‹ Les maladies microbiennes des animauxChapitre 32 sur 107 · TETE · texte numérisé non relu

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les ganglions n'opposent à leur marche envahissante qu’une résistance insignifiante ou nulle et ils sont bientôt déversés dans le sang. Les microbes ne font que passer dans ce milieu peu favorable; lancés par le cœur droit dans la circulation pulmonaire, ils sont retenus en partie dans les capillaires. Cet ensemencement du poumon par la voie sanguine apparaît évident dans la morve aiguë; 1l s'opère certainement de la même façon lors d’éruption discrète, à marche chronique. La forme de l’évolution est déterminée par les puissances relatives des bacilles et de la défense, au niveau des capillaires du poumon. L'inoculation intra-veineuse de grandes quantités de virus permet d'obtenir chez des organismes résistants, comme le chien, une évolution suraiguë. D'autre part, une inoculation périphérique légère suffit pour provoquer les mêmes accidents chez un animal très susceplible, comme l'âne.

La pathogénie de l’évolution aiguë est des plus simples; elle éclaire le mode de formation des lésions dans l'infection chronique. Les bacilles, apportés dans le système veineux, envahissent la circulation pulmonaire; les lésions immédiates du parenchyme sont telles que de nombreux microbes sont restitués à la grande circulation et lancés dans tous les territoires organiques. Certains tissus, comme le muscle, la muqueuse digestive... résistent à l'invasion et détruisent les bacilles; d’autres, comme le rein, le foie..., opposent encore une défense parfois suffisante; d’autres enfin, comme le poumon, la muqueuse respiratoire, la peau... constituent des milieux favorables à la culture.

Le processus est partout identique; les accidents ne différent dans leur forme qu’en raison de la constitution des tissus. Le bacille morveux agit sur les capillaires en provoquant la paralysie et la thrombose, puis la rupture des parois en certains points et l'irruption des leucocytes dans les tissus voisins. Dans le poumon, on trouve à la fois une congestion généralisée, des hémorragies interstitielles et de l’œdème, enfin une réplétion des gaines périvasculaires et péri-bronchiques, des parois alvéolaires et des acini par les leucocytes immigrés. Dans le foie, on rencontre également de la congestion, des hémorragies et une leucocytose interstitielle. Dans la peau et les muqueuses, la thrombose initiale favorise l’action nécrosante des bacilles apportés avec les cellules lymphatiques et l’on observe des phénomènes de gangrène.

Les mêmes faits essentiels sont retrouvés lors d'évolution lente ; ‘il est d’ailleurs de nombreux intermédiaires entre les formes és

Nocarp et LECLAINCHE. — 5° édit. — If. 16

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