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CHAPITRE XIX

MORVE

La morve est une maladie contagieuse, inoculable, due à la pullulation dans l’organisme d’un bacille spécifique; elle est caractérisée anatomiquement par la production de tubercules dans les parenchymes et d’ulcérations sur la peau et sur les muqueuses.

Développée à la suite de la contagion naturelle, la maladie est à peu près exclusivement observée sur le cheval, l’âne et le mulet; cependant elle est aussi transmise accidentellement à la plupart des animaux domestiques, et l’homme est exposé à la contracter.

La morve se présente sous deux formes distinctes quant à leur expression clinique : dans la première, dite farcin ou morve cutanée, les lésions apparentes sont localisées sur la peau; la seconde, dans laquelle les altérations siègent sur les muqueuses, constitue la morve proprement dite.

Historique (1). — Connue des auteurs grecs et latins, la morve est considérée par tous comme l’une des maladies les plus redoutables qui puissent atteindre les solipèdes, et l’idée de sa contagiosité est très géné- • râlement admise. Cette notion des propriétés contagieuses de la morve paraît s’être conservée à travers les temps. En 1682, Solleysel affirme à nouveau la contagion, directe ou indirecte : « Cette maladie se communique plus qu'aucune autre, parce que non seulement les chevaux qui sont près de celui qui est attaqué la prennent, mais l'air se corrompt et s’infecte, en sorte qu’il est capable de la communiquer à tous ceux qui sont sous le même toit. » Il exprime en une courte formule la parenté qui existe entre les deux expressions cliniques de la maladie : « Le farcin est le cousin germain de la morve. » Leshippiatres du xvmc siècle adoptent presque tous les idées de Solleysel. Gaspard de Saunier reconnaît la transmission médiate par les harnais, les couvertures, les auges ou les râteliers ; Garsault réclame l’abatage des morveux et l’isolement des suspects.

La doctrine malheureuse de la spontanéité de la morve est affirmée

(1) E. Bass. Die Rotzkmnklieit der Pferde. Eine litterarhistorisc/ie Studie. Deutsche Zeitschr. fur Thiermed., t. XIX, 1893, p. 217 et 329.

HISTORIQUE

pour la première lois, en 1749, par Lafosse père; la morve est considérée comme une maladie locale, purement inflammatoire, et elle ne saurait être contagieuse. Défendue avec âpreté par son auteur, la théorie de la spontanéité est non moins vivement combattue par Bourgelat et par les premiers maîtres des Écoles de Lyon et d’Alfort. Les arrêts du Conseil du roi de 1763 et de 1784 consacrent officiellement la doctrine de la contagion, immédiate ou médiate; Chabert rédige, pour en assurer l’application, une remarquable « Instruction sur les moyens de s’assurer de l’existence de la morve et d’en prévenir les effets ».

En 1797, Eric Viborg (1) publie sur la morve une importante étude qui paraît être restée ignorée des auteurs français. D’après lui, la cause de la morve réside dans « un poison contagieux, encore inconnu dans sa nature ». La transmission est obtenue par le contact immédiat du pus morveux, et l’on peut produire ainsi les ulcères purulents des muqueuses ou l'inflammation morveuse du poumon ; de plus, l’inoculation du pus morveux, à la surface de la peau, produit le larcin. La contagion s’opère par la transpiration, par l’intermédiaire des selles, des harnais, « plus spécialement par les débris de fourrages et de paille laissés dans les auges ». Le virus est détruit par la dessiccation et par le chauffage à 64°-66°. La désinfection des écuries doit être pratiquée par des lavages avec l’eau chaude. Viborg observe en outre que la morve affecte des formes cachées, particulièrement dangereuses au point de vue de la contagion ; il recommande de traiter en suspects les chevaux qui paraissent guéris du farcin et de ne pas les remettre dans les écuries avant six mois au moins.

En France, l’École de Lyon reste fidèle aux doctrines de ses premiers maîtres. « La morve, écrit Rainard en 1 825, peut se communiquer soit par la cohabitation avec des animaux malades, soit même par la seule habitation dans des locaux infectés. » Au contraire, l’Ecole d’Alforl s’engage, timidement d’abord, dans la voie opposée. Aux résultats positifs obtenus par Gohier (de Lyon), à la suite de l'inoculation du jetage morveux, on oppose l’insuccès des tentatives de Godine (18 J 5), et Dupuy, en assimilant la morve chronique à une affection tuberculeuse, incline vers la spontanéité. Cependant, à ce moment encore, les praticiens sont presque unanimes pour se défendre contre une contagion possible. Dupuy déclare avoir toujours inoculé la morve aiguë avec succès; il recommande « d'agir comme si la morve était contagieuse, quand bien même il serait prouvé qu elle ne l’est pas » (2) ; Vatel, en s’associant à ce conseil, ajoute « avoir reconnu souvent que la morve chronique se transforme subitement en morve aiguë » (3).

I) E. Viborg. Sammlung von Abhandlungen fur Thierarzte und OEkonomen, t. Il et 111, Copenhagen, 1797 et 1802.

(2) DurcY. Un mot sur la morve. Journal pratique de méd. vét., 1829, p. 328.

(3) Vatkl. Sur l'utilité des mesures d'isolement dans le cas de morve. Recueil de méd. vét., 1829, p. 455.

MORVE

Le dogme de la spontanéité de la morve entre Loul-puissant à Alfort avec la doctrine de Broussais triomphante. Renault, puis Delafond et IL Bouley, l’acceptent sans réserves, et leur brillant enseignement est partout répété par des disciples enthousiastes. Renault pense que la morve peut être provoquée par la résorption du pus au niveau des foyers de suppuration chronique ; son opinion, défendue en Allemagne par Hering et Bruckmüller, est reproduite en Italie par Ercolani. Cette conception trop étroite de la « pyémie métastatique » se montrant souvent insuffisante, IL Bouley lui substitue l’hypothèse d’un « épuisement de l'organisme », provoqué à la fois par une mauvaise hygiène et par un travail excessif (1). La théorie nouvelle, habilement exposée et appuyée sur des laits d’observation, trouve aussitôt de nombreux partisans; elle est enseignée en Allemagne par des maîtres comme Veith, Hertwig, Spinola...

De 1830 à 18 40, la morve règne partout, envahissante. Les vétérinaires de l’armée, presque tous sortis d’Alfort, affirment la non-contagiosité; les règlements encore en vigueur sont délaissés ou incomplètement appliqués; des centaines de chevaux affectés sont réformés comme incurables qui vont diffuser la maladie dans les campagnes. Dans toutes les agglomérations de chevaux, notamment dans les services postiers, la morve sévit, décimant les effectifs. Et rien ne peut ébranler la foi des spontanéistes.

En 1830, une commission est instituée par le ministère de la guerre pour résoudre la question de la contagiosité de la morve chronique ; pendant plusieurs années, elle prolonge ses expériences ; les résultats démontrent à l’évidence que la maladie est contagieuse, et tel est à ce moment le parti pris des esprits que l’on se refuse à accorder aux faits leur indéniable signification et qu’aucune conclusion n’est formulée.

Imposé en France par l’autorité de quelques-uns, le dogme de la spontanéité rencontre ailleurs des adversaires résolus; Hausmann en Allemagne, Youatt et Perciwal en Angleterre, Yolpi en Italie..., et avec eux l’immense majorité des vétérinaires étrangers croient à la contagion de la morve. En France même, l’École de Lyon et Urbain Leblanc n’ont cessé de défendre la contagion, et les esprits sont préparés déjà lorsqu’un événement imprévu vient donner le signal de la réaction. En 1837, Rayer observe la transmission de la morve à l'homme, déjà signalée par Elliotson et par Yogeli, et il démontre l’inoculabilité de l’homme au cheval. L’expérience de Rayer ne fait que mettre une fois de plus en évidence l’inoculabilité, maintes fois constatée, de la morve aiguë, mais elle a, en raison de la notoriété de son auteur, un retentissement considérable. En 1839, U. Leblanc publie le compte rendu de Recherches expérimentales sur les effets de iinoculalion de la morve et du farcin , et il s’efforce de démontrer la transmissibilité. Beaucoup de spontanéistes se rangent, dès ce moment, à l’idée de la contagiosité de la morve

(1) H. Bouley. Art. Farcin. Dictionnaire de méd. vêt., t. Vf, 18G0.

HISTORIQUE

aiguë, que Bouley jeune et Barthélemy avaient soutenue déjà, mais ils restent convaincus de la non-contagiosité de la morve chronique. L’année 1840 marque la lin des temps héroïques; la thèse de la contagion rallie chaque jour des partisans; avec Renault, disparaît l’un des derniers et des plus intransigeants défenseurs de la doctrine trop célèbre des Lafosse. Breschet et Rayer (1) résument les connaissances positives acquises expérimentalement sur la maladie : « La morve est transmissible à l'homme et à d’autres animaux, tels que le chien (Burgess, Renault, Leblanc), le bouc (Prinz), le mouton (Renault . La morve de 1 homme peut être reportée sur le cheval et sur l’âne en leur inoculant 1 humeur de l’éruption morveuse... La morve n’est pas également transmissible aux différentes espèces d’animaux. Parmi les solipèdes, elle se transmet plus facilement à l’âne qu’au cheval et se développe avec une promptitude et une intensité remarquables chez l’âne. C’est ce que savent bien les expérimentateurs, qui se servent de préférence de cet animal quand ils veulent développer la morve aiguë. »

Les expériences de Saint-Cyr (2) apportent une fois de plus la preuve de la virulence de la morve chronique accompagnée de jetage. Quant aux travaux de Gerlach, parus en 1808, ils ne font que confirmer, en ce qui concerne l'étiologie, des laits acquis depuis longtemps déjà ; mais ils contiennent d’utiles indications sur le diagnostic clinique de la maladie.

L’anatomie pathologique de la morve, systématiquement esquissée par Dupuy, est reprise par Hausmann (1833), puis par Kreutzer el Ditlrich (1851) qui assimilent encore la maladie à la tuberculose. Virchow (3 étudie longuement le tubercule morveux pulmonaire (1854 et 1863); il le classe parmi les tumeurs à granulations (granulomes) et il attribue le processus néoplastique qui le caractérise à « un agent âcre et irritant ». Leisering (4) décrit les divers caractères des lésions morveuses; il admet que les lésions du poumon se développent sous l’influence d’un contage, directement apporté par l’air inspiré ; de plus, il signale une forme particulière (morve infiltrée), caractérisée par des inflammations diffuses du tissu conjonctif sur les muqueuses et dans le poumon. Raviteh (5) rapporte les lésions morveuses à une thrombose des vaisseaux veineux et lymphatiques, provoquant des troubles nutritifs dans le voisinage. Enfin Rabe (6) donne une excellente étude des diverses localisations mor-

(1) Breschet et Rayer. De la morve chez l’homme, chez les solipèdes et quelques autres mammifères. Acad, des sciences, 10 février 1840: Recueil de méd. vétér., 1840, p. 137.

^2, Saint-Cyr. Preuves expérimentales de la contagion de la morve chronique. Journ. de méd. vétér., 1803. p. 241, — 385.

(3) Virchow. Handbuch der specielle Pathologie, t. Il, 1855, p. 405. — Pathologie des tumeurs. Trad. Aronssohn, t. II, 1800, p. 541.

(4) Leisering. Zur pulhologischen Anatomie des Rotzes. S;ichs. Veter. Bericht fur 1802.

(5) Ravitch. Einige Worte ueber die Pathogenese der Rotz-und Wurmkrankheit Ides Pferdes. Virchow’s Archiv, t. XXIII, 1802, p. 33.

(0) Rabe. Zur pathologischen Anatomie und Histologie der Rotzkrankheit. Jahresb. der K. Thierarzneischule zu Ilannover, Ber. 0, 12 el 13, 1877-1881, et Brochure.

MORVE

veuses; il analyse des altérations, jusque-là peu connues, de la peau et des muqueuses et il fait ressortir les analogies de l’évolution dans les divers milieux.

Il reste encore à déterminer l'agent de la virulence. Les premières recherches de Chauveau, de Semmer, de Christot et Kiener avaient ouvert la voie; dès la fin de l’année 1882, le microbe de la morve est isolé et cultivé, à la fois en France par Bouchard, Capitan et Charrin et en Allemagne par Lœffler et Schuetz(l). En 1886, un second travail de Lœffler apporte de précieux documents sur la réceptivité des diverses espèces, sur les méthodes de coloration et de culture du bacille, et aussi sur la résistance du virus aux divers agents (2).

En 1890-1891, des travaux importants sont publiés qui marquent une phase nouvelle dans l’histoire de la morve. Les vétérinaires russes Ilelman et Ivalning obtiennent, avec les cultures stérilisées du bacille, un résidu doué de propriétés spéciales ; ce produit, auquel ils donnent le nom de malléine , provoque, chez les chevaux morveux exclusivement, une réaction qui permet de déceler à coup sûr l’infection la plus limitée. Les études de Roux et de Nocard en France, celles de Preusse, Ivitt, Foth... en Allemagne, de Schindelka en Autriche confirment les propriétés révélatrices de la malléine, en même temps qu’elles précisent les conditions de son emploi.

L’étude expérimentale et anatomoqiathologique de la morve a fait l’objet de multiples et importantes recherches en ces dernières années. Néanmoins de nombreuses questions restent encore à résoudre; les connaissances récemment acquises ont montré combien la morve était peu connue en réalité et quelle est l’insuffisance des méthodes de l’observation pure quant à l’analyse des phénomènes.

Bactériologie. — Le microbe de la morve est un fin bacille, mesurant de 2 à 5 g de longueur sur 0,5 à 1 g d’épaisseur. Après coloration, il se montre souvent constitué par une série de grains colorés, placés bout à bout et séparés par des zones incolores.

Le bacille se colore assez mal par les couleurs d’aniline; il ne conserve ni le Gram, ni le Weigert ; les bleus de Lœffler ou de Kühne et la thionine phéniquée donnent de bons résultats pour la coloration des coupes.

Exclusivement aérobie, le microbe cultive dans presque tous les milieux, à des températures comprises entre 25° et 42°.

Les bouillons sont uniformément troublés en quarante-huit heures ;

(1) Bouchard, Capitan et Charrin. Note sur la culture du microbe de la morve et sur sa transmission. C. R. Ac. des Sciences, *26 déc. 1882. — Lœffler et Schuetz. Ueber den Bacillus des Rotzes. Deutsche medic. Wochenschrift, déc. 1882.

(2) Loeffler. Die Aetiologie der Rolzkrankkeit. Arbeiten aus déni K. Gesundheits. zu Berlin, t. I, 1886, p. 141.

ÉPIDÉMIOLOGIE.

un dépôt blanchâtre et visqueux s’opère après quelques jours. Sur gélose, en surface, il se produit une mince couche blanche, semitransparente, qui s’épaissit peu à peu et devient brunâtre. Sur sérum gélatinisé, on voit se développer des colonies d un blanc opalin, qui s’épaississent et prennent une teinte lauve clair. Sur la pomme de terre, la culture donne un enduit épais, humide, luisant, visqueux, reflétant une couleur fauve, qui se fonce de plus en plus et qui arrive bientôt à la teinte chocolat clair. Le lait est coagulé en dix-douze jours ; la réaction reste neutre; on ne constate pas de peptonification (Gorini).

Le bacille est pathogène pour les solipèdes, le cobaye, le lapin, le chien...

Espèces affectées. — C’est presque exclusivement chez les solipèdes domestiques que la morve est observée; c’est chez eux qu elle s’entretient et se perpétue. Alors que la maladie se présente presque toujours sous une forme aiguë chez l’âne, particulièrement apte à l'infection, elle affecte plutôt le type chronique chez le cheval ; chez le mulet, les formes aiguës, moins fréquentes que chez l’âne, s’observent plus souvent que chez le cheval.

Les bovidés sont complètement à l’abri de la morve ; les petits ruminants ne la contractent que très rarement.

Le porc est réfractaire à la contagion naturelle.

Les carnassiers n’opposent à l’infection qu’une résistance insuffisante. Le chien et le chat peuvent être contaminés à la suite de l'ingestion de produits virulents. Les carnassiers sauvages entretenus dans les ménageries s’infectent plus facilement encore, à la suite d’une alimentation par des débris d’animaux morveux.

Enfin, Y homme est exposé à contracter la morve par l’inoculation accidentelle de produits virulents.

Épidémiologie. — Statistique. — La morve sévit dans toute l'Europe de temps immémorial. Efficacement combattue vers la fin du siècle dernier par des mesures sanitaires bien comprises, la maladie prend une extension considérable pendant la longue période des guerres de la Révolution et de l’Empire. De 1820 à 1840, la morve continue à s’étendre librement, en France, grâce aux doctrinaires de la non-contagion ; on compte par milliers les animaux affectés. Au contraire, l’affection est relativement peu fréquente dans les pays où des mesures sanitaires sont appliquées; la Prusse ne signale, vers 1850, que 1200 cas chaque année ; la Bavière n'a que 50 malades environ et le Danemark 30 à 40 seulement.

La fréquence de la morve diminue progressivement en ces quarante

dernières années; toutefois l’amélioration est très lente dans la plupart des Etats. A l’heure actuelle, la morve est encore signalée dans tous les pays qui fournissent des renseignements sanitaires. Sa fréquence relative* dans les diverses régions dépend uniquement de l’efficacité de l’intervention sanitaire.

La F 'rance est contaminée sur tous les points; de nombreux foyers ont été découverts en ces dernières années, grâce à l’utilisation de la malléine.

Années.

Morveux abattus.

En Belgique

, l'état

sanitaire

tend ;

i s’améliorer depuis

quelques

années :

Années.

Morveux abattus.

La Suisse signale une cinquantaine de cas chaque année ; un certain nombre sont constatés sur des animaux importés :

Années. 1893 1894 1895 1896 1897

Morveux abattus. 29 80 50 37 58

En Allemagne , le total des malades s’abaisse lentement, mais régulièrement. De 1876 à 1886, le nombre des animaux abattus, en Prusse seulement, tombe de 2 740 à 1 176. Depuis, la situation n’a cessé de s’améliorer et l’on signale dans tout l'empire allemand :

Années. 1886 1887 1888 1889 1890 1891 1892 1893 1894 1895

Cas de morve. 1220 1228 1182 1337 880 981 823 504 510 590

Toutes les régions sont envahies ; la maladie est surtout fréquente dans les provinces orientales, exposées au dangereux voisinage de la Pologne russe.

L 'Autriche accuse annuellement 300 à 400 cas de morve.

La Hongrie fournit les chiffres suivants :

Années. 1886 1887 1888 1889 1890 1891 1892 1893 1894 1895 1896

Cas de morve. 893 429 009 787 010 978 083 703 745 1177 028

Parmi les principautés danubiennes, la Roumanie signale 149 cas de morve en 1892 et 96 en 1895. La Serbie accuse 35 cas en 1893 et 1 cas en 1895.

La Grande-Bretagne est envahie à un haut degré ; la situation sanitaire n’est qu’imparfaitemeut connue :

Années. 1883 1884 1885 1886 1887 1888 1889 1890 1891 1892 1893 1894 1895 1896

Casdemorve. 1244 1123 940 1114 1482 1581 |224G 1808 2435 3001 2133 1435 1594 1294

SYMPTÔMES

Les statistiques sont incomplètes; les huit dixièmes des moi veux sont rencontrés à Londres même. Le pays de Galles seul est indemne.

La Hollande est peu gravement atteinte 30 à 50 cas) , en Danemark , en Suède , en Norvège, la morve n'est plus constatée que de loin en loin.

La Russie fournit des statistiques officielles insuffisantes (1000 a 2 000 cas chaque année); en réalité, la maladie est dune lréquence extrême en la plupart des régions. En 1891, on trouve 1 283 chevaux moi veux dans le gouvernement de Cherson et plus de 1 000 dans le gouvernement de Saratoff (Bcrezoff). La Commission officielle instituée pour l’étude de la morve estime à 4 p. 1 000 la proportion globale des morveux, soit plus de 90000 malades pour la Russie d’Europe seulement.

En Afrique, la maladie sévit sur tout le littoral méditerranéen. L Algérie signale, en 1887, 182 morveux, et ce chiffre ne représente pas le quart des cas constatés en réalité. Dans Y Afrique australe, la maladie n est connue que depuis peu; on l’appelle la « maladie nouvelle» (Newdisease, nieuwe Ziekte) (1). La colonie du Cap est gravement atteinte (605 cas en 1894) ; jusqu’ici, les possessions allemandes paraissent indemnes (Sander .

En Asie, la morve est signalée au Japon, où elle existe de temps immémorial (Janson).

L’Amérique ne fournit pas de documents sanitaires précis. On sail au moins que les États-Unis comptent de nombreux animaux morveux ; en 1896, 341 chevaux affectés sont abattus dans le Massachusetts; les indiscrétions des journaux vétérinaires démontrent la fréquence de la maladie en la plupart des États. A Cuba , la morve, importée des États-Unis lors de l’insurrection de 1868, sévit depuis à l’état épizootique.

La morve est totalement inconnue en Australie (Loir). Les Indes néerlandaises sont infectées depuis longtemps; dès 1854, la maladie est considérée comme très fréquente à Java (Van der \ eijde).

Étude clinique.

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