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CHAPITRE III

DIPHTÉRIE AVIAIRE.

La diphtérie aviaire est une maladie contagieuse, inoculable, caractérisée par la présence d’exsudats pseudo-membraneux sur les muqueuses et due à la présence d’une bactérie spécifique.

d’autre part, la diphtérie signalée chez diverses espèces de mammifères domestiques constitue une troisième forme sans analogie avec les précédentes (V. Diphtérie des veaux).

Historique. — La diphtérie est étudiée en 1775, par lluzard(l), sous le nom de « conjonctivite des poules ». La maladie semble pendant longtemps ne plus attirer l’attention; en 1808 seulement, Dupont (2) décrit une forme aiguë, observée dans la Gironde ; il rapproche l’affection de la diphtérie humaine et il propose la dénomination d’ « angine couenneuse ». La même année, Rivolta commence l’élude de l’affection; il rencontre dans les fausses membranes des corpuscules arrondis, de la largeur d’un globule sanguin, qu’il considère comme des grégarines ou des psorospermies.

Le travail de Rivolta est l’occasion de nombreuses recherches ; des protozoaires sont rencontrés dans les exsudais par divers auteurs, mais ceux-ci ne peuvent se mettre d’accord sur la diagnose zoologique des parasites, non plus que sur leur rôle pathogène.

En 1884, Lœffler (31 étudie la diphtérie des pigeons; il montre qu’elle est due à une bactérie, analogue à celle de la septicémie des lapins, différente du bacille de la diphtérie humaine. Sur sérum, les colonies ont une teinte gris blanc; sur pomme de terre, elles prennent une coloration gris clair. L’inoculation au pigeon d’une culture pure de la bactérie reproduit la maladie ; les microbes sont retrouvés en grand nombre dans le poumon et dans le foie. Le lapin et la souris sont tués régulièrement en cinq à sept jours; l'autopsie montre un exsudât diphtéritiqueau niveau

(1) IIuzahd. Ins truc Lions..., t. IV, p. 315.

(2) Dlpomt. Épizootie sur l’espèce g al line... Recueil de méd. vdtér., 18G8, p. G05.

(3) Loefkleii. Ueber die Bedeututig der Milcroorganismen fiir die Entstehung der Diphtérie beim Menschen , bei der Tuuben und beim Kalbe. Mittheil. des kaiserl. Gesundheitsaintes, t. II, 188 i, p. 421.

DIPHTÉRIE AVIAIRE.

du pharynx, des marbrures sur le foie et de la tuméfaction de la rate ; les bacilles existent en grand nombre dans le sang et dans les parenchymes. La bactérie isolée n’est pas sûrement pathogène pour la poule, le moineau et les autres petits oiseaux.

Corail et Mégnin (1) trouvent des bactéries, qu’ils assimilent à celle de Lœffler (?), dans toutes les lésions de diphtérie des oiseaux examinées, que leur siège fût sur les membranes muqueuses ou sur la peau.

Von Krajewski (2) retrouve la bactérie de Lœffler, associée à d'autres microbes, chez des poules affectées, ainsique chez un pigeon et chez des poussins infectés par l’inoculation des fausses membranes.

Babôs et Puscariu (3) étudient la diphtérie du pigeon ; les résultats obtenus démontrent à nouveau le rôle pathogène de la bactérie de Lœffler ; ils précisent son mode d’action sur les tissus.

Eberlein (4) signale la diphtérie chez la perdrix; il trouve un bacille « très analogue à celui de la diphtérie des pigeons de Lœffler, sous la forme d’éléments à bouts arrondis, renflés à leur partie centrale, isolés ou associés en courtes chaînettes ».

Loir et Ducloux (5) observent la maladie en Tunisie oü elle sévit sous une forme épizootique; ils donnent une bonne élude expérimentale et ils indiquent une méthode d’atténuation du virus et de vaccination.

Le travail de Moore (6) apporte encore quelques documents intéressants concernant l’étude expérimentale de la maladie.

Classification des formes diphtéritiques. — L’histoire de la maladie démontre à l’évidence le rôle pathogène de la bactérie de la diphtérie des pigeons de Lœffler chez toutes les espèces. La bactérie est nettement différenciée du bacille de la diphtérie humaine par ses caractères morphologiques, par ses modes de culture et par ses effets pathogènes. Elle est plus éloignée encore du bacille de la nécrose , agent de la diphtérie des veaux.

Line seule question est encore irrésolue à l’heure actuelle : toutes les formes diphtéritiques aviaires sont-elles d’origine microbienne? La théorie de l’origine protozoïque de la diphtérie, reprise par

(1) Cornil et Mégnin. Mémoire sur la tuberculose et la diphtérie chez les gallinacés. Journal de l’anatomie, t. XXI, 1885, p. 268.

(2> Von Krajewski. Ueber Diphtérie des Hausgeflügcls. Deutsche Zeitschr. für Thiermed., t. XIII, 1887, p. 311.

(3) Babès et Puscariu. Vntersuchungen über die Diphtérie der Tauben. Zeitschr. fur Hygiene, t. VIII, 1890, p. 376 (avec planches).

(4) Eberlein. Geflügeldiphterie bei Rebhühnern. Monatshefte für Thierheilk., 1894, p. 433.

(5) Loir et Ducloux. La diphtérie aviaire en Tunisie. Annales de l’Institut Pasteur, 1894, p. 599.

(6) Moore. A preliminary investigation of diphteria in fowls. U. S. Bureau of animal industry, Bulletin n° 8, 1895, p. 39.

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