‹ Les maladies microbiennes des animauxChapitre 53 sur 169 · I. — Symptômes · texte numérisé non relu

I. — Symptômes

La fièvre charbonneuse se traduit par des manifestations différentes suivant les espèces considérées. En outre des variétés symptomatiques inhérentes à la rapidité de l’évolution, la maladie revêt des expressions diverses suivant le mode de l’inoculation. Chez le cheval et chez le bœuf, on distingue un charbon interne, évoluant sous le type septicémique, et un charbon externe, caractérisé par la présence de tumeurs extérieures. Chez le porc, le charbon affecte aussi une forme particulière.

§ 1. — Charbon chez le cheval.

ci) Charbon interne. — I. — Le début est marqué par un état d’abattement interrompu de temps à autre par des signes de coliques. La température s’élève en quelques heures à 41°-41°,5; les muqueuses sont injectées; le pouls est vite (70-100 pulsations par minute], filant, presque imperceptible, tandis que les battements du cœur sont violents, de timbre métallique. A certains moments, la respiration devient, pendant quelques minutes, précipitée et haletante. On perçoit des tremblements musculaires; la marche est pénible.

Après quelques heures, la prostration est complète. Les muqueuses, de teinte rouge foncé, sont couvertes d’ecchymoses; le pouls artériel est effacé; la respiration est courte, précipitée, dyspnéique. Des matières diarrhéiques, striées de sang, sont rejetées de temps à autre. Il se produit parfois des accès de vertige. Le poil est sec; les crins s'arrachent avec facilité. La marche est titubante; les membres traînent sur le sol. En quelques cas, des tuméfactions apparaissent sur le tronc et dans la région de la gorge.

La saignée à la jugulaire est baveuse; elle donne difficilement un sang noir, visqueux, qui reste incoagulé ou ne donne qu’un caillot noir et diffluent; il se produit un thrombus volumineux, dù à la lenteur de la coagulation.

Dans une dernière période, des sueurs apparaissent ; les membres fléchissent, au niveau des boulets, par brusques à-coups ; les efforts continuels de défécation sont suivis du rejet de matières liquides, brun foncé; l’urine est sanguinolente. La face se grippe; les signes d’asphyxie s’exagèrent; le malade tombe sur le sol et meurt peu après.

FIÈVRE CHARBONNEUSE

L’évolution est complète en 8-30 heures ; parfois les malades tombent, comme foudroyés, après quelques heures de maladie.

II. — En outre de ce mode d évolution, le charbon interne affecte des expressions de beaucoup moins nettes. Il débute par des signes divers, tels que la faiblesse au travail, l’essoufflement, la diminution de l’appétit. A ces symptômes vagues, se trouvent différemment associées d’autres manifestations, telles que les tremblements musculaires, la diarrhée, la coloration rouge de l’urine, des coliques légères et intermittentes, ou encore des variations étendues de la température, qui oscille en quelques heures de 38° à 40 et 41°. A certains moments, l’animal paraît inquiet; il change constamment les membres à l’appui; les battements du cœur sont plus forts qu’à l’état normal.

i’ous ces signes sont le plus souvent insuffisants pour faire soupçonner le charbon. Il est cependant un autre symptôme qui se montre assez fréquemment, et qui, associé aux précédents, possède une réelle valeur diagnostique : c’est une boiterie survenant sans cause apparente, d’intensité variable, souvent localisée à un membre postérieur.

Après 24-36 heures, apparaissent les signes du charbon aigu et le malade succombe, deux à six jours après le début des accidents(l).

b) Charbon externe. — Le premier signe observé consiste en l’apparition au niveau de l’épaule, de l’encolure, dans la région de l’aine, delà gorge, à la tête..., d’une tumeur chaude, œdémateuse, douloureuse, qui acquiert en 6-12 heures un développement considérable. L’appétit a complètement disparu ; la température s’élève rapidement à 40°-41°,5; le pouls est petit et vite; les battements du cœur sont violents, tumultueux, de timbre métallique. Le malade est somnolent, insensible aux excitations.

En l’absence d’une intervention rapide, les symptômes s’accentuent. La tumeur gagne en étendue; localisée primitivement au niveau de l’épaule, elle envahit en avant toute la face de l’encolure, jusqu’à la parotide, tandis qu’elle atteint le garrot et la paroi thoracique. Développée en certaines régions, la tumeur provoque des accidents particuliers; dans l’aine, elle détermine l’immobilisation complète du membre postérieur qui est rejeté en dehors; au niveau de la gorge, elle occasionne du cornage, de la dyspnée et la mort, par asphyxie.

(1) Cette forme du charbon est connue depuis longtemps en Beauce, chez le cheval et chez le bœuf; les paysans la désignent sous le nom de sang lent. La plupart des praticiens considèrent la guérison comme possible après un commencement d’infection.

SYMPTÔMES

Lorsque l’imection est généralisée, les symptômes observés sont ceux du charbon interne et la mort survient 3-8 jours après le début de la maladie.

Si l'on intervient dès le début, on obtient parfois la guérison ; la tumeur cesse de progresser; les symptômes généraux persistent pendant quelques jours, pour diminuer graduellement, et la résolution est complète en 6-10 jours.

§ 2. — Charbon chez les bovidés (1).

a) Charbon interne. — La maladie se présente sous des aspects différents suivant la rapidité de sa marche ; on peut distinguer des types suraigu, aigu et subaigu.

I. Type suraigu. — L’animal paraît subitement inquiet; il est pris de tremblements musculaires violents ; les muqueuses sont cyanosées ; les battements du cœur, tumultueux et violents, coïncident avec un pouls imperceptible; la physionomie est angoissée; le malade s’affaisse, pousse quelques beuglements, s’agite sur le sol et meurt.

Parfois, l’attaque est foudroyante ; le malade surpris en décubitus ne peut se mettre debout; il regarde son liane, se débat et meurt en quelques minutes. En général, la mort survient après une ou deux heures.

IL Type aigu. — Les symptômes sont tout analogues à ce que l’on observe chez le cheval. L’invasion est décelée par une fièvre intense, avec prostration, injection des muqueuses, frissons et tremblements musculaires. Les battements du cœur ont un timbre métallique; le pouls artériel est filant et vite; la respiration est précipitée et dyspnéique par accès. Après quelques heures, la stupéfaction est complète; les muqueuses sont ecchymosées ; la pulsation cardiaque s’affaiblit; il existe du pouls veineux. Des coliques surviennent, accompagnées de plaintes, d’évacuations excrémentitielles liquides, sanguinolentes, et du rejet d’urine également colorée. Chez quelques malades, des tuméfactions mal délimitées, chaudes, peu douloureuses, se développent sur le tronc ou vers les régions supérieures des membres.

La mort, avec des signes d’asphyxie, survient après 10-24 heures en moyenne. Cette forme est le plus communément observée.

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