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III. — Diagnostic

a) Bovidés. — Le diagnostic de la fièvre aphteuse ne présente généralement aucune difficulté; on est appelé presque toujours à la constater dans une région que l’on sait être infectée, et les

(1) Postolka. Bôsartige Form der Maul-und Klauenseuclie . Thierârztl. Centralblatt, 18<)5, p. 381. — Mayh. U cher das dicssjcihrige Auftreten der bôsartigen Maul-und Klauenseuche... Jahresb. der thierârztl. Ilochschule in München, 1807, p. 89 (avec bibliogr.).

( 2 ) On rencontre exceptionnellement des plaques de nécrose à la surface et au bord des feuillets (Ulrich et Wilhelm) ; ces lésions sont encore plus rares sur la panse et le réseau. Le rapport de la Commission anglaise de 1 8GG mentionne et reproduit des lésions nécrotiques du feuillet identiques à celles de la peste bovine (Planche X).

DIAGNOSTIC

symptômes se présentent, chez quelques-uns au moins des sujets affectés, avec des caractères évidents. Il en est autrement si la maladie doit être reconnue en l’absence de tout renseignement, sur un marché ou sur un animal nouvellement importé. Dans ces conditions, le diagnostic ne sera encore embarrassant que s’il s’agit de formes atypiques, comme les localisations viscérales ou les éruptions tégumentaires avortées.

Il n’est pas d’affection des bovidés qui simule l’éruption aphteuse sur la muqueuse de la bouche. Sur la mamelle, l’éruption sera facilement différenciée du cow-pox transmis , consécutif à l’inoculation accidentelle du horse-pox; celui-ci se traduit par des pustules véritables, pourvues d’un bourrelet périphérique, mais irrégulières dans leurs formes. L’inoculation au veau permettrait facilement la distinction, en provoquant l’évolution de pustules vaccinales facilement reconnaissables (V. Vaccine). En dehors de ces éruptions très rares, il en existe d’autres, de nature indéterminée, qui sont désignées sous le nom de faux cow-pox. Elles affectent la forme de vésicules ou de vésico-pustules et elles simulent d’autant mieux la fièvre aphteuse qu elles apparaissent sous une forme enzootique.

La fièvre aphteuse localisée aux onglons devient rapidement méconnaissable; elle peut être confondue avec des lésions traumatiques diverses et avec des affections enzootiques incomplètement étudiées, notamment avec le piétin du bœuf (1).

Les formes graves pourraient être confondues avec Yentèrite aiguë, la congestion pulmonaire, la fièvre charbonneuse...-, la disiinction est assurée par la constatation des aphtes sur le tégument, chez les malades ou chez les animaux voisins.

La nature des accidents sera facilement prévue chez les veaux placés dans un milieu infecté.

6) Mouton. — La signification de la localisation buccale est univoque; les altérations des onglons peuvent être confondues avec le piétin, mais il est rare que l’on ne trouve pas dans le troupeau quelques sujets atteints de lésions buccales, et cette constatation permet de rattacher les lésions podales à leur véritable cause.

(1) La Zoppina lombarda, enzootique chez les bovidés dans la Lombardie et la Lomelline, est toute différente de la fièvre aphteuse; elle consiste en la présence d'ulcérations dans l’espace interdigité, avec nécrose consécutive des tissus profonds. La maladie paraît être de même nature que le piétin du mouton.

Voyez sur ce sujet : Mazzini. Su/la podoparenchidermite acuta dette vacche... Turin, 1891. — Hess. Die Klauenkrankkeiten des Rindes. Landw. .lahrbuch, 1892, et brochure. — Trevisan. La zoppina lombarda a Venezia. Moderno Zooiatro, 1893, p. 42.

FIÈVRE APHTEUSE.

c) Porc. — La fièvre aphteuse est toujours reconnue; il n’est aucune affection qui se traduise, chez cette espèce, par une éruption analogue.

Étiologie. — Étude expérimentale.

Matières virulentes. — Le liquide contenu dans les plilyctènes, en quelque point qu’elles évoluent, renferme à peu près exclusivement le virus. Les propriétés infectieuses sont étendues à toutes les sécrétions souillées par la matière virulente, après la déchirure de l’aphte ; le jetage, la salive, la chassie deviennent ainsi des véhicules de la contagion.

La virulence du lait des animaux aphteux a été longuement discutée. Alors que des faits précis d’observation tendaient à faire admettre ses propriétés infectieuses, d'autres, en grand nombre, semblaient établir la non-virulence. Ces dissidences sont explicables aujourd’hui; le lait recueilli purement dans la mamelle n’est jamais virulent; mais il le devient, comme le jetage et la salive, par son mélange avec le contenu des aphtes. La souillure est presque inévitable dans le cas d’éruption sur les mamelles, les aphtes étant déchirés pendant la mulsion; elle est certaine alors que les aphtes occupent l’extrémité des trayons et qu'ils pénètrent dans le canal excréteur.

La virulence du sang, affirmée par Spinola, a été recherchée en vain par la plupart des expérimentateurs (1).

Le virus est très actif; il suffit de 1/5000 de c. c. pour assurer l’infection; avec 1/20000 de c. c., la transmission est douteuse; des doses plus faibles sont inactives. L'observation montre que le lait conserve, sous une grande masse, des propriétés infectantes, s’il est souillé par le liquide virulent des vésicules. On peut admettre que les déjections sont virulentes lors de complications intestinales, encore qu’aucune démonstration directe n’ait été donnée.

Réceptivité. — Les bovidés et le porc possèdent une réceptivité considérable pour le virus aphteux; le mouton et la chèvre sont plus résistants; pourtant la transmission expérimentale est

(1) Les expériences de la Commission allemande donnent des résultats variables ; à l’Office impérial d’hygiène, les inoculations, pratiquées suivant tous les modes, ne communiquent jamais la maladie ; à 1’ « Institut pour les maladies infectieuses », on obtient au contraire l’infection par l’inoculation au veau du sang pris sur des animaux inoculés depuis 12-28 heures seulement.

obtenue aisément d’une espece à une autre, par l’inoculation sur la peau ou sur les muqueuses extérieures.

L’influence de l’âge sur la réceptivité est bien établie ; la maladie est toujours plus grave chez les jeunes. Cependant, le mode de l’évolution est déterminé par le procédé de l’infection, autant que par le degré de la réceptivité ; chez les sujets non sevrés, l’ingestion de lait virulent explique la localisation sur l'intestin.

Les variations dans l’aptitude individuelle sont évidentes. Dans les étables infectées, un certain nombre d’animaux échappent à la contagion. Dans un môme milieu, l’affection revêt des degrés différents d’intensité chez des animaux qui paraissent placés dans des conditions identiques. — Une première atteinte confère un certain degré d’immunité, mais la durée de celle-ci est variable. Alors qu’elle persiste, chez certains animaux, pendant trois ans et plus, elle a disparu chez d’autres après 3-6 semaines ; on peut admettre une période moyenne d’immunisation complète de deux années: l’état réfractaire disparaît ensuite graduellement et lentement; une seconde atteinte reste toujours bénigne (1).

Albrecht(2) a tenté en vain d’obtenir la transmission expérimentale au cheval, au chien, au chai, à la poule par inoculation et par frottement sur la muqueuse de salive virulente encore chaude (3). Le lapin, le cobaye , la souris, le mulot et les oiseaux sont également réfractaires (Lœffler et Frosch).

Modes de la contagion. — La contagion de la fièvre aphteuse est des plus subtiles et elle s’exerce par les modes les plus divers.

Dans une étable infectée, la transmission s’opère avec une extrême facilité d’un animal à un autre. La bave, rendue virulente par le liquide des aphtes, souille les fourrages et les litières ; l’inoculation s’effectue dans la cavité buccale des animaux voisins, lors de la préhension des fourrages infectés, ou entre les onglons, par les érosions que déterminent les brins de paille chargés de virus. Par des modes analogues s’expliquent les inoculations à la mamelle,

(1) D’après Frdhner, les veaux nés de mères affectées posséderaient une immunité solide, persistant pendant plusieurs années.

Fkôhner. Zur Immunitiit bei Maul-und Klauenseuche. Deutsche thierârztl. Wochenschr 1897, p. 92.

(2) Albrbcht. Uebertragbarkeit der Maul-un l Klauenseuche auf andere Hausthierarten . Ref. in Berlin, thierârztl. Wochenschr., 1890, p. 270.

(3) Ilecker affirme avoir obtenu l’infection du chat jeune (2-3 mois), par l’inoculation du contenu des aphtes dans les muscles et sur les muqueuses. Au contraire le chat adulte est réfractaire.

Decker. Experirnentelle Uebertragung der Maul-und Klauenseuche auf Kafzen. Berliner thierârztl. Wochenschr., 1898, p. 61.

Nocahd et Leccainche. — 2e édit.

FIEVRE APHTEUSE.

notamment à l’extrémité du trayon, ou encore sur le périnée et sur les bords de la vulve ; la pénétration du virus s’opère ici sur les animaux couchés, après souillure directe ou indirecte des litières.

La contagion s’exerce aussi par l’intermédiaire des seaux, des auges, des abreuvoirs communs... Un mode de contamination fréquent est réalisé par les personnes chargées de la mulsion ; celles-ci souillent leurs mains de virus sur les trayons des animaux infectés et elles inoculent aux mêmes points les bétes restées saines.

L’infection des jeunes non sevrés est réalisée par inoculation directe à la bouche, s’ils sont laissés avec les mères ; s’ils sont isolés, elle se produit par l’intermédiaire du lait, mélangé de matières virulentes.

Le contage est transporté d’une étable à une autre par les eaux provenant des milieux infectés, par les personnes qui visitent les locaux, notamment par les bouchers, les marchands de bestiaux, les vétérinaires... Les petits animaux, tels que les chiens et les chats, sont dangereux au même titre.

Le séjour des animaux dans des pâturages ou dans des étables contaminés, le simple passage sur des routes parcourues depuis peu par des malades, l’exposition sur des champs de foire où séjournent des sujets malades ou convalescents, le passage suides quais d’embarquement souillés ou le transport dans des wagons infectés suffisent également pour assurer la contagion.

La diffusion est réalisée par la dissémination, dans toute une région, d’animaux exposés sur un marché infecté, ou encore par le passage de troupeaux renfermant des malades. Les marchands et les bouchers portent la maladie de village en village, en visitant les étables. Le colportage des porcelets est signalé comme un mode de diffusion de la maladie.

L'extension et la rapidité des transactions commerciales rendent les invasions toujours imminentes; la prohibition absolue des importations peut seule préserver pendant quelque temps un pays indemne.

Modes de la pénétration du virus. — La pénétration du virus s’opère facilement à travers les téguments. Sur les muqueuses, un léger frottement suffit pour obtenir l’inoculation ; celle-ci est assurée par la préhension et la mastication des fourrages souillés et par les érosions superficielles des muqueuses de la vulve et de l’anus. Les excoriations de la peau, dans les endroits où celle-ci est fine et dépourvue de poils (extrémité des trayons,

PATIIOGÉNIE.

mamelle, espace interdigité...), permettent également 1 absorption.

La pénétration par les voies digestives est consécutive à 1 ingestion de lait ou d'aliments virulents. Peut-être le virus desséché peut-il être porté directement dans les voies respiratoires, par les poussières inhalées. — « L’injection de la lymphe virulente dans le péritoine ou dans les muscles constitue un procédé assez sûr. — L’inoculation intra-veineuse du contenu des aphtes détermine, après 1-3 jours, des accidents fébriles et la formation d’aphtes, d’abord dans la bouche et aux mamelles chez les vaches laitières, puis aux onglons, après un ou deux jours. Quand l’éruption s’opère, le virus disparaît du sang. » (Loeffler et Frosch).

Pathogénie. — Le mode d’évolution du virus dans l’organisme est presque totalement inconnu. Lors de contagion naturelle, la période d’incubation est de 2-6 jours en moyenne ; les périodes extrêmes indiquées sont de 36 heures (Harms) et de 14 jours (Schrader, Lies...). Godbille admet une période de quarante-huit heures au minimum.

Les résultats expérimentaux confirment ces assertions. Leistikoff constate, à la suite de l’inoculation de la salive, des périodes d’incubation de trois jours chez les bovidés, de cinq jours chez le porc et de six jours chez le mouton. Schuetz(l) inocule, au bœufet à la génisse, le contenu des aphtes, au moyen de fils de laine imprégnés et fixés entre les incisives. Les premiers symptômes apparaissent aprèsquarante-huit heures; ils débutent par la diminution de l’appétit et une légère élévation de la température, vers 39°, 5; après soixantehuit heures, des taches rosées se montrent au voisinage des points d’inoculation et la salivation s’établit; la température s’élève alors à 40°, 5 (2). La Commission allemande (1897) constate les mêmes faits : la fièvre initiale apparaît de 12 heures à 6 jours après l’inoculation; l’éruption s’opère après 2-10 jours.

A la suite de la contagion naturelle, l’éruption est localisée le plus souvent au niveau des points d’inoculation et la répartition des lésions permet de préjuger du mode de la contamination. La muqueuse buccale est envahie en cas de transmission par les

U) Schuetz. Impfversuche zum Sc/nitze gegen die Maul-und Klauenseuche . Archiv fur Thierheilk., t. XX, 1894, p. 1.

(2) L'infection s'opère dans des conditions semblables chez l'homme. Dans l'expérience de Ilertwig, Mann et Villain ( Medicinische Zeitung, 1834, p. 226), la fièvre initiale apparut deux jours, quatre jours et cinq jours après l'ingestion du lait virulent, précédant de vingt-quatre et quarante-huit heures l’éruption vésiculeuse. — Chez un' enfant, inoculé par Rayer et Bousquet, les vésicules ne se montrèrent qu’après la fièvre! survenue trois jours après l'inoculation ( Archives de méd. comparée , t. I, 1843, p. i:o)'

FIÈVRE APHTEUSE.

aliments; les aphtes occupent les espaces interdigités et la région coronaire ou l’extrémité des trayons si l’inoculation est due aux litières; ils siègent sur les trayons dans les cas où le virus est apporté par les mains des trayeurs. Les jeunes, infectés par le lait virulent, succombent à une éruption- sur la muqueuse gastro-intestinale.

L’infection du fœtus est possible dans les derniers jours de la gestation (1). Les veaux montrent une éruption de fines vésicules au niveau de la bouche et des onglons ; ils succombent quelques heures ou quelques jours après la naissance.

Résistance du virus. — Les observations recueillies démontrent que le contage est facilement détruit par la désinfection sommaire des lieux infectés, ou même simplement par l’action de l’air et de la lumière. Cependant des faits précis établissent que le virus se conserve pendant plusieurs mois dans les étables (11 mois; Gyps, Peucb), sous des conditions indéterminées.

Le virus résiste mal à la dessiccation ; une lame recouverte de lymphe, placée dans un exsiccateur, en présence de l’acide sulfurique, est stérilisée en 18 heures, à une température de 22°. Le bois, la pierre, la flanelle souillés par le virus sont stériles après 24 heures, à la température de la chambre et à la lumière diffuse du jour. La virulence est détruite par le chauffage à 45° en une heure 20 minutes, à 50° en 15 minutes, à 70° en 10 minutes; à 100° la stérilisation est immédiate. La résistance aux antiseptiques est peu marquée; les solutions d’acide phénique à 1 p. 100, de formol à 2 p. 100, de soude à 3 p. 100, d’acide chlorhydrique à 1 p. 100, d’acide phosphorique à 1 p. 100 et le lait de chaux tuent en moins d’une heure.

La lymphe recueillie purement dans des vésicules fraîches, renfermée dans des tubes capillaires soudés à la lampe, conserve pendant plus d’un mois sa virulence à l'abri de la lumière, à la température de la chambre ou dans une glacière à — 8-10°. La conservation est plus longue encore après mélange de la lymphe, dans la proportion de 1 : 4, avec un mélange à parties égales d’eau et de glycérine ou avec une solution à 0,9 p. 100 de chlorure de sodium.

Immunisation. — L’inoculation du sérum provenant d’animaux

(1) Bodenmüller. Aphtenseuche emes Fœtus. Wochenschr. f. Thierheilk., 1896 (lobs.). — Môbils. lntrauterine Uebertragung der Maul-und Klauenseuche. Sachs. Berieht fur 1895, p. 73 (2 obs...

TRAITEMENT. 405

antérieurement affectés et réfractaires ne confère aucune immunité (Behla, David, Schuetz, Kitt).

Loeffler et Frosch constatent que l’immunité peut être conférée par l’inoculation intra-veineuse de 1/100° à 1/1 0e de centimètre cube de lymphe aphteuse, chauffée à 37° pendant douze heures. Les résultats ne sont pas constants; 30-50 p. 100 des animaux traités résistent à une inoculation virulente pratiquée après trois semaines. Un procédé plus sur consiste dans l’injection dans les veines de lymphe virulente (l/40°-l/50e de centimètre cube) mélangée à du sang défibriné provenant d’un animal immunisé par une atteinte antérieure ; on provoque seulement de l’hyperthermie et l’état réfractaire est créé chez 95 p. 100 des porcs et 75 p. 100 des bovidés (1).

D’après Siegel (2), on n’obtient aucune atténuation du virus par l’inoculation à un animal peu sensible (mouton) ou par l’action des agents chimiques, de la chaleur et de la dilution. Au contraire, le sang des malades, recueilli au moment de l’éruption vésiculeuse, est immunisant pour les animaux qui le reçoivent sous la peau ; ceux-ci, à quelques exceptions près, ne réagissent point à l’inoculation virulente ultérieure. Le sang immunisant conserve ses propriétés pendant plusieurs semaines, alors qu’il est défibriné et mélangé à la glycérine.

Ces résultats, encore incomplets, permettent d’espérer que des méthodes précises d’immunisation seront bientôt formulées.

Traitement.

De nombreuses médications ont été conseillées dans le traitement des diverses localisations aphteuses. Les indications se réduisent à des soins hygiéniques, destinés à prévenir les complications et à ln\ter la cicatrisation des plaies. Aucun médicament ne possède une action spécifique sur l’évolution de la maladie.

Dans les cas de localisation buccale , on donnera aux malades des aliments choisis; les fourrages secs seront proscrits; on conseillera les aliments verts, les légumes et les grains cuits, les soupes, les drèches, les barbotages... On pratiquera, plusieurs fois par jour, le lavage de la bouche et la détersion des plaies, par l’irrigation avec des solutions astringentes et antiseptiques étendues. Les dilutions

(1) La méthode est incertaine dans ses effets; les expériences de contrôle, entreprises par l’Office d’hygiène de Berlin, n’ont pas donné des résultats aussi favorables.

(2) Siegel. Vorlâu figer Berickte ùber weiteve Versuche... Ref. in Centralbl fur Bakter t. XXII, 1897, p. 605.

FIÈVRE APHTEUSE.

acides (acide sulfurique à 5 p. 1000, eau vinaigrée...), les solutions de chlorure de chaux à 2 p. 100, d’alun, d’acide phénique à 2 p. 1000, de créoline, d’acide salicylique... peuvent être employées. On a conseillé dans ces derniers temps la pyoktanine à 1 p. 1000 (Stilling, Bassi) et le formol à 1 p. 200 (Heydt). Pour éviter les complications résultant du trouble des fonctions digestives, on prescrit en outre le sulfate de soude et le bicarbonate de soude dans les boissons.

La localisation sur les onglons nécessite certaines précautions hygiéniques; les litières devront être fréquemment renouvelées; le sol sera maintenu sec par un drainage convenable. L’emploi des litières de tourbe est recommandable, et aussi l’installation d’un plancher permettant d’éviter l’humidité. La détersion de l’espace interdigité et de la région coronaire, avec les liquides antiseptiques déjà indiqués, suffit à éviter toute complication ; on a recommandé encore l’onguent égyptiac, le goudron de bois, le goudron phéniqué (Bugniet), le mélange (âa) de goudron et d’huile d’olives (Harms), la solution de permanganate de potasse (Peschel), le formol à 1 p. 100... Les complications de décollement de l'ongle ou la nécrose de diverses parties nécessitent l’application de pansements et une intervention chirurgicale appropriée.

Dans les cas de localisation sur les mamelles , le traitement doit tendre surtout à éviter la mammite. Les vaches seront soumises à de fréquentes mulsions ; alors que celles-ci deviendront trop douloureuses, on aura recours aux tubes trayeurs, leur emploi devant être aussi limité que possible, pour éviter la paralysie du sphincter du mamelon. Le traitement local est assuré par l’emploi des solutions antiseptiques indiquées déjà.

Le traitement des formes graves ne comporte que peu d'indications particulières. La localisation intestinale sera combattue par les médications applicables à l’entérite aiguë ; on aura recours aux sinapismes et aux breuvages mucilagineux tièdes, additionnés d’opiacés (laudanum, teinture d’opium...), de camphre, de bismuth ou d’agents antiseptiques (salicylate de soude, naphtaline, salol...), associés aux excitants diffusibles (alcool, essence de térébenthine et huile, café...). L'eau de goudron a été employée avec quelque succès, chez les veaux notamment.

Prophylaxie.

La prophylaxie de la fièvre aphteuse comprend l'étude des mesures sanitaires propres à empêcher l'invasion d'un pays ou à enrayer

PROPHYLAXIE

la diffusion dans une région infectée. Dans ce chapitre peut encore trouver place Y inoculation, qui constitue une méthode indirecte de prévention, en facilitant la surveillance des animaux artificiellement contaminés.

a) Mesures sanitaires. — I. — L’extrême facilité de la contagion rend pratiquement impossible la préservation complète d'un pays qui n’est pas protégé par des frontières naturelles. La visite sanitaire du bétail importé ne donne quelque garantie que si une quarantaine suffisante est imposée, et celte exigence équivaut à la prohibition complète. La fermeture des frontières aux animaux provenant des pays contaminés possède seule une réelle efficacité et tous les gouvernements y ont fréquemment recours. Encore cette mesure radicale ne suffit-elle point toujours pour éviter l'invasion; si la contagion n’est plus apportée directement de régions éloignées, elle arrive peu à peu jusqu’aux frontières et elle pénètre presque inévitablement.

L'histoire de la dernière épizootie aphteuse précise les modes de cette pénétration. De 1888 à 1891, la maladie envahit toute l'Europe centrale; la France, bien défendue par des mesures sévères de prohibition, reste à peu près complètement indemne ; mais, en 1891, la fièvre aphteuse a gagné la Belgique, le Rhin, la Suisse, l ltalie ; elle est à nos portes sur toute notre frontière orientale. La prohibition est désormais impuissante, car l'on ne peut supprimer complètement les rapports constants qui s’établissent entre les localités voisines, des deux côtés d'une frontière ouverte ; en 1892, la France est envahie une première fois et la maladie est importée dans le Pas-de-Calais, par des moutons introduits en fraude. Le foyer est éteint sur place; mais, en 1893, la fièvre aphteuse reparaît en différents points et elle s’étend dans toutes les directions.

L’exemple de la Grande-Bretagne montre, d’autre part, combien il est difficile d’éviter la pénétration. Protégée contre une contagion immédiate, par reptation, l’Angleterre, qui avait prohibe toutes les importations du continent, est néanmoins envahie à plusieurs reprises; en 1893, deux enzooties éclatent qui sont aussitôt éteintes par d’énergiques mesures sanitaires; en 1894, la fièvre aphteuse reparaît encore sur divers points.

Les mesures sanitaires protectrices, insuffisantes pour empêcher une invasion fatale, auront au moins cet effet de retarder celle-ci et c’est là un résultat considérable. L’observation montre en effet

FIÈVRE APHTEUSE.

que, au cours d’une épizootie, la fièvre aphteuse perd peu à peu une partie de sa puissance de diffusion et de sa gravité; très redoutable au début des grandes invasions, la maladie devient bénigne ensuite; plus tard encore, elle affecte des formes avortées, à peine contagieuses. C’est ainsi que l’épizootie dernière, qui a sévi pendant six ans en Allemagne sous un type extrêmement sévère, nous est arrivée affaiblie en 1893.

Tous les moyens devront donc être employés pour retarder l’invasion, et parmi ceux-ci la fermeture rigoureuse des frontières, étendue à tous les envois de provenance suspecte (1).

II. — L’extension de la contagion dans un pays contaminé est difficilement enrayée. Alors seulement que les foyers primitifs sont dénoncés dès leur apparition, on peut les détruire sur place par des mesures sanitaires énergiques. En 1892, la fièvre aphteuse importée dans le nord de la France est rapidement combattue et le foyer éteint sur place. En 1893, la maladie apparaît une première fois dans une étable de la banlieue de Londres ; tous les animaux contaminés sont abattus; les fourrages et les litières sont détruits; aucun autre cas n’est constaté. Quelques semaines plus tard, un nouveau foyer est signalé dans le Sussex, dans une ferme isolée ; on applique des mesures sévères de séquestration et cette fois encore la maladie disparaît.

Dans les épizooties graves, alors que des foyers multiples apparaissent en même temps, l’extinction ne peut être espérée. L'exemple de l’Allemagne et de la Suisse est probant à cet égard. L'Allemagne, qui dispose d’une organisation sanitaire complète et d’un personnel discipliné, n’a pu éviter l’envahissement successif de toutes les régions; la Suisse, malgré son excellente législation sur la matière, est infectée en permanence depuis plus de vingt années.

L'interdiction des foires et marchés, la réglementation de la circulation du bétail, la surveillance des transports... permettront de retarder seulement la marche envahissante (2).

III. — La préservation d’une étable, théoriquement possible, est en fait difficilement obtenue; souvent intervient un mode de contagion indirecte que le propriétaire n’a pas su prévoir. La séquestration stricte des animaux et l’interdiction des étables constituent les principales indications préventives. Toute mesure sanitaire est

(1) Nocard. La fièvre aphteuse du mouton. Police sanitaire à la frontière. Recueil de méd. vétér., 1895, p. 365.

(2) IIoehne. Der Kampf mit der Maul-und Klaucnseuche. Berlin, thierârztl. Wochenschr. , 1897, p. 325.

TRANSMISSION A l’iIOMME. 409

illusoire dès que la maladie s’est montrée dans l’étable; tous les sujets en état de réceptivité seront infectés.

Chez les bovidés, les modalités mêmes de la contagion aggravent encore les conséquences de l'infection. Les animaux sont contaminés successivement et la maladie persiste pendant plusieurs mois si la population est nombreuse. Certaines localisations compromettent l' utilisation ultérieure des animaux (boiteries persistantes chez les bœufs de travail, induration des mamelles chez les vaches laitières). Pour éviter ces inconvénients, l'on a eu depuis longtemps l’idée de provoquer la maladie, par l’inoculation dans une région déterminée, et de conférer ainsi l’immunité contre l’infection naturelle.

b) Inoculation. — Pratiquée pour la première fois en 1810, par Buniva, l’inoculation de la fièvre aphteuse n’a cessé d’être employée depuis, sans toutefois que son usage se soit généralisé (1). On a employé, pour l’insertion du virus, le frottement sur la muqueuse buccale ou sur le mufle, les sétons au fanon (E. Cavalli), aux oreilles, à la queue, les incisions cutanées (Clerc), les piqûres aux oreilles (Lehwess, Brandes).

Les divers procédés de l’inoculation cutanée, infidèles dans leurs résultats, sont peu employés à l’heure actuelle; l’on a plutôt recours à l’inoculation sur le mu Ile ou sur les muqueuses. La technique de l’opération est simple; il suffit de frotter la muqueuse, à la face interne des lèvres par exemple, avec un linge imprégné de la bave virulente ou du liquide aphteux. L’infection est obtenue chez les trois quarts environ des bovidés traités.

L'éruption se produit au point de la pénétration du virus et souvent sur toute la muqueuse buccale; l’on observe rarement l'infection secondaire des onglons.

L’inoculation transmet la maladie sans aucune atténuation, avec toutes ses conséquences, aussi doit-on y recourir seulement alors que l'étable est envahie et que la contamination de tous les animaux est certaine ( inoculation de nécessité). L'inoculation préventive, qui créerait un nouveau foyer de contagion, ne peut être autorisée en aucun cas; ses graves inconvénients ne seraient compensés d’ailleurs par aucun avantage. L'immunité conférée,

(1) L'histoire de l'inoculation aphteuse dans la première moitié de ce siècle est résumée dans les travaux suivants : Hektwig. lmpfung der Maul-und Klauenseuche Mag. fur Thierh., t. VIII, 1842, p. 389. — Ercolani. Sur l'inoculation des aphtes. Trad Recueil de méd. vét., 1858, p. 473.

FIÈVRE APHTEUSE.

moins solide que celle qui résulte de la maladie naturelle, persiste pendant un an en moyenne.

Transmission à, l’homme.

La contagiosité de la fièvre aphteuse des animaux à l’homme, affirmée pour la première fois par Michel Sagar, en 1765, est aujourd’hui complètement démontrée.

A diverses reprises, les médecins et les vétérinaires ont observé et signalé la coexistence d’épizooties et d’épidémies aphteuses; si ces constatations n’ont qu’une valeur probante relative, elles constituent une présomption en faveur de la contagiosité. De plus, des observations nombreuses ont été recueillies, et beaucoup d’entre elles sont d’une précision telle qu’elles possèdent la valeur d’une démonstration expérimentale. L’homme peut être contaminé, soit à la suite d’inoculation directe du virus pur, soit par l’ingestion de matières rendues virulentes, notamment par le lait des animaux atteints.

En 1834, trois vétérinaires prussiens, Hertwig, MannetVillain (1), expérimentent sur eux-mêmes l’action du lait provenant de vaches atteintes de fièvre aphteuse grave; pendant quatre jours, chacun ingère un quart de litre de lait. Tous trois présentent des éruptions aphteuses, localisées à la bouche ou étendues aux mains et aux doigts. En 1840, Hildebrandt (2) signale, dans un intéressant mémoire, plusieurs exemples de transmission à l'homme et surtout aux enfants, à la suite de l’ingestion de lait et de beurre provenant de vaches affectées ou d’inoculation directe sur les téguments; il établit en outre que la viande peut être consommée sans danger.

Depuis cette époque, de nombreuses observations ont été publiées qui démontrent la possibilité de la transmission par l'ingestion ou par l’inoculalion (3). En quelques cas, la maladie a revêtu un caractère épidémique. Chauveau observe une épidémie aphteuse, dans un pensionnat de Lyon où l’on consomme du lait provenant de vaches affectées de fièvre aphteuse. En 1874, llulin, de Louvain,

(1) Hertwig. Ueherlrarjunçi thierischër Ansleckungssloffe auf Menschen. Berl. med. Zeitung, 18:14, p. 225.

(2) IIildebrandt. Ueber Maul-und Klauenseuche . Magazin fur Thierheilk., t. VI, 1840, p. 145.

(3) La maladie a été plusieurs fois signalée chez des vétérinaires inoculés aux lèvres, à la suite d’attouchements avec les doigts chargés de virus (Hildebrandt, Collin) ou par l’intermédiaire d’un mouchoir souillé (Esser).

TRANSMISSION A L IIOMME.

étudie une épidémie étendue à toute une commune. En Angleterre, plusieurs épidémies sont signalées, qui coïncident avec l’ingestion de lait cru provenant d’animaux atteints; à Beecles, cent personnes présentent une éruption vésiculeuse de la bouche; à Douvres, en 1884, deux cent cinq personnes sont affectées d’aphtes dans la bouche et dans la gorge; l’enquête démontre que toutes consomment le lait d’une ferme dont les vaches sont atteintes de fièvre aphteuse.

Certains vétérinaires français, comme Viseur, d’Arras, et Boulay, d’Avesnes, considèrent la transmission comme un fait commun dans leur région. Pendant la dernière épizootie allemande, de nombreux faits de transmission à l'homme ont été rapportés ; G00 cas sont mentionnés, dans les rapports officiels, de 1887 à 1894.

Si la contagion à l’homme est certaine, les nombreux faits négatifs accumulés conservent toute leur valeur dès qu’il s'agit d'apprécier l’étendue du danger. Jusqu’en ces dernières années, la grande majorité des médecins et des vétérinaires croyaient à la non-contagion; tous avaient vu les personnes les plus exposées échapper à l’infection, alors que la conviction de l’innocuité faisait négliger toute précaution.

En 1876, à la suite de l’épidémie anglaise d’Eagley, le ministère de l’agriculture adresse aux vétérinaires français un questionnaire relatif à la contagion de la fièvre aphteuse à l’homme. A la première question : « La fièvre’ aphteuse est-elle susceptible de se transmettre à l’espèce humaine; connaissez-vous des exemples de transmission accidentelle? » presque tous répondent par la né-

gative.

L’enquête faite en Suisse, en 1870, par le professeur Pütz, donne des résultats semblables. A Paris, la fièvre aphteuse sévit presque chaque année sur les animaux amenés aux concours généraux ; une grande partie du lait est consommée sur place sans que jamais des accidents aient été signalés. Enfin un fait reste acquis : la fièvre aphteuse frappe, en certaines années, plusieurs centaines de mille têtes de bétail, en rapports constants avec des milliers d’individus et la maladie est exceptionnelle chez l’homme.

Toujours à craindre, la contamination est donc loin d’être imminente; il est certain que l’organisme humain constitue un terrain peu favorable à l’évolution du virus aphteux et que celui-ci ne peut s’y cultiver que sous certaines conditions.

Bien que tous les procédés de la contamination puissent être rapportés à l’inoculation du virus, on peut distinguer deux modes de

FIÈVRE APHTEUSE.

transmission de la maladie à l’homme : l’un, dû à une pénétration directe du contage, par effraction ou par des surfaces absorbantes, l’autre, consécutif à l’ingestion de lait virulent.

L inoculation directe, spéciale déjà aux personnes qui sont en contact avec les animaux, doit être assez rare; malgré la fréquence de la maladie chez les bêtes bovines, on ne signale que peu d’exemples de contagion. Le virus pénètre par des plaies, des éraillures cutanées, des crevasses... ; l’inoculation s’opère pendant la traite, lors* d’éruption sur les trayons, pendant l’examen de la bouche ou par l’intermédiaire de matières souillées par des produits virulents.

La contamination par le lait est la plus fréquente. Le lait provenant d’animaux aphteux est dangereux, non qu’il soit virulent par lui-même, mais parce qu’il est presque inévitablement souillé par des matières virulentes. Recueilli purement, ou pris directement dans la mamelle, le lait n’est pas virulent; il le devient s'il est mélangé, pendant la traite, au contenu des aphtes qui évoluent sur les trayons. Les recherches de Lœffler et Frosch montrent qu’une faible partie du contenu des aphtes suffit à rendre virulente une grande quantité de liquide.

Plusieurs observations établissent que le beurre et le fromage frais conservent la virulence et transmettent la maladie à l’homme.

La prophylaxie de la contamination de l’homme par le virus aphteux est des plus simples. On devra recommander toutes les mesures propres à éviter l'inoculation directe, par souillure des plaies et des muqueuses, conseiller le lavage des mains avec des solutions antiseptiques. Le lait des animaux aphteux ne sera consommé qu’après ébullition ; cette dernière précaution sera étendue au lait de toute provenance lors d’épizootie dans une région.

Un moyen de préservation indirect serait l'interdiction légale de la mise en vente du lait cru provenant d’animaux infectés, l'utilisation n’étant permise qu’après la stérilisation.

La viande des animaux aphteux n’est jamais dangereuse.

Législation. — France. — La constatation de la fièvre aphteuse entraîne la déclaration d’infection des locaux contaminés, avec séquestration et surveillance des animaux atteints et contaminés. Le Préfet peut ordonner la suppression momentanée des foires et marchés. La déclaration d’infection est levée quinze jours après la constatation du dernier cas et après désinfection. (Art. 29 à 32 du Décret de 1882.)

A la frontière de terre, les animaux malades et contaminés sont mar-

LÉGISLATION. 413

qués et repoussés. Dans les arrivages par mer, les animaux sont abattus et mis en quarantaine. (Art. 70, Décret de 1882.)

En Algérie, les mesures applicables sont identiques aux précédentes. (Décret du 12 novembre 1887.)

Allemagne. — Séquestration et mesures générales. En Prusse, un ordre du 30 mai 1891 ne permet l’utilisation du lait qu’après ébullition.

Autriche. — Isolement des malades et des suspects. Interdiction de sacrifier les malades pour la boucherie. Loi du 29 février 1880 et arrêté du 8 décembre 1886.)

Belgique. — Isolement. Surveillance des suspects pendant quinze jours. (Loi du 15 septembre 1883.

Grande-Bretagne. — Isolement des malades. L’autorité locale peut faire abattre les bovidés, les moulons, les chèvres et les porcs atteints ou contaminés. Le propriétaire peut s’opposer à l’abatage, à moins que celui-ci ne soit ordonné par le conseil privé. Il est accordé dans tous les cas une indemnité égale à la valeur totale des animaux. (Acide 1886, art. 17 et 18.)

Danemark. — Séquestration des malades et des contaminés. Le ministre peut ordonner l’abatage ; il est accordé, dans ce cas, une indemnité égale aux quatre cinquièmes delà valeur. (Loi du 14 avril 1893.)

Hollande. — Séquestration et surveillance. Loi du 20 mai 1890.)

Roumanie. — Isolement et surveillance. Si la maladie s’étend, la commission sanitaire pourra ordonner l’inoculation des animaux sains dans les localités infectées. Il est interdit d’utiliser et de vendre le lait non bouilli provenant des malades. (Loi du 27 mai 1882.)

Suède. — Séquestration et surveillance. Le lait doil être bouilli avant que d’être utilisé; pour la fabrication du beurre et du fromage, le lait esl chauffé à 70°. (Loi du 23 septembre 1887.)

Suisse. — « Lorsqu'il se présente un ou plusieurs cas de fièvre aphteuse dans un cercle d’inspection, il ne sera pas délivré de certificats de santé dans cette circonscription, môme pour le bétail des étables saines, sans que l’inspecteur, sous sa propre responsabilité, ne se soit convaincu personnellement de l’état de santé de l’animal pour lequel on réclame un certificat, ainsi que de tout le troupeau auquel il appartient, à moins que l'état de santé ne soit certifié par une déclaration vétérinaire.

« Les animaux malades, suspects ou contaminés de fièvre aphteuse seront isolés, et les étables, enclos et pâturages qui les renferment seront mis sous séquestre ou à ban... L’autorité sanitaire fixera en outre une zone de sûreté, suffisamment étendue.

« Si la maladie prend un caractère menaçant, le ban sera mis sur tous les animaux des espèces bovine, ovine, caprine et porcine d’une contrée; si cette mesure atteint un ou plusieurs cantons, les autorités sanitaires fixeront, chacune sur son territoire, le périmètre comprenant les fermes et localités qui doivent être séquestrées et mises à ban. » Loi de 1872 et Règlement de 1886.)

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