Mesures sanitaires
L’étude étiologique de la péripneumonie permet de prévoir l'efficacité certaine d’une intervention sanitaire. La maladie procède uniquement de la contagion; presque toujours, la transmission s’opère par un contact intime el prolongé. Les indications prophylactiques ne tendent donc plus à une défense, contre une infection toujours imminente, mais au contraire à une c iliaque , destinée à détruire les derniers foyers de la contagion.
Une première mesure s’impose à l’évidence : l'abatage des animaux reconnus affectés; ceux-ci constituent un danger permanent au point de vue sanitaire ; d’autre part, la gravité de la maladie et l’incertitude d’une guérison complète sont des indications suffisantes au point de vue économique. Par contre, les mesures applicables aux bovidés contaminés sont encore discutées et les différentes législations sanitaires en vigueur imposent à ceux-ci des régimes différents.
On peut reconnaître à cet égard quatre « systèmes » différents qui comportent, avec Y abatage des malades :
1° La surveillance des contaminés.
2° L'inoculation des contaminés.
3° L 'inoculation préventive des animaux aptes à contracter la maladie.
4U L' abatage des contaminés.
Tous ces systèmes ont été ou sont encore appliqués; les jugements portés sur leur efficacité seront appuyés sur des documents statistiques suffisamment probants.
1° Abatage des malades et surveillance des contaminés. — La mise en surveillance des animaux exposés à la contagion comporte, avec l’examen
(1) Voir les Comptes rendus des Congrès vétérinaires de Hambourg (1863) de Bruxelles (1883), de Paris (1889) et de Berne (1895).
PÉRIPNEUMONIE.
fréquent des sujets, l’interdiction de leur vente et la réglementation de leur utilisation. Cette surveillance ne peut être exercée utilement que dans un pays qui possède une organisation sanitaire complète; de plus, elle est très onéreuse pour les propriétaires, qui ne peuvent ni acheter de nouveaux animaux, ni vendre ceux qu’ils possèdent autrement que pour la boucherie. Dans une étable qui comprend un assez grand nombre de bovidés, la mise en interdit pourra être indéfiniment prolongée, en raison de l’apparition successive, à des intervalles plus ou moins éloignés, de nouveaux cas de maladie.
En admettant qu’il puisse être intégralement appliqué, ce système est fatalement impuissant au point de vue de la prophylaxie. Quelle que soit la durée delà période d’observation, un certain nombre de sujets affectés échappent à l’examen le plus minutieux. Ces animaux, porteurs de lésions muettes, sont vendus ensuite et ils créent de nouveaux foyers de contagion.
L’inefficacité de la méthode est démontrée par les faits. Appliquée en Prusse et en Autriche, où l’inoculation, bien que tolérée par les lois, ne s’est jamais répandue, elle n’a donné que des résultats insuffisants ou nuis. La Prusse, en dépit de sa puissante organisation sanitaire, n’a pu détruire complètement les anciens foyers de la maladie; les quelques succès obtenus doivent être attribués à l’abatage total, autorisé sous certaines conditions par la loi de 1880.
Péripneumonie en Prusse de 1880 à 1888.
Années. 1880-81 4 881-83 1882-83 1883-84 1884-85 1885-86 1886-87 1887-88
Bovidés abattus. 1740 1982 2079 3070 3252 1804 1088 2041
L’Autriche n’obtient par le même système aucune amélioration de son état sanitaire ; le chiffre des malades augmente notablement :
Péripneumonie en Autriche.
Années. 1881 1882 1883 1884 1885 1886 1887 1890 1891
Nombre des malades. 1033 1000 901 1358 1740 1502 1080 2028 1794
En 189:2, l’Autriche a recours à l’abatage total des malades et des contaminés.
2° Abatage des malades et inoculation des contaminés. — L’inoculation est pratiquée sur les bovidés exposés à la contagion ( inoculation de nécessité ; son but est de mettre à l’abri de la contagion ceux des animaux exposés qui y auraient échappé jusqu’alors. Ce système constitue un progrès évident sur le précédent, mais il n’en évite qu’en partie les graves inconvénients.
Pour que l’inoculation de nécessité donnât des garanties suffisantes, il faudrait que tous les animaux qui y sont soumis fussent réellement immunisés. Or, il ne peut pas en être ainsi. L’inoculation ne confère pas, dans tous les cas, une immunité absolue à l’égard de la contagion naturelle,
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et, circonstance plus grave, certains d’entre les inoculés ont déjà le germe de la maladie au moment de l’opération. Chez ceux-ci, la maladie va continuer son évolution, parfois sous une forme atténuée qui sera difficilement décelée. Sortis des étables infectées, ces malades iront diffuser la contagion, avec d’autant plus de facilité que, porteurs des stigmates de l’inoculation, ils seront considérés comme réfractaires à 1 infection. C’est par la fausse sécurité qu’elle donne, plutôt que par les pertes qu’elle occasionne, que la méthode de l’inoculation de nécessité se montre insuffisante et défectueuse.
En Belgique, où l’inoculation, bien que non ordonnée par la loi, est largement pratiquée depuis longtemps, la péripneumonie n’a pas cessé ses ravages; l’abatage total des malades et des contaminés, employé depuis quelques années, a seul empêché la création de nouveaux foyers.
Périjmeumonie en Belgique cle 1882 à 1890.
Années. 1883 1884 1885 1886 1887 1888 1889 1890
Bovidés morts ou abattus. 1187 827 795 839 830 749 G3G 893
La loi du 10 décembre 1890 organise sérieusement le service vétérinaire et autorise l'abatage des suspects.
L’exemple fourni par la France est tout aussi probant; pendant dix années (1882-1892), l'on a recours à l’abatage des malades et à l’inoculation obligatoire ; les résultats obtenus sont insignifiants. La maladie rétrocède et les foyers erratiques sont éteints alors seulement que l’on se décide à recourir à l’abatage général, simplement autorisé par la loi.
3° Inoculation préventive des animaux sains et abatage des malades. — Dans ce système, l’inoculation est étendue, préventivement, à tous les animaux qui pourront être exposés à la contamination, c’est-à-dire à tous les bovidés des régions infectées ( inoculation de précaution). De plus, les animaux sont considérés en bloc comme suspects ; ils ne peuvent franchir le périmètre de la zone frappée d’interdiction que pour être conduits, sous une surveillance spéciale, dans des abattoirs déterminés.
Ainsi pratiquée, l’inoculation ne présente plus aucun des inconvénients précités; sans doute, les foyers sont moins rapidement éteints par ce procédé que par l’abatage des malades et des contaminés, mais, inévitablement, le nombre des malades diminue chaque année et la maladie finit par s'éteindre.
Cette méthode a été appliquée pour la première fois en Hollande, dans le Spoeling district. En raison du nombre considérable des animaux entretenus dans les distilleries, le gouvernement hollandais hésitait à étendre à ce district l’obligation de l'abatage des contaminés, en vigueur depuis 1870 dans le reste de l’État. Aux termes de l’ordre du 17 août 1878, tous les bovidés existants dans les localités déclarées infectées, et tous ceux qui y sont introduits, sont inoculés et marqués ; ils ne peuvent sortir des étables que pour être abattus. Les résultats obtenus sont immédiats;
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en cinq années à peine, la péripneumonie a presque complètement disparu :
Armées.
Animaux inoculés .
Animaux malades.
Dès 1884, l’abatage général est obligatoire dans toute la Hollande, le Spoeling district y compris, et la contagion est définitivement vaincue.
Une expérience analogue est réalisée en Belgique, en 1885, dans un faubourg d’Anvers, Borgerhout, dont les nombreuses étables étaient, depuis un long temps, envahies en permanence par la péripneumonie. Sur l’initiative de M. Dèle, « la plupart » des animaux furent soumis à l’inoculation; la péripneumonie disparut de toutes les étables dans lesquelles l’opération fut pratiquée.
En 1890, une nouvelle tentative, non moins probante, est faite en France, à Levallois-Perret. Cette petite commune compte, en moyenne, huit cents vaches laitières, réparties en cinquante-six étables. Toutes ces étables, sauf trois, sont infectées ou l’ont été récemment; on y enregistre chaque mois de douze à quinze nouveaux cas de péripneumonie. Le 11 mars 1890, une ordonnance du Préfet de police déclare la commune entière infectée de péripneumonie ; on inocule obligatoirement tous les animaux existants dans la commune (722) et tous ceux qui y sont introduits par la suite (588). Dès le mois d’août 1890, l’épizootie peut être considérée comme éteinte ; on n’observe guère plus d’un malade par mois ; il s’agit, le plus souvent, d’un sujet nouvellement introduit possédant déjà le germe du mal, ou d’un de ses voisins d’étable, contaminé en dépit d’une inoculation plus ou moins ancienne.
4° Abatage des malades et des contaminés. — Ce système, aussi simple que radical, comporte l’abatage des malades et celui de tous les bovidés qui, directement ou indirectement, ont été exposés à la contagion. La méthode a été employée dans les conditions les plus diverses; partout et toujours elle a triomphé rapidement de la contagion.
En Hollande, le principe de l’abatage général est inscrit dans la loi dès 1872; toutefois, il n’est appliqué complètement qu’à partir de 1877. Les chiffres suivants traduisent éloquemment les résultats obtenus :
ANNÉES
BOVIDÉS
malades.
ABATTUS
contaminés.
ANNÉES
BOVIDÉS
malades.
ABATTUS
contaminés.
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En Suède, le même système avait été 'appliqué en 1849 et en 1856; dans les deux cas, la péripneumonie importée avait rapidement disparu. En Danemark, la maladie est six fois signalée de 1848 à 1886, à la suite d’importations de bétail affecté ; toujours elle est promptement détruite dans les premiers foyers constatés. Dans le grand-duché de Bade, en Suisse, dans le Luxembourg, la péripneumonie est combattue par le même moyen et elle disparait en quelques années. Le Massachusetts est débarrassé en cinq années de la contagion ; on sacrifie 1 200 bovidés ; les dépenses s’élèvent à 400000 francs seulement.
Jusqu’ici toutefois, le système héroïque de l’abatage total n’est appliqué qu’en de petits États, dans lesquels la surveillance sanitaire est relativement facile, et il est permis de se demander si de grands pays pourraient tenter pareille entreprise avec le même succès. Une réponse péremptoire est donnée par l’exemple de la Grande-Bretagne (1), des Etats-Unis d’Amérique et de l’Autriche.
En 1886 el en 1887, on compte chaque année 2500 bovidés atteints de péripneumonie, en Angleterre et en Ecosse. Les mesures sanitaires alors en vigueur, qui ordonnent l’abatage des malades et la surveillance des contaminés, n’ont pu enrayer la contagion; à l’exception du pays de Galles, loule la Grande-Bretagne est envahie. Un ordre du 6 mars 1888, prescrit l’abatage en masse (slcimping-out) des malades et des contaminés et l’indemnisation des propriétaires sur les fonds locaux. Du 10 mars 1888 au 1er septembre 1890, on abat plus de 30 000 animaux, dont 25000 sont simplement contaminés; cependant, le nombre des malades reste sensiblement le même et le chiffre hebdomadaire des invasions nouvelles n’a pas varié.
Les autorités sanitaires du Royaume-Uni ne se trompent pas sur la signification de ces résultats; un échec dans la mise en pratique de mesures théoriquement parfaites ne peut être imputé qu’à des défauts graves dans l’application. Il est indispensable, pour que le « stamping-out» produise tous ses effets, que tous les animaux sortis d’un foyer soient poursuivis, retrouvés et abattus avant qu’ils aient pu créer de nouveaux centres d’infection; il faut aussi qu’une enquête permette de découvrir l’origine de la contagion et de détruire le foyer originaire. Pour remplir en temps utile celle double mission, les autorités locales sont inévitablement insuffisantes. Celte constatation faite, il devenait nécessaire de retirer aux administrations locales les pouvoirs qu’elles ne pouvaient convenablement exercer ; un act du 4 juillet 1890 confère au Ministère de l’agriculture des pouvoirs suffisants pour appliquer directement les mesures prescrites par l’act de 1888. Les résultats obtenus sont immédiats ; le chiffre des animaux atteints, qui était encore de 2 057 en 1890, tombe successivement à 778 en 1891, à 130 en 1892, à 30 en 1893, à 13 en 1894, à zéro en 1895.
(1) Nocahd. La lutte contre la péripneumonie en Angleterre. Bulletin de la Soc. centr. de méd. vét., 1 802, p. 82.
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Un exemple semblable est fourni par les États-Unis d'Amérique. Vers 1886, la péripneumonie, localisée d’abord aux États de l'est, gagne les centres d’élevage de l’ouest ; elle cause des pertes immenses dans les étables des distilleries de Chicago ; dans le Kentucky seulement, on évalue les pertes subies à 50 millions de francs. Jusqu’en 1887, les divers États ordonnent simplement l’abatage des malades et aucun résultat n’est obtenu. Une loi fédérale du 3 mars 1887 applique à la péripneumonie le système de l’abatage général des malades et des contaminés. Dès la fin de 1887, la contagion a disparu de l’Illinois, du Massachusetts et de la Colombie; un an plus tard, on ne constate plus que quelques foyers dans le Maryland, le New-Jersey et le New- York. Les chiffres suivants indiquent les progrès réalisés :
Années.
Animaux abattus
1886-87 1887-88 1888-89 1889-90 1890-91 Totaux.
malades
contaminés. 1.57G
Le 26 mai 1892, le secrétaire d’Etat à l’Agriculture déclare officiellement que les États-LTnis d’Amérique sont indemnes de péripneumonie. Lesfrais causés s’élèvent seulement à 7 millions et demi de francs.
En Autriche, les faits sont plus éloquents encore. Jusqu’en 1892, les statistiques accusent une moyenne de 2000 cas de péripneumonie et les chiffres officiels sont notablement inférieurs à la réalité. L’abatage général est appliqué à dater du 10 octobre ; « l’extinction est si rapide qu’un an plus tard on ne constate plus que des cas isolés, sur des bêles introduites en contrebande sur les frontières de la Hongrie, de la Basse- Autriche, de la Moravie, de la Galicie et de la Silésie » (Sperk). En 1895, la Bohême seule signale quelques malades; en mars 1896, la péripneumonie a disparu. On a abattu 18 653 animaux; les indemnités payées s’élèvent au total de 3889 415 francs.
La Hongrie utilise en ce moment même la méthode de l'abatage général ; déjà les résultats acquis permettent d’affirmer un nouveau et éclatant succès. Sous l’influence des prescriptions de la loi de 1893, le nombre des malades tombe de 2 374 en 1894 à 868 en 1895 et à 313 en 1896.
11 ressort de l’exposé qui précède que deux systèmes sanitaires possèdent une réelle valeur ; l’un comprend, avec l’abatage des malades, l’inoculation préventive de tous les bovidés dans la zone infectée; l’autre consiste en l’abatage général des malades et des contaminés.
Il est facile de préciser les indications spéciales de chaque méthode. Alors que la péripneumonie sévit en des foyers peu étendus, même nombreux et disséminés, l'abatage total s’impose comme la mesure la plus efficace et la plus économique. Par contre, le stam-
LÉGISLATION
ping-out 11e saurait être appliqué d’emblée dans des régions gravement infectées, renfermant une population très dense et fréquemment renouvelée. Ces derniers foyers doivent être attaqués d abord par le système de Y inoculation préventive généralisée ; après quelque temps, alors que la maladie est devenue moins fréquente, on achève l’extinction par l'abatage total.
A l’heure actuelle, la France pourrait être débarrassée définitivement de la péripneumonie, à peu de frais, et en quelques années au plus. En dehors du département de la Seine et de la région du nord, la maladie n’est plus que rarement signalée. L extension de la déclaration d’infection à tout le département de la Seine permettrait de soumettre à l’inoculation préventive tous les bovidés actuellement entretenus, comme tous ceux qui seraient introduits ; elle permettrait en outre d’en interdire la vente pour une destination autre que la boucherie. Après une ou deux années, il serait possible de substituer l’abatage total à ces mesures préparatoires et de détruire à coup sûr l’un des plus anciens foyers de la péripneumonie en Europe.
Presque toutes les nations ont compris que l’heure était venue de supprimer la péripneumonie de la liste des contagions permanentes. Des Etats gravement envahis et difficiles à défendre n’ont pas craint de recourir récemment à l’abatage total. Il est démontré que cette mesure est aussi économique qu’efficace.
« Aucun des moyens employés pour combattre l’épizootie, écrit le conseiller Sperk, n’est aussi peu coûteux que l’abatage des troupeaux infectés, avec indemnisation. » L’Allemagne et la France continuent malgré tout à entretenir la péripneumonie par des hésitations aussi coûteuses qu’incompréhensibles.
Législation. — En France, les mesures applicables à la péripneumonie sont indiquées par les articles 9 et 17 de la loi de 1881 et parles articles 21, 28, 65, 66, 70 et 84 du décret de 1882.
« Dans le cas de péripneumonie contagieuse, le Préfet devra ordonner Yabalage , dans le délai de deux jours, des animaux reconnus atteints de cette maladie par le vétérinaire délégué, et V inoculation des animaux d’espèce bovine, dans les localités reconnues infectées de celte maladie. Le Ministre de l’agriculture aura le droit d’ordonner l’abatage des animaux d’espèce bovine ayant été dans la même étable, ou dans le même troupeau, ou en contact avec des animaux atteints de péripneumonie contagieuse » (Art. 9, loi).
« Il est accordé aux propriétaires d’animaux abattus pour cause de péripneumonie contagieuse ou morts par suite de l’inoculation, en vertu
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de l'article 9, une indemnité ainsi réglée : La moitié de leur valeur s’ils en sont reconnus atteints ; les trois quarts, s’ils ont été seulement contaminés; la totalité, s’ils sont morts des suites de l’inoculation de la péripneumonie contagieuse. L’indemnité à accorder ne peut dépasser la somme de 400 francs pour la moitié de la valeur de l’animal ; celle de 600 francs pour les trois quarts, et celle de 800 francs pour la totalité de la valeur » (Art. 17, loi).
Les bovidés contaminés sont soumis à la surveillance sanitaire pendant trois mois au moins, à compter de la date du dernier cas constaté.
A la frontière, les animaux malades sont abattus; les contaminés sont repoussés, après avoir été marqués.
Les veaux nés dans une étable infectée sont abattus par ordre du Préfet ; il est accordé une indemnité égale aux trois quarts de la valeur. Toutefois le propriétaire est autorisé à conserver les animaux jusqu’à ce qu’ils puissent être livrés à la boucherie ; dans ce cas, aucune indemnité n’est allouée (Instruction du ministère de l’agriculture du 7 juin 1890).
Une circulaire ministérielle, en date du 29 février 1896, prescrit l’envoi dans les écoles vétérinaires des poumons provenant d’animaux abattus pour cause de péripneumonie contagieuse.
En Algérie , les bovidés malades et contaminés sont abattus. 11 est accordé une indemnité de la moitié de la valeur pour les malades et des trois quarts pour les contaminés. Les indemnités ne peuvent dépasser la somme de 200 francs pour la moitié de la valeur et celle de 300 francs pour les trois quarts (Décret du 12 novembre 1887).
Allemagne. — Les bovidés malades ou suspects sont abattus. Il est accordé une indemnité égale aux quatre cinquièmes de la valeur pour les animaux reconnus atteints à l’autopsie, et à la totalité de la valeur pour ceux qui sont trouvés indemnes (Loi du 23 juin 1880).
Autriche. — Les bovidés malades, suspects ou contaminés sont abattus. Il est accordé une indemnité égale aux dix-neuf vingtièmes de la valeur pour les animaux malades, suspects ou contaminés, et une indemnité totale pour les animaux abattus comme ayant pu être contaminés (Loi du 17 août 1892).
Belgique. — Les animaux affectés sont abattus. Le ministre peut ordonner l’abatage des bêtes suspectes, dans le cas où des foyers importants viendraient à s’établir, dans des conditions telles que l'abatage des animaux atteints serait reconnu insuffisant pour éteindre ces foyers. Dans les localités et les exploitations où règne habituellement la péripneumonie contagieuse, aucune bête bovine ne peut être introduite dans les étables ou les autres locaux affectés à l’engraissement, sans avoir été soumise, au préalable, à une quarantaine de quinze jours, dans un local isolé cl desservi par un personnel spécial (Arrêté du 20 septembre 1883).
Il est accordé pour les malades abattus une indemnité du tiersde la valeur, avec un maximum de 200 francs (Arrêté du 3 juin 1890) ; pour les suspects,
l’indemnité est égale à la moitié de la valeur sans pouvoir dépasser 300 francs (Arreté du 6 juillet 1887).
Danemark. — Tous les bovidés atteints et ceux qui ont pu être contaminés sont abattus. Il est accordé une indemnité égale aux quatre cinquièmes de la valeur (Loi du 14 avril 1893).
Grande-Bretagne . — Tous les animaux malades et tous ceux qui ont pu être en contact, direct ou indirect, avec les malades ou leurs produits sont abattus (Ordre du (3 mars 1888). Le ministère de l’agriculture possède tous les pouvoirs relatifs à l’exécution de ces mesures; les indemnités, payées sur les « fonds de l’empire », sont calculées d’après la valeur entière des animaux (Act du 4 juillet 1890).
Hollande. — Tous les bovidés atteints et contaminés sont abattus. L'indemnité est égale à la moitié de la valeur pour les malades et à la totalité de la valeur pour les contaminés. Dans les communes infectées, tous les bovidés sont marqués et surveillés par des agents assermentés (Loi du •20 mai 1890).
Hongrie. — Les bovidés malades ou suspects sont abattus ; le ministre de l’agriculture peut ordonner l’abatage des animaux exposés à la contagion. Il est accordé, pour tous les animaux abattus, une indemnité des neuf dixièmes de la valeur (Loi et Ordre du 1er mars 1893).
Norvège. — Les malades sont abattus avec une indemnité égale aux deux tiers de la valeur. Le gouvernement peut ordonner l’abatage des contaminés (Loi du 20 mai 1882).
Roumanie. — Les animaux atteints de péripneumonie sont abattus et les suspects sont séquestrés. Le ministre de l’intérieur peut, sur l'avis de la commission sanitaire, ordonner l’abatage ou l’inoculation des animaux suspects de péripneumonie. L’indemnité estégaleà la totalité de la valeur pour les bovidés morts des suites de l’inoculation ou abattus comme malades et trouvés sains, aux trois quarts de la valeur pour les bovidés abattus comme suspects et trouvés atteints (Loi du 27 mai 1882).
Suède. — Les malades et les suspects sont abattus. Si l’autopsie confirme le diagnostic, les contaminés sont abattus ou isolés pendant cent vingt jours. L’indemnité est égale à la valeur entière (Loi du 23 septembre 1887).
Suisse. — Les animaux atteints et ceux qui sont trouvés dans la même étable ou dans le même pâturage doivent être abattus. Seront déclarés infectés, toutes les étables, enclos et pâturages situés dans un périmètre d’environ un kilomètre de rayon, à compter du point infecté, et toutes les étables, enclos etc..., dont les animaux ont été, d’une manière plus ou moins directe, exposés à la contagion.