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ESPÈCES AFFECTÉES

Pfeiffer (1) en 1888 et appuyée sur quelques résultats expérimentaux, ne saurait à coup sûr être généralisée. Si la présence des flagellâtes n’est pas douteuse, leur rôle pathogène n’est nullement certain; Corail, Babès, Straus,... ont montré que les bactéries sont présentes en même temps que les protozoaires et que seules elles sont virulentes. Babès etPuscariu trouvent les flagellâtes en grand nombre sur les muqueuses des pigeons sains ; ils montrent que leur inoculation par scarification ne produit aucun accident.

En résumé, la nature microbienne des formes diphtéritiques aviaires est certaine; l’existence de « diphtéries à protozoaires » reste à démontrer (2).

Bactériologie. — L’agent de la virulence est une bactérie à extrémités arrondies, mesurant environ 1 p. de longueur sur 0,3- 0,5 [j. de largeur; dans les tissus, les microbes sont souvent réunis en amas ; dans les cultures, on trouve des formes courtes, ovales ou arrondies, isolées ou associées par deux et en chaînettes.

La bactérie est aérobie et anaérobie ; elle est décolorée par le procédé de Gram.

La culture en bouillon s’opère rapidement à 35-40° ; le liquide, uniformément troublé, s’éclaircit ensuite, tandis qu’un dépôt blanchâtre s’opère sur les parois du vase. Sur gélatine , en surface, on obtient une couche étroite, de couleur blanc jaunâtre, légèrement chagrinée; par piqûre, les colonies, d’abord blanchâtres, transparentes, prennent ensuite une teinte jaunâtre. Su y gélose, le microbe donne une couche gris jaune, mince, lisse, à bords nettement délimités. Sur sérum , la culture prend une teinte gris blanc. Sur pomme de terre , le développement, rapide et abondant, donne une pulpe de couleur grise.

La bactérie est pathogène pour tous les oiseaux, pour le lapin et pour la souris.

Espèces affectées. — La diphtérie est observée sur tous les oiseaux de basse-cour; la poule , le pigeon, le faisan, 1 e, paon, la pintade, l 'oie, le canard... sont également aptes à l’infection.

La maladie est signalée encore chez \aperdrix (Mégnin, Eberlein),

(1) Pfeiffer. FlageUalencliphterie bei Vôgeln. Zeitschr. fur Hygiene, 1888, p. 3G4. — Protozoen a/s Krankheilserreger, lena, 1890.

(2) La question des diphtéries animales paraît avoir été embrouillée comme à plaisir par certains auteurs qui entassent indifféremment des travaux qui concernent la diphtérie aviaire, la diphtérie des veaux et la diphtérie humaine.

DIPHTÉRIE AVIAIRE.

le perroquet , la tourterelle , le moineau... ; il est probable que tous les oiseaux sont affectés.

L 'homme est exposé à la contagion.

Répartition géographique. — Épidémiologie. — La diphtérie est signalée en tous les pays ; elle cause partout des pertes considérables.

La maladie sévit habituellement sous une forme enzootique ; elle est constatée en France sur tous les points du territoire.

A certaines époques, la diphtérie affecte un caractère épizootique et les pertes se chiffrent par milliers d’animaux; c’est sous ce type quelle était récemment signalée, en Tunisie, par Loir et Ducloux.

Étude clinique.

Symptômes. — On peut distinguer une forme aiguë etuneforme subaiguë ou chronique. Ces différences dans l’évolution paraissent correspondre à des modalités différentes de l’infection.

a) Forme aiguë. — Le début est indiqué par de la tristesse, de la faiblesse et la diminution de l’appétit. Ces signes s’aggravent en quelques jours ; l’oiseau est abattu ; il reste isolé, le dos voussé, la tête et le cou rapprochés du thorax, les plumes hérissées; il ne perche plus et ne picore qu’à de longs intervalles. La respiration est gênée, sifflante; la déglutition est pénible.

La muqueuse buccale, infiltrée, est recouverte, au niveau de la face inférieure de la langue, de petites taches gris jaunâtre, formant une sorte d’éruption granuleuse; des lésions semblables sont observées au niveau de l’arrière-bouche et sur le pharynx.

Les taches s’étendent rapidement; après deux ou trois jours, les muqueuses sont recouvertes par des masses fibrineuses gris jaunâtre, adhérentes, formant en certains points des masses saillantes, moulées sur les régions envahies. La déglutition est difficile ou impossible ; une bave visqueuse, mêlée de débris membraneux, s’écoule par le bec entr’ouvert. La marche est hésitante; la crête est fiasque, décolorée; une diarrhée intense apparaît.

Les altérations gagnent souvent la muqueuse des cavités nasales; la respiration est sifflante, des matières desséchées obstruent les narines ; la crête et les muqueuses prennent une teinte violacée et le malade est menacé d’asphyxie. Si la conjonctive est atteinte également, l'œil reste clos, la cornée est ulcérée, des exsudais desséchés accolent les paupières.

L’évolution est rapide; les animaux succombent en cinq à huit jours en moyenne.

LÉSIONS

b) Formes chroniques. — Les lésions débutent généralement sur la muqueuse buccale; elles restent localisées ( forme buccale) ou elles envahissent secondairement les cavités nasales et la muqueuse oculaire. Parfois aussi les néoformations se développent exclusivement sur la pituitaire [forme nasale) ou sur la conjonctive ( forme oculaire).

Les signes locaux sont les premiers appréciables; des cxsudats adhérents, de consistance ferme, de couleur blanc jaunâtre, apparaissent sur la muqueuse buccale, sous la forme de taches ou de plaques irrégulières. Les lésions progressent à la fois par l’extension des surfaces primitivement envahies et par l’apparition de nouveaux foyers. Les exsudats envahissent l’arrière-bouche, le pharynx, les cavités nasales et la conjonctive.

Les symptômes généraux sont peu marqués pendant les premières périodes et les néoformations diphtéri tiques semblent provoquer seulementdes troubles mécaniques. La gêne apportée dans la déglutition provoque l’écoulement de la salive, l’insuffisance de l’alimentation, l’amaigrissement et la diarrhée. L’envahissement des cavités nasales est exprimé par la difficulté croissante de la respiration, sifflante et ralentie, et par un jetage muco-purulent, qui se dessèche à l'orifice des narines et les obstrue en partie.

Dans certaines formes, les fausses membranes restent adhérentes; elles s’exfolient à la surface, tandis que la muqueuse sécrète de nouvelles couches [forme sèche). En d’autres, la suppuration, s’établit; les exsudats détachés sont entraînés par blocs, déglutis ou rejetés avec la salive et le jetage [forme catarrhale).

La diphtérie oculaire est dénoncée par la présence d’un exsudât logé dans les replis de la muqueuse ou couvrant tout le globe et accolant les paupières. Des tumeurs volumineuses sont parfois développées dans la conjonctive, diffuses ou parfaitement délimitées et faciles à énucléer. En d’autres cas, les masses diphtéritiques envahissent le fond de l’orbite par les sinus et elles provoquent une exophtalmie mécanique, par refoulement du globe.

L’évolution est lente; elle peut rester compatible avec la vie pendant plusieurs mois et jusqu’à une ou deux années ; les animaux succombent à une poussée aiguë ou, à la suite des troubles mécaniques provoqués, par inanition et par asphyxie. La guérison est souvent obtenue par un traitement approprié.

Lésions. — Les lésions sont localisées à certaines muqueuses ou étendues à tous les parenchymes.

DIPHTÉRIE AVIAIRE.

Les altérations locales portent sur la muqueuse de la bouche, du pharynx, sur la pituitaire, le larynx, la con jonctive et, dans certaines formes, sur les muqueuses de l’intestin, des bronches et des sacs aériens. L'étendue et le mode de répartition des lésions sont extrêmement variables ; les néoformations envahissent ordinairement les muqueuses des premières voies respiratoires et digestives ; parfois, les exsudais remplissent les cavités de la tête. Sur l’intestin, les dépôts fibrineux forment des couches concentriques, qui peuvent remplir en totalité la lumière distendue du canal. On les retrouve, peu abondants, sur la muqueuse des sacs aériens.

Les muqueuses, débarrassées des exsudats, montrent une surface granuleuse dont l’aspect varie suivant le mode de l’évolution et suivant que la suppuration envahit ou non les tissus.

Les lésions des parenchymes diffèrent suivant que la mortest la conséquence d’une évolution septicémique ou qu’elle résulte d’une obstruction des voies respiratoires ou digestives. Lors d’évolution septicémique, la rate est volumineuse, molle, gorgée de sang ; les reins sont également congestionnés et friables ; le foie est couvert de taches blanc jaunâtre, indiquant une dégénérescence en foyers ; le poumon et le myocarde sont intacts.

L’analyse histologique des lésions (1) dénonce une infiltration inflammatoire du derme muqueux par des cellules rondes ; les bacilles sont rencontrés seulement dans les parties superficielles. Les foyers dégénérés du foie sont dus à une nécrose de coagulation des éléments ; les microbes sont rencontrés abondamment, non dans le centre des foyers, mais dans les capillaires voisins. Les capillaires du rein sont également remplis de bacilles qui sont retrouvés dans quelques canaux urinifères. Les poumons présentent des foyers hémorragiques intra-alvéolaires ; les bacilles sont groupés en amas, libres ou inclus dans des masses fibrineuses.

Diagnostic. — Le diagnostic est facilement porté; la constatation des lésions sur les muqueuses extérieures a une signification presque absolue.

Les lésions sont simulées seulement par des affections mycosiques. La mycose aspergillaire , observée sur la poule et sur le pigeon, affecte « sur le plancher buccal la forme d’un nodule blanchâtre, d’apparence caséeuse, du volume d’un pois à celui d’une petite noisette » ; dans les cavités nasales, elle forme des « luber-

(1) Babès et Puscariu. Loc. cil., p 303 .

ÉTIOLOGIE.

cilles ou des formations membraneuses, planes ou discoïdes, jaune sale ou verdâtres, d’abord molles, puis consistantes et en forme d’exsudat fibrino-purulent » (Neumann).

Les altérations de l’intestin sont simulées, chez les diverses espèces, par les entérites coccicliennes, exprimées par la présence de taches blanches ou d’exsudats membraneux sur la muqueuse de l’intestin grêle ou des cæcums. En ce cas, les altérations des premières voies font complètement défaut.

Étiologie. — Étude expérimentale.

Matières virulentes. — Dans les formes à marche lente, la virulence paraît être localisée au niveau des lésions spécifiques des muqueuses ; elle est étendue aux produits de sécrétion ou d’excrétion souillés, comme le jetage et la bave. Le contenu intestinal et les déjections sont également virulents, en raison de la déglutition de parcelles membraneuses infectées ou d’une culture directe sur les parois de l’intestin.

Dans les formes aiguës, le sang et tous les tissus renferment les microbes; les produits de sécrétion se montrent également virulents.

Réceptivité. — Toutes les espèces d 'oiseaux sont aptes à l’infection naturelle ou expérimentale; les gallinacés paraissent plus particulièrement exposés, et après eux les oiseaux aquatiques; chez les perroquets, les formes locales, à évolution très lente, sont les plus fréquentes.

Le lapin et la souris succombent à la suite de certains modes de l’inoculation expérimentale. Le cobaye , les herbivores domestiques et les carnassiers sont entièrement réfractaires.

Modes de la contagion. — La transmission s’effectue facilement dans les milieux infectés. La cohabitation permet d’obtenir expérimentalement la contagion avec une certitude absolue. La souillure des sols, des aliments et des eaux par les déjections virulentes et par les fragments membraneux détachés des exsudats assure la transmission. Les cadavres, abandonnés sur les fumiers ou peu profondément enfouis, infectent les sols ou sont directement ingérés par les oiseaux.

La diffusion de la maladie est assurée par différents intermédiaires. Les eaux entraînent le virus d’un élevage à un autre ; les

DIPHTÉRIE AVIAIRE.

personnes assurent également le transport. Les pigeons et les petits oiseaux sont les véhicules les plus dangereux de la contagion ; infectés dans les basses-cours contaminées, ils sèment ensuite le virus dans toute une région.

Les marchés jouent un rôle important dans la dissémination; les animaux sont contaminés par leur entassement dans les cages et dans les paniers; importés dans un élevage, ils y apportent la maladie. Les expositions remplissent trop souvent le même rôle.

Modes delà pénétration du virus (1). — L inoculation par effraction sur les muqueuses est obtenue chez le pigeon, la poule, la tourterelle... Les suites de la pénétration sont différentes suivant la matière inoculée ; souvent, l’inoculation des fausses membranes reste stérile ou ne donne qu’une faible culture locale. L inoculation sous-cutanée des cultures aboutit, chez le pigeon et chez la poule, à l’évolution de lésions typiques du pharynx, avec diarrhée et signes généraux graves ; la pénétration d’une forte dose (2-3 centimètres cubes) tue en dix jours environ. La souris est tuée par le même mode en six à huit jours.

L’inoculation inira-lrachèale ou intra-veineuse est plus certaine encore ; la poule, le pigeon, le lapin sont tués en trois à six jours.

Pathogénie. — Inoculée par effraction sur la muqueuse de la bouche et de l’arrière-bouche, la bactérie de Lœftler cultive localement, envahissant les tissus par une reptation plus ou moins rapide. La culture sur l’intestin est consécutive à une inoculation primitive en ce point, ou, plus ordinairement, à une infection secondaire, par des membranes dégluties.

La bactérie ne produit point de phénomènes d'intoxication comparables à ceux qui sont observés dans le cours de la diphtérie humaine. Dans les formes lentes, tous les accidents observés sont la conséquence de la gêne mécanique apportée dans la déglutition et dans la respiration.

Chez certains animaux, une évolution septicémique est constatée d’emblée ou au cours d’une évolution chronique. Les microbes envahissent les réseaux capillaires. Dans ce cas seulement, une action toxique est appréciable; elle est indiquée, dans le foie notamment, par la dégénérescence du parenchyme.

(1) G. Colin. Éludes expérimentales sur les a/feclions diphtéritiques des animaux. Acad, des sciences, 15 juin 1885.

TRAITEMENT

Résistance du virus (1 ). — La bactérie, exposée en couche mince, est détruite en vingt-quatre heures, sous l’influence de la dessiccation et de la lumière. Elle est tuée en cinq minutes à 58°; la température de 54° ne tue pas, après dix minutes. La congélation reste sans action.

La résistance aux antiseptiques est peu marquée; l’acide sulfurique à 1 p. 100 lue en dix minutes, l’eau de chaux en une minute, l’acide phénique à 0,5, 1 et 2 p. 100, en G0, 4 et 1 minute, l’acide sulfureux en moins de trois heures.

Modifications de la virulence. — Immunisation (2). — Dorosclienko et Loir et Ducloux ont fait connaître en même temps les propriétés immunisantes des cultures stérilisées. Les cultures chauffées à 60° pendant une heure renferment des matières immunisantes ; celles-ci résistent même à une température de 100°. Chez le pigeon, les inoculations intra-musculaires de 3 à 5 centimètres cubes de bouillon stérilisé, renouvelées trois ou quatre fois, à des intervalles de douze à vingt-sept jours, assurent une immunisation complète; l’animal reçoit impunément ensuite une inoculation virulente. Chez la poule, l immunisation est difficilement réalisée; les jeunes sont très sensibles à l’action des toxines et ils sont tués facilement; il convient d’employer pour les inoculations des cultures peu toxiques, injectées à faibles doses, à de longs intervalles. L’immunité conférée a disparu complètement après quatre ou cinq mois.

Loir et Ducloux emploient la méthode mixte suivante : On inocule, à la dose de 1 centimètre cube, une culture chauffée qui donne aux poules « une légère élévation de température et les met dans un état d’immunité relatif que l’on complète en inoculant, comme deuxième vaccin, 1 centimètre cube d’une culture vieille de deux mois; les animaux ont alors une immunité absolue ».

Traitement.

Le traitement est économiquement contre-indiqué dans la plupart des cas ; il est préférable de sacrifier immédiatement les animaux atteints.

(1) Moore. Loc. cit., p. 57.

(2) Doroschenko. Expériences sur L’immunisation des pigeons et des poules avec les cultures stérilisées du bacille de la diphtérie aviaire. G. R. de l’Institut vétérin. de Charkow, t. IV, 1895, p. 409 (en russe). Ref. in Jahresb. von EUenberger-Schuetz pro 1895, p. 17. — Loir et Ducloux. Loc. cit., p. G05.

DIPHTÉRIE AVIAIRE.

Dans les formes à évolution lente, la guérison est obtenue si les lésions, peu étendues, siègent exclusivement sur la muqueuse buccale et en des points facilement accessibles. Les fausses membranes sont détachées avec précaution; la muqueuse est badigeonnée avec un pinceau imprégné d’un agent à la fois caustique et antiseptique ; l’acide phénique, l’acide sulfurique au tiers, l’essence de térébenthine... seront employés de préférence. La surface peut être recouverte avec le soufre sublimé (Thomassen). 11 est indispensable de renouveler plusieurs fois la médication. De plus, les animaux restent dangereux en raison d’une localisation possible en des régions inexplorables.

Les médications internes conseillées n’ont aucune valeur.

Prophylaxie.

La constatation de la diphtérie dans un élevage nécessite l’isolement des animaux atteints ; les oiseaux exposés à la contagion sont séquestrés individuellement (en paniers) ou par petits lots et surveillés attentivement. Dans la pratique, il est plus économique et plus sûr de conseiller le sacrifice immédiat de tout l’élevage. Les locaux sont désinfectés par des lavages et arrosages avec la solution acide de sublimé ou avec la dilution d’acide sulfurique à 2 p. 100; la désinfection est complétée, pour les locaux, par le dégagement d’acide sulfureux dans les habitations hermétiquement closes.

Dans une région infectée, la contagion est à craindre par les modes indirects signalés; les oiseaux seront enfermés dans des parquets clos et couverts (contagion par les pigeons et les petits oiseaux).

L’un des modes les plus fréquents de l’infection, l'introduction de sujets affectés dans l'élevage, est facilement évité. Le commerce des oiseaux reproducteurs est l’occasion habituelle de la diffusion; les animaux achetés doivent être systématiquement considérés comme suspects et soumis à une quarantaine d’observation.

Transmission à l’homme (1).

La transmission de la diphtérie des oiseaux à l’homme est certainement possible.

(1) Gallez. Diphtérie animale et diphtérie humaine. Annales de méd. vétérin., 1895, p. 309,... 500 (avec bibliogr.). — Loir et Ducloux. Loc. cit ., p. C07. — Quaranta. Sulla difterite aviaria in rapporto colla diflerile umana. Giornale délia R. Società ed Accad.

TRANSMISSION A l’iIOMME.

Les nombreuses observations rapportées n’ont, il est vrai, qu’une valeur relative ; cependant si beaucoup d’entre elles sont certainement erronées, d’autres ont un caractère de précision qui retient l’attention. Les exemples de contagion réunis par Delthil et par Gallez n’apportaient pas cependant la preuve directe exigible et la fréquence des affections diphtéritiques chez les animaux et chez l’homme fournissait une explication suffisante de la coexistence maintes fois signalée.

La preuve directe de la transmission est apportée par l’observation suivante de Loir et Ducloux :

Un enfant de sept ans, habitant les environs de Tunis, dans une ferme où sévit la diphtérie aviaire depuis six mois, présente une angine grave, à. fausses membranes peu épaisses et peu adhérentes, dans lesquelles nous retrouvons, par la culture, un bacille offrant tous les caractères de celui de la diphtérie aviaire.

Ce bacille, inoculé sous la peau d’une poule, entraîne la mort de cet animal en cinq jours, et l’autopsie révéle des lésions typiques de la diphtérie aviaire, après examen microscopique et cultures sur gélatine, gélose et pomme de terre.

La bactérie de la diphtérie aviaire doit donc prendre place parmi les agents des angines pseudo-diphtéritiques de l’homme ; des observations complétées par l’examen bactériologique feront connaître l’importance de son rôle pathogène.

Les dangers de la transmission des oiseaux à l’homme, certainement exagérés pour les besoins de la thèse contagionniste, seront facilement évités par de simples soins de propreté recommandés aux personnes qui soignent les animaux. L’accès des oiseaux dans les habitations devra être interdit, en raison des souillures inévitables des objets usuels et des aliments destinés à l’homme; l’entretien des malades dans les habitations (tourterelles, perroquets, oiseaux de volière...) constitue une occasion d’infection qu’il est au moins prudent d’éviter.

veter. italiana, 1897, p. G77... — Galli-Valerio. L’étal actuel de la question sur l’identité de la diphtérie de L’homme et des oiseaux, Centralbl. fur Bakter., t. XXII, 1897, p. 500 (en français).

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