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Symptômes

Les formes cliniques observées se laissent grouper sous trois types; on distingue, d’après la rapidité de l’évolution, une forme suraiguë , une forme aiguë et une forme chronique.

a ) Forme suraiguë. — La maladie ne se traduit, pendant vingtquatre heures, que par des troubles fonctionnels de plus en plus graves, tels que la diminution de l’appétit, la fatigue et une soif ardente. La température s’élève jusqu’à 41-42°; les animaux se couchent fréquemment; le train postérieur est très faihle.

Des taches rouges, de teinte cuivrée, apparaissent à la face interne des cuisses, sous le ventre, au cou..., pour s’étendre irrégulièrement ensuite. La respiration est fréquente, dyspnéique.

(1) Scuixdelka. Mittheilungen ueher die Schweineseuche. Thierârztl. Centralblatt, 1896, p. 1. — A. Koch. Beilrüge zur Kenntniss der Schweinepest. OEsterr. Monatsschr. fur Thierheilk.. t. XXI, 1896, p. 1. — Graffünder. Die Schweineseuche. Berliner Thierârztl. W ochenschr., 1896, p. 488. — Koninski. Statisticher Beitrug zur Symptomatologie der Schweineseuche. OEsterr. Monatsschr. fur Thierheilk., 1897, p. 481.

LES SEPTICÉMIES HÉMORRAGIQUES.

Parfois des accès de vertige se produisent, suivis d’une longue période de coma.

La terminaison constante est la mort en deux ou trois jours (1).

b) Forme aiguë. — Les signes du début sont vagues; l’on ne retrouve plus l’invasion brusque qui est constante dans le rouget. Le porc atteint devient paresseux ; il se sépare des autres animaux et reste couché, enfoui sous la litière; la marche est pénible et provoque un essoufflement rapide. Les premiers signes s’accentuent les jours suivants ; le malade reste constamment couché ; il chancelle si on le force à faire quelques pas ; la tête est basse ; la queue reste pendante et détortillée; l’appétit est presque nul; seules, les boissons froides sont recherchées. Les muqueuses se montrent injectées ; l’œil, à demi fermé, a perdu toute expression; la conjonctive est recouverle d’un mucus concret, adhérent aux paupières. La température s’élève à 41°-42°.

L’état de prostration s’aggrave encore pendant les jours suivants; le malade reste couché en position sternale, les membres réunis sous le tronc, le cou allongé et le groin enfoncé dans la litière. La station est difficile; le train postérieur vacille et n’est soulevé qu’à grand’peine. Il existe du météorisme et de la constipation. La respiration est gênée, saccadée; l’on entend parfois une toux quinteuse, rauque, accompagnée d’un jetage muqueux ou mucopurulent.

A cette période apparaissent généralement des taches cutanées, qui se montrent aux oreilles, aux ars, à la face interne des cuisses, sur la paroi abdominale inférieure, au pourtour de l’anus... ; d’abord rosées, elles prennent ensuite des colorations qui varient du rouge vif au violet foncé; le tissu cellulaire sous-cutané est légèrement œdématié dans les mêmes points. Au niveau des taches, l’épiderme s’exfolie peu à peu ; dans quelques cas seulement, la région se couvre de vésicules et s’escarrifie en partie A l’exploration directe, les ganglions lymphatiques se montrent volumineux, œdématiés; ces caractères sont facilement appréciables au niveau des ganglions inguinaux (Klein).

Parfois aussi, il se produit un exsudât diphtéritique sur les bords et à la face inférieure de la langue, au niveau des gencives, sur la muqueuse des joues, du pharynx et sur les amygdales. En ces points, on trouve des plaques jaunâtres, nettement délimitées, lais-

(1) Cette forme exceptionnelle a été signalée en Allemagne (Eggeling) et en Suède (Selander); Leclainche l’a retrouvée en France, dans le Tarn-et-Garonne.

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sant après elles des plaies d’apparence ulcéreuse (diphtérie du porc).

Les autres symptômes varient suivant la prédominance des lésions viscérales, soit sur l’appareil respiratoire (forme thoracique), soit sur l’appareil digestif (forme abdominale).

a) La forme thoracique est exprimée par une difficulté croissante de la respiration, accompagnée d’un jetage muco-purulent ; une toux rauque, pénible, s’entend de temps à autre. A la percussion, on constate de la matité dans les parties inférieures de la poitrine et une zone de submatité plus ou moins étendue.

Très souvent, on observe en même temps quelques troubles digestifs, notamment de la diarrhée, et parfois des vomissements.

b) La forme abdominale est annoncée par de la diarrhée, d’abord alimentaire, jaunâtre, puis séreuse, mousseuse, très fétide, striée de sang. Cette diarrhée épuise les malades; le ventre est rétracté, douloureux; l'amaigrissement progresse rapidement.

La période ultime de la maladie est marquée, dans tous les cas, par un état de faiblesse et de prostration extrême; souvent on constate une paraplégie complète et les malades meurent dans le coma.

En outre de ces signes ordinaires de la pneumo-entérite, d’autres manifestations sont exceptionnellement observées. On voit ainsi survenir, au cours de la maladie, des accidents vertigineux (Axe, Schuetz...), consistant en des mouvements désordonnés et en des troubles sensoriels. Schuetz a rencontré sur les truies des mammites aiguës intenses, avec ulcérations profondes au niveau des mamelons; la localisation était consécutive à une inoculation directe par les porcelets, affectés de lésions diphtéritiques de la bouche.

Les expressions symptomatiques sont d’ailleurs variables suivant la localisation des accidents, la gravité de l'infection et la rapidité de l’évolution. Rarement les altérations sont étroitement localisées et la distinction des formes cliniques est basée seulement sur leur prédominance en tel ou tel point.

Des formes avortées sont constatées chez quelques animaux, indiquées par des engorgements ganglionnaires, de la toux et des troubles intestinaux sans signification précise.

La marche est variable; suivant les épizooties constatées, la maladie évolue en huit à trente jours (1), En France, l’évolution est complète en vingt à vingt-cinq jours en moyenne.

(1) Schuetz, dans l’épizootie danoise qu’il a observée, donne une moyenne de cinq à huit jours; Brusasco, en Italie, indique une durée de huit à dix jours ; dans les récentes épizooties allemandes, l’évolution est complète en deux à. huit jours.

Nocahd et Leclainche. — 2e édit.

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Le taux de la mortalité oscille entre 70 et 90 p. 100 des malades.

c ) Forme chronique. — Les animaux mangent mal ; ils n’acceptent que les aliments liquides; l'amaigrissement est rapide; parfois il existe du pica, avec ingestion de sable et de cailloux. La constipation du début est suivie d’une diarrhée continuelle. La conjonctive est rouge, recouverte d’un exsudât muco-purulent. On constate de la toux et du jetage. Des taches rouges apparaissent, recouvertes ensuite d’une éruption d’apparence eczémateuse et de croûtes qui s’exfolient peu 5 peu ; parfois aussi des plaques cutanées se nécrosent et forment des escarres qui se détachent en provoquant la suppuration. Des exsudats diphtéritiques se forment à la pointe de la langue, sur les gencives, à la face interne des joues; leur élimination laisse des plaies ulcéreuses persistantes.

Les malades sont généralement sacrifiés; beaucoup succombent, épuisés, après trois ou quatre mois.

IL — Lésions (1).

Les altérations sont différentes selon que les animaux ont succombé à la forme aiguë, à la forme suraiguë ou à la forme chronique. Elles portent principalement sur l’intestin et sur le poumon.

à) Forme suraiguë. — Les lésions sont presque exclusivement congestives et hémorragiques. Les taches de la peau manquent souvent, mais le tissu conjonctif sous-cutané est congestionné et infiltré. Tous les ganglions lymphatiques sont volumineux, rouges sur la coupe.

Les altérations viscérales portent à la fois sur l’estomac et sur toutes les parties de l’intestin ; elle consistent en une inflammation intense, avec exsudation fibrineuse sur la séreuse et hémorragies interstitielles ; tous les organes lymphoïdes sont congestionnés et tuméfiés. En quelques cas, la congestion aboutit à des

(1) Zschokke. Schwe'mepest und Schweineseuche. Schweizer Archiv für Thierheilk., 1895, p. 170 et 283 (avec fig ). — Mac Fadyean. A contribution Lo the morbid ancitomy of swine-fever. The Journ. of comp. Pathol, and Therap., t. IX, 189G, p. 119 (avec photo, grav.). — Von Ratz. Die Schweineseuche. Broch. 27 p., Budapest, 189G. — Prüs. Schweine- ■pest oder Schweineseuche , Pathologische Verüjiderungen. OEsterr. Zeitschr. für wiss. Veterinârlc., t. VII, 1896, p. 189. — Marek. Beitviige sur palbo/ogischen Histologie der Schweineseuche. Zeitschr. für Thiermed., t. I, 1897, p. 35, 92 et 285 (avec fig.).

Parmi ces travaux, nous conseillons de se reporter de préférence au résumé très clair de Prüs, et, pour une connaissance plus complète de l’histologie pathologique, à l’analyse minutieuse de Marek. On consultera avec intérêt, quant à l’aspect des lésions, les photogravures données par Mac Fadyean et les belles planches contenues dans les « Rapports annuels » du service sanitaire anglais pour 1894 et 1895.

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hémorragies capillaires en nappe, et l’on trouve l'intestin rempli de sang liquide ou coagulé.

Le foie est volumineux; des infiltrations sanguines sont visibles sous la capsule. Les reins sont le siège d’hémorragies interstitielles (néphrite hémorragique).

La muqueuse des premières voies respiratoires a une teinte rouge brun; le larynx, œdématié, est couvert d’ecchymoses et de taches hémorragiques. Le poumon est volumineux, rouge foncé, gorgé de sang ; la plèvre et les cloisons conjonctives sont infiltrées par un œdème inflammatoire; un exsudât liquide, trouble, mélangé de sang, remplit les cavités pleurales.

Le myocarde est pâle, friable, cuit; le péricarde renferme un exsudât inflammatoire.

b) Forme aiguë. — Le derme est congestionné et ecchymosé au niveau des taches rouges cutanées; du sang est épanché dans la couche sous-épidermique et dans le derme (1) ; le tissu conjonctif sous-cutané est hémorragique et œdématié. Les ganglions superficiels, engorgés, volumineux, montrent sur la coupe une coloration rouge foncé.

Les muscles sont pâles, jaunâtres, parsemés d’hémorragies localisées surtout dans les parois de l’abdomen, au niveau de la nuque et du dos. Les fibres, dissociées par des masses de fibrine et par des globules rouges, entrent rapidement en dégénérescence (myosite parenchymateuse hémorragique) .

La muqueuse de la bouche est enflammée, épaissie ; on constate sur la langue des foyers sous-muqueux de nécrose, avec présence d’amas caséeux gris jaunâtre, des plaies ulcéreuses dues à une nécrose diffuse de la muqueuse, ou encore des exsudais d’apparence diphtéritique, jaunâtres, arrondis, constitués par la nécrose de la muqueuse, de la couche sous-muqueuse et des muscles sousjacents (2). Les amygdales renferment des foyers hémorragiques ou des centres caséeux. La muqueuse du pharynx, infiltrée et hémorragique, montre parfois un exsudât croupal, localisé en plaques ou étendu à toute la surface.

A l'ouverture de la cavité abdominale, on trouve tantôt une sérosité limpide et peu abondante, tantôt un exsudât trouble ou sanguinolent, renfermant des membranes fibrineuses. Dans le premier

(t) Schindelka classe les nombreuses variétés de 1 éruption en trois groupes : taches, érythème, urticaire. — Schindelka. Ueber Hautausschlage bei Schweineseuche. Bej'Jin. thier. Wochenschr., 1895, p. 403.

(2) Marek a montré que ces lésions sont dues à un envahissement secondaire des foyers intlammatoires par le « bacille de la nécrose » de Schmorl et Bang.

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cas, le péritoine est simplement ecchymose; dans le second, la séreuse, fortement vascularisée, a perdu son brillant normal et un enduit fibrineux la recouvre.

Les altérations propres de l’estomac et de l’intestin, variables dans leur gravité, consistent en une inflammation exsudative de la muqueuse, suivie de la nécrose des éléments. Elles siègent principalement sur le cæcum, le côlon, le rectum, aussi sur une partie de l’intestin grêle.

La muqueuse de l’estomac est congestionnée et tachetée de points hémorragiques ; rarement il existe un exsudât inflammatoire. Sur le duodénum, la congestion est plus marquée ; les parois sont épaissies ; le sommet des plis est le siège d’hémorragies interstitielles ; il existe parfois des foyers de dégénérescence. Vers l’iléum, les altérations sont plus nettes; elles portent principalement sur les éléments lymphoïdes et elles sont particulièrement accusées dans le voisinage de la valvule iléo-cæcale. La muqueuse, congestionnée, est parsemée de taches sombres, opaques, au niveau desquelles les follicules solitaires, distendus par un contenu caséeux, apparaissent sous la forme de boutons proéminents. Dans les points malades, les plaques de Peyer sont épaissies, indurées ; tantôt elles sont recouvertes de fausses membranes fibrineuses, gris jaunâtre, très adhérentes, tantôt elles sont le siège d’ulcérations étendues, à fond déprimé, hourgeonneux, de couleur brune ou jaunâtre. Si profonde que soit l’ulcération, elle ne va pas jusqu’à perforer l’intestin ; l'épaississement et l’induration caractérisent les lésions intestinales dans la pneumo-entérite.

Dans les cas à évolution lente, le gros intestin est souvent le siège d’une sorte d’éruption de tumeurs arrondies et aplaties, ulcérées au centre, d’une teinte jaunâtre, dont les plus grandes peuvent avoir jusqu’à 3 et 4 centimètres de diamètre sur 1 centimètre d’épaisseur ; chacune de ces productions a pour centre un follicule clos; leur tissu est dense, ferme, de couleur blanc sale, un peu cassant et friable, comme un caillot fibrineux ancien. Parfois aussi la grande plaque de Peyer de l’iléon est envahie par une lésion analogue ; elle donne à l’organe une rigidité telle que si l’on veut, après l’avoir incisé sur la longueur, étaler l’intestin en écartant les bords de l’incision, la plaque épaissie se rupture et se fend. Sur une coupe, ce tissu induré a la couleur blanchâtre, l'aspect grenu et la consistance d'un caillot fibrineux ancien. La dégénérescence atteint toutes les tuniques de l’intestin et la paroi se trouve trans-

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formée en un tissu cicatriciel qui atteint jusqu’à 1 centimètre d’épaisseur.

A côté de ces cas, où la lésion est très accusée, il en est d’autres où l’on trouve à grand’peine quelques ulcérations dans le cæcum, avec un léger épaississement de la membrane à leur niveau.

L’étude histologique (1) montre que les fausses membranes qui recouvrent la muqueuse de l’intestin sont constituées par de la fibrine et du mucus, englobant dans leurs mailles des cellules migratrices, des cellules épithéliales mortifiées et une quantité colossale de microorganismes divers. Les lésions, limitées d’abord aux couches superficielles de la muqueuse, consistent en une nécrose des cellules épithéliales ; les culs-de-sac glandulaires ont perdu leur revêtement cellulaire; ils sont remplis de bactéries ovoïdes et de microbes associés. Au niveau des plaques de Peyer hypertrophiées, les villosités et les glandes de Lieberkühn sont mortifiées et recouvertes d’une fausse membrane remplie de bactéries.

A un degré plus avancé, il se produit une perte de substance, une ulcération profonde, amenée à la fois par la nécrobiose de la muqueuse et par l’élimination des parties mortifiées, entraînées par le liquide sécrété. On voit quelquefois des fentes irrégulières qui, de la surface de la muqueuse, pénètrent dans un follicule clos. Ces ulcérations s’agrandissent peu à peu en longueur et en profondeur. Elles sont recouvertes, pendant tout le temps de leur évolution, par une couche pseudo-membraneuse jaune verdâtre, comme gangrenée, renfermant, avec des débris de tissu, de la fibrine feutrée et des microbes innombrables.

Les ganglions mésentériques et ceux de la voûte sous-lombaire sont volumineux, infiltrés, gorgés d’un suc blanchâtre, avec des îlots caséeux donnant l'idée d’une lésion scrofuleuse ou tuberculeuse. Dans toutes ces parties, on trouve en abondance des bactéries ovoïdes, associées à de petits bacilles.

La rate reste habituellement normale ; exceptionnellement, elle renferme des foyers de nécrose caséeuse. Le foie est ferme, de couleur pâle; les lésions sont celles de l’hépatite parenchymateuse, avec hémorragies interstitielles ; souvent aussi l’organe est parsemé de foyers disséminés de dégénérescence ( nécrose nodulaire multiple). Les reins sont mous; la capsule se détache facilement;

1 étude histologique dénonce une néphrite parenchymateuse aiguë

(1) Couni l. Des inflammations pseudo-membraneuses et ulcéreuses de l’intestin en général. Acad, de méd., G août 1888. — Mahek. Loc. cit., p. 0‘.).

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et des hémorragies disséminées. Une complication fréquente est la déchirure du rein, avec hémorragie dans le bassinet et obstruction de l’uretère dilaté par un caillot.

Dans la cavité thoracique, les lésions portent à la fois sur la plèvre et sur le poumon. Les sacs pleuraux renferment un liquide trouble, sanguinolent; la séreuse enflammée, hémorragique, est recouverte de fausses membranes fibrineuses, établissant des adhérences entre les feuillets. En quelques cas, il existe un épanchement de sang dans la plèvre.

Les altérations pulmonaires se présentent sous des aspects multiples et les types les plus ordinaires peuvent seuls èlre retenus ici. Lors d évolution rapide, les poumons, congestionnés, sont le siège d’un œdème passif dans les régions inférieures; les cloisons interlobulaires sont infiltrées; l’aspect de l’organe rappelle celui du poumon des bovidés dans la péripneumonie. 11 existe des centres d’hépatisation étendus à toute une partie des lobes, ou, plus ordinairement, disséminés sous forme de foyers nodulaires peu étendus, fermes, de couleur rouge sombre ou violacée. On note en ces points une congestion intense, à tendance hémorragique; partout ailleurs le poumon reste souple et perméable. Les bronches renferment un exsudât mousseux, mêlé de sang.

A une période plus avancée, de petites masses jaunâtres, disséminées ou confluentes, apparaissent au sein des masses hépatisées; elles sont constituées par une exsudation cellulaire intra-alvéolaire, suivie de la nécrose des éléments. Ces îlots, entourés d’une zone hypérémiée, peuvent rester isolés, sous la forme de noyaux de bronchopneumonie, ou se réunir pour constituer des masses caséeuses étendues. Sur une coupe de poumon, on rencontrera ainsi, soit une multitude de petits foyers nécrosés arrondis, tuberculiformes, soit des bandes irrégulières, à contours festonnés (marbrures).

L’examen histologique du poumon montre que les alvéoles sont remplis, au niveau des masses hépatisées, par des filaments de fibrine renfermant des bactéries. Le tissu conjonctif interlobulaire et péribronchique est épaissi et infiltré de leucocytes. Les petites bronches renferment un exsudât fibrineux, quelques cellules et des amas de bactéries ; dans les vaisseaux, il existe en certains points de véritables thromboses bactériennes. Les lésions caséeuses sont dues à une dégénérescence cellulaire, liée à la présence de la bactérie ovoïde (1). Si l'inflammation est modérée, la masse exsudée

(1) Marek n’a rencontré que très rarement le bacille de la nécrose dans le poumon.

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subit seule la dégénérescence caséeuse, les tissus voisins restent indemnes: si, au contraire, les troubles sont plus graves, le tissu même des parois alvéolaires est envahi par une quantité énorme de leucocytes et de microbes et tout le lobule se nécrose.

Les bronches sont enflammées au voisinage des lésions; leur muqueuse est rouge et terne ; elles renferment un mucus épais, mêlé de grumeaux jaunâtres. Les ganglions bronchiques et ceux du médiastin sont infiltrés et hypertrophiés.

La muqueuse de la trachée, du larynx et des cavités nasales esl couverte d’ecchymoses et épaissie. Des plaques de nécrose superficielle sont rencontrées au niveau de l’épiglotte.

Sur le péricarde, comme sur la plèvre, les altérations varient, depuis la simple exsudation séreuse jusqu’à l’inflammation aigue, avec fausses membranes accolant les feuillets. Le myocarde est cuit, friable, de couleur brun jaune, parsemé de points hémorragiques. Les cavités droites sont gorgées de sang noir, asphyxique. Sur l’endocarde, principalement à la base des gros vaisseaux, on trouve de nombreuses ecchymoses; les valvules sont quelquefois œdématiées.

Les centres nerveux sont congestionnés ; il existe des exsudais séreux dans les ventricules et dans l’arachnoïde.

c) Forme chronique (1). — Les lésions spécifiques sont modifiées dans leur aspect. Au niveau des taches, la peau subit une exfoliation graduelle; en quelques cas, une coloration brun foncé persiste, avec chute définitive des poils; en d’autres, des plaques de gangrène humide se forment dans les endroits exposés aux traumatismes.

La muqueuse des voies digestives est épaissie, pigmentée par les reliquats hémorragiques ; les amygdales, volumineuses, ont une consistance fibreuse. Les parois de l’intestin apparaissent, dans les points d’élection, extrêmement épaissies et rigides; au niveau des ulcérations s’est formée une plaque cicatricielle qui, d’abord sousjacente, comble peu à peu la dépression. L’inflammation a gagné la séreuse ; des néomembranes solides relient les anses intestinales. Les ganglions sont profondément altérés; on rencontre sur la coupe des îlots caséeux jaunâtres, secs, entourés de tissu fibreux, analogues dans leur aspect aux foyers tuberculeux.

Les lésions du poumon consistent en des zones de bronchopneumonie caséeuse; les foyers sont envahis par la suppuration ou

p) Màrek. l-oc. cit. — On este et .Maucone. Contribuzione allô studio délia peslc porcina a decorso cronico. Atli del R. Istituto dl Napoli, t. IV, 1890, et Brochure.

LES SEPTICÉMIES HEMORRAGIQUES.

séquestrés et lentement résorbés. Le tissu pulmonaire voisin est le siège d’une pneumonie interstitielle diffuse (cirrhose du poumon), aboutissant à l’effacement des alvéoles. Dans le voisinage des parties envahies, la plèvre épaissie, villeuse, contracte des adhérences néomembraneuses avec le feuillet pariétal.

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