Mesures sanitaires
La prophylaxie de la clavelée comporte l'application de diverses mesures sanitaires destinées : à) à éviter l’envahissement d’un pays indemne; b) à éviter la diffusion dans une région envahie ; c) à enrayer la contagion dans un foyer infecté.
I. La fermeture des frontières aux animaux provenant de pays infectés ou suspects constitue un premier mode d’intervention, partout employé et théoriquement suffisant.
La prohibition des importations ne protège pas complètement cependant contre un envahissement « par reptation », alors que la maladie sévit dans le voisinage immédiat des frontières, et c’est souvent ainsi que la claveléeest importée. Le séjour des troupeaux dans les pâturages communs des zones neutres, sur les alpages des frontières (Pyrénées, Jura...) favorise encore la contagion.
La prohibition des importations d’animaux suspects par leur origine n’est d’ailleurs pas possible dans tous les cas. Des raisons économiques d’ordre supérieur obligent à admettre, sous certaines conditions, les moutons de provenance algérienne ou tunisienne, bien que la clavelée sévisse en permanence sur tout le littoral africain de la Méditerranée.
La visite des troupeaux à la frontière constitue une indispensable précaution; elle permet de saisir ou de refouler des animaux atteints ou contaminés; de plus, elle oblige les importateurs à prendre des précautions quant à la formation et à l'expédition des convois. Cette surveillance nécessaire est insuffisante, cependant, pour éviter sûrement l’entrée d’animaux dangereux. Alors même que l’examen des troupeaux importés serait assez complet pour que tous les malades fussent certainement reconnus, les contaminés échapperont à toute suspicion ; or, les intéressés évitent soigneusement de présenter des malades à la frontière; ils les sacrifient en deçà, et le reste du convoi pénètre librement. D’autre part, des animaux elavelisés antérieurement et réfractaires seront néanmoins dangereux s’ils ont cohabité avec des malades ; les toisons sont
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souillées de matières virulentes qui conservent leurs propriétés pendant un temps indéterminé.
La libre admission des animaux qui présentent les stigmates de la clavelisation comporte encore des inconvénients. Peuch (1) remarque avec raison que « les cicatrices consécutives à l’inoculation ne sont ni spéciales, ni caractéristiques. La cicatrice linéaire, blanchâtre, épaisse, saillante et pour ainsi dire calleuse que laisse la plaie consécutive à la pustule d’inoculation, n’a rien qui la distingue nettement et sûrement d’une cicatrice résultant d une plaie cutanée avec perte de substance. Il est donc à craindre que la fraude s’exerce en cette matière, si les moutons porteurs de cicatrices caudales ou auriculaires viennent à acquérir une plus-value, motivée par leur entrée en libre pratique. Les seules cicatrices réellement caractéristiques de la clavelée sont ces petites lossettes glabres, rosées ou blanches, dont la face de certains moutons est comme criblée ou piquetée, d’où le nom de picolle donné parfois à cette maladie. Ces cicatrices cupuliformes, qui apparaissent au premier abord comme autant de petits trous, sont les véritables stigmates de la clavelée et leur présence permet de conclure avec certitude. »
L’insécurité de l’inspection à la frontière est démontrée par l’importation constante de la clavelée, dans les départements du Sud-Est, par les moutons algériens, en dépit d’une surveillance exercée à la fois au départ et à l’arrivée des convois.
II. Les mesures propres à éviter la diffusion de la maladie dans une région infectée varient suivant l’étendue du foyer reconnu, -aussi suivant les modes d’entretien et la densité de la population ovine.
Alors que la maladie est signalée dès son apparition, il est facile d’éviter la transmission par une séquestration rigoureuse des troupeaux atteints. L’abatage des malades et des contaminés, prévu par certaines législations, ne saurait être recommandé que dans les pays habituellement indemnes et peu menacés par la maladie. Partout ailleurs, on exercera une surveillance sanitaire permanente, destinée à éviter les modes de la contagion indirecte.
Dans la plupart des cas, la maladie est signalée alors que toute une région est envahie. Dans ces conditions, l’on ne peut qu enrayer la marche de la contagion, par la séquestration et l’isolement des malades. L accès de la zone infectée sera interdit aux troupeaux ;
(1) Peuch. — Précis de police sanitaire , 1 vol., 1884, p. 243.
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les moutons ne pourront être conduits sur les foires et marchés*
Les propriétaires éviteront la contamination de leurs animaux par des mesures de précaution assez simples. Pendant la durée de l’épizootie, les moutons seront nourris à l’étable ou conduits dans des pâturages situés à proximité des bergeries; on évitera les chemins suivis par les autres troupeaux. Les moutons seront cantonnés aussi loin que possible des troupeaux voisins; ils seront conduits à des abreuvoirs spéciaux, alimentés de préférence avec l’eau des puits. L’approche du troupeau sera interdit à toutes les personnes étrangères; les bergers et leurs chiens seront consignés dans la ferme. En aucun cas, des moutons ne seraient introduits dans le troupeau sans avoir subi une quarantaine de 20-30 jours.
Ces mesures sanitaires, théoriquement suffisantes, sont, il est vrai, difficilement applicables dans la pratique. Les habitudes acquises, et souvent d’inéluctables exigences économiques, rendent la contagion inévitable et la clavelée s’étend, en quelques mois, à toute une province.
III. Dès que la clavelée est apparuedans une étable, on peut prévoir que tous les animaux sont presque sûrement contaminés. Dans le cas seulement où le diagnostic est porté dès le début, avant que des matières virulentes aient été répandues, la contagion pourra être enrayée; les animaux malades ou suspects seront séquestrés dans les locaux infectés; les sujets sains seront isolés aussi complètement que possible. Après l’évolution complète de la maladie, les malades seront tondus, s’il est possible, ou, dans tous les cas, lavés soigneusement dans un bain savonneux antiseptique.
En nombre de circonstances, le troupeau est infecté en totalité, en dépit de toutes les précautions prises. La seule intervention possible consiste en l’inoculation de tous les animaux, dans le but d’éviter des infections successives, qui prolongent pendant plusieurs mois la durée de l’épizootie.
IL — Clavelisation (1).
La clavelisation consiste en une inoculation intra-cutanée du claveau, destinée à conférer rapidement l’immunité aux moutons traités.
(1) Le livre de Uurtrei. d’Arboval, Traité cle la clavelée , renferme les documents les plus précis et les plus complets sur l’opération. Consulter aussi :
Girard père. — Mémoire sur le claveau et sur les avantages de son inoculation , 1818. — Delafond. — De la clavelisation des troupeaux de bêles à laine. Recueil de méd. vét., 1847, p. 27(3, 931, 1848, p. 18, 121 et 322. — Roche-Lubin. — Études pratiques sur quelques points nosologiques de la clavelée, ld, 1853, p. 178,
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Historique. — Les analogies qui existent entre la clavelée et la variole ont donné l’idée d’appliquer à la maladie du mouton le procédé d’inoculation répandu, de temps immémorial, sous le nom de variolisation. Dès le commencement du xvme siècle, la clavelisation était couramment employée en Saxe, en Italie, en Autriche, en Hongrie et dans le midi de la France.
Hurtrel d’Arboval rapporte de nombreux documents concernant la méthode et il réunit des statistiques concernant 32 000 inoculations.
Les études de Beugnot, Lebel, Delafond, Roche-Lubin..., en France, celles de Müller, Merten, Pissin, Hertwig..., en Allemagne, fournissent diverses indications quant à la technique de 1 opération; elles en précisent les avantages économiques et prophylactiques.
Indications de la clavelisation. — La clavelisation est pratiquée soit dans un troupeau déjà infecté, dans le but de hâter 1 évolution ( clavelisation de nécessité), soit dans des troupeaux sains menacés d’une contamination plus ou moins certaine ( clavelisation de précaution).
Les avantages de la clavelisation de nécessité sont évidents. On confère, par l'inoculation, une maladiemoins grave que celle qui résulte de la contagion naturelle; de plus, tous les sujets sont infectés en même temps; l’on évite ces poussées successives qui rendent le troupeau dangereux pendant plusieurs mois et qui prolongent indéfiniment l’application démesurés sanitaires souvent très onéreuses. D’autre part, la contagion de la clavelée s’exerce avec une telle facilité que tous les animaux seront à peu près sûrement frappés, et l’inoculation expérimentale n’augmente pas sensiblement le nombre des malades.
Les indications de la clavelisation de précaution sont moins facilement précisées, car elles sont subordonnées entièrement à l'imminence de la contagion. En des régions où la clavelée sévit en permanence ou apparaît chaque année, l'inoculation préventive est indiquée, à moins que les conditions de l’entretien soient telles que l’isolement des troupeaux devienne possible. Dans des régions gravement infectées, les troupeaux de fermes isolées ou de domaines entièrement clos sont préservés de la contagion par des précautions assez simples. Au contraire, les animaux envoyés dans des pàturagescommunsou soumisà la transhumance sont inévitablement infectés dès que la clavelée apparaît.
Dans les localités habituellement indemnes, la clavelisation est contre-indiquée, à la fois au point de vue économique et au point
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de vue sanitaire. L’inoculation provoque, en quelques cas, un état fébrile et des accidents généraux qui causent aux animaux un retard appréciable dans l’accroissement ou dans l’engraissement; de plus, des accidents mortels sont observés chez quelques sujets. La clavelisation de précaution constitue, en outre, un danger considérable; elle crée de nouveaux foyers d’infection ou elle étend les foyers existants. En Autriche, en Allemagne..., la clavelée a été autrefois répandue en nombre de provinces, qu’elle n’eût peut-être jamais envahies, par la seule clavelisation.
L’inoculation de précaution ne doit donc être autorisée que lors d’un danger de contagion reconnu imminent; les animaux qui y sont soumis doivent être surveillés au même titre que les malades.
Technique de l’inoculation. — I. — Choix et recolle du virus. — Le claveau est recueilli au niveau de pustules provenant de l’éruption naturelle ou dans des pustules d’inoculation. Ces dernières fournissent une plus grande quantité de claveau et le liquide peut être recueilli purement; elles doivent être préférées d’une façon générale.
Si les conditions sont telles que le virus doive être recueilli sur des animaux atteints de la maladie naturelle, ompuisera le claveau sur un mouton antenais, présentant une éruption discrète et bénigne ; on choisira des pustules isolées, bien développées (dixième ou douzièmejour), renfermant une lymphe abondante. Si le liquide doit être inoculé aussitôt, on applique une pince à anneaux, munie d’une crémaillère d’arrêt, à la base de la pustule choisie ; on décoiffe celle-ci avec le bistouri ou la lancette, et l’on puise directement avec l’instrument le liquide qui s’échappe ; le grattage de la pustule fournit ensuite une matière très virulente.
Au niveau des grosses pustules provenant de l’inoculation, la récolte est plus facile encore. L’incision donne un claveau abondant ; une seule pustule permet d’inoculer plus de cinq cents bêtes.
IL — Conservation du virus. — Tous les procédés employés pour la conservation du vaccin ont été recommandés pour le claveau; on indique ainsi le dépôt entre des lames de verre, la dessiccation, les mélanges glycérinés ou glycérolés... La méthode la plus simple et la plus pratique consiste à recueillir purement le claveau dans des tubes de verre qui sont scellés ensuite.
Dans un premier procédé, applicable alors que l’on veut conserver une grande quantité de virus, on aspire le claveau dans une grosse pustule d’inoculation, à l’aide d’une pipette effilée. Dès que celle-ci
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est remplie, on soude à la fois l’effilure inférieure et l’étranglement supérieur.
Un second moyen consiste à enfermer le claveau dans des tubes capillaires. L’extrémité du tube étant appliquée sur la pustule, le liquide monte par capillarité ; dès que le tube est rempli, on ferme les extrémités, en les plongeant dans la cire fondue, ou bien, on les soude à la lampe (1).
Le claveau ainsi recueilli est placé à l’abri de la lumière, à la température de la chambre. Il conserve ses propriétés pendant plus de trois mois.
Si la clavelisation devait être pratiquée avec un virus conservé depuis longtemps, dont les propriétés paraissent douteuses, il serait indiqué d’inoculer au préalable un ou deux animaux qui donneraient du virus frais en abondance.
III. — Procédés de l'inoculation. — L’inoculation doit être pratiquée à la queue ou à l'oreille; l’expérience montre que les accidents consécutifs sont moins fréquents qu’après une insertion du virus sur le tronc; de plus, l’amputation possible de la région inoculée permet d’éviter certains des inconvénients de l’opération.
Toutes les méthodes de l’inoculation assurent la pénétration du virus et la plus simple, c’est-à-dire la piqûre sous-épidermique, doit être préférée ; on se sert indifféremment de l’aiguille cannelée ou de la lancette.
La région choisie est tondue et lavée à l’eau savonneuse tiède. « Le mode de contention du mouton à elaveliser est fort simple. Quand on inocule à la face inférieure de la queue, un aide maintient l’animal debout, tandis que l’opérateur saisit la queue d’une main et la renverse, de manière que la face inférieure soit tournée en haut et la peau bien tendue. Puis, il pique le tégument, en faisant pénétrer la pointe de la lancette un peu obliquement sous l'épiderme et à une profondeur de deux millimètres environ, de manière à former une sorte de petit godet sous-épidermique, dans lequel le virus est déposé. Si l’on elavelise à la face interne de l’oreille, l’animal peut encore être maintenu debout, en ayant le soin de limiter le plus possible les mouvements de la tête.
» Quelle que soit la région choisie pour elaveliser, il est inutile et il serait même dangereux de faire plusieurs piqûres, car, en opérant ainsi, on est plus exposé à voir survenir une éruption
Û) Ce dernier procédé est déjà recommandé par üurtrel d’Arboval, qui en attribue 1 idée au chirurgien Bretonneau (de Chenonceaux).
Uurtrel d Arboval. — Traité de la clavelée , p. 239.
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générale qu'en se bornant à une seule piqûre. 11 est très essentiel également, au point de vue de la simplicité des suites de la clavelisation, de ne faire qu’une piqûre sous-épidermique et non point sous-cutanée.
» Lorsque l’on clavelise à la queue, comme cela se fait le plus généralement, il est bon, chez les brebis tout au moins, de pratiquer la piqûre près de l’extrémité terminale de la queue, afin d’éviter le frottement de la pustule d’inoculation sur la vulve, car ce frottement retarde beaucoup la cicatrisation de la plaie consécutive à la pustule et, par conséquent, la guérison définitive de l’animal. Mais, chez les brebis dont la queue a été coupée afin de ne pas salir la laine, cette précaution ne peut être observée et il faut claveliser à la face interne de l'oreille (1). »
Suites de la clavelisation. — Les phénomènes locaux consécutifs à l’inoculation n’apparaissent que quatre jours après celle-ci.
Ils débutent par une tache rouge qui, limitée au niveau de la piqûre, s’étend peu à peu, en même temps que la région se tuméfie. Vers le septième jour, il existe une tumeur aplatie, circulaire ou ovalaire, du diamètre d’une pièce de deuxfrancs. Le huitième jour, la pustule s’entoure d’un bourrelet de couleur pâle, qui la délimite nettement; sa surface, de teinte rosée, est légèrement convexe; elle présente à son centre une dépression très nette (ombilic). Du neuvième au douzième jour, la pustule arrive à la période de sécrétion; l’épiderme, ramolli, prend une coloration blanchâtre; le liquide suinte à travers les fissures du revêtement, ou bien celui-ci est déchiré par les frottements et les traumatismes. Dès que la sécrélion cesse, l’épiderme se dessèche et se transforme peu à peu (quatorzième au dix-huitième jour) en une croûte sèche, de couleur brune, adhérente aux tissus sous-jacents. L'élimination ne s’opère que plus tard, à la suite d’une cicatrisation souscrustacée; après la chute de la croûte, on ne trouve plus qu’une petite cicatrice linéaire persistante.
Les symptômes généraux sont peu marqués; vers le septième ou le huitième jour seulement, on constate un peu de fièvre, avec tristesse, inappétence ; chez quelques animaux, une éruption générale, très discrète, s'opère en même temps.
L’âge a une influence marquée sur les suites de l’inoculation; chez les agneaux, on constate parfois des accidents graves ; aussi
(1) Peuch. — Précis de police sanitaire , p. 235.
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est-il indiqué de ne pas claveliser les animaux avant qu’ils aient atteint l’âge de trois ou quatre mois au moins.
Les suites de la clavelisation sont encore variables suivant la réceptivité des diverses populations animales. En Afrique, la clavelisation est une opération absolument bénigne; des milliers d’animaux sont inoculés sans aucun accident et la mortalité générale ne dépasse pas 1-5 p. 1000; dans la Russie Méridionale, les pertes consécutives à l’opération atteignent seulement 3-4 p. 1000. Sur le littoral français de la Méditerranée, la clavelisation est encore généralement très bénigne. Dans le centre et dans le nord de la France, les pertes consécutives à 1 inoculation sont moindres de 1 p. 100; toutefois des accidents graves restent possibles ; des milliers de moutons seront clavelisés sans aucune perte, tandis que la mortalité s’élèvera, en quelques cas exceptionnels, jusqu’à 5 et 10 p. 100 de l’effectif.
Effets de la clavelisation. — L'inoculation confère aux animaux une immunité complète ; celle-ci s’établit graduellement, pendant tout le temps de l’évolution de la pustule d’inoculation; elle est complète vers le vingtième jour environ.
La durée de l’immunité conférée est insuffisamment déterminée; on peut prévoir d’ailleurs qu’elle varie suivant les individus; dans tous les cas, elle persiste pendant plus d’une année. Plusieurs observations démontrent que l’immunité conférée est transmise de la mère au fœtus; les agneaux nés de mères clavelisées restent indemnes dans les milieux infectés (1).
L’évolution de la grosse pustule consécutive à l’inoculation rend les animaux dangereux au point de vue de la contagion; une grande quantité de claveau est répandue dans les milieux habités; de plus les toisons souillées restent virulentes pendant plusieurs semaines au moins. Dans le but de remédier à cet inconvénient, Galtier, puis Pourquier, ont conseillé l’amputation de la région inocidée (queue ou oreille); la section est pratiquée seulement après le complet développement de la pustule, c’est-à-dire du dixième au quinzième jour; une intervention prématurée provoquerait une généralisation de l’éruption. Ce procédé, tout recommandable qu il soit, ne supprime point entièrement les dangers de la transmission, ne serait-ce qu en raison de la présence d éruptions secondaires chez quelques sujets.
(^°rTx. Note sur un fait relatif à la clavelée. Recueil de méd. vêt., 1824, Fs'o " Ti R0UARD‘ ‘ Cluvelisation des brebis dans un état de gestation avancée. Id.,
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Accidents consécutifs a la clavelisation. — Les accidents consécülifs à l’inoculation consistent en l’apparition d’une éruption généralisée ou en l’évolution d’une infection septique.
La généralisation de l’éruption est annoncée par l’intensité des phénomènes locaux au niveau du point d’inoculation; la pustule est mal délimitée ; elle revêt une teinte rouge-violacé ; toute la région est tuméfiée et infiltrée. L'animal est abattu ; l’appétit a disparu. Une éruption confluente apparaît sur la face, à la partie interne des membres, sur le ventre... Tous les symptômes de la clavelée grave apparaissent. La mort, après 18-25 jours, est la terminaison ordinaire ; les sujets qui survivent restent amaigris et la convalescence est des plus pénibles.
Les accidents de septicémie sont consécutifs à l’inoculation du produits impurs, notamment de claveau sanguinolent et septique; ils sont facilement évités si l’on récolte le claveau avec les précautions indiquées d’autre part. L’infection septique est dénoncée, vingt-quatre ou quarante-huit heures après l’inoculation, par un suintement sanieux au niveau de la piqûre, puis par une tuméfaction rouge, douloureuse, accompagnée d’une fièvre intense. La tuméfaction gagne rapidement la base de la queue, tandis que les parties primitivement atteintes deviennent froides et prennent une coloration noirâtre. La terminaison par la mort est à peu près constante. Le traitement consisterait en une amputation de la queue, pratiquée à la base, et aussitôt que possible.
Législation. — France. — Les sujets affectés sont séquestrés el soumis à une surveillance sanitaire.
« Dans les épizooties de clavelée, le Préfet peut, par arrêté pris sur l’avis du Comité consultatif des épizooties, ordonner la clavelisation des troupeaux infectés. La clavelisation ne devra pas être exécutée sans l'autorisation du Préfet (Art. 11, Loi de 1881).
A la frontière, les animaux malades sont abattus sur place; les contaminés sont repoussés et marqués on abattus pour la boucherie. Les animaux qui présentent les cicatrices caractéristiques de l'inoculation sont admis librement (Art. 70, § 2, Règlement de 1882).
Allemagne. — Séquestration des malades et clavelisalion des suspects. La clavelisation des troupeaux exposés peut être ordonnée par les autorités (Loi du 23 juin 1880).
Autriche. — Séquestration des malades. La clavelisation ne peut être pratiquée qu’après autorisation. L’abatage des malades pour la boucherie est interdit (Loi du 29 février 1880).
Belgique. — Les animaux atteints sont abattus (Arrêté du 20 septembre 1883). Il est accordé une indemnité du tiers de la valeur, avec un maximum de 10 francs (Arrêté du 3 juin 1890).
LÉGISLATION
Danemark. — Séquestration des malades et des contaminés. Le ministro peut ordonner l’abatage, avec indemnité des quatre cinquièmes de la valeur (Loi du 14 avril 1893).
Grande-Bretagne. — Séquestration. L'abatage des malades et des suspects peut être ordonné par l'autorité locale. Indemnité de la moitié de la valeur pour les malades (maximum 37 l‘r. 50) et de la totalité de la valeur pour les suspects (maximum 100 fr.) (Act de 1880, art. 47).
Hollande. — Isolement et surveillance. L’abatage peut être ordonné, sur la proposition du vétérinaire de district. La clavelisation est ordonnée pour les animaux exposés à la contagion, mais interdite pour les autres (Loi du 20 mai 1890).
Roumanie . — Tous les animaux des troupeaux infectés sont elavelisés. La clavelisation de précaution n’est autorisée que par le ministre (Loi du 27 mai 1882).
Suède. — Séquestration. Clavelisation facultative Loi du 23 septembre 1887).
Suisse. — Isolement et séquestration. La clavelisation ne peut être pratiquée que par des vétérinaires, après une autorisation spéciale (Loi de 1872 et Règlement de 188(3).