III. — Diagnostic
Le diagnostic de la clavelée est toujours facile : la présence de l’éruption pustuleuse est pathognomonique. Les localisations viscérales sont facilement reconnues dans les troupeaux infectés. Dans les mêmes conditions, l’infection est décelée, dès le début, par l’élévation de la température et par l’apparition des symptômes généraux qui marquent la période d’invasion.
Les cicatrices persistantes de la face ou des autres régions permettent de reconnaître une évolution claveleuse antérieure. Les taches arrondies de la « picotte » ont encore une signification diagnostique absolue.
ÉTIOLOGIE.
Étiologie. — Étude expérimentale.
Matières virulentes. — La virulence est étroitement limitée aux pustules spécifiques et à leur contenu. Les produits de sécrétion ou d’excrétion ne sont eux-mêmes virulents que s’ils ont été souillés par le claveau ou par les croûtes desséchées. Les larmes, la salive, le jetage... sont virulents dès la période de sécrétion des pustules..., les matières excrémentitielles deviennent aussi fréquemment virulentes.
Nocard et Roux(l) ont montré que le sang des animaux claveleux n’est jamais virulent, ni au moment de la réaction fébrile qui marque le début de l’infection (cinquième ou sixième jour), ni pendant l’évolution des pustules, ni au moment où l’animal succombe aux complications intestinales ou pulmonaires de la maladie.
La sérosité recueillie dans les ganglions tuméfiés qui collectent la lymphe des régions envahies parles pustules n’est ordinairement pas virulente.
Le lait a été trouvé virulent par Peuch (2); dans une expérience, trois brebis furent infectées, après avoir reçu de 15 à 20 grammes, de lait ; deux autres, inoculées par quinze piqûres, avec le même lait, ne présentèrent aucun accident. Malgré ce résultat, il est douteux que le lait, recueilli purement dans la mamelle, se montre jamais virulent.
Réceptivité. — La clavelée évolue exclusivement chez le mouton. Il existe, dans la réceptivité des -diverses populations animales, des différences marquées, exprimées à la fois par des degrés dans la gravité de l’infection et par une immunité plus ou moins complète.
Dans le nord de l’Afrique, la clavelée est généralement bénigne sur les moutons indigènes, alors que, transmise sur place à des animaux exotiques, elle se présente avec sa gravité habituelle; de même les moutons africains, importés dans le nord delà France, transmettent une infection nullement atténuée, et parfois très grave. La résistance des animaux africains ne peut donc être rapportée à un affaiblissement du virus; elle est inhérente à l’individu, et elle doit être probablement rapportée à une accoutumance liéré-
(1) Nocard et Roux. — De l'élude microbienne des maladies de la ; eau. Bulletin de la Soc. centr. de méd. vêt., 1889, p. 4G3.
(~J Pii l ch. Sur la contagionde la clavelée, C. R. Ac. des sciences, t. CVII, 1888, p. 420.
CLAVELÉE
clitaire de l'organisme aux effets du virus. La clavelée sévit de temps immémorial en Afrique, et tous les moutons sont affectés; on s’explique dès lors qu’une certaine immunité, renforcée de génération en génération, soit transmise aux descendants. De même, les troupeaux du littoral français de la Méditerranée, infectés depuis •des siècles, ont acquis également une résistance appréciable.
Pour certaines races ovines, l’immunité paraît être absolue. Les moutons bretons résistent aux tentatives de transmission expérimentale par cohabitation, et même à l’inoculation du claveau virulent (1).
Enfin l’immunité est acquise après une première atteinte et la constatation de ce fait a donné l’idée de l’inoculation de la maladie dans un but préventif. (V. Clavelisation.)
En dehors de la résistance due à la race ou à une évolution antérieure il n’existe, semble-t-il, aucune immunité individuelle; les variations dans la réceptivité sont exprimées uniquement par des degrés dans la gravité de l’infection.
Les animaux des autres espèces sont totalement réfractaires à la clavelée (2). L’inoculation a été tentée sans succès chez la chèvre (Nocard, Peuch, Brémond), le cheval , le bœuf, le porc, le chien, le singe, le lapin, le cobaye, les oiseaux...
h1 homme est également réfractaire à l’inoculation expérimentale (Voisin, Nocard) ; les quelques exemples de contagion accidentelle rapportés par Villain doivent être certainement rattachés à une autre infection.
Modes de la contagion. — La transmission de la clavelée s’opère avec une extrême facilité. La puissance de la diffusion s’explique à la fois par l’intensité de la virulence, par la grande quantité de virus produit chez un même animal et par la résistance du contage à la dessiccation. C’est par les poussières provenant du claveau desséché que la contamination s’exerce très généralement et il suffit de parcelles infinitésimales pour provoquer l’infection. On conçoit dès lors que la transmission s’opère sûrement dans des espaces limités et aussi qu’elle puisse s’exercer à distance, par l’intermédiaire des poussières virulentes.
Les mêmes considérations permettent d’interpréter la marche de
(0 Nocard. — Sur l'immunité des moulons bretons à l'égard de la clavelée. Recueil de méd. vét., 1888, p. 772.
(2) Voir sur ce sujet les recherches historiques de Hurtrei. d’Arroval, in Traite de la clavelée, p. 270-294 ; —et Peuch, Sur la contagion de la clavelée. C. R. Acad, des sciences, t. CV1I, 1888, p. 425.
ÉTIOLOGIE.
la contagion dans un troupeau. C’est seulement à la période ultime de révolution des pustules que les animaux affectés sont dangereux, surtout alors que s’opère la dessiccation du claveau. Les animaux qui ont échappé à la contagion initiale seront en partie contaminés pendant cette période; si quelques-uns échappent encore à cette seconde contamination, ils seront presque sûrement infectés quelques semaines plus tard, alors que, chez les moutons nouvellement atteints, les pustules auront parcouru toutes leurs phases.
Des modes indirects de la contagion sont réalisés; le séjour des animaux dans des locaux habités par des malades, le transport dans des wagons ou autres véhicules infectés, le simple passage dans des prairies ou sur des routes parcourues par des malades... suffisent à la contagion.
Les litières et les fourrages souillés par les matières virulentes (jetage, salive, claveau...) restent dangereux pendant quelque temps; les toisons conservent également le virus pendant plusieurs mois.
La transmission d'un troupeau à un autre s’opère surtout par les poussières répandues dans l’air et transportées par les vents; la clavelée réalise ainsi le type des anciennes « contagions volatiles ». Le transport par les eaux est rendu peu probable par ce que l’on sait des modes de la pénétration du virus. On retrouve enfin les intermédiaires possibles de toutes les contagions; les personnes qui visitent les bergeries (bouchers, tondeurs...), les chiens et les autres petits animaux; Rossignol a signalé le transport par les étourneaux, qui vont picorer dans la toison des moutons en pâture.
La diffusion à de grandes distances est assurée par les transactions •commerciales et par l'importation d’animaux affectés ou guéris depuis peu et encore porteurs du virus desséché.
Modes de la pénétration du virus. — L’inoculation du claveau au mouton par piqûres intra-cutanées est suivie de l’évolution d’une pustule volumineuse au niveau de chaque point de pénétration; il est rare que l’on constate une éruption généralisée (V. Clavelisation). La pénétration dans le tissu conjonctif sous-cutané provoque un engorgement local et souvent une éruption généralisée, analogue à celle de la clavelée naturelle.
Les voies digestives ont été considérées, pendant longtemps, comme 1 une des portes d’entrée habituelles du virus. Roche- Lubin et Belliol croient la transmission certaine, à la suite de 1 ingestion de croûtes claveleuses desséchées; mais les expériences
CLAVELÉE
laites par divers auteurs (Renault...) pour vérifier ces résultats sont restées négatives. Chauveau (1) a constamment réussi à rendre clavelcux les moutons auxquels il faisait ingérer 10 centigrammes de claveau, dilué dans un breuvage, administré avant ou après le repas. Nocard et Roux soutiennent que les voies digestives sont inaptes à l’absorption du virus et que l’ingestion du claveau, en quelque quantité que ce soit, ne donne pas la clavelée et ne confère pas l’immunité.
L’analyse des diverses conditions expérimentales permet d’interpréter les résultats positifs obtenus. Les croûtes claveleuses mélangées à des aliments pulvérulents secs seront inhalées en partie ; associé à des liquides, le virus pourra pénétrer accidentellement dans la trachée pendant la déglutition ; si le claveau est associé à des matières facilement dégluties, comme la mie de pain fraîche, les souillures des voies respiratoires sont écartées et l’infection n’est jamais obtenue.
Les voies respiratoires absorbent le virus avec une extrême facilité; l’insufflation de claveau desséché dans la trachée (Chauveau), ou l’injection intra-trachéale de claveau liquide (Nocard et Roux) provoquent des accidents identiques à ceux qui résultent de la contagion naturelle. En dehors d’une effraction à travers le tégument, très rarement réalisée, c’est toujours par les voies respiratoires que s’opère l’infection naturelle ; dans un troupeau, la contagion est assurée par les croûtes claveleuses répandues dans l’atmosphère ou directement inhalées. Le type même de la contagion, observée surtout pendant la période de dessiccation des pustules, suffirait à démontrer le rôle prépondérant des voies respiratoires dans l’absorption du virus.
L’ injection intra-veineuse de claveau ne provoque pas d’éruption, si l’on a pris soin d’éviter le dépôt du virus dans le tissu conjonctif péri-vasculaire. On constate une fièvre intense, et les animaux inoculés ont acquis l’immunité.
L inoculation intra-péritonéale détermine ordinairement une éruption généralisée.
Le dépôt de claveau pur dans la chambre antérieure de l'œil provoque une éruption générale et des lésions locales intenses, aboutissant à la perte de l’œil inoculé. Le même claveau, injecté dans l’œil du lapin, du chevreau, ou des moutons clavelisés et immunisés, ne produit aucun trouble général ou local.
(1) Chauveau. — Théorie de la contagion médiale. Journal de méd. vêt , 18G8, p. 518.
RÉSISTANCE DU VIRUS
Pathogénie. — Les processus de l’infection varient suivant les modes de la pénétration du virus. A la suite de l’inoculation intra-cutanée, le virus cultive sur place, tandis qu’une partie est rapidement absorbée.
La culture locale provoque le développement d’une pustule, qui a exactement pour centre la piqûre d’inoculation. Dès qu’apparaît l’ecchymose initiale, la virulence peut être décelée dans les tissus (Chauveau). Le plus souvent, les pustules sont localisées au niveau des piqûres ; exceptionnellement, on voit apparaître une éruption généralisée.
L’évolution est toute différente si la pénétration s est elïectuée par les voies respiratoires; le virus diffuse dans toutes les parties de l’organisme et provoque, en même temps que des lésions spéciliques du poumon, une éruption cutanée généralisée.
A la suite de l inoculation cutanée, les lésions locales apparaissent de quatre à six jours, en moyenne, après la pénétration du virus. Lors de contagion naturelle, la période dite « d’incubation » varie dans des limites étendues; on admet ainsi qu’elle est, en moyenne, de six à dix jours en été et de douze à quinze et vingt jours en hiver; l’évolution serait plus rapide chez les animaux jeunes et bien portants que chez les sujets vieux et débilités (?).
Le processus de l’infection est indéterminé; il est probable qu’il est analogue de tous points à celui de l’infection variolique.
Le virus claveleux, après avoir subi dans certains milieux une élaboration dont les modes sont indéterminés, pénètre à coup sûr dans le sang; mais il doit s’y trouvera un état de dilution extrême, puisque sa présence ne peut être décelée par l’inoculation à dose massive. Lancé dans les réseaux capillaires, le virus cultive de préférence sur les téguments (peau, muqueuses) et dans le poumon.
Le passage du virus de la mère au fœtus est fréquemment observé.
Résistance du virus. — Conservé à l’état liquide, dans des tubes de verre scellés, à l’abri de la lumière, le claveau conserve ses propriétés pendant plus de deux ans. Les croûtes desséchées, placées dans un endroit sec, à une température constante et à l’abri des rayons solaires, restent virulentes pendant cinq ou six mois.
La résistance a la chaleur est peu marquée; le virus est détruit, en tiois minutes, à une température de 56-58°; il se montre également sensible a 1 action du froid et la virulence disparaît lors d exposition à une température de — 8° (Galtier).
CLAVELÉE
Les hautes pressions d’acide carbonique ne détruisent pas le virus; le claveau soumis à des pressions de 40-50 atmosphères, pendant vingt-quatre heures, a subi seulement une légère atténuation. (Nocard.)
L’action des antiseptiques (1) est assez complètement étudiée. L’acide sulfureux tue en quinze minutes, la solution d’acide arsénique à 26 : 1000 (Galtier), l’eau oxygénée acide (Nocard), détruisent immédiatement la virulence. L’eau iodée à 1 : 1000, le sublimé à 1 : 1000, l’acide phénique, l’acide sulfurique et le sulfate de zinc à 2 : 100, l’émulsion d’essence de térébenthine à 25 ; 106 stérilisent le claveau (Peuch).
L’acide borique à 3,5 : 100, le salicylate de soude à 2 : 100 (Galtier), le chlorure de zinc à 2 : 100, le chlorure de chaux à 10 : 100 (Peuch) sont sans effet.
L’action de diverses substances a été étudiée par Grünwald; une goutte de claveau est mélangée avec une grosse goutte de la solution désinfectante, puis inoculée au mouton, à la face inférieure de la queue. Les résultats obtenus sont les suivants :
Détruisent ta virulence :
Ne détruisent pas la virulence:
Tannin à 10 : 100
Permanganate de potasse à.. 10 : 100
Perehlorure de fera 10 : 100
Vinaigre de bois à 10 : 100
Potasse caustique à 10 : 100
Chlorure de zinc à 5 : 100
Acide chromique à 2,5 : 100
Résorcine à 2,5 : 100
Acide sulfurique à 2,5 : 100
Acide phénique à 1,25: 100
Quinine à 5 : 100
Essence de térébenthine.
Goudron dilué dans 3 parties d’eau.
Sulfite de soude à 10 : 100
Acide borique 5 : 100
Sel marin en solution saturée.
Modifications de la virulence. — Le claveau, c’est-à-dire le liquide exsudé des pustules claveleuses, se montre toujours extrêmement virulent. Alors que le vaccin dilué dans l’eau à 1 : 50 reste généralement sans effet, s’il est inoculé à la lancette, le claveau, inoculé dans les mêmes conditions, est encore actif lorsqu’il est dilué à 1 : 1500 (Chauveau).
Les variations naturelles dans l’activité du virus sont peu
(1) Peuch. — Recherches expérimentales relatives à l’action des agents désinfectants sur le claveau. Revue vétérinaire, 1884, p. 3G1. — G. Grünnvald. — Experimentelle Beilrag zur Lehre liber einige Conlagien. Inaug.- Diss. , Dorpat, 1882, et Deutsche Zeils. fur Thiermed., t. IX, 1883, p. 232.
MODIFICATIONS DE LA VIRULENCE
marquées et difficiles à mettre en évidence; un claveau provenant d’une éruption régulière, bénigne, déterminera, chez un sujet peu résistant, une maladie très grave. On sait déjà que le virus puisé chez les moutons africains n’a subi aucune atténuation dans ses propriétés, malgré une longue série de cultures dans des organismes peu aptes à l’infection.
Les tentatives d’atténuation expérimentale de la virulence n’ont donné jusqu’ici que des résultats incomplets.
L’inoculation cutanée, en série, chez le mouton, laisse au claveau toute son activité. Pessina a réalisé ainsi trois cents passages, sans constater la moindre modification.
La dilution a été utilisée, dans le but d obtenir un virus atténué; il résulte des recherches de Peuch que « les suites de la clavelisation sont moins à craindre en employant un claveau produit par une pustule unique, résultant elle-même d’une injection sous-cutanée de virus conservé depuis plusieurs mois et dilué au 1 /1 00e ou au 1 /160e dans l’eau distillée, au moment de s’en servir ». Toutefois, l’atténuation ainsi obtenue, doit être rapportée au vieillissement, plutôt qu’à la dilution, et il est dangereux d'injecter sous la peau un claveau dilué de récente origine (1). D’ailleurs les résultats sont loin d’être constants : « le claveau atténué parle vieillissement, quand il prend, peut provoquer une éruption grave et donner du virus fort en pullulant. » (Galtier.)
Pourquier (2) obtient un virus atténué, par la culture en série chez des moutons affectés ou inoculés depuis trois ans au moins. L n second procédé, plus pratique, consiste en des inoculations successives d’après la méthode suivante.
« Si, pendant dix jours consécutifs, un même sujet est inoculé avec le même virus, les quatre premières piqûres seules arrivenlà Pétatde pustules et sont, toutes les quatre, dans leur complet développement et en pleine sécrétion du quatorzième au quinzième jour du début de l’expérience. 11 y a donc inégalité dans la durée de révolution, la première arrivant à sécrétion en quinze jours, la seconde en quatorze jours, la troisième en treize jours, la quatrième en douze jours. Cette inégalité dans la durée de 1 évolution modifie d ailleurs les dimensions des pustules, dont lesdiamètres vont en décroissant.
» 11 ressort de ces observations que, dès les premières vingt-quatre heui es, la première inoculation a déjà modifié le terrain... Cette influence
fl) Peuch. — Précis de police sanitaire , 1884, p. 239. — Notes sur des résultats de la c/avehsation. Revue vét., 1886, p. 292.
. ri ?ftLRQUIEI'' ~ De ^atténuation du virus de la variole ovine. C. R. Acad, des sciences, ’ ’P' Nouvelle méthode d’ atténuation du virus de la variole ovine, kl., t, CIV,
CLAVELÉE
s’accentue les jours suivants et l’immunité est acquise du sixième au septième jour : en effet, le sixième jour on a encore une papule ; les jours suivants, rien. »
Ces différences dans l’évolution sont dues à une modification du terrain, à un commencement d’immunité, el la pustule qui arrive à sécrétion dans le temps le moins long donne un virus atténué. Si, avec le liquide decette pustule, on pratique sur un meme sujet, comme dans l’expérience précédente, une série de dix inoculations, on obtient à peu près les mômes résultats. Si on inocule un troisième sujet avec le liquide de la quatrième pustule, et ainsi de suite, il viendra un moment où, par une diminution graduelle du temps d’évolution, la première inoculation arrivera toujours à sécrétion au douzième jour. La fixité est alofs obtenue.
« On peut, par le môme procédé, obtenir la fixité des caractères de pustules évoluant dans un temps donné, quatorze, dix, neuf et môme huit jours. L’expérience démontre que, pour avoir une pustule donnant l'immunité, sans exposer l’animal à une éruption secondaire, il faut prendre la pustule évoluant du onzième au douzième jour ; les pustules évoluant en huit jours ne confèrent pas une immunité complète.
» Avec cette pustule (du onzième au douzième jour), on peut inoculer un animal sans lui faire contracter la clavelée. L’animal ainsi vacciné, mis au contact d’animaux claveleux, est devenu réfractaire; : l’immunité est acquise ; le virus est transformé en vaccin.
» Par cet te méthode on peut avoir une source indéfinie de vaccin. »
M. Pourquier a malheureusement laissé perdre le précieux vaccin qu’il avait obtenu, avant que sa découverte n’ait reçu la sanction de la pratique.
Immunisation. — L’immunisation n’a été réalisée jusqu’ici que par les différents modes de l’inoculation.
I. L’injection intra-veineuse du virus ne provoque aucune éruption et elle confère néanmoins l’immunité. Il serait possible d’inoculer préventivement les animaux parce procédé; l’injection étant pratiquée dans la veine de l’oreille, on ampute aussitôt l’oreille, avec le thermo-cautère, au-dessous du point de l’injection ; on évite ainsi les dangers d’une pénétration dans le tissu conjonctif, suivie d’éruption généralisée.
IL L’inoculation intra-cutanée du claveau, suivie généralement d’une éruption pustuleuse limitée au niveau des piqûres, confère rapidement l’immunité. Les recherches de Pourquier tendent à montrer que la résistance des tissus, dans le voisinage des pustules, est appréciable déjà vingt-quatre heures après l’inoculation et qu’elle augmente rapidement, l’immunité locale étant complète du sixième au septième jour.
Le mécanisme de 1 immunisation est analogue à celui de l’immu-
TRAITEMENT
nisation à l’égard de la vaccine. L’immunité est due à une imprégnation progressive par des matières vaccinantes, sécrétées au niveau des pustules d’inoculation ; cette imprégnation est assez rapide, au moins dans la grande majorité des cas, pour que le virus diffusé dans l’organisme trouve les milieux modifiés et impropres à la pullulation.
Si, après avoir inoculé un mouton, par piqûre cutanée, au niveau de l’oreille ou de la queue, l’on ampute ou l’on cautérise la région, deux, quatre ou même six jours après, on voit apparaître fréquemment une éruption généralisée. Dans ce cas, le virus a diffusé dans l’organisme et l’on supprime, d’autre part, la source des matières vaccinantes; les conditions de l’infection sont donc identiques à celles qui sont réalisées chez un animal en état de réceptivité, exposé à la contagion naturelle.
III. Quelques tentatives d’immunisation par les matières solubles n’ont donné aucun résultat. Nocard et Roux ont constaté que l’injection sous-cutanée, à un agneau, de six centimètres cubes de claveau filtré sur porcelaine, ne confère pas l’immunité ; inoculé vingt jours après, par deux piqûres à la queue, l’agneau a pris une clavelée mortelle.
Il n’existe aucune médication’spécifique et l’intervention est limitée à des soins hygiéniques, lors d’évolution régulière ; le traitement des diverses complications ne comporte pas d’indications spéciales.
Les moutons affectés sont placés dans des étables bien aérées et à température constante; les litières sont fréquemment renouvelées et le sol maintenu dans un état de propreté parfaite. Les malades reçoivent des aliments choisis et de facile digestion. Si les conditions économiques sont telles que les moutons doivent être conduits au pâturage, on ne les sortira des bergeries qu’à une heure avancée et ils seront rentrés avant les dernières heures du jour.
Les animaux qui présentent des complications résultant d’une éruption confluente sur les téguments et ceux qui sont affectés de localisations viscérales sont isolés du troupeau et soignés isolément.
Les broncho-pneumonies clavelcuses sont traitées par les applications sinapisées sur le thorax, par les inhalations antiseptiques (eau phéniquée...) et par l’administration de toniques ou d excitants dillusibles, suivant les indications spéciales.
Nocard et Leclainche.
CLAVELÉE
Contre les accidents intestinaux, on prescrit les opiacés et le camphre, destinés à combattre la diarrhée, associés aux breuvages antiseptiques (naphtol, salol...).
Prophylaxie.