton, les altérations ongulaires tendent à persister pendant un long temps, même lors d’une intervention appropriée.

Chez les agneaux à la mamelle, la maladie est particulièrement grave ; un certain nombre succombent aux complications gastrointestinales.

§ 3. — Fièvre aphteuse chez le porc.

Le début est marqué par de la fièvre et la perte de l'appétit ; les animaux s’enfouissent sous la litière et font entendre quelques grognements. Les déplacements, difficilement obtenus, paraissent très pénibles.

L’éruption se produit à la bouche, à l’extrémité des membres et sur le groin, où l’on voit des vésicules très étendues, d’apparence phlycténoïde. Chez les truies, les mamelles se couvrent également de vésicules. Les aphtes évoluent rapidement et la cicatrisation s’opère facilement presque toujours.

Les jeunes sujets sont plus gravement atteints. Comme chez les bovidés, on observe quelques cas de fièvre aphteuse grave,

LÉSIONS. 333

déterminant des accidents intestinaux intenses et la mort en quelques jours.

il. — Lésions.

a. Les altérations de la peau ou des muqueuses déterminées par l’éruption ont une évolution très simple. Il se produit une congestion intense du tégument, suivie de l’exsudation, dans les parties superficielles du derme, d’un liquide séreux qui soulève et distend l'épiderme.

Chez les animaux qui ont succombé à la forme intestinale , on rencontre des lésions d’entérité aiguë, caractérisées par la présence de nombreuses plaques de desquamation épithéliale et parfois d’ulcérations, par l’infiltration de la couche sous-muqueuse et l’hypertrophie des éléments lymphoïdes.

La forme pulmonaire se traduit par une congestion généralisée et par la présence de foyers de broncho-pneumonie. Les bronches renferment une écume sanguinolente; beaucoup sont obstruées par des coagula fibrineux. Dans les types à évolution lente, on trouve des abcès, du volume d’une noisette ou d’une noix, au niveau des foyers primitifs; il existe des parties emphysémateuses en certaines régions.

b. Dans les formes à évolution très rapide, on rencontre des altérations multiples, différemment associées, qui peuvent affecter tous les parenchymes. Sur l’appareil digestif, on note une congestion intense de la muqueuse des estomacs et de l’intestin ; celle-ci est parsemée de fines taches ecchymotiques ou de plaques hémorragiques étendues; la couche sous-muqueuse est fortement œdématiée. Le contenu de l'intestin est ramolli et coloré par le sang épanché. La séreuse, ecchymosée dans toute son étendue, est surtout hyperémiée au niveau de la caillette et de l’intestin grêle. Le foie est volumineux, congestionné, ramolli, d’une teinte pâle et lavée. La rate, parfois normale, est, en d’autres cas, volumineuse et ramollie. Les reins, peu altérés, sont congestionnés et friables. Dans le péritoine, on rencontre un liquide séreux, rosé ou fortement coloré.

Les poumons peuvent être à la fois congestionnés etœdématiés ; les bronches présentent des taches hémorragiques et quelquefois un exsudât, séro-fibrineux. — Le myocarde est toujours altéré ; il se montre décoloré, friable, cuit, ecchymosé. Sur l’endocarde et à la base des gros vaisseaux, on distingue de nombreuses taches hémorragiques.

FIÈVRE APHTEUSE.

Le péricade, vascularisé, et ecchymose, renferme un liquide clair, plus ou moins coloré. Le sang n’est pas altéré; il se coagule rapidement.

Dans les centres nerveux, on a noté la présence d’un exsudât séro-sanguinolent, sous la dure-mère et dans les ventricules, coïncidant avec l’hyperémie et le ramollissement de la substance célébrale (Engel).

Les lésions rencontrées sont souvent peu étendues; si la myocardite observée est parfois la cause directe de la mort (Johne), il est probable que celle-ci est due plus ordinairement à une intoxication générale dont le mécanisme reste à déterminer.

Page 1