‹ Les maladies microbiennes des animaux (volume 2)Chapitre 83 sur 156 · VACCINE. — HORSE-POX. — COW-POX · texte numérisé non relu

VACCINE. — HORSE-POX. — COW-POX

Origine du cow-pox et du horse-pox. — Dans la très grande majorité des cas, il est possible de rapporter sûrement le cow-pox à une inoculation accidentelle du horse-pox ou d’un cow-pox préexistant. L’évolution du cow-pox en dehors d’une inoculation directe à travers le tégument est rendue très douteuse parles données de l’observation. Le cow-pox dit spontané est observé exclusivement sur les vaches, alors qu’elles sont soumises à la mulsion, et les pustules sont presque toujours localisées sur la mamelle. La diversité des aspects de l’éruption est suffisamment expliquée par les conditions différentes de la pénétration et elle constitue encore une présomption d’inoculation locale.

L'étude expérimentale du cow-pox est peu favorable encore à l’hypo. thèse d’un cow-pox spontané. En aucun cas, Chauveau n’a pu obtenir une éruption vaccinale après les injections sous-cutanées ou intravasculaires de virus-vaccin.

L’origine du horse-pox ne saurait être longuement discutée ; dans presque tous les cas, l’éruption est consécutive à la pénétration, directe ou indirecte, du virus provenant d’un cheval antérieurement infecté ; le horse-pox naît du horse-pox. D’autre part, on peut admettre une infection accidentelle du cheval, par le virus provenant de la vache ou même de l’homme.

En raison des modes très indirects de la contagion chez le cheval, il est parfois impossible d’en découvrir l’origine. Cependant cette contagion reste toujours probable et l’hypothèse, d ailleurs admissible, d’une infection par des germes saprophytes (horse-pox spontané) est toute subjective et. invérifiable.

Les rapports ordinaires des infections accidentelles peuvent être facilement résumés : le horse-pox provient du horse-pox: le cow-pox naît du horse-pox, le man-pox provient indifféremment du horsepox et du cow-pox.

§ 1. — HORSE-POX

Historique. — En outre des localisations pustuleuses du cheval décrites par Jenner et par Loy, d’autres étaient déjà cliniquement différenciées avant que leur nature ait été reconnue. Dès 1834, le horse-pox est décrit comme une « maladie aphteuse » épizootique, exprimée par des accidents sur la muqueuse buccale (1), et

(l) *** Observation sur une maladie aphteuse qui s’est déclarée sur les chevaux du dépôt de remonte de Caen. Recueil de înéd. vêt., 1834, p. 51.

HORSE-POX

Lautour(l) observe des éruptions vulvo-vaginales, sur des juments saillies par un étalon affecté. En 1840, Dard signale la localisation sur la pituitaire, sous le nom de rhinite pemphigoïde (2).

H. Bouley (3) décrit très complètement les éruptions de la pituitaire, des lèvres et de la bouche, sous le nom d 'herpès phlyctènoicle ; il insiste sur leur bénignité et sur les caractères cliniques qui les distinguent de la morve et du farcin.

Dayol (4) étudie les localisations sur la peau et sur les muqueuses ; « cinq étalons, atteints aux organes de la génération, ont transmis l’affection à trois cents juments qu’ils avaient saillies». Il réalise la transmission expérimentale, du cheval au cheval, par l’inoculation.

A la suite de l’épizootie de Rieumes, Lafosse et L . Leblanc reconnaissent la nature vaccinale des éruptions pustuleuses du cheval. Peu après, H. Bouley fait une magistrale étude de la maladie ; il précise les caractères essentiels de l'éruption ; il en indique les multiples aspects cliniques et il donne à l’affection le nom de horse-pox , aujourd’hui définitivement accepté (V. Vaccine ; Historique').

Désormais les éruptions des muqueuses seront facilement reconnues : seules, les altérations cutanées resteront encore fréquemment confondues avec les accidents éruptifs gourmeux.

L’histoire du horse-pox en Allemagne est des plus intéressantes. De même qu’en France, l’affection est plusieurs fois décrite sous des noms différents. En 1841, Steincr observe, sur un grand nombre d’animaux, une éruption qu’il caractérise sous le nom d’exanthème fébrile; Bering, en 1846, signale une maladie, observée en quelques localités, et « caractérisée par une éruption sur les muqueuses du nez, de la bouche, sur la conjonctive, plus rarement sur la peau line de l’anus et de la vulve, et, plus rarement encore, sur les parties recouvertes de poils ». Plusieurs fois ensuite, les diverses localisations sont décrites, sans que les auteurs consentent à admettre leur nature « vaccinale ». Eggeling et Ellenberger (1878), puis Fricdbe rger (1879), tentent une étude expérimentale avec l’éruption buccale ; ils obtiennent la transmission, par inoculation, au cheval, au bœut, au mouton et même à l’homme ; mais ils jugent ces résultats

1) Lai tour. Maladie contagieuse observée sur les organes génitaux du cheval . Recueil deméd. vêt., 1834, p. 113.

(2) Dard. - Observations de rhinite pemphigoïde. Id., 1840, p. G08.

y • *{oüI'EY et Patté. — Uerp'es du cheval. Recueil de méd. vêt., 1S43, p. "99.

t) a \ o i . — Mémoire sur une affection éruptive eczématigue contagieuse observée sur l espece chevaline. Recueil de méd. vêt , 1830, p. 209.

VACCINE

IIORSE-POX.

COW-POX

insuffisants et ils concluent à l’existence d’une « stomatite pustuleuse contagieuse » toute spéciale (1).

Aujourd’hui encore cette opinion est partout professée en Allemagne et les auteurs les plus estimés continuent à nier l’évidence avec une superbe assurance. D’après Dieckerhoff, « tout ce que l’on a écrit depuis cent ans sur une prétendue variole du cheval est inspiré seulement par des idées préconçues, et la croyance en une vaccine d’origine équine est une hypothèse sans fondement » (2).

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