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CHAPITRE XI

MALADIE DES CHIENS

On désigne sous le nom de maladie des chiens une affection contagieuse, inoculable, exprimée à la fois par une éruption cutanée et par des accidents inflammatoires portant sur les muqueuses et sur divers parenchymes.

La maladie affecte principalement les animaux jeunes et elle reçoit encore le nom de maladie du jeune âge.

Chez le chat, on rencontre une infection cliniquement semblable ( maladie des chats)', il est probable qu’il s’agit d’une même affection, transmissible d’une espèce à l’autre.

Historique. — La maladie des chiens est différenciée, pour la première fois, vers la moitié du xvme siècle; Ulloa (1746), dans son Voyage historique en Amérique, décrit une maladie éruptive du chien, observée couramment dans l’Amérique du Sud; en France, elle est signalée presque en même temps par Duhamel (1763) qui l'observe dans le Gâtinais, par Desmars (1763) et Brasdor (1764) qui la rencontrent à Paris, par Verrier de la Conterie (1778) qui lui consacre une brochure.

Dès le commencement du xixc siècle, de nombreuses études sont consacrées à la maladie. Fournier et Barrier (1803) en France, Escovaret Vilalba en Espagne, Prinz et Waldinger en Allemagne... considèrent l’affection comme une « peste » particulière, qu’ils rapprochent de la variole, de la fièvre typhoïde, de la morve ou des « gourmes » ; presque tous admettent sa contagiosité.

Surtout observée par les chasseurs et mentionnée dans tous les traités de vénerie, l'affection n’est que rarement étudiée par les vétérinaires. Vatel (1826) la décrit comme « une gastro-entérite, suivie parfois d’inflammation de l’appareil cérébro-spinal »; un de ses élèves observe la contagion et il tente sans succès l’inoculation, au mouton et au chien, des boutons de l’éruption cutanée. Karle

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(1844) obtient la transmission à de jeunes chiens, en badigeonnant les lèvres avec le jetage provenant de sujets atteints.

Une bonne étude clinique est donnée, en 1849, par Jacquot (1) ; il assimile la maladie des chiens à la lièvre typhoïde de l’homme et il distingue des formes abdominale, pectorale, inflammatoire et nerveuse.

La présence de l’éruption cutanée fait soupçonner la nature varioleuse de la maladie et elle donne l’idée de la prévenir par la vaccination. Les premières tentatives de vaccination des chiens remontent à Jenner lui-même; il les rappelle dans les termes suivants (2) : « Vous connaissez, sans doute, ce qu’on appelle la maladie des chiens. Vous savez que son symptôme caractéristique est une espèce de râle ou de toux rauque, produite par les efforts que fait l’animal pour expulser un fluide visqueux et qui découle en même temps en abondance de ses naseaux (rhinite). Tous les chiens sont sujets à cette maladie. Elle est si meurtrière, en particulier pour les chiens de chasse, qu’il en meurt la moitié de ceux qui la prennent dans le chenil. J’en ai disséqué un grand nombre, et j’ai constamment vu que la cause de leur mort est une inflammation de la membrane des premières voies. Or, il paraît que les chiens sont très susceptibles de prendre la vaccine par inoculation et qu’elle produit en eux tous les symptômes de la maladie qui leur est propre, mais d’une manière si bénigne qu’ils n’en meurent point. Et cependant, ils sont mis par là à l’abri de la possibilité de la prendre à l’avenir. Sur quarante-trois petits chiens, vaccinés avec succès, savoir : trois sous mon inspection immédiate et quarante sous celle d’un particulier, dont je puis garantir la véracité, il n’en est pas mort un seul. Tous se sont trouvés inaccessibles à la contagion. »

Après Jenner, Sacco, Hamont, Nauche... tentent encore, avec des résultats divers, l’immunisation du chien par le vaccin jennérien.

C. Leblanc (3) donne, en 1857, une bonne description de la maladie; il émet l’avis que l’expression de « maladie des chiens » désigne, en réalité, « plusieurs affections, dont la principale et la plus fréquente a son siège dans les voies respiratoires ( catarrhe bronchique)-, tandis que les autres attaquent la muqueuse intestinale, le système nerveux ou la peau. Ces affections peuvent exister séparément, mais souvent elles se compliquent l’une par l’autre. »

(1) Jacquot. Parallèle entre la fièvre typhoïde et une maladie particulière à 1 1 race canine. Recueil de méd. vét., 1849, p. 729.

(2) lu Bürggrakve. — Monument à Jenner , p. 25.

(3) C. Leblanc. Maladie des chiens. Dict. de méd. vét., t. 111, 1857, p. 0 1 2.

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La contagiosité de la maladie, admise par tous les chasseurs et par la plupart des praticiens, mais théoriquement discutée, est démontrée par Venuta (1), qui admet à la fois la transmission par virus fixe et par virus volatil, après dessiccation du contage.

En 1879, Trasbot (2) réédite la vieille hypothèse de la nature varioleuse de l'affection; il considère l’éruption cutanée comme essentielle et constante; il démontre l’inoculabilité du contenu des boutons aux chiens vierges d’une infection antérieure. Enfin, il croit obtenir l’immunisation des jeunes sujets par l’inoculation du vaccin.

Les expériences de Dupuis (3) démontrent pleinement l’indépendance absolue de la vaccine et de la maladie des chiens. La vaccination jennérienne reste toujours sans effet préservatif à l’égard de la maladie des chiens; des animaux vaccinés avec succès contractent plus tard la maladie sous toutes ses formes; d’autre part, des chiens guéris de la maladie sont vaccinés avec succès. En 1887, Ivraiewsky (4) publie une série de recherches expérimentales sur la maladie des chiens; il démontre à nouveau la transmission par cohabitation et par inoculation, la virulence du jetage et la résistance du virus à la dessiccation.

En ces dernières années, de nombreux travaux sont consacrés à l’étude bactériologique de la maladie. Semmer, Friedberger, Laosson, Rabe, Mathis, Marcone et Meloni, Legrain et Jacquot, Millais..., isolent des microbes divers sans donner la démonstration de leur rôle spécifique. Schantyr (5), dans des recherches plus récentes, mais non plus probantes que les précédentes, différencie trois microbes qui correspondraient à autant de maladies différentes, arbitrairement groupées dans le syndrome actuel (typhus abdominal, typhoïde et maladie proprement dite).

L’histoire clinique de la maladie des chiens, pendant la même période, n’offre à signaler qu’un travail de Ivraiewsky (6) sur la forme nerveuse de l’affection, et de nombreuses notes sur les résultats fournis par diverses médications.

(1) Venuta. — i Satura contagiosa del cimurro nei cani. Il Medico v eterinario, 1873, p. 289.

(2) Trasbot. — Maladie dite des chiens. Arch. vét., 1879, p. 161.

(3) Dupuis. — Recherches expérimentales sur la vaccine et la maladie des jeunes chiens. Ann. de inéd. vét., 1887, p. 305.

(4) A. Kraiewsky. — Die Slaupe, ihre Contagiosital und Uebertragbarkeit durch die Impfung. Revue fur Thierheilk., t. V, 1881, t. VI, 1882.

(5) Schantyr. — Unlersuchungen liber die Mikroorganismen der Hundeslaupe. Deutsche Zeits. fur Thierm., t. XVIII, 1892, p. 1.

(6) A. Kraiewsky. — Die irritativ-nervose Form der llundes taupe. Deutsche Zeits. für Thierm . , t. XIII, 1887, p. 324.

DISTRIBUTION GEOGRAPHIQUE

Nature de la maladie. — Contagieuse et inoculable, la maladie des chiens est évidemment liée à la présence d'un agent spécifique.

Voisine de la variole et des maladies éruptives du même type par certains de ses caractères, la maladie des chiens se rapproche plus encore de la gourme du cheval, parla multiplicité de ses manifestations cliniques.

Une différenciation des diverses formes de la maladie a été plusieurs fois tentée. Avec C. Leblanc, Pütz admet que, « comme l inlluenza du cheval, la maladie des chiens comprend plusieurs affections distinctes»; Schantyr apporte, à l’appui de cette conception, quelques résultats expérimentaux. La diversité des aspects cliniques de l’infection ne saurait être invoquée cependant comme une preuve de la pluralité des origines, et de nombreux laits pourraient être cités en faveur de l’identité étiogénique des types observés. Il est plus que probable que la maladie des chiens constitue, comme la gourme, une infection unique exprimée par des localisations multiples et par des manifestations de divers ordres.

Espèces affectées. — Le chien , et probablement aussi le chai , sont principalement affectés.

D’après Frohner, la maladie serait observée chez le singe (?), le renard, le loup, Yhyène et le chacal.

Distribution géographique. — Fréquence. — D’après Iïeusinger, la maladie des chiens serait originaire du Pérou et elle aurait été importée en Europe dans le courant du xvne siècle; elle serait apparue en France vers 1740, puis en Allemagne (1748), en Angleterre (1759), en Italie (1764), en 14ussie(1770) et en Sibérie (1783). Cette opinion, basée exclusivement sur des documents historiques, est très insuffisamment établie et les dates précitées indiquent, en réalité, l’époque où la maladie fut différenciée des autres affections enzootiques. Desmars, qui observait la contagion en 1763, estime qu’elle a sévi de tout temps en France, mais qu’elle y est restée méconnue; Laosson croit reconnaître la maladie des chiens dans plusieurs « pestes » du moyen âge.

A 1 heure actuelle, la maladie des chiens est presque partout répandue et l’infection est si fréquente qu elle est considérée par beaucoup comme constante et inévitable. Dans quelques régions isolées seulement, la maladie n’a point encore pénétré; elle est inconnue a la terre de Feu. (Ilyades.)

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Étude clinique.

On peut distinguer trois formes cliniques, suivant que les altérations prédominent sur la peau , sur Y appareil respiratoire ou sur Y appareil digestif. Ces diverses formes pourront d’ailleurs se trouver diversement associées sur un même malade; les accidents cutanés, notamment, coexistent fréquemment avec l’une des autres localisations.

En outre de ces formes, on observe diverses complications qui portent sur divers appareils, et principalement sur le système nerveux.

a. Forme éruptive. — Des accidents cutanés sont observés dans plus de la moitié des cas; ils consistent en une éruption vésico-pustuleuse, localisée en certaines régions.

Les vésico-pustules se montrent dans les endroits où la peau est line, à la face interne des cuisses, sous le ventre, aux ars... ; elles débutent par des taches ecchymotiques rosées, au centre desquelles apparaît un soulèvement épidermique gris-rosé, puis blanc-jaunâtre. L’éruption est discrète ou confluente, plusieurs vésico-pustules se trouvant réunies en plaques irrégulières. Les vésicules développées sont de teinte jaunâtre, irrégulièrement arrondies ; leur base est entourée d’une aréole rosée, trace de l’ecchymose primitive ; il n’existe qu’une légère infiltration du derme. La vésicule ponctionnée donne, au début, un liquide clair et incolore; plus tard, elle fournit une gouttelette d’un pus liquide, très virulent. Ouvertes spontanément, les bulles laissent à nu de petites plaies; celles-ci persistent et suppurent, ou bien elles se recouvrent d’unccroùte, qui s’élimine après trois ou quatre jours.

On observe aussi, en même temps que l'éruption vésiculeuse, ou isolément, un exanthème étendu à diverses régions, notamment àla tête, au cou, aux épaules. . . Le poil est hérissé, légèrement agglutiné par un exsudât visqueux ; plus tard, la région se sèche et présente une surface rugueuse, couverte de petites croûtes adhérentes, puis de pellicules grisâtres.

Les éruptions pustuleuses s’opèrent, en quelques cas, par poussées successives, des vésicules nouvelles se montrant, à des intervalles irréguliers, pendant deux ou trois semaines.

Ces accidents cutanés existent seuls ou associés à l’une des autres

localisations. Dans le premier cas, les accidents généraux sont relativement peu graves; on observe seulement de la tristesse, de la dépression des forces et de l’hyperthermie pendant deux ou trois jours.

b. Forme thoracique. — On constate, au début, des symptômes généraux communs à toutes les formes ; l’animal est triste ; l’appétit est en partie supprimé; la température est élevée, vers 41ü et au-dessus. Peu après, apparaissent quelques symptômes qui décèlent la localisation; l’animal éternue fréquemment; il passe les pattes sur son nez et frotte les narines sur les objets qui 1 entourent; les muqueuses apparentes sont sèches et rouges; 1 air expiré paraît chaud à l’orifice des naseaux. Les signes généraux s’accentuent; souvent, les boissons, l'eau pure surtout, sont seules acceptées.

Après deux ou trois jours, apparaît un jetage, d’abord séreux, incolore ou citrin, puis muco-purulent, de couleur grisâtre, parfois strié de sang.

Le jetage reste adhérent au pourtour des narines; la respiration est sifflante, notablement accélérée. La toux se produit sous la moindre impression ; elle est quinteuse et accompagnée du rejet de muco-pus par la bouche et par les naseaux. L’état général reste stationnaire ; l’appétit est faible et capricieux ; le malade reste couché presque constamment; la démarche est hésitante; les paupières sont salies par une chassie jaunâtre. Souvent on constate en môme temps quelques troubles digestifs, du vomissement et de la diarrhée.

Dans les formes légères, ces symptômes sont seuls observés, le jetage et la toux persistent pendant deux à trois semaines et tous les accidents disparaissent. Dans les formes graves, dues à l’envahissement des bronches et du poumon, l’état général s’aggrave rapidement; l’affaiblissement devient extrême; il existe du souffle labial permanent; la conjonctive est recouverte d’un muco-pus abondant; parfois, la cornée prend subitement une teinte laiteuse; la température atteint 42°, avec des oscillations de 1-2°. Le jetage est abondant, gris ou jaunâtre; l,a toux est faible, douloureuse, très fréquente; la respiration est courte et très accélérée. La percussion ne fournit aucun signe précis. A l’auscultation, on perçoit des râles sibilants humides et du gargouillement bronchique.

Dans une dernière période, l’animal, épuisé, est incapable de se soulever; le souille labial est permanent; la cornée s’ulcère en un point; la toux est faible, à peine perceptible; la température Nocard et Leclainche. 27

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baisse rapidement. La mort arrive, par asphyxie, sans période agonique.

c. Forme abdominale. — La localisation gastro-intestinale est annoncée par de la tristesse, de l’inappétence, une soif vive et un état fébrile ou sub-fébrile permanent. Les muqueuses sont injectées; la bouche, sèche, répand une odeur fétide. L’animal reste constamment couché; obligé à se déplacer, il marche lentement, le dos fortement voussé ; l’abdomen estrétracté, douloureuxàl’exploration.

Ces symptômes augmentent d’intensité pendant quelques jours. L’animal rejette des excréments durs, recouverts de mucosités sanguinolentes, ou bien une diarrhée abondante s’établit d’emblée. La faiblesse augmente rapidement; le malade est abattu, somnolent. La conjonctive se recouvre d’un exsudât muco-purulent; la cornée se trouble et s’ulcère ; la bouche exhale une odeur repoussante; au niveau des gencives, la muqueuse est ulcérée, de teinte plombée, recouverte d’un enduit pultacé de couleur grise. Parfois apparaît de l’ictère et la mort arrive rapidement.

Dans une dernière période, l’état général est encore aggravé. L’animal est considérablement amaigri; le ventre est rétracté; les muqueuses sont anémiées. Les battements du cœur deviennent très fréquents et à peine perceptibles. Des épreintes se produisent encore, qui provoquent le renversement et l’issue du rectum. La mort, par épuisement, es! la terminaison constante.

Complications. — Les complications portent principalement sur le système nerveux central. Les accidents qui les expriment sont observés au cours de l’une des formes précédentes, à une période quelconque de l’évolution; ils sont d’ordre cérébral ou médullaire.

Chez certains malades, les troubles consistent seulement en un état de dépression nerveuse intense; les sujets sont hébétés, insensibles aux excitations ; la station est impossible, ou bien encore l’animal reste immobile, les membres écartés ; forcé à se déplacer, il chancelle et tombe dès les premiers pas. En d’autres cas, le coma est permanent ; la respiration est courte et ralentie; les battements du cœur sont faibles et peu fréquents ; la température descend audessous de la normale et la mort arrive rapidement.

Plus souvent, on observe des périodes d’excitation plus ou moins marquées ; les malades se lèvent, s’agitent, grattent la paille de leur niche; certains se montrent très irritables; ils cherchent à mordre sous lamoindre provocation. Tantôt cesaccidents persistent pendant quelques heures à peine et le malade retombe dans le coma, tantôt

SYMPTÔMES

au contraire ils persistent pendant plusieurs jours et ils s’accompagnent de troubles divers. Les muqueuses sont injectées; la pupille est généralement dilatée. Les battements du cœur sont irréguliers et accélérés (120-150 par minute); la respiration est vite et courte (50 et plus par minute); la température monte de 39°, 5

Une complication fréquente est la chorée, qui apparaît graduellement ou brusquement, limitée à un groupe musculaire ou étendue à la plupart des régions. Souvent aussi surviennent des accidents médullaires; l’animal se soulève avec peine et la marche est vacillante.

Très généralement, tous les symptômes s’aggravent; 1 animal ne reconnaît plus les personnes et il ne distingue plus les objets; les périodes d’excitation ne sont plus qu’ébauchées et décelées par des mouvements de balancement de la tête et des soubresauts des membres. La faiblesse est extrême; le coma devient de plus en plus profond; la paralysie envahit tout le tronc, la température descend jusque vers 35°-32° et le malade succombe.

Les accidents affectent encore le type épileptiforme, dès le début de la maladie. Les crises sont annoncées par une période d’inquiétude et d’agitation; les contractures musculaires portent principalement sur les masséters et les muscles de la nuque, parfois aussi sur les muscles du dos et des membres. Le malade s’agite sur le sol, grince des dents, mâchonne et salive abondamment.

Les crises ont d’abord une durée de 20-G0 secondes; elles deviennent ensuite de plus en plus fréquentes et elles se prolongent pendant un temps plus long. La mort survient presque inévitablement, à la suite d’un accès, ou encore, par épuisement, après une période de coma. Alors que les animaux survivent, il est rare que la guérison soit complète; il reste de la chorée ou de la paralysie plus ou moins complète du train postérieur.

Pendant la convalescence des diverses formes, on constate encore des accidents nerveux peu intenses, tels qu’une chorée limitée ou des monoplégies peu étendues; ces troubles persistent pendant plusieurs mois, pour disparaître ensuite très lentement.

Les accidents oculaires sont fréquents au cours de la maladie. L œdème primitif de la cornée se complique d’ulcération de la vitre, suivie de perforation et d’ophtalmie interne purulente ou, si la cicatrisation est obtenue, de taches cicatricielles plus ou moins étendues.

MALADIE DES CIIIENS.

Marche. — Les nombreux aspects de la maladie sont fonction, à la fois, delà gravité de l’infection et de la coexistence des diverses localisations étudiées.

Parfois, les accidents sont très légers et passent inaperçus ; il existe seulement une éruption cutanée exanthémateuse ou quelques vésico-pustules, quelques troubles digestifs, de l’inappétence, un œdème passager de la. cornée et tout a disparu en une semaine environ. En d’autres cas, au contraire, l’infection se présente d'emblée sous une forme extrêmement grave ; le malade succombe en quelques jours, avec des symptômes d’intoxication générale, avant même que les accidents locaux aient été observés.

Enlin des accidents chroniques sont rencontrés. Il persiste de la toux, de l’essoufflement dans la forme thoracique (bronchite chronique), de la dyspepsie, du catarrhe intestinal dans la forme abdominale, de l’amaurose, de la surdité, des paralysies locales et de la parésie du train postérieur (myélite chronique) dans les formes cérébro-spinales. Souvent aussi persiste un état de faiblesse générale, avec maigreur accusée, anémie, inappétence, qui ne peut être rattaché à aucune lésion locale appréciable.

Le pronostic varie, à la fois, suivant la localisation observée et suivant l’intensité des accidents. Alors que l’éruption cutanée est seule constatée dès le début, on peut espérer une évolution très bénigne ; toutefois, des complications sont possibles ; des signes de broncho-pneumonie ou d'entérite apparaîtront secondairement en certains cas, tandis qu’en d’autres des troubles nerveux surviendront alors que la convalescence est presque achevée. La forme thoracique est toujours grave ; les animaux appartenant aux races importées (lévriers, danois, terre-neuve...) et les petits chiens d’appartement (skye, king-Charles, toy...) succombent dans la proportion de 60 à 80 p. 100; les chiens de rue résistent beaucoup mieux et ils guérissent dans la moitié des cas au moins. La forme intestinale est presque aussi grave que la précédente; dès que la dysenterie apparaît, la guérison n’est plus obtenue que chez 50 p. 100 des malades; encore la convalescence est-elle toujours longue et pénible.

En outre de la mortalité considérable qu elle entraîne, la maladie des chiens est grave par les troubles persistants qu’elle provoque; les chorées, localisées ou étendues, les parésies de l’arrière-train, les monoplégies avec atrophie musculaire, sont des complications fréquentes.

LÉSIONS

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