TRANSMISSION A L HOMME
fileurs de laine, cordiers, etc.). Elle prémunirait encore contre les dangers de la manipulation et de l’ingestion des viandes charbonneuses livrées au commerce.
a) La prophylaxie du charbon d’origine industrielle sera assurée parla stérilisation préalable de tous les produits d'origine animale.
Les crins et les laines sont pratiquement stérilisables dans les étuves sous pression, par la chaleur humide, qui ne détériore pas sensiblement les produits; il serait à désirer que cette désinfection fût rendue obligatoire. Silberschmidt estime que la stérilisation des crins doit être assurée non seulement dans les usines destinataires, mais aussi sur les grands marchés d’importation : Leipzig pour les crins russes et Hambourg pour les crins américains.
L’installation, dans les fabriques, de ventilateurs ou d’aspirateurs pour emporter les poussières ne constitue qu’un palliatif et il n’évite point les chances d’inoculation directe.
Les cornes sont facilement désinfectées, soit par la vapeur sous pression, soit par les procédés chimiques.
Par contre, les peaux ne supportent pas l’emploi des procédés ordinaires de la stérilisation. 11 semble que l’on pourrait trouver un procédé pratique dans l’action d’une chaleur modérée combinée à celle d’une substance microbicide ajoutée à l’eau de trempage (1 ).
b) Le charbon d’origine alimentaire sera prévenu par la prohibition absolue de l’utilisation des viandes charbonneuses. Les diverses préparations auxquelles celles-ci peuvent être soumises ne suffisent jamais à détruire sûrement la virulence.
La salaison, capable de détruire les bactéries filamenteuses, n’a aucune action sur la spore. Forster montre que si les bactéridies sont tuées, en moins de dix-huit heures, dans les viscères (rate, foie) salés suivant les procédés ordinaires, les spores résistent indéfiniment dans les mômes conditions. De Freytag constate que les cultures sans spores sont détruites, en moins de trois semaines, dans une solution salée à 5 p. 100, en moins de deux semaines dans une solution à 7-10 p. 100; au contraire, les spores sont intactes après une immersion de cinq mois dans une solution de
(I) Griglio a coustaté que la dessiccation prolongée, l’immersion dans l’eau de chaux et le tannage dans la poussière de sumac ne suffisent pas pour détruire les spores. — Gorini, qui étudie l’importation du charbon dans les environs de Milan par les eaux de lavage des tanneries, propose le trempage dans une solution à 1-5 p. 1000 d’acide fluorhydrique. Il constate qu’une solution à 1 p. 1000 détruit les spores en 48 heures.
Giuglio. Trasmissione del carbonchio per mezzo dcl/e pelli e del cuoio. L’Ufficiale sani-
lario, 1890, p. 046. — Gorixi. Il carbonchio nell'agro del basso milanese Giornale
délia R. Soc. ital. di igiene, 1897, p. 130.
FIÈVRE CHARBONNEUSE
sel marin à 10 p. 100. Les viscères des petits animaux, lapins et souris, sont stérilisés après quelques heures dans les solutions salées saturées.
Le danger d’une sporulation rapide dans les parties superficielles des morceaux de viande a été mis en évidence par les expériences de Schmidt-Mülheim et l’on s’explique facilement la pathogénie des accidents constatés. Peuch a vu la virulence persister pendant quatorze jours dans un jambon salé, pour disparaître après un mois et demi. Rudolf Abel trouve la virulence intacte dans des morceaux, provenant d’un bœuf charbonneux, immergés depuis 22 jours dans une saumure contenant du sel marin, du sel de nitre et du sucre (1).
Législation. — France. — Déjà visée par la loi de 1881 et par le règlement d’administration publique de 1882, la fièvre charbonneuse est l’objet de mesures spéciales édictées par l’arrêt du 28 juillet 1888 (articles 1 à 8, 21 et 22). Les animaux malades sont isolés el mis à l’attache; les cadavres sont détruits en totalité ou enfouis avec la peau tailladée. La vaccination préventive est autorisée, sous la seule condition d’en avertir préalablement le maire de la commune.
Allemagne. — Les mesures ordonnées sont analogues aux précédentes (Loi du 23 juin 1880). En Saxe, il est accordé, pour les animaux morts ou abattus, une indemnité égale aux quatre cinquièmes de la valeur (Loi du 17 mars 1886).
Autriche. — Mesures générales d’isolement et de désinfection (Loi du 29 février 1880).
Belgique. — La fièvre charbonneuse donne lieu à l’application des mesures générales de police sanitaire (Loi du 15 septembre 1883). 11 est accordé une indemnité aux propriétaires des animaux morts ou abattus et reconnus atteints de charbon, sous cette condition que les cadavres soient détruits par des procédés agréés par l’autorité et que les autres animaux appartenant à l’exploitation soient soumis à la vaccination (Arrêté royal du 12 septembre 1894).
Danemark. — Le ministre peut ordonner l’abatage des animaux malades; il est alloué une indemnité égale aux quatre cinquièmes de la valeur (Loi du 14 avril 1893).
Hollande. — Isolement et désinfection. L’inoculation est autorisée par le bourgmestre (Loi du 20 mai 1890).
Hongrie. — Mesures générales d’isolement et de désinfection (Loi du 31 mars 1888). La vaccination est pratiquée, sans autorisation spéciale, parles vétérinaires exclusivement. Le laboratoire qui fournit les vaccins
(1) Voy. Rudolf Abel. Beobachtungen g eleg en t lie h einer Milzbrand épidémie. Centralbl. f. Bakler., t. XVII, 1895, p. 171 (avec bibliogr.).
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avise des envois le vétérinaire d’État de l’arrondissement et les autorités administratives (Ordre de juin 1894).
Norvège. — Les animaux affectés sont abattus, sans effusion de sang, à proximité de la fosse d’enfouissement. Mesures générales d’isolement et de désinfection (Loi du 20 mai 1882 et circulaire du 28 septembre 1891).
Roumanie. — Les cadavres sont enfouis dans un terrain communal ou détruits en entier par la crémation ou par des substances chimiques (Loi du 27 mai 1882).
Suède. — Isolement et désinfection (Loi du 23 septembre 1887).
Suisse. — Mesures générales ordinaires. Un terrain infecté ne devra, si possible, être utilisé pendant trois ans, ni pour la culture fourragère, ni comme pâturage. Les vaccinations sont faites par des vétérinaires diplômés. La constatation d’un cas de charbon entraîne la séquestration, pendant quinze jours, des animaux renfermés dans l’étable ou dans le pâturage (Loi de 1872 et règlement du 1er juillet 1886).