‹ Les maladies microbiennes des animauxChapitre 99 sur 169 · NATURE DE LA MALADIE · texte numérisé non relu

NATURE DE LA MALADIE

du vaccin. En 1881, Kraiewsky 1 publie une série de recherches expérimentales sur la maladie des chiens; il démontre à nouveau la transmission par cohabitation et par inoculation, la virulence du jetage et la résistance du virus à la dessiccation.

Les expériences de Dupuis (2) démontrent pleinement l'indépendance absolue de la vaccine el de la maladie des chiens. La vaccination jennérienne reste toujours sans effet préservatif à l’égard de la maladie des chiens ; des animaux vaccinés avec succès contractent plus tard la maladie sous toutes ses formes; d’autre part, des chiens guéris de la maladie sont vaccinés avec succès.

En ces dix dernières années, de nombreux travaux sont consacrés à l’étude bactériologique de la maladie, sans que la spécificité des formes microbiennes isolées ait été démontrée jusqu’ici (3).

L’histoire clinique de la maladie des chiens, pendant la même période, n’offre à signaler qu’un travail de Kraiewsky sur la forme nerveuse de l'affection, et de nombreuses notes sur les résultats fournis par diverses médications.

Nature de la maladie. — Contagieuse et inoculable, la maladie des chiens est évidemment liée à la présence d’un agent spécifique.

Voisine de la variole et des maladies éruptives du même type par certains de ses caractères, la maladie des chiens se rapproche de la gourme du cheval par la multiplicité de ses manifestations cliniques.

Une différenciation des diverses formes de la maladie a été plusieurs fois tentée. Avec C. Leblanc, Piitz admet que, « comme l’intluenza du cheval, la maladie des chiens comprend plusieurs affections distinctes»; Schantyr apporte, à l’appui de cette conception, quelques résultats expérimentaux. La diversité des aspects cliniques de l infection ne saurait être invoquée cependant comme une preuve de la pluralité des origines, et de nombreux faits pourraient être cités en faveurde l'identité étiogénique des types observés. Il est certain que la maladie des chiens constitue, comme la gourme, une infection unique exprimée par des localisations multiples et par des manifestations de divers ordres.

(1) A. Kraiewsky. Die S taupe, ihre Contagiositüt and Uebertraybarkeit durch die Impfuny. Revue fur Thierheilk., t. V, 1881, t. VI, 1882.

(2) Dupuis. Recherches expérimentales sur la vaccine et la maladie des jeunes chiens. Ann. de méd. vét., 1887, p. 305.

(3) Voir pour l’historique de la question : Galli-Valerio. Il micro-organismo del cimurro. Il moderno Zooiatro, 1895, p. 105. Parmi les travaux les plus récents : Babes et Barzanesco. Nouvelles recherches sur la maladie des petits chiens. Annales de l’Inst. path. et anat. de Bucarest, t. \, 18.),), p. 431. Galli-\ alerio. Der Mihroorganismus der Hundestaupe. Centralbl. f. Bakter., t. XIX, 1890, p. 694.

MALADIE DES CIIIENS.

Espèces affectées. — Le chien, el probablement aussi le chai, sont principalement affectés.

D’après Frohner, la maladie serait observée chez le singe (?), le renard, le loup, Y hyène et le chacal.

Distribution géographique. — Fréquence. — D’après Heusinger, la maladie des chiens, originaire du Pérou, aurait été importée en Europe dans le courant du xvnc siècle; elle serait apparue en France vers 1740, puis en Allemagne (1748), en Angleterre (1759), en Italie 1 1764 ), en Russie (1770) et en Sibérie (1783). Cette opinion, basée sur des documents historiques, est insuffisamment établie et les dates précitées indiquent, en réalité, l’époque où la maladie fut différenciée des autres affections enzootiques. Desmars, qui observait la contagion en 1763, estime qu’elle a sévi de fout temps en France, mais qu’elle y est restée méconnue ; Laosson croit reconnaître la maladie des chiens dans plusieurs pestes » du moyen âge.

A l'heure actuelle, l’affection est presque partout répandue et elle est si fréquente que beaucoup la considèrent comme constante et inévitable. Dans quelques régions isolées seulement, la maladie n’a point encore pénétré; elle est inconnue à la Terre de Feu. (Hyades.)

Page 1