‹ Les maladies microbiennes des animauxChapitre 128 sur 169 · ÉTUDE EXPÉRIMENTALE · texte numérisé non relu

ÉTUDE EXPÉRIMENTALE

de réaction dans la lymphangite et la supériorité de la méthode apparaît une fois de plus ici.

La lymphangite épizootique sera facilement distinguée d après les caractères des ulcères ; l’examen bactériologique du pus constitue aussi un moyen pratique d’assurer le diagnostic. (Y. Lymphangite épizootique; Diagnostic).

Étiologie. — Étude expérimentale.

La contagion ne joue qu’un rôle insignifiant ou nul dans la genèse de l’affection ; dans la plupart des observations relevées, un seul animal est atteint au milieu d’un effectif assez nombreux, en l'absence de toute précaution sanitaire. Le microbe est sans doute un saprophyte vulgaire, répandu dans les milieux extérieurs; il est apporté sur le tégument avec les boues ou les fumiers.

Les plaies ou les érosions cutanées facilitent la pénétration ; on s'explique que la maladie apparaisse de préférence pendant l’hiver, alors que la peau souillée de l’extrémité des membres est altérée et fendillée; les crevasses du paturon sont le point de départ possible des lésions.

L’inoculation sous-cutanée du pus ou de la culture du microbe, au cheval , à Y âne et au mulet , provoque le développement d’un abcès chaud qui s’ouvre en 6-10 jours, en donnant un pus épais et grumeleux ; la poche s’oblitère lentement et une cicatrice persiste. Dans une expérience, Nocard obtient une lymphangite ulcéreuse progressive, analogue à la maladie naturelle, par l’inoculation sous-cutanée au cheval de deux gouttes d’une culture récente.

C.hez le cobaye , l’inoculation sous-cutanée aboutit, en 4-5 jours, à la formation d’un abcès volumineux ; la plaie résultant de l’ouverture du foyer se cicatrise lentement, tandis que d'autres abcès évoluent dans le voisinage; les ganglions échappent à l’envahissement ; les animaux succombent rarement. L'injection, dans le péritoine du cobaye mâle, d’une trace de pus dilué provoque une orchite intense, qui simule de très près l’orchite morveuse. Du troisième au cinquième jour, la région des bourses est le siège d'une tumeur inflammatoire, chaude, tendue, douloureuse à l’exploration; le scrotum a une teinte rouge violacé; il est luisant, adhérent aux testicules sortis de l’abdomen. La mort arrive en 6-8 jours, si l'orchite est apparue de bonne heure; dans le cas contraire, l’évolution est lente et la survie est possible. Les lésions portent sur la gaine vaginale ; les feuillets de la séreuse, accolés au début par un exsudât fibrineux, sont envahis ensuite par une suppuration abondante et le testicule atrophié baigne dans une nappe de pus épais et grumeleux. 11 n’est pas rare de voir le testicule presque entièrement détruit par le pus. La vaginalite est plus vite purulente que celle de la morve; l’exsudât fibrineux el le pus sont riches en amas bacillaires. Le péritoine renferme un peu de liquide louche, gluant; le mésentère est couvert de petites masses purulentes;

LYMPHANGITE ULCÉREUSE.

l’épiploon renferme des foyers caséeux. Il n’existe pas de lésions viscérales. L'inoculation dans le péritoine d’une culture récente provoque une évolution suraiguë ; le cobaye succombe en 24-48 heures, après une chute de la température vers 30° et au-dessous, avant que les altérations testiculaires aient eu le temps d’évoluer.

Le lapin résiste à l’injection intra-péritonéale de la culture ou du pus ; l’inoculation sous la peau de l’oreille provoque un érysipèle intense qui disparaît après quelques jours ; la pénétration dans les veines n’est suivie d’aucun trouble apparent; cependant l’animal meurt cachectique en 15-30 jours, sans que les bacilles soient retrouvés dans l’organisme.

La souris blanche est tuée en 24-48 heures par l’insertion du virus sous la peau ; le sang du cœur donne ordinairement des cultures du bacille. Le pigeon succombe parfois en 4-6 jours à l’inoculation intra-veineuse; la poule est tout à fait réfractaire.

Le microbe est peu résistant ; il est tué à 58° après une heure et à 65 en moins d’un quart d’heure.

Le traitement est très simple. Les lavages antiseptiques de la région assurent la cicatrisation des plaies ; lors d’éruptions successives ou confluentes, il est indiqué d’appliquer des pansements antiseptiques sur la région préalablement rasée. Le sublimé, le lysol, le formol... peuvent être employés dans ce but. Lors d’envahissement des lymphatiques, on a recours à l’ouverture prématurée et au grattage des foyers purulents; les plaies sont recouvertes, suivant les régions, de poudres antiseptiques (salol, iodoforme...) ou de pansements humides.

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