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CHAPITRE XIII

MALADIE DES CHIENS

On désigne sous le nom de maladie des chiens une affection contagieuse, inoculable, exprimée à la fois par une éruption cutanée et par des accidents inflammatoires portant sur les muqueuses et sur divers parenchymes.

La maladie affecte principalement les animaux jeunes et elle reçoit encore le nom de maladie du jeune âge.

Chez le chat, on rencontre une infection cliniquement semblable (maladie des chats) ; il est probable qu’il s’agit d’une même affection, transmissible d’une espèce à l’autre.

Historique. — La maladie des chiens est différenciée, pour la première lois, vers la moitié du xvmu siècle; Ulloa (17 40), dans son Voyage historique en Amérique , décrit une maladie éruptive du chien, observée couramment dans l’Amérique du Sud ; en France, elle est signalée presque en même temps par Duhamel (17G3) qui l’observe dans le Câlinais, par Desmars (1763) et Brasdor (1764) qui la rencontrent à Paris; Verrier de la C.onterie 1778) lui consacre une brochure.

Dès le commencement du \ixe siècle, de nombreuses études sont publiées sur la maladie. Fournier et Barrier (1803) en France, Escovar et Vilalba en Espagne, Prinz el Waldinger en Allemagne... considèrent l’affection comme une « peste » particulière, qu'ils rapprochent de la variole, de la fièvre typhoïde, de la morve ou des « gourmes » ; presque tous admettent sa contagiosité.

Surtout observée par les chasseurs et mentionnée dans tous les traités de vénerie, l’affection n’est que rarement étudiée par les vétérinaires. Va tel (1826) la décrit comme « une gastro-entérite, suivie parfois d’inflammation de l'appareil cérébro-spinal » ; un de scs élèves observe la contagion et il tente sans succès l’inoculation des boutons de l’éruption cutanée au mouton et au chien. Karle 18 44; obtient la transmission à de jeunes chiens, en badigeonnant les lèvres avec le jetage provenant de sujets atteints. Jacquot (1) donne, en 1849, une bonne étude clinique ; il assimile

(I) Jacquot. Parallèle entre la fièvre typhoïde et une maladie particulière à la race canine. Recueil de rnécl. vêt.. 1849, p. 729.

MALADIE DES CHIENS

la maladie des chiens à la lièvre typhoïde de l'homme et il distingue des formes abdominale, pectorale, inflammatoire et nerveuse.

La présence de l’éruption cutanée fait soupçonner la nature varioleuse de la maladie et elle donne l’idée de la prévenir par la vaccination. Les premières tentatives de vaccination des chiens remontent à Jenner luimôme ; il les rappelle dans les termes suivants (1) : « Vous connaissez, sans doute, ce qu'on appelle la maladie des chiens. Vous savez que son symptôme caractéristique est une espèce de râle ou de toux rauque, produite par les efforts que fait l’animal pour expulser un fluide visqueux et qui découle en même temps en abondance de ses naseaux (rhinite). Tous les chiens sont sujets à cette maladie. Elle est si meurtrière, en particulier pour les chiens de chasse, qu’il en meurt la moitié de ceux qui la prennent dans le chenil. J’en ai disséqué un grand nombre, et j’ai constamment vu que la cause de leur mort est une inflammation de la membrane des premières voies. Or, il paraît que les chiens sont très susceptibles de prendre la vaccine par inoculation et qu’elle produit en eux tous les symptômes de la maladie qui leur est propre, mais d’une manière si bénigne qu’ils n’en meurent point. Et cependant, ils sont mis par là à l’abri de la possibilité de la prendre à l’avenir. Sur quarante-trois petits chiens, vaccinés avec succès, savoir : trois sous mon inspection immédiate et quarante sous celle d’un particulier, dont je puis garantir la véracité, il n’en est pas mort un seul. Tous se sont trouvés inaccessibles à la contagion. »

Après Jenner, Sacco, Iiamont, Nauche... tentent encore, avec des résultats divers, l’immunisation du chien par le vaccin jennérien.

G. Leblanc (2) donne, en 1857, une bonne description de la maladie; il émet l’avis que l’expression de « maladie des chiens » désigne, en réalité,

« plusieurs affections, dont la principale et la plus fréquente a son siège dans les voies respiratoires ( catarrhe bronchique), tandis que les autres attaquent la muqueuse intestinale, le système nerveux ou la peau. Ces affections peuvent exister séparément, mais souvent elles se compliquent l’une par l'autre ».

La contagiosité de la maladie, admise par tous les chasseurs et par la plupart des praticiens, mais théoriquement discutée, est démontrée par Venuta (3), qui admet à la fois la transmission par virus fixe et par virus volatil, après dessiccation du contage. En 1879, Trasbot (4 réédite la vieille hypothèse de la nature varioleuse de l'affection ; il considère l’éruption cutanée comme essentielle et constante; il démontre l'inoculabilité du contenu des boutons aux chiens vierges d’une infection antérieure. Enfin, il croit obtenir l’immunisation des jeunes sujets par l’inoculation

(1) In Burgc.raeye. Monument à Jenner, p. 25.

(2) C. Leblanc. Maladie des chiens. Dict. de méd. vét., t. III, 1857, p. G 12.

(3) Venuta. Natura contagiosa del cimurro nei cani. Il Medico veterinario, 1873,

(4) Trasbot. Maladie dite des chiens. Arch. vêt., 1870, p. ICI.

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