III. — Diagnostic
a) Diagnostic sur l’animal vivant. — Les symptômes de la pneumo-entérite et son caractère épizootique limitent le diagnostic différentiel au rouget du porc.
La marche de la maladie fournit un premier élément de différenciation ; alors que le rouget tue ordinairement les malades en quelques jours, la pneumo-entérite évolue, à peu d’exceptions près, en huit ou dix jours au moins, et souvent elle se prolonge pendant plusieurs semaines. Cette première indication, insuffisante lorsqu’il s’agit de cas isolés, suffira pour reconnaître la nature d’une épizootie.
D’autre part, le rouget n’attaque qu’exceptionnellement les porcelets, alors qu’au contraire la pneumo-entérite frappe les sujets de tout âge, les jeunes étant môme atteints de préférence et sous une forme particulièrement sévère.
Les signes cliniques n’ont qu’une valeur restreinte quant au diagnostic différentiel; d’ailleurs, les données précédentes peuvent toujours être complétées par l’autopsie de quelques animaux.
b) Diagnostic sur le cadavre. — L’examen des lésions permettra, dans presque tous les cas, de reconnaître la nature de la maladie. Alors que l’on n’observe dans le rouget que des congestions disséminées, il existe ici des altérations inflammatoires de forme déterminée. Les ulcérations superficielles rencontrées dans le rouget sur la muqueuse intestinale, localisées de préférence sur l’intestin grêle, recouvertes d’un simple enduit pultacé, diffèrent des foyers profonds de dégénérescence de la pneumo-entérite, accompagnés d’un épaississement des parois, étendus à l’iléum et au gros intestin.
Les altérations pulmonaires sont caractéristiques dans la forme aiguë ; l’hépatisation et les foyers caséeux ne sont jamais observés dans le rouget. Lors d’évolution suraiguë seulement, les lésions simulent celles du rouget.
Les formes chroniques de la pneumo-entérite peuvent être con-
PNEUM O -ENTÉRITE INFECTIEUSE DU PORC
fondues avec la tuberculose ; la distinction serait établie cliniquement d’après la répartition des lésions. Alors que le poumon, l’intestin et les muqueuses sont envahis de préférence dans la pneumo-entérite, la rate restant indemne, les localisations tuberculeuses portent de préférence sur la rate, le foie, et ensuite sur 1 intestin et sur le poumon.
L examen bactériologique constitue un procédé de diagnostic rapide et sûr ; on prépare quelques lamelles, par raclage ou par frottis, avec des matières recueillies au niveau des lésions. L’examen, après coloration simple, montre la bactérie sous la forme ovoïde typique ou sous celle de diplocoques.
L inoculation permet également le diagnostic en quelques jours; on inocule 1 centimètre cube d’une dilution virulente (raclage de ganglion, poumon...) sous la peau d’un cobaye et dans les pectoraux d’un pigeon. Le cobaye meurt en deux à six jours, alors que le pigeon résiste; dans le rouget, au contraire, le pigeon succombe et le cobaye reste indemne. Ce procédé n’a cependant qu’une valeur relative, en raison de l’extrême variabilité de la bactérie quant à sa virulence.
Étude expérimentale. — Étiologie.
Matières virulentes. — Le sang et toutes les parties de l’organisme sont virulents dans les formes à évolution aiguë ; il en est de même des produits de sécrétion (lait...) et d’excrétion. Dans tous les cas, les bactéries sont abondantes au sein des lésions spécifiques et dans les produits souillés à leur contact.
Les matières diarrhéiques, l’urine, le jetage jouent le rôle principal dans la contagion.
Réceptivité. — L’influence de la race sur la réceptivité est peu appréciable et incomplètement étudiée. Celle de l’âge est plus évidente; les animaux jeunes (moins de un an) contractent généralement des formes plus graves, à évolution rapide. Parmi les influences individuelles, on admet que la mauvaise hygiène et l’alimentation défectueuse constituent une prédisposition. Salmon a montré que les affections vermineuses des voies respiratoires ou digestives (bronchite vermineuse, échinorhynque de l’intestin) favorisent la pénétration des germes.
La transmission à d’autres espèces domestiques, difficile ou impossible à réaliser expérimentalement en la plupart des cas,
LES SEPTICÉMIES HÉMORRAGIQUES.
s opère naturellement en d’autres. Galtier a observé la transmission au mouton; Nocard a vu les poules être accidentellement infectées.
Dans certaines enzooties, la bactérie est douée de propriétés telles que son inoculation expérimentale est pathogène pour de nombreuses espèces. Galtier transmet la maladie au mouton et à la chèvre ; il montre que les bovidés, les solipèdes, le chien et la poule sont infectés sous certaines conditions.
Les mêmes inégalités dans la virulence sont constatées à l’égard des petits animaux. Le cobaye et la souris sont les réactifs les plus fidèles ; chez le lapin , les résultats diffèrent suivant l’origine des bactéries. Le pigeon est sur la limite de la réceptivité ; il n’est tué que par certaines variétés et avec des doses massives.
Modes de l’infection. — I. — La contagion joue un rôle presque exclusif dans la genèse de la maladie.
Une porcherie étant envahie, la contamination est assurée par la souillure des aliments et des litières, au contact des déjections virulentes. De même que pour le rouget, l’ingestion joue un rôle prépondérant dans la transmission. L’inhalation de poussières chargées de germes constitue une voie possible pour la pénétration du contage (Schuetz).
La dissémination des germes, d’une porcherie à une autre, est assurée par la souillure des eaux, des fumiers, des cours et des routes ; aussi, par l’intermédiaire des personnes, des animaux domestiques (chiens, chats), ou encore par celui des rats, des souris, des oiseaux... (V. Rouget). Très souvent, la maladie est introduite dans la porcherie avec des animaux contaminés ou affectés de formes chroniques peu graves (abcès, bronchite ou entérite chroniques)...
La conservation du virus dans le milieu extérieur rend possible des modes éloignés de la contagion; tel, le séjour dans des locaux (étables, marchés...), ou dans des véhicules infectés (wagons, bateaux...). Smith (1) tend à admettre l’infection des terrains par les cadavres infectés ou par les déjections virulentes, les bactéries conservant ou recouvrant leur virulence dans le sol.
Le commerce des animaux affectés, l’exposition des malades sur les champs de foire..., constituent les modes les plus habituels de la dissémination de la maladie.
(1) Tu. Smith. Spécial Report oji lhe cause and prévention of Swine-plague. Washington, 1891.
PNEUMO-ENTÉRITE INFECTIEUSE DU PORC
II. — L’infection directe parles sols, si fréquente dans la genèse des maladies précédemment étudiées, ne joue plus ici qu un rôle tout accessoire et difficile à mettre en évidence. Des observations de Klein, de Galtier et de Smith tendent cependant à faire admettre la conservation et la pullulation des germes dans certains sols, les bactéries ne devenant pathogènes que sous diverses conditions de culture et de réceptivité des organismes contaminés.
D’autre part, la bactérie ovoïde paraît être un hôte habituel chez certaines espèces. Smith a rencontré les bactéries dans les voies respiratoires du porc, du chien, du chat et des bovidés. Chez les porcs, les agents pourraient séjourner un long temps sur les muqueuses, pour ne devenir pathogènes que sous un ensemble de conditions augmentant la réceptivité.
Modes de la pénétration du virus. — Les effets de l’inoculation aux diverses espèces diffèrent suivant l’origine des bactéries.
Le porc est généralement peu sensible à Y inoculation souscutanée ; les cultures virulentes ne le tuent qu’exceptionnellement et ne lui confèrent pas l’immunité (Salmon); en quelques cas, cependant, l’inoculation provoque la formation d’une tumeur inflammatoire, avec nécrose locale, et la mort par septicémie (Mac Fadyean). Le cobaye inoculé sous la peau succombe en trois à dix jours; il présente de la congestion du poumon et de l’intestin, des foyers de dégénérescence caséeuse, avec abcès et décollement de la peau dans le voisinage du point de pénétration. Le lapin est tué généralement ; il meurt après 1-10 jours, avec des lésions septicémiques si l’évolution est rapide, avec des localisations du dégénérescence caséeuse au point d’inoculation si la marche est retardée.
L ingestion de viscères provenant d’animaux infectés constitue le plus sûr moyen de transmissionauporc (Salmon, Bang...) ; on obtient ainsi la maladie sous la forme naturelle, avec les lésions intestinales et pulmonaires. Les cultures de la swine-fever, données à la dose de 30 centimètres cubes, tuent aussi le porc à coup sûr (Mac Fadyean).
Le dépôt de la sérosité pleurale virulente dans les cavités nasales détermine, chez le porcelet, une pleuropneumonie rapidement mortelle (Bang). Schuetz tue les souris en 2-3 jours par l'inhalation de sang desséché pulvérisé ; un porc, exposé deux fois à l’inhalation de cultures virulentes pulvérisées, succombe en 11 jours,
LES SEPTICÉMIES HEMORRAGIQUES.
avec des lésions typiques de pneumonie. Chez le porc, l’inoculation directe, dans le poumon , d’un quart de centimètre cube d'une culture récente tue en quatre semaines; l’animal présente à la fois des foyers de broncho-pneumonie et des ulcérations intestinales (Cornil et Chantemesse), ou seulement des lésions de pleuropneumonie (Bang).
L inoculation intra-péritonéale tue le cobaye, le lapin et le pigeon.
U injection intra-veineuse est le mode d’inoculation le plus sévère ; elle provoque, chez le lapin, une septicémie rapidement mortelle, même avec un virus faible. Chez le porc, on obtient des inflammations exsudatives de la plèvre, du péritoine, du péricarde et une hépatisation du poumon qui paraît être consécutive à l’envahissement de la plèvre.
Pathogénie. — Les bactéries pénètrent généralement dans l’organisme au niveau de l’intestin ; elles cultivent dans les culs-desac glandulaires et elles déterminent une inflammation qui, d’abord superficielle, s’étend de proche en proche à toute l’épaisseur des parois. Les bactéries sont entraînées ensuite par les voies lymphatiques, en même temps que divers microbes de l’intestin; on trouve des formes microbiennes multiples dans le réseau lymphatique et dans le tissu conjonctif du mésentère, à la surface du péritoine et dans les ganglions voisins. La pénétration par le poumon, démontrée expérimentalement par Schuetz, est admissible pour certaines formes.
Après avoir cultivé dans les milieux lymphatiques, en provoquant des lésions locales, la bactérie est diffusée par la voie sanguine dans tout l’organisme. Le mode de l’évolution est déterminé à la fois par les propriétés du virus introduit et par la résistance des milieux envahis. Tous les types seront observés, depuis la septicémie aiguë qui tue en quelques heures jusqu'aux formes atténuées bénignes.
La bactérie agit sur les éléments anatomiques, par l’intermédiaire de produits solubles dont les propriétés sont en partie connues. Les recherches de Selander démontrent la présence, dans les bouillons de culture et dans le sang des animaux atteints, de substances produisant, chez le lapin, des phénomènes d’intoxication identiques aux symptômes de la maladie inoculée. Schweinitz extrait des cultures sur bouillon peptonisé des poisons albuminoïdes (Sucholo-albumines) et une ptomaïne spéciale (Sucholo-
PNEUMO-ENTÉRITE INFECTIEUSE DU PORC
toxine) capable de produire, chez le cobaye,, des phénomènes d’intoxication et la mort. Novy isole aussi une toxalbumine qui tue le rat en trois à quatre heures, à des doses supérieures à 5 centigrammes. Les recherches de Silberschmidt confirment les résultats de Selander ; en outre de l’intoxication aiguë, qui reproduit les symptômes de l’affection, on peut provoquer une intoxication chronique qui, chez le lapin, tue par cachexie en 8-30 jours.
C’est à ces toxines que doivent être rapportés les accidents généraux observés; ce sont elles qui tuent les animaux lors d’évolution aiguë.
Les altérations de nécrose locale sont liées en partie à la présence d’un bacille spécial, anaérobie, mesurant ljx,8 à 2[x,5 de longueur sur 0;j.,6 de largeur, se colorant facilement par la solution de' Lœffler. Ce bacille, déjà rencontré par Lœffler en 1884 (1), est toujours présent dans les lésions dégénératives de l’intestin; il représente d’ailleurs une forme très répandue et il est l’agent essentiel de la diphtérie des veaux, de l’ulcère gangreneux des onglons du bœuf, de la nécrose cutanée, du javartdu cheval... (Bang).
D’autre part, la bactérie ovoïde est capable de produire des nécroses locales en dehors de toute symbiose. Marek constate que le bacille de la nécrose est rarement trouvé dans les foyers dégénérés du poumon; Mac Fadyean montre que l’inoculation sous-cutanée au porc d’une culture de swine-fever (2 cc.) provoque une tuméfaction inflammatoire, suivie de la nécrose en masse des tissus et de l’ulcération de la peau. Les mêmes accidents sont souvent constatés chez le cobaye.
Dans les infections à évolution lente, Bang a rencontré des formes anormales de la bactérie; elles sont représentées par des bacilles irréguliers, à espaces clairs, formés de grains épais placés bout à bout. Ces bacilles sont trouvés surtout sur les séreuses, alors que la rate et le foie renferment seulement les bactéries ovales. L’ingestion de matières renfermant exclusivement ces bacilles détermine en neuf jours, chez le porcelet, une entérite croupale. Il est probable que ces microbes représentent des formes d’involution de la bactérie ovoïde atténuée; on les voit en effet dans les vieilles cultures sur gélatine, au niveau des parties centrales de la zone cultivée (2). Les mêmes formes seraient rencontrées
(1) C’est, semble-t-il, le même aiicrobe qui est plusieurs fois signalé dans l'étude anatomo-pathologique de Cornil et Chantemesse et qui est figuré dans les planches annexées (tig. 8, b). Bang lui a donné le nom de « bacille de la nécrose ».
(2) Smith a déjà distingué une variété p de la bactérie qui se comporte comme un virus atténué.
LES SEPTICÉMIES HEMORRAGIQUES.
encore dans le jetage nasal des porcs à l’étal de santé parfaite.
Résistance du virus. — La bactérie de la pneumo-entérite résiste à la dessiccation pendant un temps qui varie, suivant les conditions de l’expérience, entre six jours (Galtier) et deux mois (Salmon). Dans un milieu humide, le virus conserve longtemps ses propriétés; les germes restent vivants pendant deux à quatre mois dans l’eau de rivière.
L’action de la chaleur est bien étudiée; des travaux nombreux, et notamment les recherches de Selander(l), établissent que les bactéries sont tuées sûrement à 54° en 40 minutes et à 58° en 10 minutes. L’influence du froid est nresque nulle; Galtier a vu la virulence persister, dans des matières animales putréfiées, à une température de — • 4°. La congélation des cultures ne les tue pas (Corail et Chantemesse).
Dans le sol, la conservation serait de deux mois environ (Salmon), mais cette indication n’a qu’une valeur toute relative. La putréfaction ne détruit que lentement la virulence; Galtier a trouvé celle-ci conservée pendant six jours dans des matières putréfiées, au contact de l’air, à des températures variant entre 7° et 20, et pendant dix à vingt-cinq jours, dans l’eau, à des températures comprises entre — 4° et -f- 15°.
Il résulte de ces constatations que les germes peuvent se conserver facilement dans les habitations, à l’abri de la lumière et dans un milieu humide, pendant plusieurs semaines au moins.
L’action des antiseptiques sur les cultures a été étudiée par Salmon et par Corail et Chantemesse. Les résultats de ces recherches sont résumés ci-après :
Observations de Salmon.
Détruisent la virulence :
Sublimé à 1
Acide phénique. .. à 1 Permanganate de
potasse à 1
lodure de mercure en solution iodo-
iodurée à 1
Sulfate de cuivre, à ]
Acide sulfurique., à Acide chlorhydrique à
: 75.000 en 7 min : 20.000 — 2 —
: 100 — 5 à 20 — 5: 10.000 en 10 —
Ne détruit pas la virulence :
Chlorure de zinc., à 10 : 100 en 10 min.
(1) Selander. Conlrihution à l'étude du hog-cholera. Annales de l’Institut Pasteur, t. IV, 1890, p. 545.
PNEUMO-ENTÉRITE INFECTIEUSE DU PORC
Observations de Cornil et Chantesiesse.
Détruisent te virus :
Sublimé à 1 : 1.000 eu 2 miu.
Acide oxalique en solution aqueuse concentrée — 15 —
Soude caustique.... — 15 —
Acide chlorhydrique ,
Acide nitrique (à 1 : 5 — 15 —
Acide sulfurique. . . . \ lodoforme en solution alcoolique. . . — 15 —
Vapeurs de chlore. . en 1 heure.
Alcool absolu —
Sulfate de cuivre... à 1 : 5 —
Les recherches de Cornil et Chantemesse portent sur des cultures virulentes en bouillon, mélangées à une quantité égale de la solution antiseptique à étudier. On constate ensuite la fertilité ou l’infertilité du mélange par les cultures. On comprend que les résultats de Salmon, recherchant la destruction de la virulence par l’inoculation, soient quelque peu différents.
Modifications de la virulence. — I. — Les propriétés de la bactérie sont éminemment variables suivant sa provenance.
Le microbe est modifié par les conditions de sa pullulation dans les organismes ou de sa conservation dans le milieu extérieur. Il existe une infinité de « races », les unes déjà fixées dans leurs caractères par une longue série de générations entretenues dans des conditions analogues, les autres incessamment transformées par la variabilité des conditions de la vie parasitaire ou saprophytique (1).
D’après Salmon, il est des variétés atténuées qui ne provoquent que des accidents sporadiques, ou des infections organiques localisées (abcès), et seulement sur des sujets prédisposés en raison de leur débilité ou d’une maladie coexistante. D’autres, au contraire, déterminent une explosion bruyante de la maladie et aucun animal n’échappe à l’infection.
IL — Dans les milieux artificiels, l’atténuation se produit également, alors surtout que les cultures ne sont pas fréquemment renouvelées, ou encore que l’ensemencement est pratiqué dans des milieux préparés depuis un certain temps.
(1) Smitii et Moore. On the variability of infectious cliseases. Report of the Bureau of animal Industry. Washington, 1804. — Smith. Notes on tlie évolution of hog-cholera oui breaks. 12Ul and 13th Reports of the Bureau of animal Industry for 1895 and 1S00,
Ne détruisent pas le virus :
Essence de térébenthine.
Acide phénique
Acide salicylique
Acide sulfurique
Acide nitrique.
CD
Acide chlorhydrique..
Solutions saturées de
sulfate
de fer, ^
CD
chlorure de zinc,
eau de
chaux,
acide picrique, sel niaque.
marin,
amino-
LES SEPTICÉMIES HÉMORRAGIQUES.
Cornil et Chantemesse ont montré que les bactéries, cultivées à une température de 43°, subissent une atténuation graduelle de leur virulence, telle qu’après quatre-vingt-dix jours elles ne tuent plus le cobaye ni le lapin. L’atténuation obtenue est fixe et transmissible par hérédité.
Une exaltation de la virulence est observée, soit à la suite de l’inoculation en série à de jeunes porcs, soit par de nombreux passages successifs de lapin à lapin, puis de pigeon à pigeon. On obtient un virus qui tue le pigeon en 10-12 heures, par inoculation sous-cutanée, et qui tue le porc à coup sûr par inoculation souscutanée, par injection intra-veineuse et par les voies digestives. La virulence exaltée se maintient dans les jeunes cultures; ce n’est qu’après un temps assez long qu’elle paraît diminuer (Selander).
Immunisation. — L’immunisation est expérimentalement réalisée par l’inoculation de virus modifiés , par les toxines , par la sérothérapie.
I. Virus modifiés. — L’inoculation avec le virus modifié par le chauffage à 43° permet de conférer l’immunité au cobaye et au lapin. « Un cobaye qui a reçu un demi- centimètre cube d’une culture de quatre-vingt-dix jours, dans le tissu cellulaire, présente une tuméfaction qui se remplit de pus caséeux et se vide. Quelques jours plus tard, une culture de soixantequatorze jours produit le même effet. Désormais l’animal résiste au virus de cinquante-quatre jours et au virus le plus virulent. » Cornil et Chantemesse ont tenté d’appliquer au porc la même méthode, mais les résultats obtenus sont inconstants. Plus récemment, Smith et Moore ont réalisé également l’immunisation du lapin, par l’inoculation sous-cutanée de cultures entretenues à 43°, 5-44° pendant deux cents jours.
D’autre part, Selander n’a pu obtenir aucune atténuation par le procédé de Cornil et Chantemesse, en opérant sur des cultures ensemencées directement avec du sang virulent. Il attribue ces différences dans les résultats à des « inégalités biologiques » des bactéries, qui compliquent gravement leur étude expérimentale (1).
(1) Perroncito et Bruschettini fabriquent une « lymphe vaccinale » dont le mode de préparation est gardé secret ; toutefois une récente publication de Bruschettini apprend qu’il s’agit de cultures très virulentes arrêtées dès les premiers moments de la pullulation, avant que des toxines aient été formées en quantité appréciable. Ces cultures non toxiques ne sout pas pathogènes et elles confèrent l’immunité au lapin, au cobaye et au porc. Il s’agirait donc d’un virus modifié.. D'après la même publication, cnit mille porcs auraient été vaccinés, « avec des résultats plus que satisfaisants », de décembre 1896 à avril 1897.
Les essais de contrôle expérimental ont donné de mauvais résultats ; Casper, Willach, Malkmus, Ujhelyi,Ostertag.... n’ont constaté aucune immunisation chez la souris ou chez le porc.
Yoy. sur ce sujet : Bruschettini. Le » alattie infettive dei suini.... Giorn. délia R. Soc.
PNEUMO-ENTÉRITE INFECTIEUSE DU PORC
II. Toxines. — Diverses tentatives ont été faites dans le but de conférer l’immunité avec les produits solubles. Déjà Salmon déclarait avoir rendu le pigeon complètement réfractaire, en inoculant de faibles doses d’une culture stérilisée à 58°; toutefois la résistance considérable du pigeon à l’infection rendait ce résultat peu probant.
Les travaux de Selander et de Metchnikoff montrent que l’injection au lapin de petites doses de sang, stérilisé par la chaleur, confère une immunité suffisante pour permettre à l’organisme de résister à un virus peu actif, mais insuffisante pour assurer sa résistance au virus renforcé. Smith et Moore immunisent le cobaye par des inoculations sous-cutanées répétées (dix) de 1 centimètre cube d'une culture stérilisée par le chauffage à 60°; toutefois h; résultat est inconstant.
Schvveinitz obtient l’immunisation du cobaye avec les produits solubles isolés, et aussi avec la sucholotoxine seule. Novy vaccine le rat avec des doses faibles de sa toxalbumine.
Silberschmidt réussit à immuniser le lapin par les injections répétées de sang stérilisé par la chaleur (58-60°) ou par l’acide thymique, de cultures stérilisées par la chaleur (58-60°), de cultures filtrées à la bougie Pasteur. L'immunité ainsi conférée persiste pendant quelques mois au moins.
III. Sérothérapie. — Dès 1892, Metchnikoff (1) montre que les lapins peuvent être vaccinés parles injections répétées, dans les veines ou sous la peau, de doses faibles de virus, et que leur sérum est doué de propriétés immunisantes. De Schweinitz obtient des résultats semblables avec le sang de cobayes immunisés inoculé préventivement au cobaye.
De nombreuses tentatives sont faites ensuite dans le but d'utiliser les propriétés immunisantes des humeurs chez les vaccinés. On emploie les sérums recueillis : a) chez les porcs ayant résisté à une infection accidentelle, ou 6) chez des animaux expérimentalement immunisés.
a En 1896, Fuchs tente de vacciner les porcs par l’inoculation du sérum pris chez les malades, additionné d’acide phénique; les résultats sont incertains. Preisz utilise le sérum des animaux guéris; trente porcs âgés de 6-7 mois sont inoculés et exposés ensuite à la contagion naturelle; neuf succombent(30 p. 100), alors que des trente animaux non vaccinés aucun ne survit. Tisza injecte, dans le même but, la sérosité péricardique filtrée recueillie chez les animaux morts (1-2 c. c.); 72 inoculés donnent un taux de mortalité de 29 p. 100; les 72 témoins meurent. Ujhclyi (2) obtient les mêmes résultats avec le sérum des porcs guéris (3 c. c. par kilogr. de poids vif); toutefois les vaccinés ne résistent pas complètement à des modes
ed Accad. veterin. ital., 1807, et Brochure. — Gmeixer. Die Ergebnisse der netien Schutzimpftmrjsmel/ioden per/enScliweineseuchen, Monatshefte fur Thierheilk., t. IX, 1807, p. 75.
(1) AlErcHNiKOFF. Immunité des lapins vacciné* contre le microbe du hor/-cholera. Annales de l’Institut Pasteur, t. VI, 1802, p. 280.
(2) Ujiielyi. Schutzimpfunrjs-Versuche gegen die Schweineseuche. Thierârztl. Centralhl., 1807, p. 38 et 61.
Nocard et Leci.ainche. — 2e édit.
LES SEPTICEMIES HEMORRAGIQUES.
sévères de contamination comme les ingestions répétées de viscères ou de liquides virulents. Tatay, Bêla vonNyàry... utilisent également le sérum avec des résultats favorables.
b) Silberschmidt (1) obtient une immunité incomplète chez le lapin par l’injection préventive de 2 c. c. et plus de sérum provenant de lapins vaccinés. L’action préventive est plus manifeste après l’injection intra-veineuse qu’après l’inoculation sous-cutanée ; elle ne se manifeste que par un retard dans l’évolution de la maladie. L’injection de sérum faite quelques heures après celle du virus a le même effet préventif. L’immunité partielle conférée est passagère. Le sérum des vaccinés n’a pas d’action bactéricide in vitro.
De Schweinitz ("2) constate que les produits du bacterium coli immunisent le porc contre la pneumo-entérite et que celui-ci fournit ensuite un sérum immunisant pour le cobaye. Même résultat avec le sérum d’une vache traitée de la même manière. Une autre vache, soumise à des inoculations répétées de cultures de la swine-plague, donne un sérum immunisant pour le lapin et le cobaye. L’immunisation est d’autant plus sûre que la dose du sérum inoculé est plus forte ; une dose insuffisante ne donne qu’une survie de quelques jours.
Peters (3) utilise le cheval comme producteur de sérum ; l’animal reçoit, sous la peau, des doses croissantes de cultures virulentes. On obtient un sérum qui acquiert des propriétés immunisantes. L’inoculation au porc d’un mélange de 1 1/2 c. c. de sang virulent et de 10 c. c. de sérum ne tue pas l’animal et lui confère l’immunité; le sérum protège également contre l’ingestion de viscères virulents. Peters emploie le sérum dans de nombreux élevages avec des résultats satisfaisants. Yoges (4) n’obtient par contre aucune immunisation chez le cobaye, avec le sérum d’un porc qui a reçu des quantités croissantes de cultures virulentes.
Kitt et Mayr (5) constatent une survie de quatre jours à deux mois chez des lapins inoculés avec le sérum d’un cheval traité par les injections intra-veineuses de virus du choléra des poules; le même résultat est obtenu chez la souris. L’immunisation est toute passagère; elle a disparu en moins de quatorze jours. Un porc traité par le même sérum est ensuite inoculé dans le péritoine avec une culture virulente en même temps qu’un témoin; celui-ci meurt en trois jours; le traité survit, mais amaigri et avec une diarrhée persistante.
Leclainchc obtient un sérum fortement immunisant chez un ûne
(1) SlLBERSCHMIDT. LOC. dt., p. 95.
(2) A. de Schweinitz. The production of immunity lo hog-cholera. . .. Centralbl. fui* Bakter., t. XX, 189G, p. 573 (en anglais).
(3) Peters. Sérum- therapy in Ilog-cholera. Proceedings of U. S. veteriu. Association, 189G, p. 159.
(4) Yoges. Weitere Untersuchungen iiber Schweineseuchen. Berliner thieràrztl. Wochenschr., 1897, p. 170.
(5) Kitt et Mayr. Ueber Resislenzerscheinungen und Serumwirkungen bei Gefliigelcholerci und Sc/iweineseuche . Monatshefte fur Thierheilk., t. VIII, 189G, p. 529.
PNEUMO-ENTÉRITE INFECTIEUSE DU PORC. 99
ayant reçu 2000 c. c. de cultures virulentes par la voie intra-trachéale.
Ces résultats montrent que le problème de l’immunisation est bien près d’être pratiquement résolu; il semble que la sérothérapie constitue le procédé le plus immédiatement utilisable (1).
Traitement.
Les moyens d’intervention conseillés n’ont qu’une eflicacité restreinte; les malades seront placés dans des locaux bien aérés, à température constante; ils recevront des aliments de facile digestion, liquides ou semi-liquides.
La médication générale comporte l’emploi des antithermiques et des antiseptiques. On prescrira l'acide salicylique, le salicylate de soude, le naphtol, l’antipyrine... L’acide phénique a été employé sous toutes les formes, en breuvages, en lavements, en lavages cutanés ; les inoculations sous-cutanées (solution à 2 p. 100) ont donné de bons résultats (Graffunder, G. Rosso).
Les accidents pulmonaires seront combattus par les frictions sinapisées, par l’administration de l’émétique, de l’ipéca et par les inhalations de vapeurs de goudron ou d’eau phéniquée. Gonlre les symptômes intestinaux, on ordonnera, suivant les indications spéciales, le calomel, le salicylate de bismuth, les opiacés...
Le traitement n’est économiquement justifié que dans quelques circonstances seulement. En règle générale, il convient de conseiller l'abatage des animaux dès les premiers signes de l’infection.
Prophylaxie.
Mesures sanitaires.
1. — La contagion est difficilement enrayée dans une porcherie envahie ; alors que la maladie est reconnue, tous les sujets exposés sont généralement contaminés. Il convient cependant d’évacuer les animaux encore sains et de les répartir en lots aussi peu nombreux que possible, isolés les uns des autres. Les porcs affectés qui paraîtraient guéris devront être considérés comme suspects, en raison de la persistance de lésions locales; ils seront sacrifiés aussitôt que possible.
(I) Plus de 0 000 porcs ont été vaccinés par le sérum en Hongrie dans les six premiers mois de 1807 ; une station d'inoculation a été créée à Kdausenbourg.
LES SEPTICÉMIES HEMORRAGIQUES.
La contagion d’une étable à une autre sera combattue par un aménagement approprié des eaux provenant des locaux infectés et par la désinfection fréquente de ceux-ci. Les malades seront séquestrés de la façon la plus complète. Les porcheries saines seront interdites aux personnes étrangères. Les eaux de boisson de provenance douteuse (mares, ruisseaux) ne seront données aux animaux qu’après avoir été bouillies.
Les cadavres des animaux qui ont succombé, les viscères des malades sacrifiés devront être détruits par le feu, par l’acide sulfurique, ou enterrés profondément, dans des endroits clos. Galtier a vu la transmission s’opérer par des cadavres enfouis dans des conditions défectueuses.
La désinfection des locaux comporte le nettoyage complet, suivi de lavages à l’eau chaude, de toutes les surfaces souillées; les sols seront balayés et grattés; les murs, les auges... seront soigneusement brossés. On pratiquera ensuite des lavages avec l’une des solutions antiseptiques suivantes :
Sublimé corrosif 1 gramme.
Acide chlorhydrique < 2 grammes.
Eau 1 litre.
ou encore :
Acide phénique du commerce 40 grammes.
Acide chlorhydrique 20 —
Eau 1 litre.
Pour la désinfection des matières organiques, des sols souillés par le sang ou les déjections, on rejettera le sublimé qui, en coagulant les substances albuminoïdes, laisse intacts les microbes protégés par une enveloppe imperméable.
Dans le cas où certaines parois n’ont pu être atteintes par les solutions antiseptiques, on complète la désinfection par le dégagement d’acide sulfureux.
H. — En un très grand nombre de cas, la pneumo-entérite est importée dans une porcherie et dans une région indemne par des animaux achetés ; on éviterait facilement ce mode de la contagion en faisant subir à tous les sujets introduits une quarantaine d’observation.
La surveillance des foires et marchés, ainsi que du colportage des animaux, a une importance capitale dans la police sanitaire de la pneumo-entérite. L’histoire des enzooties à toutes les époques montre le rôle considérable des transactions commerciales dans la diffusion de l’infection.
PNEUM0-ENTÉR1TE INFECTIEUSE DU PORC.
III. — Deux systèmes sanitaires sont applicables à la pneumoentérite;l’un comporte l’abatage général des malades et des contaminés, l'autre prévoit leur surveillance sanitaire.
Extrêmement grave quant à ses conséquences économiques, le système du stamping-out ne donne aucune garantie quant à ses résultats. Théoriquement parfaite alors qu’elle s’applique à des affections qui procèdent sûrement d’un mode déterminé de la contagion immédiate, comme la rage, la péripneumonie ou même la morve et la tuberculose, la méthode est ici incertaine et dangereuse. Les modes éloignés de la contagion jouent un rôle dont personne ne peut présumer l’étendue ; la conservation des bactéries dans les sols, leur pullulation et leur dissémination dans le milieu extérieur fendent illusoire la destruction des organismes infectés.
La Grande-Bretagne a tenté cette grandiose expérience; elle poursuit son œuvre avec une admirable fermeté en dépit de l’apparente insuffisance des premiers résultats. Il faut souhaiter que le succès vienne couronner ces efforts et démentir nos prévisions pessimistes.
Le second système comporte la surveillance sanitaire et la séquestration des malades et des contaminés. Imparfait à coup sûr, il constitue le maximum des exigences possibles en la plupart des pays. En raison de la fréquence des reliquats à évolution chronique, il serait à désirer que les animaux affectés fussent marqués à demeure (marque métallique à l’oreille) et immobilisés entre les mains de leur propriétaire, jusqu’à leur utilisation pour la boucherie (1).
Utilisation de la viande. — Quand les animaux sont en bon état de graisse et qu’on les sacrifie dès le début de la maladie, on peut sans inconvénients autoriser la consommation de la viande et du lard, mais tous les viscères (poumons, foie, rate, estomac, intestin) doivent être saisis et détruits (2).
(1) Leclainciie. La prophylaxie des maladies rouges du porc. Revue vétérin., 1897, p. W)7.
(2) Plusieurs exemples d'intoxication par les viandes ont été récemment rapportés. Silbersclnnidt (1890) observe, dans le canton de Thurgovie, sept cas d'empoisonnement dont un cas de mort, après ingestion de la viande d'un porcelet abattu malade et reconnu propre à la consommation. Pouchet rapporte un exemple semblable ; 49 personnes sont malades et une succombe après avoir consommé la viande avariée d'un porc atteint de pneumo-entérite ; on retrouve la bactérie ovoïde dans la viande et dans les selles des malades. Zschokke, à Zurich, signale neuf cas d'intoxication après ingestion d’un jambon salé depuis quatorze jours et fumé pendant trois jours ; la viande est consommée sans être cuite.
Ces constatations ne sauraient modifier les indications générales formulées ci-dessus. On doit tenir compte de ce fait que des porcs affectés sont consommés par dizaines de mille (Angleterre, Hongrie....) sans inconvénients. 11 est évident que les viandes déjà fié-
LES SEPTICÉMIES HEMORRAGIQUES.
Législation. — France. — Le décret du 28 juillet 1888 classe la pneumo-entérite du porc parmi les maladies contagieuses. Les mesures sanitaires applicables sont prescrites en même temps pour celte affection et pour le rouget du porc (V. Rouget, Législation).
Danemark. — La pneumo-entérite est classée parmi les maladies contagieuses malignes ; les animaux atteints sont abattus. Les propriétaires reçoivent une indemnité égale aux quatre cinquièmes de la valeur. (Loi du 14 avril 1893.)
Grande-Bretagne. — Un act, en date du 12 septembre 1893, applique à la swine-fever les dispositions de l’act de 1890 sur la péripneumonie. D’après ces dispositions, tous les animaux malades et tous ceux qui ont été exposés à la contagion doivent être immédiatement abattus. Il est accordé, pour les contaminés, une indemnité égale à la valeur totale des animaux et, pour les malades, une indemnité égale à la moitié de la valeur des animaux avant la maladie.
En Hollande, les dispositions sont communes à la pneumo-entérite et au rouget (V. Rouget, Législation).
Norvège. — La circulaire du 12 novembre 1890 ajoute la pneumo-entérite à la liste des maladies contagieuses prévues par l'article 2 de la loi du 20 mai 1882.
En Roumanie , un décret du 30 juillet 1896 donne au ministre de l’intérieur le droit d’ordonner l’abatage des malades. 11 est accordé une indemnité de la moitié de la valeur pour les animaux trouvés atteints et des deux tiers pour ceux qui sont reconnus sains à l’autopsie.
Suisse. — Un arrêté du conseil fédéral, en date du 15 septembre 1892, range la pneumo-entérite parmi les maladies contagieuses.
Suède. — Un ordre du 23 mars 1888 prescrit l’application des mesures générales de l’ordonnance de 1887.
vreuses doivent être rejetées de la consommation ; d’autre part, il est indiqué de soumettre rapidement les chairs soit à la cuisson, soit à la salaison complète.
Pouchet. Intoxication par la viande de porc avariée. Société de médecine légale, 8 février 1897. — Zschokke. Veber die Gefâhrlichkeit dey Genusses von mit Schweineseuche infiziertem Fleische. Schweizer-Archiv für Thierheilk., 1897, p. lf>8.