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du derme on le fait pénétrer par la voie du tissu conjonctif souscutané, le virus manifeste son action par deux sortes d'effets positifs, communs aux trois espèces (homme, bœuf, cheval) : il se développe une tuméfaction locale plus ou moins marquée et les sujets acquièrent l’immunité vaccinale, absolument comme s’ils avaient subi la vaccination classique... Ces effets communs et constants ne sont pas les seuls que produit l’injection du virusvaccin dans le tissu conjonctif. Chez les sujets de l'espèce chevaline, surtout les jeunes, il survient quelquefois de magnifiques exanthèmes pustuleux, qui, par leur siège et l’ensemble des autres caractères, ne diffèrent en rien des éruptions de horse-pox naturel. Jamais ces exanthèmes vaccinaux n’ont été observés dans les expériences faites sur les sujets de l’espèce bovine, et ces expériences, dont le nombre est considérable, ont été faites dans les conditions réputées les plus favorables au développement dit spontané du cowpox. On n’a pas vu davantage ces exanthèmes sur l’espèce humaine ; mais le nombre des tentatives faites pour les produire est fort restreint. » (Chauveau.)
La pénétration par les voies digestives et par les voies respiratoires peut provoquer une éruption généralisée chez le cheval.
L 'inoculation intra-veineuse produit des effets différents suivant l'espèce considérée. Chez le cheval, « elle fait naître l’immunité et elle provoque, assez souvent, l’éruption d’exanthèmes vaccinaux, fac-similés exacts de ceux de la maladie naturelle » (Chauveau) (1). Chez le veau, l’injection du vaccin confère l'immunité, sans manifestation générale (Warlomont et Hugues, Straus, Chambon et Ménard). Chez le chien, « l’injection intraveineuse, sous-cutanée, péritonéale, donne l’immunité contre la vaccine, sans développement d’aucune manifestation extérieure ». (Dupuis.)
La pénétration du virus dans les vaisseaux lymphatiques détermine, chez le cheval, après huit ou dix jours, une éruption généralisée, identique à celle qui résulte de l'infection naturelle (Chauveau).
L’insertion du virus sur la cornée est possible, mais l’immunité est plus tardive que par l’inoculation cutanée. L’inoculation dans la chambre antérieure de l’œil détermine une vive inflammation
(1) Dans un cas, Arloing obtient par l’inoculation intra-veineuse de vaccin au poulain une éruption vésico-papuleuse semblable à celle qui est consécutive à l’inoculation du virus variolique dans les veines. C’est un argument de plus en faveur de la thèse uniciste.
Akloing. Sur une forme atypique de l' exanthème vaccinal. Journal de méd. vétériu., 1 8!)G, p. 129.
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de l’iris et de la cornée: l’immunité est aussi sûre el presque aussi rapide que par l’inoculation faite à la peau. (Straus, Chambon et Ménard.)
Pathogénie. — Les modes de l’évolution du virus dans l’organisme infecté diffèrent suivant la voie de pénétration. Si le virus est déposé dans les couches superficielles du derme, par piqûres ou par scarifications, il se produit une éruption pustuleuse localisée au niveau des points de pénétration, et l’immunité est rapidement conférée. Chez la génisse, les tissus sont devenus impropres à la culture dès le cinquième jour et les nouvelles inoculations restent stériles.
L’immunité est conférée de même à la suite de l’inoculation directe dans le tissu lymphatique (inoculation sous-cutanée) ou dans les vaisseaux lymphatiques, après la pénétration par les voies digestives ou respiratoires, après l’inoculation intra-veineuse, mais il se produit parfois des éruptions généralisées, identiques à celles qui résultent de la contagion naturelle. Ces constatations, dues tout entières à M. Chauveau, permettent d’interpréter la pathogénie de l’évolution virulente.
Le virus, inoculé par quelque voie que ce soit, arrive plus ou moins directement dans le sang et il est ramené à la peau à un état de dilution extrême. Après l'inoculation intra-veineuse ou intra-lymphatique, le virus provoque ainsi sur le tégument des éruptions étendues. 11 en est de môme après l’inoculation par les voies respiratoires ou digestives, qui ne s’accompagne d'aucune réaction locale au point de pénétration.
Le processus est plus complexe alors que le virus est introduit primitivement dans le derme cutané. Une partie est absorbée et gagne la circulation sanguine par les voies lymphatiques ; mais il se produit, en môme temps, une culture locale, exprimée parla pustule spécifique. Cette culture a pour effet de créer l’immunité avant que le virus absorbé ait pu déterminer l’éruption généralisée.
« Au moment où cette éruption généralisée pourrait se développer (8° jour au plus tôt), la peau, en raison de l’immunité créée dès le cinquième jour par le travail local de la vaccination, n'est plus apte à la pustulation vaccinale. » (Chauveau.) Cette interprétation est basée sur des faits expérimentaux probants. Chauveau a montré que si l’on pratique, chez le cheval, l’excision des lambeaux de peau qui ont reçu l’insertion vaccinale, vingt-quatre heures après celleci, on peut voir évoluer, après 15 ou 20 jours, un horse-pox généralisé
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11 résulte encore de ces données que le vaccin ne cultive que dans le derme muqueux ou cutané ; les voies lymphatiques ou sanguines servent simplement de vecteur; la nonvirulence du sang et des divers parenchymes, la très faible virulence de la lymphe, montrent que le virus ne pullule pas dans ces milieux.
En résumé : dans la forme générale de la vaccine, artificielle ou naturelle, « il ne survient point d’accident vaccinal primitif sur les points qui ont servi de porte d’entrée au virus. Au lieu de germer sur place, ce virus produit ailleurs ses manifestations, et la poussée éruptive, indice de la multiplication du vaccin, ne débute qu’après une incubation de huit jours au minimum. Pour que la vaccine générale se développe, il faut que le virus inoculé pénètre dans l’économie sans passer par la membrane qui constitue le siège anatomique de la pustule vaccinale, c'est-à-dire par la peau. Cette loi se vérifie dans toutes les conditions possibles. » (Chauveau.)
Constante chez le cheval, cette évolution de la vaccine comporte quelques variations chez les autres espèces. Chez l'enfant, l’immunité conférée par la piqûre cutanée est parfois tardive; les inoculations secondaires opérées jusqu’au dixième jour (Trousseau) et au delà, peuvent être positives. De même l’immunité due à la culture peut n’étre pas établie alors que le virus est ramené au tégument par la circulation sanguine, et une éruption généralisée s’opère.
Les données qui précèdent permettent d’interpréter l’aspect clinique des diverses manifestations vaccinales : chez le cheval, l’inoculation s’opère ordinairement par les voies respiratoires et l’éruption généralisée est la règle; chez la vache, au contraire, la pénétration résulte presque toujours d’une effraction du tégument au niveau de la mamelle et une éruption locale est seule observée.
Résistance du virus. — La résistance du vaccin aux divers agents est à peine étudiée; les quelques connaissances acquises sont fournies indirectement, par des faits d’observation.
La dessiccation n’altère en rien la virulence ; celle-ci persiste après plusieurs semaines dans les croûtes ou dans les poussières. La chaleur a une action marquée; d’après Copeman, le vaccin est stérilisé par le chauffage à 60° et, d’après Cory, à 48° seulement. Les recherches de Lemoine montrent qu’une température de 41° prolongée pendant 24 heures atténue fortement la virulence ; des
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températures de 37° et de 30°, agissant pendant le même temps, déterminent une faible atténuation.
Mélangé à la glycérine, le vaccin conservé en tubes scellés, a l'abri de la lumière, conserve parfois sa virulence pendant huit et dix mois. 11 est à cet égard des différences marquées, liées probablement à la composition des mélanges et aux propriétés des germes étrangers qu’ils renferment.
Variations de la virulence — Le virus possède toute son activité dans l’éruption du horse-pox naturel. Transmis à l’homme ou à la vache, par inoculation accidentelle ou expérimentale, le virus équin subit aussitôt une atténuation marquée.
La culture en série sur la génisse conserve indéfiniment au vaccin un même degré de virulence, à cette condition que tous les vaccinifères possèdent une même réceptivité. Si certains donnent une éruption avortée ou retardée, indiquant une réceptivité moindre, le virus subit une atténuation nouvelle qui tend à se perpétuer. Cet affaiblissement accidentel est encore plus fréquent lors de passages successifs sur l’enfant ou sur l’homme, en raison de l’immunité partielle d’un grand nombre d’individus. Le « vaccin humain » n'a pu être entretenu pendant de longues années, de bras à bras, que par une sélection constante des vaccinicoles, le virus à inoculer n’étant pris que sur les plus belles éruptions, c’est-à-dire chez les individus possédant un maximum de réceptivité.
Tel qu’il est atténué par un seul passage artificiel à travers la génisse, le virus d’origine équine ou bovine convient parfaitement pour l’inoculation à l'homme. L’on a du se préoccuper plutôt d’entretenir cette virulence que de l’affaiblir, mais le passage momentané sur certaines espèces animales fournirait, s'il en était besoin, de nouveaux degrés d’atténuation.
Immunisation. — I. Inoculation. — L’immunisation est conférée, chez toutes les espèces, par une évolution pustuleuse sur les téguments; lors d’inoculation artificielle (vaccination), l’état réfractaire est constaté ordinairement dès le cinquième jour. L’évolution des accidents, à la suite d'une contagion naturelle, par les voies respiratoires, étant sensiblement plus tardive (huit jours au moins chez le cheval), une inoculation vaccinale sera préservatrice d’une infection accidentelle opérée au même moment. De même, chez l’homme, l’inoculation du vaccin préservera, le plus souvent, des conséquences d’une infection variolique simultanée.
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L immunité conférée par une première atteinte a une durée variable suivant les espèces et suivant la marche de l’infection. Chez le cheval, l’immunité paraît n’être conférée que pour quelques mois seulement ; chez les bovidés, sa durée, plus longue à coup sûr, est imparfaitement déterminée; la commission lyonnaise a constaté qu’après quatre mois la résistance des animaux vaccinés une première fois est absolue.
L injection intra-veineuse de lymphe vaccinale permet d’obtenir 1 immunisation chez toutes les espèces. Les recherches de Straus, Chambon et Ménard (1) montrent qu’il suffit d’une faible quantité de vaccin (une goutte ou une fraction de goutte) pour rendre le veau réfractaire.
II. Sérothérapie. — Dès 1890, Straus, Chambon et Ménard montrent que la transfusion du sang d’un animal en pleine éruption à un animal sain de même espèce permet de créer l’immunité;
« pour obtenir cet effet avec une certitude à peu près absolue, il faut transfuser des quantités considérables de sang, quatre, cinq et six kilogrammes ».
La constatation des propriétés immunisantes du sang des vaccinés devait donner l'idée d’étudier l’action préventive du sérum.
Les premiers essais de Janson Krameret Boyce (1893), Landman (1894) ne donnent aucun résultat; Bcumer et Peiper (2) concluent de leurs recherches « qu’il n’existe aucune matière immunisante dans le sang des veaux vaccinés ou que celle-ci existe en si petite quantité que toute utilisation pratique est interdite ». Cependant, Bembold constate l'état réfractaire chez une chèvre qui reçoit 25 c. c. de sérum provenant d’une chèvre traitée par trois inoculations successives (deux par piqûres et une sous la peau) de virus-vaccin ; l’immunité a disparu trois mois après. L’état réfractaire n'est pas créé chez deux taureaux qui reçoivent 50 et 25 c. c. de sérum. Illava (3), qui essaie d’abord la méthode de Rembold, l’abandonne pour le procédé suivant : il recueille le sang d’un veau vacciné au quatrième jour de l’éruption, alors que la fièvre est le plus élevée. Le sérum obtenu est immunisant pour l’enfant à la dose de 3 c. c., et pour le veau à celle de 20 à 30 c. c.
Béclère, Chambon et Ménard (4) complètent ces résultats. Le sérum
(1) Straus, Chambon et Ménard. Recherches expérimentales sur la vaccine chez le veau. Société de biologie, 22 décembre 1800.
(2) Beumer et Peiper. Zur Vaccine-lmmunitat. Berl. klin. Wochenschr., 1805, p. 735.
(3) Hlaya. Le sérum vaccinal et son action (en tchèque). Refer. in Centralbl. fur Bakter., t. XVII I, 1805, p. 470.
(4) Béclère, Chambon et Ménard. Étude sur l'immunité vaccinale... Annales de l'Institut Pasteur, I89G, p. 1. — Béclère. De l'immunité vaccinale... Académie de méd., 17 déc.
de génisse vaccinée, recueilli de dix à cinquante jours après la vaccination, possède des propriétés immunisantes ; l’immunité s’établit rapidement; une injection pratiquée immédiatement avant l’inoculation virulente lait avorter celle-ci; l’injection est encore partiellement efficace, vingt-quatre et quarante-huit heures après l’insertion virulente. Béclère obtient des résultats encourageants en utilisant les injections immunisantes de sérum dans le traitement de la variole.
lllava (1) confirme en 189(1 ses résultats antérieurs ; le sérum obtenu par son procédé est à la fois préventif et curatif; il enraye l’éruption chez l’enfant, trois jours après la vaccination. L’auteur prépare un sérum variolique par l’inoculation de la variole au mouton et au veau; ce sérum se
comporte comme le sérum vaccinal chez le veau et chez l’enfant. Il obtient enfin un sérum vaccino-variolique par les injections successives, sous la peau et dans les veines, des virus de la vaccine et de la variole; ce sérum possède les propriétés réunies des précédents.
On peut conclure de ces résultats que la sérothérapie de la vaccine-variole est expérimentalement réalisée; mais l’application de la méthode à la pratique paraît subordonnée à l'obtention d’un sérum renforcé quant à ses propriétés.
La production du vaccin animal comprend, d’une part, la culture par l’inoculation au veau; de l’autre, la récolte et la conservation du vaccin produit.
a) Culture du vaccin. — I. Choix et hygiène des vaccinifères. — On choisit des veaux de lait de belle apparence, âgés de deux à Irois mois, ou, de préférence, des animaux plus âgés et sevrés depuis plusieurs semaines. L’entretien de ces derniers est plus économique ; ils ne sont pas exposés aux troubles digestifs qui affectent souvent les veaux de lait. Les sujets Agés de six mois à un an donnent encore de belles éruptions. Le sexe de l’animal n’a aucune importance. On évite d’employer les animaux dont la peau est pigmentée en noir, en raison de l’apparence désagréable de la pulpe vaccinale obtenue.
On s’assure de l’état de santé de l’animal par un examen clinique sommaire et par la constatation de la température. Pour éviter l'emploi d’animaux tuberculeux, il est bon de recourir à une injection de tuber-
(1) Ulava. Recherches avec le sérum des animaux vaccinés , variolisés et vaccinés-variolisés (en tchèque). Autorefer. in Centralbl. fur Bakter.. t. XIX, !8!)(!, p. 059.
(2) Cette question a fait l'objet, en ces dernières années, de très nombreux travaux, et divers procédés de culture et de préparation du vaccin sont aujourd'hui employés. Nous donnons seulement ici l’exposé d'une méthode simple et pratique, qui nous a' toujours procuré d’excellents résultats.
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culinc (1 à 2 centimètres cubes de la dilution au 1/10°), pratiquée vingtquatre heures avant l’inoculation du vaccin.
Le vaccinifère doit être entretenu dans des conditions de propreté absolue. Autant que possible, il sera isolé dans un box dont le sol et les parois cimentés seront facilement nettoyés; à défaut d’un tel local, on place l’animal sur un plancher à claire-voie; la litière est fréquemment renouvelée.
IL Technique de l’inoculation. — Les inoculations sont pratiquées sur l’un des côtés du thorax; elles peuvent occuper toute la région costale, jusqu’au quart inférieur de la poitrine. La culture sur la paroi abdominale inférieure, sur le périnée, sur la région postérieure des fesses... est condamnable en raison des causes évidentes de souillures.
Toute la surface d’inoculation est tondue, puis rasée après un savonnage préalable; il est plus simple, mais non indispensable, de faire cette opération sur l’animal couché. Des tables spéciales sont employées dans les instituts vaccinaux pour coucher et fixer les animaux; il est facile encore d’en éviter l’emploi. Il esl bon de pratiquer la toilette locale quelques heures au moins avant l’inoculation ; si l'on néglige cetle précaution, la congestion du derme expose à de petites hémorragies, au niveau des stries d’inoculation.
L’inoculation se fait sur l’animal debout ; un aide tient la tête et applique des mouchettes s’il est nécessaire ; un autre immobilise avec une platelonge le membre postérieur, du côté de l’opérateur. On pratique sur la région préparée, avec la lancette à grain d’orge, des scarifications verticales, longues de un à un centimètre et demi, espacées de trois à quatre centimètres, disposées régulièrement en quinconces. Les incisions doivent entamer légèrement les couches superficielles du derme; il faut que le sang perle entre les lèvres écartées de la plaie, sans toutefois s'écouler alors que les lèvres sont rapprochées. Après qu’une ou deux rangées de stries ont été pratiquées, on procède à l’insertion de la matière d’inoculation; celle-ci est recueillie sur la lancette et déposée dans chaque strie, en avivant un peu celles qui paraissent trop peu profondes.
On peut disposer 120-160 scarifications sur un même animal sans aucun inconvénient.
L’application de tabliers ou de toiles sur la région inoculée peut être conseillée. Le collier de bois est utile; il est rare cependant que les animaux cherchent à lécher la région.
b) Récolte et préparation du vaccin. — I. Récolte du vaccin. — L’époque de la maturité des pustules varie suivant diverses conditions; si la récolle peut être pratiquée souvent le quatrième ou le cinquième jour, elle est possible le septième jour seulement en d’autres circonstances.
La récolte se fait sur l’animal couché ; elle exige seulement un mortier, qui servira à la préparation de l’électuaire, un bistouri convexe à lame assez large et une pince à anneaux, à mors longs et étroits. Le mortier
est stérilisé au préalable à l’autoclave ou clans l’eau bouillante ; les instruments sont flambés.
La pustule vaccinale fournit trois parties distinctes; une croule de revêtement, la lymphe , c’est-à-dire un liquide clair, qui s’échappe après l’enlèvement de la croûte, la pulpe ou produit de grattage du derme infiltré. La croûte, bien que très virulente, nous paraît devoir être rejetée; parmi les souillures diverses qu’elle a subies, des germes dangereux peuvent se trouver, et cette seule considération justifie son élimination. De toutes les parties, le produit de grattage du derme est la plus précieuse; elle fournit une matière relativement pure et extrêmement riche en éléments virulents (1).
La technique de la récolte est des plus simples ; on soulève la peau au niveau de la pustule et l’on applique la pince à la base du pli formé; on fait sauter la croûte avec le bistouri et l’on recueille la lymphe sur la lame de l’instrument ; dès que l’écoulement a cessé, on gratte légèrement mais longuement le derme, qui se présente aréolé, exsangue, et qui fournit une pulpe rosée formée de débris de tissus imprégnés de liquide.
Si quelques pustules donnent du pus, on évitera de les utiliser.
IL Préparation de l’éi.ectuaire vaccinal. — Le vaccin recueilli dans le mortier comprend un liquide trouble, épais, rosé, et une masse pulpeuse. On procède à une trituration complète, dans le but d’obtenir un mélange homogène. A ce moment, on ajoute peu à peu, en continuant à triturer, une quantité de glycérine neutre égale, en poids, à la quantité de matière vaccinale obtenue. Le mélange donne une substance sirupeuse, de couleur jaune ou safranée, renfermant quelques fragments de poils arrachés des bulbes par le grattage des pustules.
L’électuaire est conservé dans des ampoules ou des tubes de verre. Ceux-ci sont remplis par aspiration indirecte, opérée à l’aide d’un tube de verre muni d’une effilure qui s’adapte sur le tube à remplir et pourvu d’un tampon d’ouate qui évite les souillures par la salive (2).
On laisse aux extrémités des tubes un espace libre de trois millimètres environ et l’on soude, dans la flamme chauffante d’un petit bec de Bunsen.
III. Conservation du vaccin. — Le vaccin ainsi préparé est conservé à la température de la chambre et à l’abri de la lumière. Dans ces conditions, il possède encore toutes ses propriétés après trois et quatre mois.
Leoni (1890) a montré que la pulpe vaccinale s’épure en vieillissanl, par la destruction des germes étrangers. D'après Chambon et Ménard (1892), elle possède à la fois son maximum de virulence et une pureté parfaite après quarante à soixante jours. Ces résultats intéressants ne
(1) Des discussions interminables et souvent puériles se sont élevées sur les propriétés respectives de la croûte et de la lymphe. Il tombe sous le sens que la lymphe dilution virulente, est beaucoup moins active que la croûte qui représente une lymphe concentrée par l'exsiccation. Certains instituts emploient encore exclusivement la croûte
(2) Les inconvénients de l'aspiration directe avec la bouche, telle qu'elle est pratiquée dans quelques instituts, sont trop évidents pour qu’il soit besoin de les mentionner
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sont pas absolus cependant, la flore parasite des pustules variant suivant chaque milieu; un vaccin glycériné nous a donné, après quatre-vingt-dix jours, plusieurs colonies colorées sur gélatine (1).
(1) Plusieurs travaux ont été publiés sur la question en ces derniers temps. Si l’épuration de la pulpe glycérinée par le vieillissement n’est pas niable, il est certain aussi que certaines pulpes s’atténuent dès le troisième mois et l’on risque d’employer des produits purs, mais inertes.
Lemoine conseille de substituer au vieillissement le chauffage à 30° pendant vingtquatre heures. On l'ait disparaître ainsi deux espèces parasites habituelles, mais nullement pathogènes et même favorisantes. Les autres espèces ne sont pas atteintes. L’auteur prévoit uue objection inévitable : « les dangers qui résulteraient de la putréfaction de la pulpe glycérinée sous l’influence de la chaleur ne peuvent être à craindre si la pulpe a été récoltée et manipulée avec soin. » En réalité, la pullulation des germes étrangers, putréfiants ou autres, est parfaitement possible et la méthode n’offre aucune sécurité.
Parmi les travaux récents : Lemoine. Élude bactériologique de la guipe vaccinale glycérinée. Broch., 1897. — Sacquépée. Élude sur la flore bactérienne du vaccin. Thèse de Lyon, 1897.