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CHAPITRE XXII

PYÉLO-NÉPHRITE BACILLAIRE DES BOVIDÉS

On désigne sons le nom de pyélo-néphrite bacillaire une inflammation étendue aux différentes parties de la muqueuse urinaire, déterminée par un bacille spécial.

L’expression employée ne traduit en réalité que le degré ultime de l’affection; pendant les premières périodes, l’inflammation gagne progressivement la muqueuse de l’urètre, de la vessie, de l’uretère et du bassinet.

Historique. — La maladie est observée, en 1875, par Siedamgrotzky, qui donne une analyse déjà complète des altérations histologiques et qui signale la présence de bactéries dans les foyers dégénérés du rein. Pllug mentionne les mêmes accidents dans son travail sur « les maladies des voies urinaires ». Damman décrit un cas de « néphrite bactérienne » chez une vache; il trouve des amas de bactéries dans les canaux urinifères.

En 1888, Hess (1) publie trois observations de pyélo-néphrile; il donne des descriptions succinctes des symptômes et des lésions observés. Pendant les années suivantes, Hess recueille des documents qui permettent une étude clinique synthétique de la maladie. Friedberger (2), Gillot (3) Mollereau et Porcher (4) décrivent de nouveaux cas.

L’étude microbiologique de la pyélo-néphrite est faite, presque en même temps, par Enderlen et par Hôflich (5).

Bactériologie (6). — Le microbe de la pyélo-néphrite se montre, dans les tissus ou dans les cultures, sous la forme d’un bâtonnet mesurant 2 à 3 g de longueur sur 0,6 à 0,7 g de largeur.

Le bacille se colore facilement par les couleurs d’aniline ; il prend très bien les colorations de Gram et de Weigert.

(1) Hess. Pyelo-Nephritis beim Rinde. Schweizer-Archiv fur Thierheilk., t. XXX, 1888, p. 209: t. XXXII, 1800, p. 224; t. XXXIII, 1891, p. 157; t. XXXIV, 1892, p. 70.

(2) Friedberger. Pyelonephritis und Urethritis bei einer Kuh. Jahresb. der Thierârztl. Hochschule in München, 1891, p. 164.

(3) Gillot. Pyélite chronique chez une vache. Recueil de méd. vétér., 1888, p. 159.

(4) Mollereau et Porcher. Pyélo-néphrite bactérienne chez une vache. Bulletin de la Soc. centr. de méd. vétér., 1895, p. 322.

(5) Enderlen. Primüre infectiose Pyelo-Nephritis beim Rind. Deutsche Zeitschr. fur Thiermed., t. XVII, 1891, p. 325. — Hôflich. Die Pyelo-Nephritis bacillosa beim Rinde. Monatshette fur Thierheilk., t. II. 1891, p. 337.

(6) Voir, en outre des travaux de Enderlen et de Iloflich : Masselin et Porcher. Contribution a l'élude des pyélo-néphrites. Recueil de méd. vétér., 1895, p. 657.

PYÉLO-NÉPHRITE BACILLAIRE DES BOVIDES.

Aérobie, le microbe cultive dans les bouillons et sur différents milieux, à des températures comprises entre 20 et 40°.

Dans les bouillons, simples ou glycérinés, la culture donne, après quelques jours, de petites masses floconneuses qui se déposent au fond du ballon ; le liquide reste entièrement limpide. Sur gélose, on voit de petites colonies arrondies, de couleur grise ; l’aspect est analogue sur sérum; sur gélatine, de petites colonies grises, puis jaunes, se développent sur le trajet de la piqûre; le milieu n’est pas liquéfié. La culture n’est pas obtenue dans le lait et sur pomme de terre.

Le bacille est pathogène pour les bovidés seulement (1).

Étude clinique.

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