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CHAPITRE II

INFECTIONS COLI-BACILLAIRES

Considérations générales. — Le bacille d’Escherich est présent dans l’intestin de presque tontes les espèces animales et son rôle pathogène paraît être considérable.

Dyar et Keith (1) trouvent le bacille en abondance, et parfois en culture pure, dans l’intestin de la vache, du porc, du chien et du chai. Il n’existe qu’en petite quantité et exceptionnellement chez la chèvre et chez le lapin.

La bactérie isolée est identique, chez toutes ces espèces, au Bacterium coli commune de l’homme.

Le microbe affecte la forme d’un court bacille, à extrémités arrondies, mesurants à 3 \j. de longueur sur 1 p. d’épaisseur; il est à la fois aérobie et anaérobie. La coloration est obtenue facilement par les couleurs d’aniline, notamment par le bleu de Kühne ou le rouge de Ziehl-Kühne; le bacille est décoloré par le procédé de Gram.

Les cultures .sont obtenues rapidement, à 37°, dans les bouillons simples, glycérinés ou peptonisés ; le milieu dégage une odeur fécale prononcée. Sur gélatine, en surface, la culture donne une couche mince, transparente, à contours dentelés ; par piqûre, des colonies blanches se développent, tandis qu’un enduit crémeux épais couvre la surface libre ; le milieu n’est pas liquéfié. Sur gélose, le coli donne une culture vigoureuse, sous la forme d’une couche blanche, opaque. Dans le lait, la coagulation est produite en vingt-quatre ou quarante-huit heures. Sur pomme de terre, le développement forme une couche blanc grisâtre, qui fonce peu à peu jusqu'à la teinte brun chocolat.

Les cultures du coli en bouillon peptonisé donnent la réaction de l’indol (Kitasato). Le microbe rougit la gélose lactosée au tour ncsol de Wiirtz. Dans le thé de foin à 3 p. 100, la culture s'opère en

(1) Dyar et Keith. Notes on normal intestinal bacilli of lhe horse and of certain viher domesticated animais. Ref. in Centralbl. fur Bakter., t. XVI, 1894, p. 838.

INFECTIONS COU-BACILLAIRES.

dix-huit ou vingt-quatre heures en donnant au milieu une réaction acide (Lignières).

Les fèces du cheval renferment une forme particulière ( Bacillus ecjLii inteslinalis) qui diffère du coli par plusieurs de ses caractères. Sa forme est très variable ; développé sur gélose, il mesure 1 à 2 de longueur sur 1 d’épaisseur. La culture s’opère à 37°, 5, mais aucun développement n’est obtenu à 20"; les colonies forment des taches arrondies, transparentes, qui restent plus ou moins isolées, sans couvrir jamais toute la surface du milieu. L’agar de Würlz est rougi ; le lait est coagulé en deux jours; le bacille ne provoque pas de fermentation ; il ne donne pas d’indol (1).

Le rôle pathogène du coli-bacille chez les animaux est démontré pour la première fois en 1893, par Jensen, qui considère le microbe comme l’agent essentiel de la diarrhée des veaux. (V. Diarrhée des veaux.) L’année suivante, Nocard (2) trouve le coli-bacille dans les tissus d’un fœtus avorté de vache; il montre que l’avortement est dû à la mort du fœtus, consécutive elle-même à l’envahissement des tissus par des bacilles ; ceux-ci proviennent des fumiers et ils ont envahi les organes génitaux de la mère. Nocard retrouve aussi le coli dans la moelle d’une jument ayant succombé à la paraplégie enzootique (Comény). Il insiste sur la signification de ces deux faits, « qui prouvent que, chez les animaux comme chez l’homme, le coli-bacille peut acquérir des propriétés pathogènes redoutables ».

Depuis cette époque, des infections coli-bacillaires sont signalées chez les oiseaux par Nocard, Klein, Lignières, Sanfelice...

En 1896, Jensen (3) esquisse le rôle pathogène probable du colibacille et il signale sa présence dans des lésions diverses, chez plusieurs espèces animales. En dehors de la diarrhée des veaux, le coli joue sans doute un rôle efficient dans les catarrhes intestinaux des diverses espèces. On le retrouve dans les exsudats de la péritonite aiguë, tantôt en culture pure, tantôt associé à d’autres formes; dans trois cas de cyslite du chien le bacille est présent;

(1) Le bacille rencontré par Piana et Galli-Valerio dans une affection typhoïde du cheval est intermédiaire entre le coli normal et la forme précédente. (V. Septicémie

HÉMORRAGIQUE DU CHEVA1.).

Chez le chien, Lembke (1800) décrit aussi deux formes de coli : l’une ne donne pas d’indol, l’autre ne provoque pas de développement gazeux. Ces constatations montrent la variabilité des types saprophytiques du coli.

(2) Nocard. Infections coli-bcicillaires. Avortement et paraplégie, bulletin de la Société centr. de méd. vétérin., 1884, p. 830.

(3) Jensen. Bacterium coli commune als Krankheitsursache bei Thieren, Ref. in Rerliner thierarztl. Wochenschr., 189G, p. 503.

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