‹ Les maladies microbiennes des animauxChapitre 50 sur 169 · PERTE · texte numérisé non relu

PERTE

moyenne

avant

la

vaccination.

Pendant ces deux aunées,

1 les doses 1 France et étrauger sont

réunies.

Totaux.

La moyenne générale des pertes, pendant les douze années écoulées, est de 1 , 68 p. 100.

L’exemple donné par quelques propriétaires éclairés peut seul triompher de ces résistances ; il est pénible de voir les avantages de la vaccination méconnus en des régions qui perdent chaque année 20, 30 et 50 p. 100 de leurs animaux. Il est à remarquer que les animaux inoculés sont jeunes et n’ont que peu de valeur, alors que le rouget tue à peu près exclusivement les adultes. On peut affirmer que, dans les conditions les plus défavorables, il y a intérêt évident à vacciner dès que le taux des pertes atteint annuellement 10 p. 100 des effectifs.

L intervention des pouvoirs publics peut favoriser puissamment la diffusion des vaccinations; la gratuité des vaccinations d’essai, l’indemnisation des pertes immédiatement consécutives à l’opération constituent les indications les plus générales.

ROUGET DU PORC

La vaccination pasteurienne a pris en certains pays une extension considérable. Les chiffres suivants indiquent les progrès de la méthode en Hongrie (1) :

Années. Animaux vaccinés.

Années. Animaux vaccinés.

Les documents officiels suivants permettront de juger la valeur pratique de la vaccination. En Hongrie, de 1889 à 1894, les résultats de 1 085 686 vaccinations ont été connus ; les pertes ont été :

Après la première vaccination 0,14 p. 100

— deuxième — 0,07 —

Dans le courant de l’année 0,54 —

Au total 0,7 > p. 100

En 1895, les pertes consécutives aux deux vaccinations se sont élevées à 0,75 p. 100 et le taux des vaccinés morts dans l’année est monté à 6.83 p. 100; toutefois, la coexistence de la pneumo-entérite, qui a envahi toute la Hongrie en 1895, a certainement occasionué des erreurs de diagnostic qui expliquent l’augmentation apparente des accidents.

En Russie, Ivowaleski vaccine dans le gouvernement de Koursk en 1895; les pertes s’élèvent à 0,4 p. 100 seulement.

En Allemagne, le laboratoire Pasteur de Stuttgart a fourni en 1894, 7847 doses, en 1895, 32 879, en 1896, 73 385.

Technique de la vaccination. — La vaccination s'opère en deux fois, comme pour la fièvre charbonneuse. Les inoculations de précaution sont faites de décembre à mars, avant la saison chaude, alors que les porcelets sont âgés de deux à quatre mois. Dans les localités infectées, les inoculations de nécessité seront pratiquées indifféremment sur les animaux de tout âge.

Le premier vaccin est inoculé sous la peau, à la face interne de la cuisse droite, à la dose de un huitième de centimètre cube ; le second vaccin est inoculé de la meme façon, douze à quinze jours plus tard, à la cuisse gauche.

L'immunité s’établit graduellement; elle est complète douze jours environ après la seconde vaccination ; elle dure pendant un an au moins. Une seule intervention suffit pour préserver le porc pendant sa vie économique ; seuls, les truies portières et les verrats devront être inoculés chaque année.

(1) F. Hutyiu. Jahresbericht über clas Veterinürwesen in Ungarn , années 1890 [à 1896. Budapçst.

MESURES SANITAIRES

Suites de la vaccination. — Les suites de l’opération sont généralement, insignifiantes; on constate seulement une fièvre légère après la première inoculation.

En quelques cas seulement, on observe des accidents plus graves : éruption cutanée, évolution subaiguë bénigne ou évolution aiguë mortelle. La proportion des accidents ne dépasse pas 1 p. 100, d’après les statistiques. Toutefois il faut observer que certaines populations paraissent particulièrement sensibles aux vaccins et que les pertes dépassent 5 p. 100 en certaines localités. Enfin quelques animaux présentent, à la suite de la vaccination, des accidents de rouget chronique qui compromettent leur utilisation.

Il est indispensable que les propriétaires soient prévenus de l'éventualité des complications. Les avantages économiques de la vaccination dans les pays à rouget restent considérables et évidents ; la méthode est assez belle et assez féconde pour que l’on ne cherche point à dissimuler ses imperfections et ses défaillances.

IL — Mesures sanitaires.

Les mesures sanitaires applicables sont analogues à celles qui sont indiquées pour la pneumo-entérite.

Dans les régions envahies, on évitera la contagion par la séquestration rigoureuse des porcs; l’accès des porcheries sera interdit aux personnes étrangères et l’on prendra toutes les dispositions propres à empêcher les modes connus de la transmission indirecte (eaux, aliments, petits animaux...). Les pigeons, qui sont des agents possibles de la dissémination du contage, seront enfermés pendant toute la durée de l’épizootie.

L’une des principales indications prophylactiques consiste à éviter l’introduction dans les élables d’animaux affectés ; tous les sujets qui ont séjourné sur des champs de foire ou qui ont traversé des localités contaminées et, plus généralement, tous ceux dont la provenance ou les antécédents sont inconnus, doivent être isolés et soumis à une quarantaine d'observation de huit ou dix jours. Comme pour la pneumo-entérite, les formes chroniques, souvent méconnues, sont des plus dangereuses quant à la contagion.

La diffusion du rouget sera évitée par la séquestration des malades et des suspects, par la surveillance effective des foires et marchés, par la désinfection du matériel de transport, par l’interdiction du colportage des viandes provenant d'animaux atteints.

Les cadavres des animaux morts du rouget et les viscères provenant des malades abattus seront enfouis profondément dans des

ROUGET DU PORC

lieux inaccessibles aux porcs, de préférence dans des terrains secs et hors du voisinage des ruisseaux ou des étangs.

La désinfection des locaux comporte la destruction par le feu des litières et des fumiers, le lavage à l’eau bouillante des sols, des parois des habitations, des auges,... puis l’arrosage avec des solutions antiseptiques (sublimé corrosif en solution acide à 1 p. 1000; eau phéniquée à 5 p. 1000). Pour les sols en terre battue, il est bon d’enlever les couches superficielles, qui sont remplacées par un mortier de chaux ou par du ciment. Les murs en plâtre sont lavés à l’eau de chaux ; les parois en bois sont recouvertes d'un mélange d’essence de térébenthine et d’huile ou enduites de goudron. L’aération et l’insolation constituent de puissants adjuvants de la désinfection.

Utilisation des viandes. — Les viandes des animaux affectés peuvent être consommées si les porcs sont sacrifiés dès les premières périodes, avant que la chair ne soit « fiévreuse ». Toutefois, ces viandes pouvant servir à la diffusion de la maladie, leur utilisation ne doit être permise que dans la localité infectée. Les viscères seront saisis et détruits dans tous les cas (1).

Législation. — France. — Les dispositions applicables, communes au rouget et à la pneumo-entérite, sont édictées par les articles 14 à 22 de l’arrêté du 28 juillet 1888.

Les animaux malades et contaminés sont soumis à la surveillance du vétérinaire sanitaire ; ils ne peuvent être abattus sans autorisation et la vente pour la boucherie est seule permise, sous certaines conditions. La viande des animaux abattus ne peut être consommée qu’après autorisation du maire, sur l’avis conforme du vétérinaire sanitaire. L'inoculation préventive est autorisée, après simple déclaration au maire de la commune. La déclaration d’infection ne peut être levée qu’un mois après la constatation du dernier cas, et après que les prescriptions relatives à la désinfection ont été exécutées.

A la frontière, la constatation du rouget et de la pneumo-entérite entraîne l’abatage des malades et le refoulement des contaminés.

En Autriche, la loi ordonne la séquestration des malades, l’isolement et la surveillance des contaminés. (Ordredu lOavril 1885.)

En Danemark , la maladie est classée parmi les « contagions malignes». Le ministre petit ordonner l’abatage des malades, avec une indemnité

(I) Generali a signalé des accidents de gastro-entérite grave, chez plusieurs personnes, à la suite de l’ingestion de viande insuffisamment cuite, provenant d’un porc atteint du mal rouge. Pétri a montré, d’autre part, que le rôtissage est insuffisant pour stériliser des morceaux volumineux et que, seule, la coction prolongée détruit sûrement les bacilles.

LÉGISLATION. 167

4gale aux quatre cinquièmes de la valeur avant la maladie. (Loi du { avril 1893.)

En Hollande , l’isolement des malades et la désinfection des locaux sont nesures habituelles. L’abatage peut être ordonné, sur l’avis du véléuiirc sanitaire; il est accordé une indemnité égale à la moitié de la deur. L’inoculation est autorisée par les bourgmestres. (Loi du » mai 1890.)

En Hongrie, une circulaire de juin 1894 autorise les vétérinaires à ratiquer librement les vaccinations. Les autorités sont averties de l’opéition par le laboratoire de Buda-Pesth, qui fournit les vaccins.

En Norvège, une circulaire du 12 novembre 1890 étend au rouget les •escriptions générales de la loi du 20 mai 1882 (déclaration, séquestration surveillance.)

En Roumanie, la loi prescrit l’isolement des malades ; la consommation de la viande des sujets atteints est prohibée ; la graisse seule est consommée, après avoir été fondue. (Loi du 27 mai 1882.)

En Suisse, les malades sont séquestrés; l’inoculation préventive peut être autorisée par les autorités cantonales. (Loi de 1872 et règlement de 1886.)

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