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présentent en réalité des lésions limitées qui suffisent pour entretenir la contagion.
Transmission à l’homme.
La transmissibilité de la tuberculose des animaux à l’homme est pleinement démontrée par l’observation (1); mais l'importance des rapports étiogéniques qui existent entre la tuberculose humaine et les tuberculoses des mammifères est difficile à préciser.
L'analyse des divers modes de la transmission des animaux à l'homme permettra de mieux apprécier leur rôle. La contagion à l’homme résulte soit d'une inoculation accidentelle de matières virulentes, soit de la cohabitation avec des animaux malades, soit de l’ingestion de produits animaux virulents, comme le lait ou la viande.
a) Inoculation. — Quelques faits précis démontrent l’inoculabilité de la tuberculose bovine par effraction tégumentaire.
Pfeiffer, puis Tscherning constatent, chez des vétérinaires, une évolution tuberculeuse locale, consécutive à une inoculation accidentelle pendant l’autopsie de bovidés tuberculeux. Dans un cas, la généralisation est observée (obs. de Pfeiffer).
Ravenel (2) publie trois cas d’inoculation dans des conditions analogues; deux sont relevés chez des vétérinaires, blessés au doigt pendant l’'autopsie de vaches tuberculeuses; le troisième concerne un assistant de l’auteur, inoculé au niveau d’une articulation par un fragment de côte, en pratiquant l’autopsie d’une chèvre ayant succombé à une tuberculose d’origine bovine. La nature tuberculeuse des accidents locaux est démontrée dans tous les cas.
Ostertag (3) rapporte deux autres observations : l’une concerne un inspecteur d’abattoir affecté depuis plusieurs années d’une forme grave de tuberculose cutanée; l’autre est relevée chez un employé de l’abattoir de Berlin, chargé du transport des viandes tuberculeuses saisies, affecté depuis huit ans de tuberculose de la peau.
Johne (4) cite le cas d’un vétérinaire, inoculé au doigt avec le virus du bœuf, affecté d’une tuberculose des ganglions de l’aisselle ayant nécessité
(4) Voir à ce sujet les communications de Lister, Brouardel, Nocard, Mac Fadyean au Congrès de Londres pour l’étude de la tuberculose (juillet 1901).
(2) Mazycx RAVENEL. Three cases of tuberculosis of the skin due to inoculation with the bovine tubercle bacillus. The Veterinarian, 1900, p. 544.
(3) OSTERTAG. Koch’s Mitteilungen über die Beziehungen den Menschen- zur Haustiertuberkulose. Zeitschrift für Fleisch- und Milchhyg., t. XI, 1901, p. 55%.
(4) JouxE. Kochs neueste Mittheilungen über Tuberculose. Zeitschrift für Thiermedicin., 1901, p. 449.
l’extirpation. Une seconde observation est relevée chez un boucher saxon, blessé en préparant une vache tuberculeuse et qui présente un ulcère tuberculeux au niveau de la plaie.
Kurt Müller (1) rapporte au Congrès d'hygiène de Rostock l’histoire de deux bouchers affectés de tuberculose des gaines tendineuses, après inoculation directe pendant l'habillage de bœufs infectés. Sick (cité par Johne) observe un cas identique à l'hôpital de Hambourg-Eppendorf.
Salmon (2) mentionne deux curieuses observations. L'une, due à Grothan, concerne une fillette de 6 ans, traitée par des applications de crème fraîche pour une éruption cutanée du bras; un ulcère tuberculeux se développe; la crème, provenant de la même vache, est trouvée virulente. — Un boucher de Chicago est inoculé par une plaie pénétrante au niveau d’une articulation du doigt en préparant des viscères (cœurs et poumons);une tendovaginite se développe, suivie d’adénite tuberculeuse; il succombe 7 mois après à une tuberculose du dons (3).
Les bouchers, les équarrisseurs sont exposés à des inoculations semblables et il est certain que de nombreux exemples d’une transmission par ce mode restent méconnus. Il faut remarquer cependant que le virus tuberculeux se développe mal dans la peau et que les blessures superficielles restent stériles.
b) Cohabitation. — L'étude étiologique de la tuberculose montre que la cohabitation habituelle et prolongée avec des malades constitue le mode ordinaire de la contagion. La transmission s'effectue entre animaux de même espèce ou d'espèces différentes (bœuf au cheval, au mouton...) et de l’homme aux animaux (homme au bœuf, au chien, au perroquet...). La possibilité d’une contamination de l’homme par les animaux est rendue par là même très probable, mais l'étendue de son rôle est indéterminée.
Une contagion du bœuf à l’homme est à craindre dans les étables gravement envahies, abondamment souillées de virus, alors que les individus passent un long temps dans des locaux infectés mal entretenus, obscurs et insuffisamment aérés. C’est donc seulement dans certaines conditions d’entretien des animaux que la transmission est à redouter. Elle est improbable dans les régions où le bétail vit pendant presque toute l’année dans les pâturages
(4) Kurt MüLLer. Ein Beitrag zur Tuberkulosefrage. Zeitschrift für Fleisch- und Milchhyg., t. XII, 1902, p. 129.
(2) SALMON. Relation of bovine tuberculosis to the public Health. U. $S. Department of agricult., Bull. n° 33, 1901, p. 17 et 19.
(3) Nous ne citons que pour mémoire l’observation peu probante de Priester relative au développement de lésions tuberculeuses locales chez un individu tatoué avec du lait; l’auteur rapporte a priori l'infection à l’utilisation d’un lait tuberculeux. |
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et dans celles où les personnes ne séjournent pas dans les étables. On s'explique que Bollinger n'ait pas constaté une fréquence anormale de la tuberculose dans les familles des herbagers bavarois qui entretiennent un bétail contaminé. En d'autres pays, au contraire, la stabulation est permanente, des personnes restent constamment dans l’étable et elles y couchent souvent; les individus sont exposés à l’ingestion et à l’inhalation répétées de parcelles virulentes; ils se trouvent placés dans les mêmes conditions que s'ils cohabitaient avec des tuberculeux à une période avancée. Dans certains villages de la Beauce, où les familles passent dans l’étable toute la saison d'hiver, la tuberculose humaine est d’une fréquence exceptionnelle (Bigoteau). À Montpellier, le taux de la mortalité chez les garçons laitiers est de 4,25 pour 1000 au lieu de 2,76, taux général; encore la plupart des malades quittent la ville dès qu'ils ne peuvent continuer leur service.
Les animaux commensaux (chien et chat) répandent des produits virulents (jetage, crachats, urine...) qui infectent les habitations. La constatation du bacille aviaire dans des lésions tuberculeuses de l’homme tend à montrer que les oiseaux sont également à redouter. Les oiseaux d'appartement sont surtout à craindre, en raison des rapports étroits qu’ils entretiennent avec les personnes (baisers, nourriture de bouche à bec); les perroquets, qui cultivent volontiers le bacille de type humain, devront être considérés comme dangereux. Durante (1) rapporte un exemple de tuberculose humaine probablement inoculée par un moineau affecté. Eberlein (2) mentionne trois cas de contagion probable du perroquet à l’homme.
c) Ingestion. — L'ingestion des aliments fournis par les animaux tuberculeux est pour l’homme une source possible d'infection; le rôle du lait et de la viande a été longuement discuté en ces dernières années.
CONTAGION PAR LE LAIT (3). — Le lait des vaches tuberculeuses peut renfermer des bacilles et transmettre la maladie par ingestion.
En dehors d’une inoculation primitive de la mamelle, très rare-
(1) DurRANTE. Un cas de tuberculose humaine occasionnée par un oiseau. C. R. de la Soc. de biologie, 1896, p. 287.
(2) EBERLEIN. Die Tuberculose der Papageien…. T1. Versammlung deutscher Naturf. und Aerzte in München, 1899. Anal. in Monatshefte für Thierheïlk., t. XI, 1900, p.177.
(3) Voir nos précédentes éditions pour.la bibliographie antérieure, et aussi : Ernst. VNeuere Forschungen über Tuberkelbacillengehalt von Milch und Butter. Monatshefte für Thierheïilk., t. XI, 1900, p. 229. (Revue avec bibliogr.) — Mac FADYEAN.
.Tubercle bacilli in cow’s milk as a possible source of tuberculous disease in man. The
Journal of comp. Pathol. and Therap., t. XIV, 1901, p. 215.
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ment observée, la présence du bacille dans le lait implique la géné-
ralisation de l'infection (1). La glande reste saine en général chez les vaches-affectées de tuberculoses locales étendues et elle donne un lait sans bacilles. La plupart des expérimentateurs n’ont que des résultats négatifs dans l'épreuve de la virulence ; les plus favorisés obtiennent des résultats positifs dans la minorité des cas. Nocard décèle trois fois la virulence par l’inoculation intrapéritonéale au cobaye du lait recueilli purement dans les mamelles de cinquante-quatre vaches affectées de tuberculose généralisée. Il est certain que le lait peut être virulent sans qu’il existe de lésion appréciable par l'exploration extérieure de la glande. Les bacilles qui envahissent les voies lymphatiques et les canaux
glandulaires provoquent, au début de l'invasion, des altérations
discrètes, reconnues seulement par l'examen histologique ; mais de lait contient à ce moment un petit nombre de bacilles et 1l est par suite peu dangereux (2).
La fréquence de l'infection des laits du commerce ne peut être
(1) La présence de bacilles dans le lait de vaches paraissant saines, el dénoncées seulement par la tuberculine, est affirmée en 1899 par Räbinowitsch et Kempner. Les recherches d’Ostertag donnent des résultats tout différents; en aucun cas le lait n’est trouvé virulent. Ascher ne trouve pas de bacilles dans le lait de 7 vaches ayant réagi à la tuberculine; il émet l’idée que les résultats positifs de Rabinowitsch et Kempner sont dus à ce qu'ils éprouvent le lait recueilli à la fin de la mulsion, tandis que lui-même utilise les premières prises (?). Leclainche et Ch. Morel (Obs. inédites) ne trouvent pas le lait virulent chez des vaches ayant réagi à la tuberculine, bien que certaines présentent des signes de tuberculose thoracique. RABINOWITSCH et KEMPNER. Beitrüge zur Frage der Infektiosität der Milch tuberkulôser Kühe..…. Archiv für Thierheik., t. XXV, 1899, p. 211. — OsrTERTAG. Ueber die Virulenz der Milch von Kühen…. Zeitschrift für Fleisch- und Milchhyg., t. IX, 1899, p. 168. — Note d’'OSTERTAG. Id., t. X, 1899, p. 53. — RapinowiTscx et KEMPNER. Bemerkungen zu Prof. Ostertag's Arbeit. Centralblatt für Bakteriol., t. XXVI, 1899, p. 289. — AScHER. Untersuchungen von Butler und Milch auf Tuberkelbacillen. Zeitschrift für Hygiene, t. XXXII, 1899 et Broch. — OSTERTAG. Weilere Untersuchungen..…. Zeitschrift für Fleisch- und Milchhyg., t. XII, 1901, p. 1 et 1902, p. 109.
(2) À Manchester, Delépine étudie les propriétés pathogènes de vingt-quatre laits provenant de vaches signalées par le vétérinaire comme atteintes, suspectes ou indemnes de tuberculose mammaire. Le lait est recueilli purement dans la glande. Les résultats sont indiqués ci-après :
Nombre des Nombre des laits Mamelles. laits examinés. virulents.
Certainement tuberculeuses. 10 D Probablement tuberculeuses. 9 1 S AIDÉS MEL PENSER EN ACTE ) 0
Ces intéressantes constatations démontrent la valeur de l'examen clinique de la glande.
Voy. SHERIDAN DELÉPINE. The examination of cow’s milk... The Journ. of comp. Pathol. and Therap., 1897, p. 192.
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exactement prévue. Si l’envahissement de la mamelle n'est guère constaté que lors de tuberculose généralisée, le liquide est exposé à des souillures diverses pendant et après la mulsion. D'autre part, le lait virulent fourni par un animal, mélangé avec des laits d'autre provenance, suffit à infecter toute la masse.
Les nombreux documents relatifs à la proportion des laits infectés donnent des taux très variables (0 à 100 pour 100), mais presque toujours alarmants et hors de proportion avec la rareté relative des tuberculoses mammaires. La découverte des microbes pseudotuberculeux explique ces anomalies ; il est certain que, en nombre de cas, la recherche du bacille par l’examen direct et même par l’inoculation ont mis en évidence des pseudo-tuberculeux; pour cette raison, les résultats enregistrés jusqu’en ces derniers temps n'ont qu'une valeur relative et la plupart d’entre eux sont négligeables.
Depuis la découverte de Petri et Rabinowitsch, des recherches nouvelles ont été entreprises dans le but de déterminer la présence dans le lait des bacilles vrais et des pseudo-tuberculeux. Nous résumons ci-après la plupart des indications récentes :
Virulence du lait.