‹ Les maladies microbiennes des animaux (volume 2)Chapitre 98 sur 156 · II. — Lésions · texte numérisé non relu

II. — Lésions

Les altérations portent sur l’appareil respiratoire, sur l’appareil digestif ou sur le système nerveux central.

a. Les lésions de Y appareil respiratoire s’étendent à la fois sur la muqueuse, sur le poumon et sur la plèvre. La pituitaire est injectée, infiltrée et recouverte d’un exsudât muco-purulent ; il existe des taches ecchymotiques et aussi des escarres plus ou moins étendues, liées à des troubles circulatoires. Sur la muqueuse du larynx, de la trachée et des bronches, des altérations inflammatoires sont retrouvées à divers degrés. Les grosses bronches, généralement peu altérées, renferment des mucosités sanguinolentes. Les petites bronches sont souvent affectées (bronchite capillaire); elles sont obstruées par un exsudât épais et grisâtre, qui adhère aux parois. Des foyers disséminés de pneumonie lobulaire coexistent fréquemment ; à leur niveau, le tissu est plus résistant, de couleur foncée sur la coupe; il existe des foyers purulents ou des masses gangréneuses dans les parties centrales des lobes. Les plèvres renferment soit un transsudât citrin ou rosé, peu abondant, soit un exsudât inflammatoire trouble, de couleur rosée ou brune, mélangé de coagula fibrineux. Les ganglions bronchiques sont infiltrés, tuméfiés, parfois purulents.

b. Sur Y appareil digestif, les altérations sont principalement localisées sur l’intestin grêle; la muqueuse est rouge, épaissie, parsemée de taches ecchymotiques ou de plaques hémorragiques sous-muqueuses. Les follicules solitaires et les plaques de Peyer paraissent enfoncés dans la muqueuse tuméfiée; des ulcérations superficielles sont disséminées sur toute la longueur de l intestin.

L’examen histologique décèle la chute de l’épithélium et une infiltration de cellules migratrices dans la couche sous-muqueuse ; au niveau des plaques de Peyer, les cellules accumulées subissent des dégénérescences et s’éliminent en abondance. Les ganglions sont volumineux, rouges et succulents sur la coupe. Dans le foie, il existe aussi des troubles marqués ; les cellules hépatiques sont en voie de dégénérescence granulo-graisseuse et, en divers points, on rencontre des amas de leucocytes en foyers.

c. Dans le système nerveux central , les lésions consistent, dans les formes aiguës, en une congestion générale des méninges cérébrales et spinales ; les plexus choroïdes sont fortement hyperémies ; les ventricules cérébraux renferment une sérosité rosée ; sur

MALADIE DES CHIENS

la coupe du cerveau, on constate un sablé hémorragique évident ; la congestion est également constatée dans la moelle, notamment au niveau des régions cervicale et lombaire. En d’autres cas, il existe seulement un œdème cérébral très marqué, avec ramollissement de la substance nerveuse et exsudât séreux dans les ventricules et dans les espaces sous-arachnoïdiens.

Les espaces lymphatiques périvasculaires sont remplis de leucocytes (Nocard, Kolesnikoff. ..) au niveau des petits vaisseaux; en quelques points, les parois des capillaires sont altérées et la prolifération de l’endothélium détermine leur oblitération partielle ou totale (Kraiewsky). Les cellules nerveuses sont peu ou pas altérées. Dans les formes aiguës à dominante médullaire, Mazoulevitch (1) a rencontré des foyers de congestion et des exsudats fibrineux dans les gaînes vasculaires et dans le tissu interstitiel de la substance grise.

Dans les formes chroniques, on signale de la sclérose en foyers, au niveau de la moelle lombaire, avec compression et atrophie de la substance propre.

Enfin, en nombre de cas, lors d’accidents choréiques ou paralytiques, on ne rencontre pas de trace de lésions appréciables dans les centres.

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