‹ Les maladies microbiennes des animauxChapitre 26 sur 169 · I. — Symptômes · texte numérisé non relu

I. — Symptômes

La pleuropneumonie septique évolue presque toujours sous une forme grave, à marche rapide ; une forme bénigne est obser vée chez quelques animaux seulement.

(1) Penberthv signale, en Angleterre, une pleuropneumonie infectieuse affectant les bovidés âgés de six mois à deux ans. Il est d’autant plus regrettable que l’étude bactériologique n’ait pas été faite que cette forme établirait le passage entre la pleuropneumonie des veaux et la septicémie des bovidés adultes. Voy. Penberthv, Contagions inflammation of the lungs and pleura oj young cattle. The Journ. of comp. pathol. and therap., t X isi)7 p. 2G1 .

(2) Galtier. Loc. cit., p. 3.

LES SEPTICÉMIES HÉMORRAGIQUES.

a) Forme grave. — Les symptômes sont alarmants dès le début : « 1 appétit disparaît, la température s’élève ; la respiration et la circulation s’accélèrent; les muqueuses se congestionnent. Parfois les veaux succombent d’une façon foudroyante, après quelques instants de maladie ; mais, dans le plus grand nombre des cas, ils vivent de quelques heures à un ou deux jours, et il en est qui résistent de quatre à huit jours.

« Les malades s’affaiblissent rapidement, en même temps que la respiration se modifie de plus en plus, que la circulation va se troublant encore et que des signes d’entérite se montrent.

« Un des caractères les plus importants de cette affection consiste dans l’altération du système musculaire; les membres deviennent raides; ceux de devant sont plus ou moins arqués; ceux de derrière sont engagés sous le tronc. Les animaux chancellent et ont de la peine à se maintenir debout ; ils se déplacent avec difficulté, titubent en marchant, boitent et souffrent atrocement, ainsi qu’en témoignent leur faciès grippé et l’exacerbation des symptômes respiratoires.

« L’essoufflement est de plus en plus accusé ; la respiration s’accompagne parfois d’une plainte à chaque expiration ; la poitrine est plus sensible à la pression et à la percussion ; il y a de la matité, des râles et du souffle tubaire. Ordinairement, une diarrhée fétide se déclare en même temps que les signes précités se montrent. On observe des sueurs, la congestion de la muqueuse buccale, une écume mousseuse sur les lèvres, des beuglements de détresse au moment de la mort » (Galtier).

Chez les porcelets, les symptômes présentés simulent ceux de la pneumo-entérite infectieuse et du rouget, il existe de la fièvre, de l’essoufflement, de la diarrhée fétide, de la faiblesse et des taches rouges ou violacées à la surface du corps.

b) Forme bénigne. — On constate des signes de broncho-pneumonie, de la toux, du jetage, et aussi de la diarrhée à certains moments.

IL — Lésions.

Lors d’évolution aiguë, les lésions portent principalement sur le poumon et sur la plèvre, mais elles sont étendues aussi à divers tissus.

Les cavités pleurales renferment un exsudât liquide, séreux, jaunâtre ou opalescent, se coagulant au contact de l’air et tenant

PLEUROPNEUMONIE SEPTIQUE DES VEAUX.

en suspension des flocons fibrineux. La plèvre, enflammée, est épaissie, vascularisée, rugueuse, marbrée de taches ecchymotiques. Le médiastin, infiltré et épaissi, montre des altérations analogues. Le poumon est volumineux, dur, friable ; son aspect rappelle celui du poumon péripneumonique. « Il ressemble à une mosaïque dont les petits carrés, offrant les différentes nuances du rouge, seraient encastrés dans un réseau formé de mailles épaisses et d'une teinte ardoisée. En incisant l’organe malade, une sérosité opaline, visqueuse, coagulable au contact de l’air, s’écoule en abondance de la section du tissu sous-pleural et du tissu interlobulaire infiltré ; la plèvre et les lobules apparaissent alors nettement, comme disséqués, et une faible traction suffit pour les isoler » (Galtier).

Les lésions sont constituées, comme dans la péripneumonie, par un œdème primitif du tissu lymphatique interlobulaire et par l’hépatisation secondaire du tissu pulmonaire. Tantôt les lésions interlobulaires prédominent ou existent seules, tantôt l’œdème lymphatique et l’hépatisation des lobules sont concomitants.

La muqueuse des bronches est congestionnée, épaissie et recouverte d"un exsudât catarrhal. Les ganglions bronchiques et médiastinaux sont volumineux et infiltrés.

Le péricarde renferme une sérosité rosée ou un exsudât inflammatoire, avec fausses membranes. La séreuse est recouverte d’ecchymoses, au niveau de la base du cœur.

Les altérations des organes abdominaux sont moins évidentes. Le péritoine, parfois congestionné, renferme un exsudât séreux peu abondant. Le foie est friable ; la rate et les reins sont engoués et ecchymosés. La muqueuse de la caillette et celle de l’intestin grêle est épaissie, congestionnée, criblée d’un fin piqueté hémorragique.

Les muscles sont notablement altérés. Le myocarde paraît cuit; il est pôle, décoloré, lavé et friable. Les muscles du squelette présentent des foyers hémorragiques disséminés, noirâtres, de la grosseur d’une tête d’épingle, et des foyers de dégénérescence. Au niveau de ceux-ci, le muscle est réduit en une matière jaune grisâtre, facile à déchirer, d’apparence caséeuse. Certains muscles sont considérablement infiltrés par l’œdème; ils sont friables et de teinte lavée. On trouve les bactéries pathogènes au niveau de toutes les lésions (Galtier).

Les altérations persistantes sont constituées par des reliquats d accidents aigus. Chez les veaux, « on rencontre des foyers res-

LES SEPTICÉMIES HÉMORRAGIQUES.

treints de caséification dans le poumon et des lésions de bronchite chronique ; des foyers de dégénérescence, caséeux ou ramollis et enkystés, dans le foie ».

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