TRANSMISSION A L’HOMME
dans ces milieux à l’ingestion et à l’inhalation répétées de parcelles virulentes; ils se trouvent placés dans les mêmes conditions que s’ils cohabitaient avec des tuberculeux à une période avancée. Dans certains villages de la Beauce, où les familles passent dans l'étable toute la saison d’hiver, la tuberculose humaine est exceptionnellement fréquente (Bigoteau).
La tuberculose des animaux commensaux (chien et chat) est dangereuse encore ; les malades répandent des produits virulents (jetage, crachats, urine...) qui infectent les habitations. La constatation du bacille aviaire dans les lésions tuberculeuses de l’homme montre que les oiseaux sont également dangereux. Les oiseaux d’appartement sont surtout à craindre, en raison des rapports étroits qu’ils entretiennent avec les personnes (baisers, nourriture de bouche à bec); parmi eux, les perroquets, qui cultivent volontiers le bacille de type humain, devront être considérés comme dangereux. Durante (1) a rapporté un exemple de tuberculose humaine probablement inoculée directement par un moineau affecté.
c) Ingestion. — L’ingestion des aliments fournis par les animaux tuberculeux est pour l’homme une source possible de l’infection ; le rôle du lait et de la viande dans la contagion à l’homme a été longuement discuté en ces dernières années.
I. Contagion par le lait (2). — Le lait des vaches tuberculeuses peut renfermer des bacilles et transmettre la maladie par ingestion.
En dehors d’une inoculation primitive de la mamelle, très rarement observée, la présence du bacille dans le lait implique la généralisation des lésions. La glande reste habituellement saine chez les vaches affectées de tuberculoses locales étendues et elle donne un lait sans bacilles. La plupart des expérimentateurs n’ont que des résultats négatifs dans l’épreuve de la virulence ; les plus favorisés n’obtiennent des résultats positifs que dans la minorité des cas. Nocard ne décèle que trois fois la virulence, par l’inoculation intra-péritonéale au cobaye du lait recueilli purement dans les mamelles de cinquante-quatre vaches affectées de tuberculose généralisée. Il est certain que le lait ne peut être virulent à un haut degré sans qu’il existe quelque lésion appréciable par l’exploration extérieure de la glande. Les bacilles qui envahissent les voies
(1) Durante. Un cas de tuberculose humaine occasionnée par un oiseau. C. II. de la Soc. de biologie, 1 806, p. 287.
(2) Moreau. Prophylaxie de la tuberculose d'origine alimentaire. Thèse, Paris. 1894. — Nocard. Les tuberculoses animales. 1 vol., 1895. — Gedoelt. La viande et te lait des animaux tuberculeux. Broch., Bruxelles, 1895 (avec bibliographie) ; La microbiologie du lait. Broch. Bruxelles, 1897.
TUBERCULOSE
lymphatiques et les canaux glandulaires ne provoquent, au début de l’invasion microbienne, que des altérations discrètes, reconnues seulement par l’examen histologique; mais le lait ne contient à ce moment qu’un petit nombre de bacilles et il est par suite peu dangereux (1). La fréquence de l’infection des laits du commerce ne peut être exactement prévue. Si l’envahissement de la mamelle n’est guère constaté que lors de tuberculose généralisée, le liquide est exposé à des souillures diverses pendant et après la mulsion. Gaffky croit à une contamination fréquente par les déjections desséchées qui souillent la mamelle ou les parties voisines. D’autre part, le lait virulent fourni par un animal, mélangé avec des laits d’autre provenance, suffit à infecter toute la masse.
Les documents relatifs à la fréquence de la virulence des laits du commerce sont réunis ci-après :
Virulence du lait.