CHAPITRE XXIV
MAMMITES
Souvent observées chez les principales femelles laitières, vache, chèvre ou brebis, les mammites reconnaissent des origines très diverses.
On peut classer dans un premier groupe les inflammations qui constituent une simple détermination d’une infection généralisée ou capable de localisations multiples : telles, les mammites qui accompagnent la tuberculose, l’actinomycose, l’agalaxie contagieuse...
Les inflammations spécialisées à la mamelle sont liées ellesmêmes à la présence de microorganismes divers, qui paraissent cultiver dans la glande alors que celle-ci est altérée déjà, ou d'agents véritablement spécifiques, capables de reproduire expérimentalement la maladie. L'étiologie des mammites non spécifiques est incomplètement étudiée; les recherches de Guillebeau et de Lucet montrent que le contenu de la mamelle enflammée renferme différentes formes microbiennes, à l’état de cultures pures ou différemment associées ; la transmission expérimentale n’est pas obtenue par l’inoculation des cultures (1).
Les seules formes spécifiques actuellement différenciées sont : la mammite streptococcique des vaches et la mammite gangreneuse des brebis.
§ I. — MAMMITE STREPTOCOCCIQUE DES VACHES.
On désigne sous ce nom une mammite contagieuse des vaches laitières, -déterminée par un streptocoque spécifique.
Historique. — Dès 1848, Brennwald (2) observe en Suisse une mammite enzootique, difficile ou impossible à guérir, caractérisée par la formation de noyaux durs dans la mamelle; la maladie est connue des éleveurs sous le nom de « gelber Galt » ; quelques vétérinaires croient à la contagion. L afléction est retrouvée par Gerlach à Berlin (1852 , par
(1) Voy. Kitt. Neues aus der Seuchenle/ire... Monatsh. fur Thierheilk., t. V, 1805, p. 229 et 312.
(2) Brennwald. Chronische Euteventzilndung. Archiv fur Thierheilk. , t. X, 1818, p. 40.
Nocard et Leclainche. — 2e édit. 52