III. — Diagnostic
a) Diagnostic sur l'animal vivant. — I. — La forme œdémateuse peut être cliniquement différenciée, d’après les caractères et le
LES SEPTICÉMIES HEMORRAGIQUES.
mode d’évolution des tumeurs. Dans la fièvre charbonneuse , des accidents cutanés sont rarement observés; ils siègent de préférence dans les points exposés aux traumatismes et non dans la région de la gorge. — Les tumeurs ne se montrent jamais crépitantes et froides, cqmme dans le charbon symptomatique ; à tous les moments, elles conservent les caractères de l’œdème chaud.
II. — La nature des déterminations thoraciques est difficilement soupçonnée, en dehors des régions habituellement infectées et lors d’évolution sporadique. Presque toujours la maladie est confondue avec la congestion pulmonaire ou avec Y entérite aiguë , et attribuée à l’une des causes banales de la vieille étiologie. Une première indication diagnostique consiste en la coexistence habituelle des accidents pulmonaires et intestinaux; l’apparition simultanée de plusieurs cas dans une même étable, la constatation d’une série d'accidents semblables dans une même région constituent encore des éléments utiles au diagnostic.
Assez souvent, la septicémie hémorragique estconfondue avec la péripneumonie aiguë ou chronique et la différenciation présente de réelles difficultés pratiques. La simultanéité des accidents dans une même étable ou dans le voisinage tend à confirmer un diagnostic erroné; d’autre part, l’examen clinique le plus attentif est insuffisant, en la plupart des cas, pour permettre la distinction (V. Péripneumonie; diagnostic ).
b) Diagnostic sur le cadavre. — Dans la forme œdémateuse, la maladie est différenciée du charbon symptomatique par l’aspect des tumeurs, exclusivement œdémateuses et n’intéressant pas le tissu musculaire ; elle est distinguée de la fièvre charbonneuse par les caractères du sang et par l’absence de tuméfaction de la rate.
Les lésions pulmonaires diffèrent de celles qui appartiennent à la congestion pulmonaire par la présence de l'œdème interlobulaire, par les altérations de la plèvre et de la trachée. L’hépatisation est moins complète que dans la péripneumonie aiguë , la plèvre est moins altérée; la coloration rouge de la muqueuse au niveau de la trachée et du larynx, la coexistence des localisations intestinales aident encore au diagnostic différentiel.
Les reliquats pulmonaires de la septicémie simulent encore la péripneumonie; la distinction sera surtout basée sur la présence de lésions manifestes de bronchite et de péribronchite (V. Péripneumonie ; diagnostic).
Dans tous les cas, le diagnostic sera facilement et immédiatement assuré par Y examen bactériologique des produits de raclage
SEPTICÉMIE HÉMORRAGIQUE DES ROVIDÉS.
recueillis au niveau des ganglions altérés (ganglions bronchiques ou médiastinaux) et, dans les formes chroniques, par l’examen du muco-pus contenu dans les bronches. Dans tous ces milieux, la bactérie ovoïde est rencontrée en abondance; elle se présente, après coloration simple, avec des caractères évidents. L ' inocjLilation au cobaye donne encore d’utiles indications ; il est à remarquer cependant qu’il existe des variations considérables dans la virulence de la bactérie et les indications fournies n’ont pas toute la certitude désirable.
Étiologie. — Étude expérimentale.
Modes de l'infection. — La maladie procède d’une infecLion par des bactéries issues directement des sols et la contagion ne joue, en Europe tout au moins, qu’un rôle restreint ou nul. I/affeclion apparaît de préférence pendant les mois d’hiver, dans des régions déterminées. Tantôt elle sévit à l’état sporadique; tantôt plusieurs animaux sont atteints successivement, à des intervalles irréguliers, dans une même étable; tantôt enlin plusieurs animaux ou la presque totalité d’un troupeau sont atteints en même temps.
La présence de la bactérie dans certains sols est directement démontrée; Kilt a constaté que le microbe cultive facilement dans les eaux de puits contenant des matières organiques ; il pullule dans les terrains humides riches en nitrates et couverts de plantes (Hueppe), à une température minima de 12-13°.
Les germes sont apportés dans l’étable avec les fourrages qu’ils souillent, peut-être aussi avec les eaux de boisson; ils provoquent l’infection sous des conditions indéterminées de réceptivité individuelle. La pénétration s’effectue vraisemblablement par les voies digestives ; on peut supposer que les œdèmes primitifs de la région de la gorge sont dus à une inoculation au niveau de l’arrière-bouche ou du pharynx.
Il existe des inégalités considérables dans les propriétés des bactéries suivant chaque épizootie. Un premier passage à travers l’organisme des bovidés détermine un affaiblissement tel de la virulence que l’ingestion des tissus envahis ne provoque que difficilement la maladie. On s’explique ainsi que la contagion n’intervienne que tout à fait exceptionnellement. Cependant, une adaptation définitive du microbe à la vie parasitaire est peut-être possible, comme tend à le faire croire la forme nettement épizootique qu’affecte la maladie en certains pays (Java).
Nocard et Leclainche. — 2e édit.
LES SEPTICÉMIES HEMORRAGIQUES.
Réceptivité. — Modes de la pénétration du virus. — Les
résultats de la transmission expérimentale diffèrent pour chaque enzootie. L inoculation sous-cutanée tue parfois le veau, le cheval, le porc, le mouton, la chèvre, le lapin, le cobaye, la souris blanche et grise, la poule, le pigeon (1)...
Dans certaines formes, la virulence reste assez limitée ; Leclainche n’a réussi à tuer que le cobaye et la souris, alors que le lapin, signalé partout comme très sensible, n’était nullement affecté. Il est à remarquer que des lésions anciennes pourront fournir une bactérie très active, alors que l’on n’obtiendra qu’un virus faible dans des formes à évolution suraiguë. — La pénétration par les voies digestives est un mauvais moyen de transmission expérimentale; les organismes peu résistants, comme la souris, sont seuls infectés sûrement. Les injections intra-veineuse ou inlva-l vache ale constituent au contraire des modes sévères d’inoculation.
Résistance du virus (2). — La dessiccation détruit la virulence du sang en 6-22 jours; dans les tissus animaux, la bactérie résiste pendant neuf jours a la putréfaction.
L’action de la chaleur semble très différente suivant la qualité des matières exposées ; alors que le sang est stérilisé en dix minutes à 58-62°, les vieilles cultures et certains tissus (morceaux de muscle, pulpe de foie) résistent à une température de 80“ (Hueppe, Savarese, Piana).
L’action des antiseptiques est peu étudiée ; alors que le sublimé corrosif stérilise en une minute, en solution à 1 p. 5000, l’acide phénique à 3 p. 100 tue en six heures seulement (Hueppe).
Traitement. — Prophylaxie.
a) Le traitement ne donne aucun résultat dans les formes à évolution rapide. Dans le cas de localisation thoracique, on conseillera les applications révulsives sur les parois du thorax (huile de croton l part, et essence de térébenthine 10 part.). Guillcbeau a essayé sans succès l’alcool à hautes doses. Les anti thermiques et les breuvages antiseptiques sont théoriquement indiqués. Alimen-
(1) D’après vau Eecke, la tortue est uu excellent réactif.
(2) Hueppe. L Jeber eine neue Wild-und Rmderseuche, Broch., Munich, 1878. — Piana. Loc. cit. et Sulla resistenza vitale del microor g anismo délia septicoemia.... 11 moderno Zooiatro, 1805, p. 23. — Savahese., Sulla resistenza vitale del virus délia septicoemia.... Clinica veterin., 1880, p. 436.
SEPTICÉMIE HÉMORRAGIQUE DU CHEVAL. 67
talion avec des fourrages verts, thé de foin, soupes et légumes cuits...
b) Le mode habituel de l’infection par les fourrages permet de préciser la prophylaxie. Les pâturages, les ruisseaux ou les étangs suspects seront consignés; pour les animaux à l’étable, on donnera
des aliments de provenance différente.
11 est toujours prudent d’isoler les malades et de désinfecter les locaux et les objets souillés.
L’utilisation des chairs pour l’alimentation des animaux doit être interdite, en raison des dangers de contagion (porc) ou de diffusion des germes.
L’utilisation pour la boucherie des bovidés porteurs de lésions chroniques ne présente aucun inconvénient.
§ 25. — SEPTICÉMIE HÉMORRAGIQUE DU CHEVAL
( lnfluenza ; Fièvre typhoïde; Pneumonie infectieuse).
On désigne depuis longtemps sous les noms d’ « inlluenza » ou d’« affection typhoïde » une maladie des solipèdes caractérisée par sa forme enzootique et, cliniquement, par la stupéfaction des malades et par la ‘présence habituelle de localisations sur le poumon ou sur l'intestin.
Celle diagnose étendue s’applique à toute une série d’états pathologiques, et une subdivision devient nécessaire dès que l’on tente de préciser les caractères des types observés. En 1882, Dieckerhoff (1) différencie dans 1’ « inlluenza » trois formes cliniques différentes : la fièvre typhoïde { Pferdestciupe ), la pleuro-pneumonie infectieuse ( Brustseuche ) et la grippe (Seal ma) (2).
L’étude expérimentale de chacune de ces formes est maintes fois tentée. En 1887, Schuetz (3) rencontre dans les lésions de la « Brustseuche » une bactérie ovoïde, souvent pourvue d’une capsule enveloppante, se présentant sous la forme de diplobactéries et affectant, dans les cultures en bouillons, l’aspect de longues chaînettes (streplobactéries). Le microbe, facilement colorable par les couleurs d’aniline, se décolore par la méthode de Gram. La culture en bouillon donne un dépôt floconneux blanchâtre ; sur gélatine, par piqûre, on obtient des colonies
(1) Dieckekhoff. Die Pferdestciupe. Berlin, 188?.
(2) Le défaut d’équivalence littérale entre les expressions allemandes et françaises est expliqué par ce fait que déjà une division analogue avait été tentée en France. La « grippe » correspond à la bronchite épizootique, bronchite infectieuse, laryngo-
trachéite typhoïde, catarrhe infectieux des voies respiratoires Voy. Leclainciie. Xole
sur les pneumonies infectieuses. Recueil de méd. vétér., 1888, p. 280.
(3) Schuetz. U mâche der Brustseuche der Pfel'de. Archiv fur Thierheilk., t. XIII, 1887, P- 27.
LES SEPTICÉMIES HEMORRAGIQUES.
arrondies, blanchâtres, sans liquéfaction du milieu ; sur gélose, les colonies ont l’aspect de gouttelettes transparentes ou de taches grisâtres. La souris est tuée en 24-48 heures; le lapin, le cobaye, le pigeon ne sont pas tués sûrement; la poule et le porc sont réfractaires. Schuetz rencontre constamment la bactérie dans l’exsudât pleurétique et dans les foyers d’hépatisation. L’injection des cultures dans le poumon du cheval ou la pulvérisation intra- trachéale déterminent la maladie.
Les résultats de Schuetz, confirmés de différents côtés, sont généralement acceptés en Allemagne, et des essais de sérothérapie de la « Brustseuche » sont souvent pratiqués.
En France, l’étude des « affections typhoïdes » est reprise, en 1889, par Laitier et Violet (1). Les auteurs rencontrent, dans les lésions récentes de la fièvre typhoïde et de la pleuropneumonie infectieuse, deux microbes spéciaux. L\m (Slreplococcus pneumo- enter itis equi ) est composé de grains arrondis, isolés, réunis par deux ou associés en' chaînettes; l’autre ( Diplococcus pneumo-enteritis equi) est formé d’articles isolés, plus petits que les précédents (0,3 g à 0,4 u de diamètre). Les deux microbes se décolorent parle procédé de Gram ; ils sont aérobies et anaérobies. Dans les cultures, le streptocoque donne, dans les bouillons, un précipité floconneux ; sur gélatine et sur gélose, il fournit, sans liquéfaction des milieux, des colonies arrondies, blanchâtres ; sur pomme de terre, la culture forme une épaisse couche grisâtre. Le diplocoque donne, dans le bouillon, un précipité pulvérulent ; sur gélatine et sur gélose, (Tu obtient des colonies ténues, d’apparence poussiéreuse; la culture est peu épaisse et de teinte gris foncé sur la pomme de terre.
Alors que le diplocoque tue à la fois le lapin et le cobaye, le streptocoque est pathogène pour le lapin seulement.
Les deux microbes provoquent chacun une maladie déterminée, mais les affections restent cliniquement confondues; Gabier rencontre, dans une épizootie de pleuropneumonie infectieuse, le diplococcus comme agent pathogène.
Les microbes proviennent des sols; ils sont apportés avec les eaux de boisson ou avec les fourrages; ils pénètrent par les voies respiratoires (poussières) ou par les voies digestives. La contagion ne joue qu'un rôle secondaire. L’infection s’opère sous certaines conditions et les influences étiologiques banales interviennent en modifiant la réceptivité.
La transmission est obtenue du cheval au cheval, au mouton, à la chèvre, au chien...; elle est expérimentalement réalisée chez le cheval et chez le lapin par l’inoculation des macérations de foin et d’avoine renfermant les microbes pathogènes.
Galtier classe les infections sous le nom de « pneumo-entérites infectieuses» à côté des maladies de même type observées chez le porc, le mouton, la chèvre et les bovidés.
(1) Galtier et Violet. Les pneumo-entérites infectieuses des fourrages..., Paris, 1890. — Galtier. Traité des maladies contagieuses, 2e éd., t. II, 1892, p. 649.
SEPTICÉMIE HÉMORRAGIQUE DU CHEVAL.
Les travaux récents de Lignières (1) apportent sur le même sujet des précisions nouvelles et elles permettent de classer définitivement les « affections typhoïdes » des solipèdes (2).
L’agent spécifique est une fine bactérie, courte, à extrémités arrondies, à peine aussi grosse que celle du choléra des poules; elle affecte dans les cultures la forme de très petits diplocoques, ou même de coccus isolés ( cocco-bacilles ). La bactérie est immobile, exclusivement aérobie; elle se colore assez bien avec le violet de gentiane et la fuchsine; elle est décolorée par le procédé de Gram. La culture dans le bouillon-peptone donne, en vingt-quatre heures, un trouble uniforme, discret, qui persiste pendant plusieurs jours ; la réaction du milieu ne change pas. Sur gélatine, à 20°, on obtient, en deux ou trois jours, de très petites colonies arrondies, d’abord transparentes, puis légèrement opaques et blanches, ne liquéfiant jamais le milieu. La gélose, simple ou glycérinée, est un mauvais milieu. Dans le lait, la culture s’opère sans coagulation. On ne constate aucun développement sur la pomme de terre. De tous les milieux, le plus favorable est le bouillon-peptone, additionné d’une petite quantité de sérum.
Les microbes sont rencontrés difficilement dans le sang et dans les tissus des typhiques, où ils n’existent qu’en petit nombre. De même, les premières cultures s’opèrent péniblement. Pour obtenir des cultures, on injecte dans le péritoine du cobaye, 4-5 c. c. de sang, de liquide pleurétique ou de sérosité pulmonaire; le jetage, rouillé ou non, recueilli surtout au début de la maladie, donne un résultat encore plus sur. L’inoculation provoque une péritonite et le liquide exsudé renferme en abondance la bactérie ovoïde.
Le microbe isolé est pathogène pour le cobaye, le lapin, la souris, le chien, le chat, le porc, le mouton, le bœuf (?), l’âne, le cheval.
Le cobaye est tué en 24-48 heures par l’inoculation sous-cutanée de 1 cent, cube de culture ou de quelques gouttes de l’exsudât péritonéal. Le lapin est tué plus facilement encore par l’inoculation sous-cutanée, intra-
(1) Lignières. Étiologie de la fièvre typhoïde du cheval. Bulletin de la Soc. centr. de méd. vétér., 1807, p. 437 ; Contribution à l'élude des pneumonies du cheval, ld., id., p. 450 ; Épizootie de laryngo-trachéite typhoïde, ld., id., p. 40G.
(2) Nous avons dû laisser en dehors de cette rapide étude nombre de travaux intéressants. Les observations récentes de Piana et Galli-Valerio doivent être mentionnées. Les auteurs trouvent dans le sang, dans la rate et dans les poumons de deux chevaux morts de la fiè\re typhoïde une bactérie qu’ils considèrent comme une variété du bacterium coli, bien qu’il prenne la coloration de Gram. Le microbe est pathogène pour le cobaye, le lapin et la souris. 11 résiste à une température de 71° pendant une demi-heure, tandis qu’il est tué dans le même temps à 81°. — 11 est probable que Piana et Galli- Valerio ont observé une infection spéciale simulant la fièvre typhoïde.
Centauni et Muzio rencontrent dans la « Brustseuche » une association d'un streptocoque et d'un staphylocoque. « Le staphylocoque a la propriété de donner des toxines et le streptocoque celle d’envahir les tissus quand les toxines lui ont préparé la voie. »
Piana et Gai.u-Vai.erio. Contribuzione ait’ eziologia delle affezioni tifoicle del cavallo... 11 moderno Zooiatro, 18!)7, p. 228 et 24G. — Centanni et Muzio. La pleuro-polmonile contagiosa del cavallo quale associazione batlerica. Clinica veter., 1897, p. 4G9.
LES SEPTICÉMIES HÉMORRAGIQUES.
musculaire ou intra-veineuse. Chez le chien, l’inoculation sous-cutanée de 1 exsudât péritonéal du cobaye (1 c. c.) provoque une tuméfaction énorme et de l’hyperthermie. Le chat est tué par l’inoculation intra-veineuse de 1/2 à 1 c. c. Le mouton succombe parfois à l'inoculation souscutanée et tou jours à l’injection intra-veineuse. Le porc est peu sensible. Chez l’âne, l’inoculation sous-cutanée détermine une réaction locale intense, tandis que l’état général et la température sont peu modifiés; l’animal succombe parfois le cinquième jour avec des lésions de pleurésie et de péritonite.
Le rat blanc est précieux pour la diagnose du microbe, en ce sens qu'il résiste à l’injection sous-cutanée de 1/4 c. c. d’une culture en péritoine. La poule et le pigeon sont aussi résistants; ils ne succombent qu’à l'injection intra-veineuse de 1 c. c. du liquide péritonéal.
« Le cheval est très sensible à l’action du microbe. L’inoculation intraveineuse de 1 à 2 c. c. de culture en péritoine peut amener la mort en quelques heures. Peu de temps après l’injection, le sujet présente des symptômes généraux graves; le pouls est vite, petit, filant et imperceptible, tandis que les battements du cœur sont assez forts et précipités; la respiration est accélérée (35 à 40) ; la température monte rapidement jusqu'à 41°, 41°, 5 et plus. On constate aussi des tremblements musculaires qui se généralisent; l’appétit a complètement disparu; l’animal est très triste. Les muqueuses prennent une teinte vieil acajou ; les yeux paraissent gonflés et sont parfois larmoyants; souvent, pendant la période d’état, le malade manifeste de l’entérite avec coliques plus ou moins violentes. Des œdèmes apparaissent assez fréquemment sur diverses parties du corps, particulièrement sur les membres. Si l’animal doit guérir, les symptômes généraux disparaissent peu à peu ; mais il n’est pas rare de voir survenir brusquement de l’ictère ou des synovites douloureuses. Quand au contraire le patient va succomber, le pouls devient absolument imperceptible, des sueurs couvrent le corps et la mort survient, soit dans un calme relatif, soit, le plus souvent, dans une période d’agitation.
« A l’autopsie le sang est très noir, incoagulé ; les muscles sont cuits ; ceux du cœur notamment ont cette teinte et présentent une friabilité excessive. Le foie est violacé ou très cuit, l’intestin a sa muqueuse congestionnée ; tous les viscères sont plus ou moins hypérémiés, très friables ; la rate seule est assez peu affectée. Dans le péricarde, on rencontre fréquemment du liquide citrin, limpide ou roussâtre et trouble. Des pétéchies peuvent se remarquer sur les viscères ; on en trouve aussi sur les séreuses ; celles-ci portent parfois des traces d’inflammation ; c’est ainsi qu’il n’est pas rare de constater un début de péritonite ou de pleurésie, avec épanchement de liquide dans les cavités.
« L’inoculation intra-tracliéale détermine les mêmes symptômes, mais elle est beaucoup moins dangereuse que la précédente; l’animal résiste à l’injection de 2 c. c. de culture en péritoine, alors qu’il succomberait
SEPTICÉMIE HÉMORRAGIQUE DU CIIEVAL.
presque à coup sur si l'injection avait été poussée dans les veines.
« Sous la peau, le cocco-bacille de la fièvre typhoïde développe au point d’injection un œdème énorme, chaud et très sensible ; si l’animal ne succombe pas, il se forme un abcès, avec liquide sanguinolent, et de volumineux bourbillons englobent les tissus cellulaire, tendineux ou même musculaire.
« Avec un demi ou un quart de centimètre cube de culture en péritoine, injecté sous la peau, on détermine, outre l’œdème, delà stupéfaction, de la vacillation pendant la marche, très pénible d’ailleurs, des tremblements musculaires, une accélération très marquée du pouls, qui devient difficile à percevoir, une hyperthermie atteignant rapidement 40, 41 ou 41°, 5. Les muqueuses sont couleur acajou elles yeux paraissent quelquefois gonflés et pleureurs. Si l’animal succombe, on trouve fréquemment une dégénérescence du muscle cardiaque.
« Les chevaux jeunes sont plus sensibles que les animaux âgés. »
Le cocco-bacille typhique agit surtout par ses toxines, extrêmement redoutables pour le cheval ; mais la réaction organique a le plus souvent raison du microbe; il est détruit dans les tissus et, si le malade ne succombe pas rapidement, on ne le rencontre plus que difficilement. L’état d’intoxication déterminé parla bactérie place l’organisme dans un état de réceptivité extrême pour les microbes étrangers, notamment pour les streptocoques.
C’est à celte pullulation du streptocoque dans un terrain préparé par les toxines de la bactérie ovoïde que sont dues les déterminations thoraciques de la pleuro-pncumonic infectieuse ( Brustseuche ). « Au moment où l’organisme est influencé par le bacille typhique, le streptocoque existe ordinairement déjà dans les premières voies respiratoires, sans d’ailleurs manifester sa présence par des signes extérieurs. A la faveur de la dépression organique déterminée par le cocco-bacille, le streptocoque pullule dans les poumons, forme des foyers caséeux autour des bronches, puis envahit peu à peu le parenchyme et, plus ou moins complètement, le poumon tout entier. » Alors que la bactérie typhoïde disparaît dans les tissus, le streptocoque y pullule et souvent ce dernier sera seul rencontré dans les cadavres.
La bactérie ovoïde est certainement capable d’une vie saprophytique dans les sols ; elle pullule sans doute dans les fourrages, dans les fumiers, dans les eaux, et elle acquiert , sous des condit ions indéterminées, des propriétés pathogènes. La contagion s’exerce probablement aussi par l’intermédiaire des déjections virulentes (jetage, contenu intestinal), mais l’importance de son rôle est difficile à prévoir.
11 est à remarquer que l'ingestion des cultures ne suffit pas pour provoquer sûrement la maladie; des influences multiples interviennent qui modifient la réceptivité.
La bactérie est facilement transformée en vaccin. Le microbe atténué, inoculé à un animal sain, confère l’immunité sans provoquer aucun acci-
LES SEPTICÉMIES HÉMORRAGIQUES.
déni grave. D’autre part, « il est possible d’obtenir un sérum non seulement préventif, mais aussi curatif».
Les belles recherches de Lignières, incomplètes encore, jettent une vive lumière sur l’une des questions les plus obscures de la pathologie. Elles permettront d’entreprendre bientôt une étude synthétique des multiples formes de l’infection typhoïde. 11 est intéressant de constater dès maintenant que la bactérie ovoïde est retrouvée non seulement dans la fièvre typhoïde vraie (. Pferdestaupe ) et dans la pleuro pneumonie infectieuse ( Bruslseuche ), mais aussi dans la grippe ou laryngo-trachéite typhoïde (, Scalma ). Ainsi la synthèse péniblement édifiée par la clinique se trouve être consacrée par l’expérimentation; les « affections typhoïdes » conservent leur autonomie dans la nomenclature.
Malgré tout, le vaste domaine de l’infection cocco-bacillaire chez le cheval ne saurait être précisé à l'heure actuelle ; ce chapitre se trouve ainsi réduit à une simple esquisse historique jusqu’au jour, certainement prochain, où pourra être définitivement constituée la septicémie hémorragique cl il cheval.
§ 26. — PNEU MO- ENTÉRITE INFECTIEUSE DU PORC
La pneumo-entérite est une maladie contagieuse, virulente, inoculable, due à la bactérie ovoïde, et caractérisée cliniquement par la présence de foyers d’inflammation dans le poumon et sur l’intestin.
Historique. — Jusque vers la moitié de ce siècle, toutes les maladies épizootiques du porc restent confondues et la plupart des descriptions données s’appliquent au rouget, affection dominante en Europe. En France, Saussol (1) observe cependant, dès 1821, une « pleuro-pneumonie épizootique » qui sévit dans le Tarn. En 1846, Iiamon (2) signale, dans les Côtes-du-Nord, une « gastro-entérite du porc avec ulcères de l’intestin et complication de pneumonie ».
A partir de 1850, la pneumonie des porcs est reconnue en Angleterre; elle est retrouvée en Allemagne (1854), dans les environs de Berlin, « où elle n’est pas rare, depuis le transport des porcs de Poméranie et de Pologne » ; elle est étudiée dès ce moment par Rosenbaum (3).
Quelques travaux seulement sont consacrés à l’étude clinique de l'affection et c’est avec l’ère bactériologique que commence en réalité l'histoire de la pneumo-entérite.
(1) Saussol. Remarques sur une pleuro-pneumonie épizootique du porc. Recueil de méd. vétér., 1830, p. 77. Note sur une pleuro-pneumonie épizootique 1 d . , 1837, p. 233.
(2) Hamon. Gastro-entérite du po"c. Recueil de méd. vétér., 1840, p. 487.
(3) Rosenbaum. Eine seuchenartige Lungenkrankheit der Schweine. Magazin fur Thierheilk., 1853, p. 474.
PNEUMO-ENTERITE INFECTIEUSE DU PORC
En 1877, Dctmers, Law, Billings, étudient dans les États-Unis de l’Amérique du Nord une maladie épizootique du porc désignée sous les noms de hog-fever (Law) et de swine-plcigue (Detmers).
L’année suivante, Klein, de Londres, donne une bonne étude sur une maladie du porc qui sévit à l’état épizootique en de nombreux comtés, où elle est connue sous le nom de swine-fever. Se basant à la t'ois sur les lésions observées et sur la transmissibilité évidente de l’atTection, il propose de la désigner sous le nom d 'infeclious pneumo-enleritis.
D’autre part, Salmon (1) publie, en 1885 et en 1886, une série d’articles sur une maladie épizootique du porc, connue dans plusieurs contrées des Etats-Unis de l’Amérique du Nord sous le nom de hog-cholera. Il établit que l’atïection est toute différente du rouget et qu’elle est fonction d’un microbe spécifique, isolé et cultivé par lui dès 1885.
En 1885, Lœffler différencie du rouget, sous le nom de Schweineseuche , une maladie infectieuse du porc due à une fine bactérie, analogue à celle de la septicémie des lapins et inoculable au lapin, à la souris et au cobaye. Schuetz (2) continue l’étude de l’affection et il donne une description complète des lésions.
Dans les nombreux travaux qu’il publie sur ce sujet, Billings (3 regarde comme l’agent de la swine-plague une bactérie ovoïde, se présentant isolée ou associée en chaînette, et signalée déjà par Detmers ; il admet l’identité de l'affection avec le hog-cholera de Salmon et avec la swine-fever de Klein. Salmon différencie au contraire le hog-cholera de la swineplague ; alors que le premier correspond à la pneumo-entérite anglaise, la seconde est identique à la Schweineseuche allemande (4).
En 1887, Cornil et Chanlemesse (5) observent sur un troupeau de porcs, à Gentilly, une maladie contagieuse différente du rouget, qu'ils désignent, après Klein, sous le nom de pneumo-entérite. Ils trouvent, dans le poumon et dans le foie, un microbe qu’ils cultivent sur différents milieux. Peu après, Rietsch, Jobert et Martinaud (6) étudient une maladie épizootique du porc, importée d'Algérie ; ils la considèrent comme analogue, mais non identique, au hog-cholera de Salmon.
L’année suivante, Selander (7) signale en Suède une affection contagieuse du porc, connue sous le nom de svinpest, et il isole encore une bac-
(1) Salmon. Investigations of sivine diseoses. Reports of the commissioner of Agriculture, 1885-188(1-1887.
(2) Schuetz. Ueber die Schweineseuche. Archiv für Thierh., t. XII, 1 88G, p. 210.
(3) F. S. Bili.ings. Swine-plague, 1 vol., Lincoln, 1888.
(4) Voir notamment : Salmon et Smith. Spécial Report on the cause and prévention of swine-plague. 1 vol., Washington, 1801.
(5) Cornil et Chantemesse. La pneumonie contagieuse des porcs. C. R. Acad, des sciences, 1887, t. CV, p. 1281. Sur les propriétés biologiques et l’atténuation du virus de la pneumo-enlérile des porcs. Id . , t. CVI, p. GI2.
(G) Rietsch, Jobert et Mariinald. Sur L'épidémie des porcs à Marseille en 1887. Soc. de biologie. 21 janv. 1888.
(7) Selander. Ueber die Bakterien der Schiveinepest. Centralbl. f. Bakt., t. III, 1888, p. 3G1.
LES SEPTICÉMIES HÉMORRAGIQUES.
térie spécifique. Schuetz (1), qui observe la même maladie en Danemark, lui conserve la même dénomination de Schweinepest ; par l’étude des symptômes et des lésions, il la différencie à la fois du rouget et de la « Schweineseuche ».
Les travaux de Salmon, Brown, Nocard, Lundgren, Schuetz... établissent les rapports étroits de plusieurs des affections décrites. On admet généralement que la swinc-fever de Klein, le hog-cholera de Salmon, la svinpest de Selander, la diphtérie du porc des Danois, la pneumo-entérite de Corail et Chantemesse, l’épidémie de Marseille constituent une seule et même maladie, différenciée de la swine-plague de Detmers ou Schweinescuche de Schuetz (pneumonie contagieuse).
Les deux maladies continuent à faire l’objet de nombreux travaux; Bang (2) étudie la pathogénie des lésions dans la pneumo-entérite ; Welch et Clément (3), Smith et Moore ajoutent des données intéressantes concernant l’étiogénie des diverses formes. Les recherches de Silbcrschmidt (1895) sur l’immunisation des organismes aboutissent à la notion de l’identité de toutes les formes et à leur synthèse en une seule maladie, la pneumo-entérite infectieuse, tandis que Mac Fadyeanet Preisz, soulevant à nouveau cette question, concluent à la différenciation des mêmes infections (V. Unicité ou multiplicité des types).
En ces dernières années aussi, l’étude anatomo-pathologique de la maladie est complétée par les publications de Prüs, Mac Fadyean, von Ràtz, Marek.
Bactériologie. — ■ La bactérie de la pneumo-entérite présente des caractères variables suivant son origine et la diagnose générale de la bactérie ovoïde lui est seule applicable.
Le microbe est facultativement aérobie et anaérobie; il est mobile ou immobile, d’après sa provenance et son milieu de culture. Comme toutes les bactéries du même groupe, il est décoloré par les procédés de Gram et de Weigert.
La culture en bouillon est facilement obtenue ; l’action sur la peptone est variable. Sur gélatine, la culture donne une couche blanc grisâtre, plus ou moins abondante; le milieu n’est jamais liquéfié. Sur gélose, le développement est plus rapide et l’on obtient une couche crémeuse, d’un gris bleuâtre. La culture sur pomme de terre est obtenue avec certaines variétés seulement, sous l’aspect d’une couche jaunâtre, qui prend une teinte foncée par le vieillissement. La bactérie est pathogène pour le porc, le lapin, le cobaye, le
(1) Schuetz. Die Schweinepest in Danemark. Arch. f. Thierheilk., t. XIV, 1888, p. 37G.
(2) Bang. De balderiologiske Forhold ved Svinepeslen. Maanedskrift foi’ Dydaeger, t. IV, 1893, p. 194.
(3) Welch et Clément. Remarks on Ihg-cholera and Swine-plague. Broeli., 1894.
PNEUMO-ENTÉRITE INFECTIEUSE DU PORC. 75
pigeon, la souris , exceptionnellement pour le mouton, le veau, la
poule...
Unicité ou multiplicité des types (1). — Les nombreux travaux publiés sur la pneumo-entérite de 1878 à 1888 montrent que les caractères de la bactérie varient dans chacune des épizooties et que, dans un même foyer, les formes microbiennes isolées ne sont pas toujours identiques. Cependant le nombre des variétés différenciées menaçant de s’accroître indéfiniment, on s’entend généralement pour réunir les affections décrites en deux groupes, ayant pour prototypes les deux maladies américaines de Salmon, le hog-cholera et la swine-plague.
Le groupe hog-cholerci comprend les pneumo-entériles de Klein et des auteurs français, la svinpestde Selander, la Schweinepest de Schuetz ;
Le groupe swine-plague comprend en outre la Schweineseuche allemande (2).
La distinction est basée sur des caractères qui peuvent être ainsi résumés : le bacille du hog-cholera présente, par rapport à celui de la swine-plague : 1° de plus grandes dimensions ; 2° une croissance plus rapide sur gélatine et plus grande sur gélose; 3° il pousse sur la pomme de terre ; 4° il donne un dégagement de gaz dans la culture en bouillon glucosé, en présence du carbonate de chaux ; 5° il présente une résistance plus grande aux agents physiques et chimiques. Relativement à l’évolution de la maladie, les lésions du hog-cholera portent principalement sur l’intestin, celles de la swine-plague affectent le poumon de préférence.
Parmi les caractères invoqués, il en est qui sont inconstants: les dimensions du bacille sont très variables; la bactérie du hog-cholera perd parfois sa mobilité. Déjà, Frosch (1890) considère les deux microbes comme identiques au point de vue bactériologique. Les recherches de Silberschmidt montrent en outre que les propriétés des toxines sont les mêmes dans les deux cas et elles justifient cette conclusion que : « les maladies des porcs connues sous les noms de swine-plague, hog-cholera et pneumo-entérite infectieuse sont dues à un seul et même virus ».
Une tentative nouvelle de différenciation est cependant formulée
(1) Silberschmidt. Contribution à l'étucle de la swine-plague, du hog-cholera et de la pneumo-entérite des porcs. Annales de l'Institut Pasteur, 1895, p. Gô.
(2) Nous avons décrit ces formes, dans notre première édition, sous le nom de « pneumonie contagieuse », dans le seul but d’éviter l’emploi courant de vocables étrangers.
LES SEPTICÉMIES HEMORRAGIQUES.
peu après par Mac Fadyean (1) qui sépare la swine-fever anglaise du hog-cholera américain. La différenciation est basée sur les caractères des cultures sur gélatine et sur agar, sur la faible virulence du bacille de la swine-fever pour le lapin et sur son haut pouvoir pathogène à l’égard du porc.
Preisz (2) aboutit à des conclusions analogues ; la « Schweineseuche » de Lœfller et Schuetz est toute différente de la « Schweinepest » et du hog-cholera. Alors que la première est due à un microbe (. Bacillus suiseplicus ) tout analogue aux types rencontrés dans les diverses septicémies hémorragiques, les deux dernières affections sont fonction d’un agent ( Bacillus suipestifer ) qui appartient plutôt au type coli-bacille. « Les deux formes sont tout à fait différentes dans presque toutes leurs propriétés et il n’est aucune raison pour voir entre elles une parenté, ni au point de vue morphologique, ni à celui des cultures, ni quant à leur patliogénie. » Preisz reconnaît que les deux microbes sont parfois associés chez les porcs affectés ; il tend à considérer le « Bacillus suisepticus » comme un parasite occasionnel qui pénétrerait dans les organismes déjà envahis par le « Bacillus suipestifer », soit au niveau d’une lésion de l'intestin, soit en d’autres points (3).
A notre avis, ces intéressantes constatations ne sauraient ouvrir à nouveau la question de la multiplicité des formes de la pneumoentérite. L’étude générale des septicémies hémorragiques montre suffisamment l’extrême variabilité de la bactérie ovoïde et de ses propriétés ; elle montre aussi qu’entre les types les mieux différenciés de nombreux intermédiaires viennent s’intercaler toujours; elle démontre surtout à l’évidence la complète insuffisance des critériums de différenciation invoqués.
Distribution géographique. — Épidémiologie. — D’après les documents publiés jusqu’ici, la pneumo-entérite possède des foyers plus nombreux que le rouget et les perles qu’elle cause sont de beaucoup plus considérables.
En France , la pneumo-entérite est signalée en toutes les régions, mais elle reste encore fréquemment confondue avec le rouget et les statistiques
(1) Mac Fadyean. The eliology of swine-fever. The Journ. of comp. Pathol, and Therap., t. VIII, 1895, p. 30G.
(2) Preisz. Aetiologische Studienueber Schweinepest und Schweineseptik demie. Budapest, 1897 (avec bibliogr.).
(3) Le groupement des formes serait le suivant :
a. B. suisepticus : Swine-plague de Salmon, Pneumo-entérites de Klein, Galtier, Chantemesse..., Schweineseuche de Loeftler et Schuetz et de Preisz....
p. B. suipestifer: Ilog-cholera, Swine-plague de Billings, Peste ou diphtérie de Bang et de Selander, Peste de Deupser.
PNEUMO-ENTERITE INFECTIEUSE DU I'ORC.
officielles ne sauraient donner une idée de la gravité de la contagion. On signale ainsi, en 1 80'2 ,3415 malades dont 2 898 morts. La région du Nord- Ouest compte à elle seule pour 2 488 malades et 2 046 morts. En certaines années, les pertes atteignent des proportions énormes; c’est ainsi que la seule épizootie de 1887 a fait en quelques mois plus de 25 000 victimes dans le seul département des Bouches-du-Rhône (Fouque).
La Grande-Bretagne est infectée depuis 1862(1), mais l’on ne possède des documents statistiques officiels que depuis l’année 1879. Le tableau suivant indique les pertes subies :
NOMBRE
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