‹ Les maladies microbiennes des animauxChapitre 30 sur 107 · DEA NAS MORVE · texte numérisé non relu

DEA NAS MORVE

Les carnivores sauvages, entretenus dans les ménageries, conlractent souvent la morve par l’ingestion de viandes provenant de solipèdes morveux; leur grande réceptivité est expliquée sans doute par l’état de débilité des animaux, plutôt que par leur aptitude spécifique. La morve est observée sur le lion, le tigre, la panthèrenr.

Parmi les petits animaux, le cobaye est un réactif des plus sûrs ; il succombe presque toujours à l’inoculation sous-cutanée, et l’inoculation intrapéritonéale ‘est plus certaine encore dans ses effets (V. Diagnostic). |

La morve évolue de la même façon chez le lapin, mais l’infection est plus difficile (1). Il existe quelques exemples de transmission accidentelle (Rivolta, Perroncito, Mesnard) à des animaux nourris avec des débris de fourrages souillés par des chevaux morveux. :

La réceptivité des souris varie suivant l'espèce considérée : la souris des champs (campagnol) est très sensible, tandis que la souris blanche est plus résistante en général (2). La réceptivité du mulot (Mus sylvaticus) est intermédiaire à celle des espèces précédentes ; il succombe en huit à trente-trois jours à la morve inoculée (3).

Le spermophile et le hérisson sont infectés par les différents modes de l’inoculation. |

Les oiseaux possèdent une immunité à peü près absolue ; seul, le pigeon pourrait être infecté.

La grenouille cultive le bacille si l’on élève sa température par une immersion préalable de deux heures dans l’eau à 50°. Inoculée dans . Ja cavité abdominale, avec des cultures en bouillon, la grenouille ne meurt pas; mais, si on la tue après un temps variable (2 à 55 jours), on trouve dans le sang et dans tous les organes, sains en apparence, une culture pure du bacille.

(1) G. Cozix. Sur la transmission de la morve des solipèdes au lapin. Bulletin de l’Académie de médecine, 30 nov. 1880.

(2) La souris blanche est considérée jusqu’en ces derniers temps comme réfractaire à la morve, et Leo (1899)-indique l'alimentation avec la phloridzine comme permettant l'infection expérimentale. Cependant Shattock voit les souris blanches inoculées avec une culture pure succomber en 2 à 5 semaines, tandis que la souris des champs meurt en 2 à 8 jours. De même, Galli-Valerio tue la souris blanche en 18 jours, avec des nodules miliaires généralisés, tandis que les souris noire et grise restent indemnes.

GALLI-VALERIO. Seconde contribution à l'étude du B. mallei. Centralbl. für Bakteriol.. t. XXVIII, 4900, p. 558. |

(3) Kirr. Zmpfrolz bei Waldmäusen. Centralbl. für Bakteriol., t. II, 1887, p 241.

ÉTIOLOGIE. 235

Sacharoff (1) estime que la grenouille pourrait être utilisée dans le diagnostic expérimental.

L'homme contracte la morve ; on observe chez lui, comme chez les solipèdes, le farcin et la morve proprement dite, chacune de ces formes pouvant revêlir le type aigu ou le type chronique.

b) Une première atteinte de la morve ne confère pas l'immunité, au moins chez le chien et chez le cheval.

Il résulte des travaux de Galtier que l’évolution d’un ulcère morveux cutané chez le chien ne diminue en rien la réceptivité et que le même sujet guéri peut servir à une nouvelle culture.

Nocard (2) soumet à l’ingestion d’une culture virulente trois chevaux provenant d’un milieu gravement infecté (Compagnie générale des voitures de Paris), ayant donné plusieurs réactions complètes à la malléine, puis ayant cessé de réagir. Les trois animaux, dûment œuéris de la morve, contractent à nouveau la maladie, aussi facilement que le témoin. On peut en conclure que, chez le cheval comme chez le chien, une première infection guérie ne confère pas limmunité et n’augmente pas la résistance de l'organisme.

Modes de la contagion. — Chez les solipèdes, la contagion s'effectue presque toujours par l'intermédiaire d'objets souillés. Le jetage est le véhicule ordinaire du contage; répandu sur les fourrages et les litières, à la surface des auges..., mélangé aux boissons dans les seaux et les abreuvoirs communs, il est amené au contact des animaux sains par les modes les plus divers.

La cohabitation favorise l'infection, en multipliant les chances de transmission; la morve n'est évitée dans les agglomérations d'animaux (entreprises industrielles, régiments:..) que par une surveillance sanitaire constante. La contagion est d'autant plus sûre que la promiscuité est plus complète; la maladie est rapidement transmise chez les chevaux qui séjournent en liberté dans des prairies ou des parcours, chez ceux qui font usage d’auges et d’abreuvoirs communs. Au contraire, la contagion est retardée dans les écuries bien aménagées, où les animaux sont suffisamment séparés les uns des autres pour qu'ils ne puissent prendre leurs aliments en commun. Les aliments et les lilières souillés, les harnais, les couvertures, les brosses, les étrilles, les éponges... constituent les véhicules les plus ordinaires du virus.

(4) Sacnarorr. Etude sur l’évolution de la morve chez diverses espèces animales. Archives russes de médecine vétérin., t. IE, 1895, p. 269.

(2) Nocarp. La morve peut récidiver. Bulletin de Ia Société centr. de médecine Métérin., 1899, p. 502, |

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