‹ Les maladies microbiennes des animauxChapitre 11 sur 107 · POURCENTAGE LIEU , NOMBRE DES LAITS RENFERMANT · texte numérisé non relu

POURCENTAGE LIEU , NOMBRE DES LAITS RENFERMANT

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Bujwid (1901) Varsovie

Delépine et Niven (1901).| Manchester |

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Les chiffres reclifiés par l'élimination des pseudo-tuberculeux restent très variables et très alarmants. Il n’est pas douteux que le lait du commerce, surtout dans les grandes villes, renferme souvent des bacilles.

La virulence du lait est conservée, plus ou moins affaiblie, dans les produits qui en dérivent. La présence des bacilles est dénoncée, par l’inoculation ou par la culture, dans le lait caillé et acide pen-

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dant dix jours (Heim), dans le petit-lait pendant seize jours (Galtier). La survie du microbe dans les fromages varie suivant les modes de la fabrication .et les indications fournies ne peuvent être étendues d’une variété à une autre. D’après Harrisson (1), le bacille est tué dans le fromage d’'Emmenthal en 53 à 40 jours; il a disparu après 65 Jours dans le fromage dit « de Cheddar » fabriqué au Canada, tandis que la virulence n’a disparu qu'après 50 jours dans la même sorte fabriquée à Berne. D'après Galtier, des bacilles vivants sont retrouvés après 11 mois dans certains fromages.

La virulence des beurres du commerce est plusieurs fois recherchée; les résultats des investigations récentes sont résumés ci-après (2) : | |

Virulence du beurre.

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(1) Harrison. Durée de la vie du bacille de la tuberculose dans le fromage, Landwirtschaft. Jahrbuch der Schweiz, 1900. The duration of the life of the tubercle bacillus in cheese. Centralbl. für Bakteriol., t. XXXI (orig.), 1902, p. 250.

(2) De même que pour le lait, nous ne rapportons que 16 recherches tenant compte de la présence des pseudo-tuberculeux; ceux-ci sont plus faciles à trouver dans le beurre que dans le lait et les anciennes indications sont erronées pour la plupart.

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De même que pour le lait, la présence du bacille vrai dans le beurre est fréquente et le milieu est favorable à la longue conservation du microbe. Un beurre préparé depuis 120 jours avec un lait additionné de bacilles est encore virulent (Gasperini).

La réalité d’une infection accidentelle de l’homme par le lait de vache est hors de doute. Stang, Demme, Gosse, ont publié des observations dont la signification est absolue. Le danger qui résulte de l’ingestion des laits riches en bacilles est diminué par leur dilution avec des laits non infectés (Gebhart); toutefois le mélange augmente en même temps le nombre des contaminés. Si, dans l'immense majorité des cas, une ou plusieurs ingestions n'ont aucun effet fâcheux, le danger s'accroît avec le nombre des repas virulents. Souvent, les consommateurs insistent pour avoir un lait toujours semblable, provenant d’un même animal; si ce lait est virulent, la contagion est presque fatale chez les enfants ou chez les malades. Dans quelques cas aussi, le lait tuberculeux « fourmille » de bacilles:; 1l est admissible que, dans ces conditions, un seul repas puisse déterminer l'infection chez un sujet peu résistant. Même en se gardant de toute exagération, 1l est permis de penser, avec nombre d'observateurs, que l'infection par le lait jouc un certain rôle dans l’étiologie des tuberculoses du premier âge et notamment dans celle des infections scrofuleuses.

IT. CONTAGION PAR LES VIANDES. — La recherche de la virulence dans les viandes provenant de bovidés tuberculeux a fait l’objet de nombreux travaux (1) et l'interprétation des résultats obtenus a été l’origine de longues controverses.

Dès 1875, Gerlach obtient la tuberculisation de trois porcelets sur sept par une ingestion prolongée des viandes; quatre chiens et neuf lapins restent indemnes. Peuch a, par le même mode, deux résultats positifs chez le porc. Dans des expériences faites en Angleterre, en 1890, Brown réalise l'infection dans la moitié des cas environ, chez le lapin et chez le cobaye. Par contre, Nocard, Mac Fadyean, Perroncito, Galtier, Leclainche ne constatent jamais la transmission chez le veau, le porc, le chat, le lapin et le cobaye.

L'épreuve de la virulence par l’inoculation, de beaucoup plus sévère, donne un certain nombre de résultats positifs. Galtier obtient la contamination du lapin dans deux séries sur quinze; dans une autre série, seize cobayes et deux lapins inoculés donnent seulement quatre tuberculeux. Veyssière et Humbert (deux fois),

. (1) E. LecLaiNcue. La virulence des viandes tuberculeuses. Revue de la tuberculose, 1894, p. 158 (avec bibliogr.).

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Stubbe (deux fois sur trois), Peuch (une fois) et Moreau réalisent l'infection; Chauveau et Arloing infectent, avec le suc musculaire, deux cobayes sur vingt inoculés; dans une seconde épreuve, six cobayes restent indemnes. Kastner, qui ne constate jamais la virulence dans une première série d'expériences, portant sur douze bovidés, obtient, dans une seconde, dix résultats positifs sur douze inoculations. Nocard inocule au cobaye, dans le péritoine, du jus de viande provenant de vingt et une vaches, présentant presque toutes des lésions généralisées; dans une série seulement, on trouve un cobaye infecté sur quatre inoculés. Mac Fadyean éprouve avec le même insuccès la viande de quatorze bovidés affectés de tuberculose généralisée. Perroncito tente en vain l'inoculation à plus de a cents lapins et à autant de cobayes.

Pris en bloc et en dehors de toute critique, les résultats précédents montrent que l’infectiosité des viandes provenant de bovidés tuberculeux est exceptionnelle: ils montrent aussi que la virulence très rare des muscles n’est décelée que par exception par l’inoculation au cobaye, c’est-à-dire par le mode d’épreuve le plus sévère. Si l'on considère seulement les effets de l'ingestion, on voit que l'infection n’est presque jamais réalisée et que les quelques résultats positifs signalés ont été obtenus dans des conditions'telles que leur signification est au moins douteuse. Toutes les recherches dans lesquelles des précautions ont été prises pour éviter la présence de « lésions tuberculeuses » ou les souillures graves de la viande ingérée ont donné des résultats négatifs. Il n’est pas une bonne expérience prouvant que la viande des bovidés tuberculeux est capable d’infecter, par ingestion, des réactifs aussi sensibles que le porc et le cobaye (1).

Cependant la question ne se trouve pas entièrement résolue par ces constatations. Si le tissu musculaire n'est pas virulent, les morceaux mis en vente peuvent être souillés par des matièrès virulentes et ils peuvent renfermer des masses tuberculeuses disséminées. Les souillures superficielles des morceaux s’opèrent, il est vrai, avec une extrême facilité (2); mais la stérilisation est assurée

(1) Voyez : Nocarp. Art. Tuberculose. Diction. de méd. vétér., t. XXI, 1892, p. 478. — Report of the Royal Commission of tuberculose. Londres, 1895, $$ 46, 49 et 69, p. 14 et 18. — GaLLi-VaLERIO. Le carni degli animali tubercolosi…. Giorn. della R. Soc. ital. d’igiene, 1897, et Brochure.

(2) Decker recherche les bacilles tuberculeux sur les couteaux et les divers outils des bouchers. Sur 47 instruments soumis à l'examen, 19 (40,42 pour 100) donnent des bacilles virulents ; les couteaux sont infectés dans la proportion de 76,59 pour 100; parmi ceux-ci 2 étaient.nettoyés, 4 étaient sales, 4 étaient nettoyés et repassés. L’au-

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par le flambage le plus sommaire ou la cuisson la plus simple; les bacilles déposés sont si peu nombreux qu’ils ne suffisent point à assurer la transmission expérimentale par ingestion. Par contre, la présence de petites masses tuberculeuses, adhérentes aux séreuses ou disséminées dans le système lymphatique intermusculaire, constitue une source de réels dangers qui nécessiteraient à eux seuls

l'inspection sanitaire detouslesanimaux destinés à laconsommation.

En résumé : la viande des animaux tuberculeux n'est dangereuse que par exception; elle l’est-toujours à un faible degré. L'ingestion par l’homme d’une viande crue ou insuffisamment cuite renfermant quelques bacilles serait inoffensive. Il est essentiel de remarquer qu'une circonstance étiogénique dominante, la répétition des infections, qui rend si redoutable la contagion par le lait, fait ici défaut presque toujours.

L'ingestion des viscères tuberculeux, poumon, foie, rate... serait des plus dangereuses; si nos habitudes culinaires nous préservent contre une infection semblable, il n’en est plus ainsi en divers pays où certains organes sont consommés crus sous forme de hachis (1).

Les conclusions applicables à la viande du bœuf peuvent-elles être étendues aux autres espèces? Les données expérimentales sont à cet égard peu nombreuses et imprécises. Avec la viande du mouton, Gerlach obtient l'infection du porc, par ingestion, dans deux tentatives (?); la viande d’un bouc tuberculeux est ingérée sans résultat par deux lapins. Avec les muscles du porc, Toussaint réalise une fois l'infection du lapin, par l’inoculation, tandis que Leclainche voit les cobayes inoculés dans le péritoine rester indemnes dans deux séries d'expériences; l'ingestion donne un résultat positif à Gunther et Harms et un négatif à Gerlach. Enfin, Peuch réalise l'infection du lapin par l'inoculation du jus de . viande provenant d’un chapon mort tuberculeux (2).

teur réclame la stérilisation des outils par immersion dans une solution bouillante de soude.

Decker. Ueber die Verunreinigung des Fleisches gesunder Thiere mit Tuberkelbacillen.…. Thèse de Berne et Zeitschrift für Fleisch- und Milchhyg., t. XII, 1909, p. 295.

() L'infection est réalisable par les modes les plus inattendus. R. Lorenz a démontré la fréquence des lésions tuberculeuses caséeuses dans les intestins de bœuf expédiés d'Amérique en Allemagne pour servir à la préparation des saucissons. Les viscères, simplement salés, peuvent renfermer des bacilles virulents. j

R. Lorenz. Feststellung verkäsender Knütchen an eingeführlen amerikanischen Rinderdürmen. Zeitschr. für Fleisch- und Milchhyg., t. VIIL, 1898, p. 88.

(2) Chez l’homme, la virulence des muscles est exceptionnelle. Leclainche n’a eu

Nocarp et LECLAINCHE. — 3° édit. — II. 10

Il serait intéressant de compléter ces recherches, surtout en ce qui concerne le porc. Cette viande est souvent consommée à l’état cru; de plus, les chairs du même animal peuvent être ingérées pendant longtemps par les mêmes personnes SES salaisons...) et l'infection serait rendue plus probable par ce fait. Enfin on peut craindre que la virulence soit plus étendue chez le porc que chez les. bovidés, en raison de la forme anatomique différente des lésions et peut-être d’une résistance moindre du tissu musculaire. Le danger de contagion est évident en ce qui concerne les viscères tuberculeux. Il est regrettable, pour toutes ces raisons, que la loi française laisse le porc en dehors des mesures sanitaires qu'elle prescrit.

On ne saurait apprécier exactement le rôle des viandes tuberculeuses dans l'infection de l’homme; mais on peut prévoir que le danger est peu grave. La virulence très faible des muscles, la cuisson au moins partielle qu'ils subissent et la discontinuité des ingestions virulentes sont autant de conditions défavorables à la contamination. Le danger théorique qui. résulte de cette ingestion n'est guère plus None de able que celui auquel s’exposent chaque jour des milliers d'individus en séjournant dans des locaux infectés par des phtisiques. Il est à remarquer qu’il n’est aucun fait d’observation dans lequel ce mode de l'infection ait été seulement soupçonné; au contraire, Bollinger (1) constate que des familles nourries avec des viandes d'équarrissage ne renferment aucun tuberculeux. | |

IT. MARGARINE (2). — Certains produits d’origine animale peuvent recéler les bacilles. Morgenroth signale la présence de bacilles vivants et virulents dans la margarine, préparée avec les

qu’un résultat positif sur huit expériences, en opérant avec les muscles du mollet recueillis purement.

LECLAINCHE. Sur la virulence des muscles chez l'homme tuberculeux. C. R. de la Société de biologie, 1896, p. 1013.

(1) Bollinger a montré que la diminution dans la fréquence de la tuberculose

humaine dans les grandes villes coïncide avec un accroissement du nombre des

bovidés tuberculeux qui y sont sacrifiés. Ces données statistiques n’ont évidem-

ment qu’une signification relative; elles montrent au moins que l'influence de l'alimentation carnée dans l’étiologie de la tuberculose n’est pas telle qu’on avait pu le craindre.

BoLLiNGER. Ueber Schwindsucht-Sterblichkeit in verschiedenen Stüdten Deutschlands nebst Bemerkungen über. Häüufigkeit der Rindertuberculose. Münch. medicin. Wochenschrift, 1895, p. 1 et 31.

(2) Moscte Ueber das Vorkommen von Tuberkelbacillen in der Margarine. Hygien. Rundschau, 1899, p. 1121. — ANNETT. T'ubercle bacilli in milk, butter and margarine. The Lancet, 1900, p. 159.

« dégraisses » des mésentères et du médiastin, qui comprennent souvent des ganglions virulents, et avec des résidus de centrifugalion, encore plus suspects. Par contre, Scala et Alessi ne constatent point la virulence dans cinq échantillons. Annett rencontre une fois seulement le bacille vrai, tandis que des pseudo-tuberculeux sont trouvés dans les deux tiers des examens (1). Le résultat des épreuves est résumé ci-après.

Virulence de la margarine. )

PROVENANCE NOMBRE NOMBRE OBSERVATEURS des des des échantillons POURCENTAGE échantillons. examens. infectés.

Morgenroth (1899)... . . Berlin 10 8 80 id. AU SOPRER id. 10 1 10 Hoala et AleSsi : . . . . . Berlin 5 0 (D De eIA00pe 2: 5% 41 Efverpool 15 1 8

d) Prophylaxie. — Les règles de la prophylaxie seront facilement déduites de l'exposé qui précède.

Les personnes devront éviter de séjourner longuement dans les étables infectées; on signalera aux intéressés le réel danger auquel sont exposés les individus qui vivent et couchent dans les étables.

La contagion par le lait, la plus redoutable de toutes, serait évitée sûrement par une mesure d’élémentaire précaution : ne jamais consommer que du lait bouilli (2). Mais il faut compter avec la résistance ou l'ignorance des populations, et des mesures

protectrices s'imposent. La surveillance des vacheries qui fournis- :

sent un lait consommé en nature peut être pratiquement exigée; elle entraînerait l'épreuve par la tuberculine de toutes les bêtes exploitées : celles qui, ayant réagi à la tuberculine, présenteraient

(1) D'après Gottstein el Michaelis, la température de 87 degrés, atteinte pour la fusion des graisses, détruitles bacilles en moins de cinq minutes — contrairement à l'opinion de Mme Rabinowitsch — et la margarine présente toute garantie. Cette dernière assertion est d'autant plus hasardée que les modes de préparation du produit sont multiples; on le pétrit ainsi, à basse température, avec des résidus de laiterie qui sont toujours suspects.

GorTTsTEIN et MicHAELIS. Zur Frage der Abtüdtung von Tuberkelbacillen in Speisefetten. Deutsche medic. Wochensehrift, 1901, p. 162.

(2) La nocuité du lait tuberculeux stérilisé est affirmée par Michelazzi. « La stérilisation à 1000... ne détruit pas la substance toxique qu’il contient... Le lait des animaux tubereuleux, et des vaches tuberculeuses surtout, même stérilisé, détermine par son usage prolongé comme aliment une intoxication chronique lente de l'organisme... » La même thèse a été soutenue déjà pour les viandes tuberculeuses et reconnue inexacte; il est plus que. probable qu’elle sera controuvée en ce qui concerne le lait.

MicueLazzi. Sugli effetti tossici della prolungata alimentazione con latlo.... Annali d'Igiene sperim., 1901.

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