‹ Les maladies microbiennes des animauxChapitre 38 sur 169 · II. — Lésions · texte numérisé non relu

II. — Lésions

ün constate à la fois des altérations locales, au niveau des muqueuses envahies, et des troubles étendus à tous les organes.

La pituitaire, les muqueuses du pharynx, du larynx et des premières parties de la trachée présentent des lésions qui varient suivant la période considérée. Congestionnées et infiltrées dès le début, de couleur rouge brun, elles sont le siège d’une exsudation fibrineuse abondante. L’épithélium ramolli se détache, laissant à nu une ulcération superficielle; parfois, des portions de la muqueuse se nécrosent et l’élimination de l’escarre découvre une surface irrégulière, anfractueuse, d’apparence ulcéreuse, recouverte de pus sanieux et de débris membraneux. Au niveau du larynx et de la trachée, les fausses membranes restent souvent adhérentes, en masses de couleur jaune, moulées sur les parois de l’organe dont elles se séparent facilement. La muqueuse du pharynx est, en certains cas, recouverte d’un semblable exsudât. La muqueuse buccale est congestionnée, ramollie, desquamée au niveau des gencives, des lèvres, des joues, du palais et de la base de la langue. La muqueuse qui tapisse les sinus est également enflammée,' il existe, en quelques points, un exsudât fibrineux. Les ganglions annexes sont hypertrophiés, infiltrés et plus ou moins hémorragiques ; on y trouve parfois les bactéries.

L’extension des altérations aux bronches et au poumon est exceptionnelle; il existe, en ce cas, des foyers irrégulièrement répartis de broncho-pneumonie; les petites bronches et les alvéoles sont remplis, à leur niveau, par un exsudât fibrineux, englobant des leucocytes et des globules rouges. La plèvre, altérée en môme temps, est recouverte de fausses membranes gris jaune ; elle renferme un liquide trouble, jaunâtre, en quantité très variable.

Les lésions oculaires consistent en une conjonctivite intense, avec trouble de la cornée, iritis fibrineuse, parfois accompagnée d’hémorragie dans la chambre antérieure. On peut observer aussi, isolément, soit les altérations delà cornée, soit celles de l’iris.

Les altérations des voies digestives sont constantes. La mu-

INFECTIONS COU-BACILLAIRES.

queuse du rumen est marbrée de larges taches rosées; la caillette est enflammée ; sa muqueuse desquamée estparsemée d’ecchymoses. L’intestin grêle contient un liquide épais, visqueux, brun foncé, mélangé de parcelles alimentaires ; on y trouve en abondance, et souvent en culture pure, les bactéries spécifiques. La muqueuse est épaissie, infiltrée; des stries rouges marquent le sommet des plis. Le cæcum et le gros intestin sont peu altérés; la muqueuse du rectum est congestionnée. Les ganglions du bord concave de l’intestin grêle sont volumineux, gorgés d’une lymphe où pullulent les bactéries.

La rate est molle, diflluente. Les reins sont congestionnés; l’urine est albumineuse ou sanguinolente ; il existe parfois une cystite intense, avec coloration rouge vif des plis de la muqueuse. Le vagin présente également des taches et des plaques hémorragiques.

Le myocarde est mou et friable. Les méninges sont congestionnées ; les espaces sous-arachnoïdiens renferment un liquide trouble, qui se retrouve sous la dure-mère et dans les ventricules ( lepiomè ningite séreuse). Les ganglions sont volumineux, infiltrés, hémorragiques dans la couche corticale.

Lors de localisation intestinale, les altérations de la pituitaire manquent généralement. La muqueuse de l’arrière-bouche et du pharynx est ramollie et nécrosée. La muqueuse de l’intestin, fortement enflammée, est parsemée de taches ecchymotiques ou de foyers hémorragiques. L’intestin renferme des matières ramollies, colorées par le sang, mélangées à des fausses membranes fibrineuses.

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