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SPÉCIFICITÉ DU STREPTOUOQUE GOURMEUX

pement est encore exceptionnel; l’ensemencement par piqûre est le plus favorable: 11 donne en 24 heures de petites colonies arrondies, blanc-grisâtre, qui restent isolées et ne dépassent pas la grosseur d’une tête d’épingle. Le sérum constitue un excellent milieu; des taches grises, transparentes, s'étendent et se réunissent pour former une couche épaisse et solide, grisâtre, à reflets irisés. Le lait est coagulé en 24 à 48 heures.

Le streptocoque est pathogène pour le cheval et surtout pour la souris, blanche ou grise, qui est le réactif par excellence. Le lapin et le cobaye sont infectés par l'injection intra-veineuse ou intra- péritonéale de grandes quantités de culture récente. |

Spécificité du streptocoque gourmeux. — a) Les caractères morphologiques et biologiques du Streptococcus equi ne diffèrent de ceux du streptocoque pyogène sur aucun point essentiel. Dès 1891, Foth (1) aboutit à cette conclusion que le streptocoque de la gourme, le streptocoque pyogène du cheval et le diplocoque de Schuetz constituent trois variétés d’une même forme. Cappeletti et Vivaldi(2) formulent la même opinion: le streptocoque gourmeux n’est qu'une variété du streptocoque pyogène:; il ne s’en différencie par aucune propriété essentielle ou importante. Les recherches de Lignières(3) apportent des précisions nouvelles sur cette question. Le sérum antistreptococcique de Marmorek, actif contre le streptocoque pyogène, est sans effet sur le streptocoque de la gourme et sur le diplocoque de Schuetz. Un sérum anti-gourmeux, fourni par le chien, est nettement préventif à l'égard du Streptococcus equi et du diplocoque, mais sans action contre le streptocoque virulent de Marmorek.

On peut conclure que les streptocoques pyogène et gourmeux constituent au moins deux variétés différentes, tandis que le diplocoque de Schuetz est identique au streptocoque de la gourme (4). |

b) L'étude étiologique de la gourme tendait déjà à démontrer la-banalité de l'infection. De même que les autres formes pyogènes, le streptocoque gourmeux est largement répandu dans le milieu extérieur et Schuetz admettait a priori son existence saprophytique. Des obser-

(4) Forx. Vergleichende Untersuchungen über pathogene Streptococcen. Zeitschrift für Veterinärkunde, t. III, 1891, p. 192.

(2) CAPPELETTI et VivaLpi. Lo Streptococcus equi. Annali d’Igiene sperimentale, t. VII, 1898, p. 104, |

(3) LiGnièREs. Recherches sur l’étiologie de l’anasarque. Bulletin dela Société centrale de médecine vétérin., 1895, p. 369. Action du sérum antistreptococcique dans les pneumonies du cheval. Id., 1896, p. 173. Contribution à l’étude des pneumonies du cheval,

(4) Le streptocoque de Delamotte et Chantemesse et le Sireptococcus pneumo-ente-

lritis equi de Galtier et Violet, isolés dans la pneumonie infectieuse du cheval, sont

aussi des streptocoques gourmeux. (V. PASTEURELLOSE DU CHEVAL: cet ouvrage, el: D. 109)

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vations directes démontrent l’ubiquité du parasite; il est présent dans le sol des écuries, les litières, les poussières des fourrages et des grains, etc.; on le trouve presque à coup sûr dans le contenu intestinal du cheval et dans les déjections, sur les muqueuses saines des premières voies respiratoires ou digestives et dans les « jetages » de diverses origines.

Le streptocoque, partout présent, est toujours prêt à envahir les tissus dès que la défense n’est plus assurée. C’est ainsi qu'il se superpose aux infections pasteurelliques du cheval pour compliquer et masquer leur évolution. On le trouve, en même temps que le streptocoque pyogène et quelques formes voisines mal classées, dans les suppurations banales, d’origine traumatique ou autre, si fréquentes chez le cheval. Des associations streptococciques sont retrouvées encore dans l’anasarque.

Les propriétés biologiques du streptocoque gourmeux, et sa virulence en particulier, présentent des différences considérables suivant l’origine des types étudiés. Les cultures des formes saprophytes, issues de l’intestin ou des sols, sont souvent peu ou pas pathogènes; d'autre part, il

existe de nombreuses modalités dans le mode d’action des variétés virulentes. Il serait difficile et sans doute impossible de grouper pour l'étude tous les accidents dus au streptocoque de Schuetz et le critérium bactériologique, si précis en général, est insuffisant ici. On peut au moins continuer à décrire certaines localisations en un chapitre, mal délimité, mais suftisamment homogène. L'expression de « gourme » servira ainsi à désigner une série d'infections primitives, dues à une variété spécialisée du Streptococcus equi, caractérisée par une exaltation de sa virulence à l’égard du cheval (1).

Le groupement est très ébranlé à coup sûr et la pénétration réciproque de la pasteurellose et de la streptococcie complique gravement une question déjà difficile. On peut prévoir que la pasteurellose intervient à l'origine de diverses manifestations gourmeuses, préparant le terrain et imprimant à l’évolution un caractère particulier. De longues et minutieuses recherches devront être poursuivies sur tous ces points; les notions acquises en ces dernières années auront eu au moins ce résultat

de mettre en évidence toutes les incertitudes d’une question que l’on croyait élucidée,

Distribution géographique. Fréquence. — La gourme est répandue sur--presque tous les points du globe; jusqu'ici, l'Islande seule est signalée comme indemne (Jonsson).

La maladie est si commune que les traditions populaires la présentent comme une crise fatale chez les jeunes chevaux. En fait, il est peu

(1) L’anasarque du cheval est provoquée à la fois par les streptocoques pyogène et gourmeux. Marmorek trouve un agent « qui ne se distingue point par une diffé= rence marquée de tous les streptocoques humains ».

MarMorex. L'unité des streptocoques pathogènes pour l'homme. Annales de l'Institut Pasteur, 1902, p. 172. “d

d'animaux qui échappent à la gourme, sous l’une quelconque de ses formes, pendant les quatre ou cinq premières années de la vie.

Les pertes causées sont considérables ; si la mortalité générale est peu élevée, l’évolution est suivie, en certains cas, d'accidents chroniques ou de tares persistantes. D'autre part, la maladie entraîne une incapacité de travail de 15 à 20 jours en moyenne et elle exige des soins particuliers.

Chez les chevaux de troupe, la gourme frappe inévitablement les animaux non immunisés par une première atteinte. Elle est d’autant plus fréquente que la remonte s'opère avec des animaux plus jeunes ; en France, la gourme sévit en permanence dans les annexes de remonte où plus de la moitié des chevaux achetés sont atteints. Les chiffres suivants donnent des renseignements précis à cet égard :

Fréquence de la gourme dans l'armée française (Armée de l’intérieur).

Nombre Nombre Journées Années. des animaux des de Morts, achetés. malades. maladie.

| RU MR « UT ENEERER 13.864 9.564 206.547 96 Fate ECM . 13.395 8.856 167.570 * AO : tt) 10 De PAP ARCS 13.689 8.972 283.281 61 RON ete 12.780 9.000 205.953 65 4 Lt RS PEUR PEPENER 4 14.051 9.977 188.250 192 LH ASS SONIPNR . (14.000 9.286 207.940 4937 LRU OS OCENPENRR environ) 7.809 183.366 19 FOUR tes à le » 9.918 198.120 103 ÉD SUR duc” » 8.741 190.971 83 LRU LAN NON : » 8.978 207.809 145

Les quelques documents statistiques publiés sont très incomplets. Le Danemark signale 3711 cas en 1897 et 2584 (avec 169 morts) en 1898. La Suède compte 6504 malades en 1898. La Norvège accuse 1236 cas en 1898 (avec 48 morts).

Etude clinique.

Les accidents qui traduisent l'infection gourmeuse échappent par leur diversité à toute synthèse descriptive.

Alors que, sous certaines formes, la gourme est exprimée seulement par une éruption cutanée des plus bénignes, elle se traduit

(1) En outre du travail de Wiart, on consultera avec intérêt une brochure de Ch. Martin remplie d'observations intéressantes et de vues originales : Ch. MARTIN, « Étude sur la pyogénie spécifique appelée la gourme du cheval. Broch., 75 p., Bayeux. 1887. |

dans d’autres par des catarrhes diffus des muqueuses, par des. suppurations dans les parenchymes ou par des phénomènes congestifs. Ces types évolutifs, déjà difficiles à grouper, se trouvent associés suivant les modes les plus complexes; ils se greffent les uns sur les autres; ils sont accompagnés ou suivis par les complications les plus diverses.

L'étude des nombreuses déterminations gourmeuses montre que la maladie évolue suivant deux types assez nettement différenciés; sous une première forme, l'infection est exprimée par des suppurations, superficieiles ou profondes; sous une seconde, elle se traduit par des congestions, localisées ou disséminées. On peut ainsi distinguer : une GOURME PURULENTE, Correspondant aux anciennes formes décrites, et une GOURME SEPTICÉMIQUE, embrassant les formes congestives récemment étudiées (gourme hémorragique de Wiart) (1).

Ce groupement ne correspond pas sans doute à toutes les moda-

lités; des accidents appartenant à chacun des' deux groupes se «

succèdent ou coïncident sur un même individu; mais cet inconvénient est commun à toutes les classifications proposées. D'ailleurs, en plus de sa simplicité, cette division a l'avantage d’être basée sur des caractères anatomo-pathologiques précis et 1l semble qu’elle corresponde à deux procédés distincts de l'infection.

4 1. — Gourme purulente.

La gourme purulente comprend deux formes cliniques, suivant -que les localisations portent sur les muqueuses (gourme catarrhale) ou sur les parenchymes (suppurations gourmeuses).

Cette distinction, moins encore que les précédentes, n’a rien d’absolu ; la gourme catarrhale s'accompagne volontiers de suppuration dans différents tissus. Cependant la multiplicité même des localisations gourmeuses, comme aussi l'extrême variété de leurs associations, rendent impossible une description schématique unique. On doit seulement se souvenir que, si chacune des expressions locales de l'infection peut être observée isolément, plusieurs

(1) Le type septicémique aigu, observé par Bigoteau et décrit dans nos premières éditions est sans doute d’origine pasteurellique et nous ne le mentionnons plus ici. Les travaux de Lignières ont montré que l'invasion par le streptocoque gourmeux est fréquente en ces conditions et le diagnostic porté d’après l’examen bactériologique aevient très incertain.

BicoTEAu. Note sur l'étude clinique de la gourme. Revue vétérinaire, 1895, p. 513. — Cet ouvrage, 2° édition, p. 511.

déterminations peuvent coexister ou se succéder chez un même malade, et que la variété des associations modifie presque à k infini les aspects cliniques de la maladie.

Un premier paragraphe est consacré aux symptômes de la GOURME

GATARRHALE; dans un second, sont indiqués les caractères des

diverses SUPPURATIONS GOURMEUSES.

a) Gourme catarrhale. — La gourme catarrhale correspond aux localisations sur la muqueuse des voies respiratoires. Cette forme

“est la plus ordinaire; ses expressions diffèrent suivant le siège,

l'étendue et le mode d'évolution des accidents.

Le début est marqué par de la tristesse, de la somnolence, une diminution de l'appétit. Le cheval a perdu sa gaieté et sa vigueur; les mouvements sont lents, pénibles ; dans les formes graves, l’ar-

- rière-main est faible et la marche titubante. Les muqueuses sont

infiltrées, rouge brique; les yeux sont larmoyants; la bouche est chaude et sèche; la langue se recouvre d’un enduit grisâtre. La

- respiration est encore normale, mais le nombre des pulsations a

augmenté; 1l existe du pouls veineux dans les formes graves. La température oscille autour de 40°.

Des symptômes locaux sont bientôt appréciables; les régions de

: la parotide et de l’auge sont empâtées; la gorge est douloureuse;

les pressions sur le larynx provoquent facilement la toux. Si la

- muqueuse des premières voies digestives (arrière-bouche et pha-

rynx) est envahie d'emblée, la mastication est lente et la déglutition difficile. Lors de l’extension à la pituitaire (coryza gourmeux),

l’ébrouement se produit à chaque instant.

La toux apparaît dès que l’inflammation gagne la muqueuse laryngienne; d’abord sèche, retenue, quinteuse, elle devient plus grasse et plus forte lorsque l’exsudation s'établit. Les accès sont

provoqués par l'impression de l’air froid, par les mouvements brus- - ques de la tête sur l’encolure ou par le passage d’un bol alimen-

taire. Le jetage est limpide et aqueux au début; il prend une

teinte citrine si l’irritation est intense. La dysphagie légère est

décelée par une extension de la tête sur l’encolure au moment de la

- déglutition; elle est exprimée en d’autres cas par du ptyalisme

permanent et le rejet des aliments liquides par le nez. Les signes

- généraux du début sont peu modifiés; la température reste station-

naire.

Les troubles sont plus marqués dès que la suppuration s’établit. Dans la région de la gorge, l’'empâtement du début a fait place à une tuméfaction douloureuse. Les ganglions de l’auge sont volumi-

28h GOURME.

neux, infiltrés, noyés dans une zone de tissu œdématié. La région parotidienne est parfois tuméfiée, convexe, par suite de l’engorgement des ganglions pharyngiens; la tension peut être suffisante pour causer des troubles mécaniques de la respiration et de la cir-

culation. La tête est étendue sur l’encolure; les naseaux restent « dilatés; la respiration est bruyante, puis ronflante. La déglutition

est pénible; la salive s'écoule au dehors; les bols alimentaires ne franchissent le pharynx qu'après plusieurs tentatives; souvent, un accès de toux survient à ce moment et les aliments sont projetés à la fois par la bouche et par les naseaux. En certains cas, l’appréhension de la douleur provoquée par la déglutition est telle que

l'animal rejette les fourrages après les avoir mâchés longuement.

Dans les formes graves, « le malade n’essaie même pas de

manger; il reste immobile, hébété, les yeux à demi fermés; la

bouche entr'ouverte laisse échapper des mucosités gluantes. Les naseaux sont barbouillés de jetage grisâtre, muqueux ; une salive

écumeuse, sécrétée en abondance et sans cesse remuée par les «

mouvements de la langue dans la bouche, salit tout ce qui est à portée du malade » (Wiart).

La toux est fréquente, grasse, quinteuse. Le jetage est abondant,

bilatéral, purulent; ses caractères varient suivant le siège ou la pré-

dominance des localisations. D'abord grisâtre et mousseux si le larynx est affecté, 1l devient ensuite jaune ou blanc sale; tantôt épais, bien lié, crémeux, homogène, il se montre aussi liquide, mêlé de caillots fibrineux ou de matières alimentaires.

Le malade est abattu, somnolent; l'appétit est capricieux; les fourrages et les barbotages sont préférés à l'avoine. La conjonctive est infiltrée, rouge vif ou légèrement safranée. La respiration est lente, souvent entrecoupée; le pouls est un peu .accéléré. La

température s’abaisse dès que la suppuration est établie; lors d’évo-

lution régulière, elle descend peu à peu jusqu’à la normale.

La suppuration des muqueuses est accompagnée de foyers puru-

lents dans les ganglions de l’auge. Les abcès se montrent d’un seul côté ou des deux à la fois; la plupart du temps, plusieurs foyers

évoluent en même temps. On perçoit, dans le tissu œdématié qui remplit la cavité de l’auge, une ou plusieurs masses densifiées.

«Tantôt elles sont accolées aux branches du maxillaire; tantôt elles

sont placées en arrière du bord refoulé de cet os; tantôt elles sont.

situées sous la langue et occupent la partie médiane de l’espace intra-maxillaire. Dans ce dernier cas, les tumeurs sont souvent dissimulées dans le fond de l’auge, et, lorsque l’abcès est formé,

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la fluctuation est moins facile à percevoir que dans les autres localisations » (Wiart). Le tégument se couvre d’un suintement séreux au niveau des points fluctuants ; les poils tombent; la peau, refoulée et amincie, s'escarrifie vers le centre et livre passage à un pus blanc jaunâtre, épais, crémeux, bien lié.

L’engorgement gagne la région des joues lors d'évolution suraiguë; les yeux sont gonflés et chassieux. « Si, à ce moment, on \fait une ponction exploratrice dans les nodosités les plus saillantes, on fait sorür une petite quantité de pus jaunâtre, parfois safrané, épais et assez analogue, comme consistance, à celle de l’huile d'olives figée. Il arrive aussi que le pus est tellement épais qu'il reste emprisonné dans la trame des tissus. Plus tard, la fluctuation devient apparente et la peau s’amincit sur les nodosités en relief; si on les ponctionne, on n'en fait sortir qu’un peu de pus; le reste, à l’état concret, est rassemblé dans de petites logettes, indépendantes les unes des autres, à évacuation lente et difficile. » » En certains cas, les lymphatiques s’enflamment à leur tour. « De l'auge partent des cordes, qui se dirigent vers la face, longent le bord du maxillaire inférieur et gagnent les lèvres et les joues; de nombreux abcès se forment sur leur trajet. Le pus qui s’en écoule est grisâtre, graisseux et fréquemment mélangé à une petite quantité de sang » (Wiart). | Dans une dernière phase, tous les signes s’amendent peu à peu. L'engorgement de la gorge et de l’auge est résorbé dès que les abcès se sont ouverts; les troubles mécaniques de la respiration et de la déglutition disparaissent. La toux, plus rare, ne se produit qu’au début de l'exercice ou pendant la marche aux allures vives. Le jetage est peu abondant, épais, composé de petits grumeaux blancs, qui s’attachent au pourtour des naseaux et que l'animal projette en s’ébrouant ; plus tard encore, il redevient muqueux et forme des croûtes grises à l’orifice des cavités nasales. L'évolution est complète sous ce type en 15 à 50 jours; mais l’expression est modifiée en de nombreux cas par l'extension de l’inflammation à différentes muqueuses ou par la coexistence de localisations diverses dans les parenchymes. Parmi les complications qui résultent d'une simple extension du catarrhe gourmeux figurent les collections des poches qutturales et des sinus, la trachéobronchite, la broncho-pneumonie et la pleuro-pneumonie.

COLLECTION DES sinus. — Cette complication est assez rare et les symptômes qui l’expriment n’ont rien de spécial.

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COLLECTION DES POCHES GUTTURALES. — La suppuration de la muqueuse

des poches gutturales s'établit dès le début, dans certaines formes à évolution rapide; elle survient, dans d’autres, par extension de l’inflammation de la muqueuse respiratoire... Les symptômes n'ont rien de particulier. Wiart rattache à cette localisation des accidents nerveux, consistant en des accès de vertige, accompagnés d’amaurose et de troubles respiratoires et circulatoires.

La collection persiste presque indéfiniment avec les mêmes carac-.

tères; en quelques cas seulement, la suppuration détruit la muqueuse

et creuse un trajet vers les parties superficielles. L’issue se produit vers: la partie inférieure de la poche ou encore, à travers la parotide, dans les

régions moyenne ou supérieure; la guérison est complète en un temps assez court.

TRACHÉO-BRONCHITE. — L'inflammation de la muqueuse de la trachée et des bronches est primilive et contemporaine de celle des voies supérieures, ou secondaire et consécutive à l’angine gourmeuse.

L’envahissement des grosses bronches est annoncé par une élévation thermique vers 41°, par une toux sèche et profonde, avec abattement et

disparition de l'appétit. Ces symptômes s’atténuent en 12 à 24 heures M

et l’on constate les signes habituels de la bronchite aiguë. « La marche de la maladie n’est pas aussi régulière que lors d’inflammation simple, a frigore; on observe des accès fébriles passagers dus à une poussée congestive du côté de la peau ou des ganglions. L'évolution est complète en 15 à 20 jours. » |

BRONCHO-PNEUMONIE. — L'extension de l'inflammation aux petites bronches et au parenchyme pulmonaire se produit d'emblée ou dans le cours de la bronchite simple. Elle est annoncée par l’aggravation de tous les symptômes généraux et par les signes locaux de l’hépatisation lobulaire ou lobaire. « La durée moyenne de la broncho-pneumonie est d'environ trois semaines, lorsque celle-ci suit une marche régulière : mais lorsque les poussées congestives sur le poumon sont répétées, et pour ainsi dire imbriquées, comme chacune d'elles passe par les mêmes phases, la maladie se prolonge bien au delà de ces limites ». (Wiart).

Chez quelques malades, des abcès ou des foyers de gangrène se déve-

loppent dans le parenchyme enflammé. Enfin la broncho-pneumonie

gourmeuse passe parfois à l’état chronique. Le jetage persiste; l’impression de l'air froid et le travail provoquent des accès de toux. Les mouvements respiratoires sont irréguliers: l'expiration s'opère en deux temps. L'état général est mauvais; l’appétit est capricieux; l’animal maigrit; le poil est terne et piqué; la peau sèche se couvre de pellicules; plus tard apparaissent les signes de l’emphysème pulmonaire. PLEURO-PNEUMONIE (1). — L'envahissement de la plèvre s'opère au

(4) HucuiEr. Étude de la pleuro-pneumonie gourmeuse... Bulletin de la Société centr. de médecine vétérin., 1896, p. 419.

cours de l’évolution pneumonique; il est consécutif à une extension de inflammation pulmonaire ou à l'ouverture d’un abcès dans la cavité. Cette complication est annoncée par des frissons, des tremblements musculaires et un état d’anxiété extrême ; la respiration est courte et discordante; le thorax est sensible aux pressions; la ligne de matité s'élève et tend à devenir horizontale. La mort est la terminaison à peu près constante.

b) Suppurations gourmeuses. — Les suppurations des divers tissus se présentent sous la forme de foyers limités (abcès) ou d'infiltrations diffuses. Ces accidents accompagnent la gourme catarrhale ou évoluent seuls.

PEAU ET TISSU SOUS-CUTANÉ. — Les abcès développés dans le tissu cellulaire sous-cutané siègent dans les points les plus exposés aux trauma-

tismes : au garrot (1), au bord supérieur de l’encolure, à la pointe de

l'épaule, au niveau des articulations des membres...

Les suppurations locales peuvent être l’origine d'accidents divers. En certaines régions, l'abcédation aboutit à la macération et à la nécrose des tissus (maux de garrot, d’encolure); en d’autres, la tuméfaction détermine des troubles dus à l’occlusion des voies respiratoires (région parotidienne) ou à la compression des vaisseaux et des nerfs (encolure) (2).

Une forme particulière, d'origine traumatique, est décrite sous le nom de gourme de castration (3). Les premiers symptômes se montrent quinze à trente jours après l'opération. L'animal est triste ; l'appétit est diminué; la colonne vertébrale est voussée; la marche est pénible. Un engorgement œdémateux, unilatéral ou bilatéral apparaît dans la région du fourreau; il augmente pendant les jours suivants. Un ou plusieurs foyers purulents se développent au sein de l’œdème. « La fluctuation se manifeste ordinairement dans l’aine, entre la face interne de la cuisse et la région testiculaire; le pus est toujours de bonne nature et très abondant (cinq litres et plus). Après l'ouverture de la poche, l'animal se trouve mieux pendant quelques jours, mais bientôt apparaît un nouvel engorgement qui aboutit à l'ouverture d’un nouvel abcès » (Jouquan). Les abcès, développés dans le tissu cellulaire qui entoure le cordon, se succèdent ainsi plusieurs fois et l’évolution peut n'être complète qu'en quatre à cinq semaines.

«(1) TRÉLUT. Du mal de garrot symptomatique. Revue vétérin., 1883, p. 553.

(2) Des abcès évoluent parfois dans le tissu conjonctif lâche de l'orbite, provoquant un prolapsus de l’œil (Nühr....)

(3) ANGINIARD fils. De la gourme se manifestant dans la région du fourreau après castration. Recueil de médecine vétérin., 1855, p. 899. — MARTIN. Loc. cit., p. 13. — Jououax. La gourme de castration. Bulletin de la Société centr. de médecine vétérin., 1888, p. 485. — ReynAL, en 1849, signale déjà la castration comme l’origine d’accidents traumatiques gourmeux.

as GOURME.

La suppuration s'établit aussi dans l’épaisseur du cordon testiculaire. « L’engorgement du fourreau persiste alors pendant un long temps, sans que l’on puisse observer la fluctuation.... Le malade s’émacie de plus en plus; il ne peut plus lever les membres postérieurs ; l'appétit devient nul et la mort peut survenir... On est obligé de recourir aux ponctions exploratrices pour être certain de la présence du pus, qui se trouve souvent à huit ou dix centimètres de profondeur, jusque dans la partie supérieure du canal inguinal (Jouquan).

Les suppurations développées dans le bassin, notamment dans le éissw conjonctif péri-rectal, se traduisent par un ensemble de signes particuliers (1). Les symptômes apparaissent subitement, pendant la convalescence de la gourme; l’animal est triste, cesse de manger, a des coliques intermittentes. Après quelques jours, la défécation s'opère difficilement ; le malade fait de fréquents efforts, accompagnés de plaintes; il ne rejette que quelques crottins petits et durs. A l’exploration rectale, on trouve, plus ou moins en avant, sous le sacrum, une tuméfaction globuleuse, rénitente, douloureuse, dans laquelle on perçoit bientôt de la fluctuation; il existe en même temps de l’œdème péri-anal (Lardet, Le Berre).

Ces signes se montrent seuls ou en même temps que d’autres manifesta-

tions gourmeuses.

Des suppurations diffuses de la peau et du tissu conjonctif souscutané sont observées en certains points, notamment à la tête et à l’encolure. Une tuméfaction œdémateuse occupe toute une région, puis de nombreux foyers purulents évoluent, à la fois dans le derme cutané et dans le tissu conjonctif sous-jacent. Ces accidents accompagnent le plus souvent la gourme catarrhale. Ils se terminent par la résolution ou par l'infection purulente.

Une forme différente consiste en l’évolution rapide d’une inflammation érysipélateuse de la peau et du tissu sous-cutané, envahissant une partie ou la totalité de la tête et les régions de la parotide et du larynx. La peau, chaude au début, est considérablement épaissie et œdématiée; les saillies osseuses disparaissent; les yeux restent clos; les naseaux sont en partie obstrués. L'animal prend un aspect monstrueux, analogue à ce que l’on observe dans certaines formes d’anasarque. Si l’infiltration

est étendue, les malades présentent des signes d'intoxication aiguë et

succombent rapidement; en d’autres cas, 1l se produit des escarrifications cutanées (gourme charbonneuse); parfois enfin, les engorgements disparaissent peu à peu.

Des lymphangites purulentes sont observées à la tête et aux membres. Elles coïncident en général avec l’abcédation des ganglions voisins. Des engorgements œdémateux, chauds, apparaissent au nez, aux lèvres, aux paupières; la peau est tendue et infiltrée. Des abcès se forment sur le tra-

(1) LARDET. Abcès du bassin. Bulletin de le Société centr. de médecine vélérin., 1889, p.60. — LE BERRE. Abcès de la région rectale. Id., 1889, p. 258.

jet des lymphatiques; 1ls s'ouvrent après quelques jours en donnant un pus liquide, mal lié, mêlé de caillots fibrineux (1).

APPAREIL DIGESTIF. — Outre les inflammations fréquentes de la muqueuse de l’arrière-bouche et du pharynx, des localisations multiples siègent sur différents points de l'appareil digestif.

Des abcès se développent dans le voile du palais, déterminant une tuméfaction considérable de la région, le rétrécissement de l’orifice et la difficulté de la déglutition. En certains cas, de petits abcès se forment isolément dans la membrane; en d’autres, il existe un seul foyer, qui atteint jusqu'au volume d’un œuf de pigeon. Les lésions discrètes aboutissent à la résolution; les troubles de la déglutition persistent pen- dant deux à trois semaines. Lors d’altérations graves, nécroses et suppurations persistantes, 1l arrive souvent que du pus et des parcelles alimentaires sont entraînés dans les bronches et déterminent une pneumonie par corps étrangers, toujours mortelle.

Les abcès de l’auge ont pour conséquence possible un œdème de la langue parfois considérable. L’organe déborde latéralement et entre les arcades incisives. Tout mouvement de déglutition est impossible; la salive s'écoule en permanence. Les phénomènes alarmants disparaissent dès que les abcès ont été ouverts. Les abcès profonds peuvent s'ouvrir dans Ja bouche; :il persiste alors une plaie fistuleuse qui, toujours souillée par des parcelles alimentaires, se cicatrise avec une extrême lenteur.

La suppuration en foyers dans les parois du pharynx (2) est indiquée par une pharyngilte intense, avec difficulté extrême ou impossibilité absolue de la déglutition. Dans les formes graves, l’inflammation s'étend à la muqueuse du larynx et l’animal meurt asphyxié dès les premiers Jours. |

Les localisations sur l'intestin sont exprimées seulement par la diminution de l'appétit, devenu capricieux, irrégulier, et par un amaigrissement progressif, coïncidant avec des coliques intermittentes et avec une faiblesse croissante du malade. Les abcès peu volumineux s'ouvrent dans l'intestin et la cicatrisation s'opère; les coilections étendues provoquent l’obstruction du canal ou la mort par périlonite, après ouverture dans la cavité séreuse. |

Les ganglions mésentériques sont parfois atteints; des collections purulentes d’un volume énorme se développent dans les ganglions sous-lombaires ou dans le tissu conjonctif de la région. La localisation est exprimée par des signes vagues : amaigrissement, faiblesse, appétit irréeulier, rétraction de l’abdomen et sensibilité à l'exploration (5).

(1) Cuaussée. Contribution à l'étude de la gourme. Broch. de 56 p., Angers, 1901.

(2) Traspor. La gourme ow variole du cheval. Archives vétérin., 1879, p. 868. — Dreckernorr. Lehrbuch dr Pathologie, t. I, 1888, p. 564.

(3) VERLINDE. Abcès gourmeux mésentériques. Annales de médecine vétérin., 1895,

Nocarp et LECLAINCHE. — 9° édit. — II. 19

APPAREIL RESPIRATOIRE. — Outre les accidents signalés déjà au niveau du larynx, des suppurations s’établissent en divers points dans le voisinage de la trachée. Les abcès se développent sur le trajet cervical, dans le tissu conjonctif péri-trachéal, ou encore à l'entrée de la poitrine et au-dessus du canal. Les foyers, appréciables à l'extérieur, déterminent une compression et un écrasement de la trachée, décelés par un souffle inspiratoire et expiratoire, Des complications irrémédiables se produisent si le pus ne peut être évacué prématurément par une intervention chirurgicale; la suppuration s'étend dans les plans cellulaires, pour atteindre la cavité thoracique; des accidents mortels sont aussi provoqués par la compression et la macération des vaisseaux et des nerfs.

Les ganglions de la cavité thoracique sont envahis d'emblée ou secondairement, seuls ou en même temps que les ganglions pharyngiens, pré-scapulaires et trachéaux. Le cornage est l’un des signes les plus. constants; la tuméfaction des ganglions bronchiques entraine du pouls veineux et de la réplétion des jugulaires, par compression de la base du cœur. La mort est inévitable; elle est le résultat de l’'écrasement des “ nerfs, de l’ulcération des parois d’un vaisseau ou de l'issue du pus dans les plèvres.

Dans le poumon, les suppurations évoluent sous la forme de foyers de broncho-pneumonie, du volume d’un pois à celui d’un œuf de poule; elles coïncident souvent avec la bronchite. Si les foyers sont nombreux et confluents, la gangrène ou la généralisation de l'infection sont également à craindre. En quelques cas, des foyers périphériques s'ouvrent dans la plèvre, entraînant une pleurésie purulente mortelle.

SYSTÈME NERVEUX (1). — Les localisations sur le système nerveux central sont assez rares. Les suppurations se présentent sous la forme de foyers limités, développés dans les ventricules ou dans les méninges, et d’inflammations diffuses des méninges. Les abcès siègent presque toujours dans les hémisphères cérébraux. |

Les accidents apparaissent subitement, au cours ou pendant la convalescence d’une gourme le plus souvent bénigne. On observe d'emblée soit un état comateux simulant un degré avancé d’ « immobilité », soit des manifestations aiguës : accès de vertige, suivis de périodes de coma, mouvements en cercle ou de propulsion, inclinaison latérale de’ l'encolure, paralysies locales... Les lésions peuvent rester muettes pendant longtemps ou indéfiniment; le foyer s’enkyste et se résorbe peu

p. 84. — Prior. Perforalion intestinale... Recueil de médecine vétérin., 1897, p. 417. — Dupas. Abcès gourmeux du mésentère. Recueil de médecine vétérin., 1898, p. 353.

(1) JacouLeT et Joy. Étude clinique des formes nerveuses de la gourme. Recueil pour le jubilé de Woronzoff, 1896, p. 1, et Répertoire de médecine vétérin., 1897, p. 25 et 12. — LE CALvÉ. Sur les abcès intra-craniens d'origine gourmeuse. Bulletin de la Société centrale de médecine vétérin., 1898, p. 17%.

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à peu, ou bien il finit par s'ouvrir dans les ventricules ou dans les méninges et des symptômes aigus apparaissent.

Des paraplégies passagères, suivies de parésie persistante du train postérieur, d’atrophie musculaire et de cachexie sont signalées à la suite de l'infection gourmeuse; il n’est pas douteux qu'elles doivent être rapportées à une localisation streptococcique médullaire; toutefois l'étude anatomique et bactériologique des accidents n’a pas été faite jusqu'ici.

Des accidents cérébraux ou médullaires sont dus à la pénétration du pus développé dans le voisinage des centres. Barascud (1) rapporte une. observation de méningite consécutive à un abcès gourmeux de l'oreille interne ; Chauvrat, Perrey et Deysine observent des méningites spinales provoquées par des suppurations dans le voisinage des corps vertébraux.

Des névrites aiguës, localisées à un seul cordon ou étendues à toute une région, sont exprimées par de la boiterie, des paralysies et de l’atrophie musculaire (2). |

APPAREIL LOCOMOTEUR. — Les accidents portent sur le système lymphatique, les séreuses synoviales, les muscles et les os.

En dehors des Iymphangites et des adénites consécutives aux altérations des muqueuses, des suppurations s’établissent d'emblée dans le système lymphatique de certaines régions. Les adénites les plus fréquentes sont celles des ganglions sous-glossiens, pharyngiens, trachéaux, pré-scapulaires.… ; les lymphangites siègent de préférence sur la tête et sur les membres.

Les séreuses articulaires ou tendineuses sont quelquefois affectées au cours de la gourme catarrhale. On observe à la fois dés synovites simples, d'apparence rhumatismale, qui constituent plutôt des complications de la maladie (V. Complications), et des arthrites ou des pérrarthrites suppurées très graves.

Les muscles nou des abcès ou \nte suppurations diffuses qui tendent à fuser dans le tissu conjonctif pour gagner des régions éloignées ou pénétrer dans une cavité splanchnique (3).

Du côté des os, on signale quelques cas de périostite survenue pendant la convalescence des catarrhes des muqueuses, notamment « au niveau du genou, du jarret et à la partie supérieure des canons; l’inflammation détermine une tuméfaction des extrémités articulaires, une infiltration sous-cutanée et un peu de gêne dans le jeu des articulations, mais pas de boiterie » (Wiart). Mauri a rencontré un cas de carie du maxillaire

(1) Barascup. Méningite consécutive à la formation d’un abcès gourmeux dans l'oreille interne. Recueil sur l’hyg. et la médecine vétérin. milit., t. XVIII, 1896, p. 551.

(2) JAcouLeT et Jozy. Loc. cit. — LABAT. Abcès du se el ot d'origine gourmeuse sur une jument. Revue vétérinaire, 1897, p. 10. — SAVETTE. Parulysie du sciatique poplité externe d'origine gourmeuse. Id., 1900, p;-285.

(3) FRANZ. Psoasasbcess beim Pferd, im Verlauf der Druse, Berliner thierärztl. Wochenschrift, 1902, p. 175.

inférieur, due à l’envahissement du tissu spongieux par le streptocoque gourmeux.

ÿ 2. — Gourme septicémique.

Cette forme correspond à la gourme hémorragique de Wiart; ses types évolutifs variés peuvent être classés suivant les diverses localisations.

La gourme se manifeste d'emblée sous cet aspect, ou elle revêt brusquement cette forme au cours de la forme catarrhale et vers le troisième septénaire. Les localisations ordinaires portent sur la peau, les muqueuses, le poumon; d’autres sont observées sur l'intestin, les muscles ou les centres nerveux. À l'exception des accidents cutanés, associés en général à d’autres manifestations, les lésions sont localisées le plus souvent sur un même appareil et elles peuvent être étudiées isolément.

Les caractères généraux de l’évolution sont identiques à ceux

de la gourme purulente; « souvent, les processus congestifs se ma-

nifestent par des poussées plus ou moins éloignées les unes des autres, annoncées par des exacerbations fébriles ». (Wiart.)

GOURME CUTANÉE. — La présence des accidents cutanés est depuis longtemps signalée (1); certains observateurs, comme Gilbert, Dieterichs, Robinson, Traeger,.. regardent même l'éruption comme essentielle et ils font de la gourme une maladie exanthémateuse. Les caractères cliniques de cette forme ont été plusieurs fois étudiés en ces dernières années (2).

Sous une première forme, l'infection gourmeuse se traduit par un simple exanthème. Le début est marqué par une élévation thermique constante, vers 39°-40°, avec de la tristesse et de l’inappétence. L'éruption apparaît 24 à 48 heures plus tard; elle est tantôt généralisée, tantôt localisée en divers points, à la face, aux épaules, aux flancs, à l'extrémité des membres. La forme eczémateuse consiste en une éruption vésiculeuse, discrète ou confluente. Les dimensions des vésicules varient du diamètre d’un grain de mil à celui d’un grain de maïs; elles sont d'autant plus petites qu’elles sont plus nombreuses. Le plus souvent, il y a simple

(1) H. Bouzey, VILLATE.... Discussion sur la transmission de la gourme. Recueil de médecine vélérin., 1855, p. 537.

(2) Jouy et LECLAINCHE. Étude sur la gourme cutanée. Revue vétérin., 1893, p. 289 (avec bibliogr). — Woronzorr. Lu forme exanthémateuse de la gourme. Journ. de médecine vétérin. de Pétersbourg, 1894, p. 294 et 325 (en russe). — ZmirLorr. /d., id., p. 646. — LAGRIFFOUL. Eczéma gourmeux. Recueil sur l'hygiène et la médecine vétérin. milit., t. XVIII, 1896, p. 357. — HUMBERT. Éruptions cutanées dans la gourme. Id.,

id., p. 440.

soulèvement épidermique, sans altération du derme. En d’autres cas, la vésicule est remplacée par une bulle, de la largeur moyenne d'une pièce d’un frane, sorte de phlyctène qui se dessèche après quelques jours, en prenant une teinte grisâtre. « L’éruption bul-

leuse est plus rare que la vésiculeuse et elle est presque toujours

cantonnée sur une région très limitée » (Wiart). Un enduit épais, poisseux, agglutine les poils, donnant aux régions envahies un aspect caractéristique. Les poils tombent et laissent à nu de petites plaies superficielles.

L'éruption cutanée exprime seule l'infection gourmeuse ou elle accompagne d’autres localisations. |

Des troubles cutanés différents sont observés, « sur certains sujets, alors que l’inflammation catarrhale des voies respiratoires se prolonge au delà des limites ordinaires, avec des alternatives d'amélioration et d'aggravation; ils se montrent plus rarement dans la période de convalescence ». (Wiart.) Les accidents consistent en une éruption de tumeurs œdémateuses (échauboulure gourmeuse de Wiart), disséminées sur tout le tronc ou confluentes en certaines régions. Leur apparition est précédée d’une légère élévation de la température ; on constate de l'inquiétude, des tremblements partiels, la peau est sensible et un peu chaude. Les tumeurs couvrent, en quelques heures, les épaules, les côtes, les cuisses, la partie inférieure de la tête; elles sont œdémateuses, nettement circonscrites, aplaties, du diamètre d’une pièce de deux francs environ; par exception, elles se montrent sous la forme de boutons confluents, hémisphériques, du volume d’une petite noisette. Des éruptions se succèdent dans les mêmes régions. Peu à peu, les élevures cutanées s’affaissent et disparaissent; à leur niveau, une légère exsudation séreuse, sous-épidermique, se concrète en une croûte superficielle. L'évolution est complète en 6 à 10 jours.

Muoueuses. — Des éruptions analogues à l’éruption cutanée sont observées en même temps que celle-ci ou isolément. Elles siègent sur la pituitaire, la conjonctive, les lèvres ou la muqueuse génitale.

Des granulations, réunies en plaques finement bourgeonneuses, sont recouvertes d’un enduit gris jaune adhérent ou d'une sécrétion muco-purulente (1). Les accidents. varient dans leur expression suivant l'étendue et le siège de l’éruption. |

(1) TELIEZYNSKY, Forme granuleuse de la gourme. Anal. in Jahresbericht de Ellenberger et Schuetz pour 1895, p. 92.

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La localisation génitale est décrite sous le nom de gourme coitale (A). Les accidents débutent, chez la jument, quatre à sept jours après le coït infectant, par de la fièvre, de la tristesse et

une diminution notable de l'appétit. Peu après, les lèvres de La

vulve sont œdématiées; une sérosité jaunâtre, puis du muco-pus, s'échappe par la commissure inférieure. « La muqueuse du vagin, de couleur rouge sombre, est parsemée de petites plaques œdémateuses, rapprochées les unes des autres. » (Letard.) Des abcès se forment autour de la vulve, de l’anus et du rectum, au périnée, à la mamelle et dans les ganglions sous-lombaires (Chaussée).

ANASARQUE GOURMEUSE (2). — Le début est marqué par une hyperthermie de 1 à 2° et par des engorgements, permanents ou intermittents, au niveau des articulations des membres. Les œdèmes gagnent les lèvres et les ailes du nez, tandis que des pétéchies couvrent la pituitaire. Les parties tuméfiées sont chaudes et douloureuses. Les symptômes du début s’aggravent par poussées successives; les battements du cœur sont violents et précipités; les œdèmes volumineux des membres rendent les mouvements impossibles; ceux de la face mettent obstacle à la préhension des aliments. La peau, distendue à l'excès, est le siège d’un suintement séreux. Des crevasses s'ouvrent dans les plis articulaires du genou, du jarret et du paturon; des plaies bourgeonneuses et saignantes, des foyers de suppuration diffuse et des escarres gangreneuses siègent au niveau des engorgements. L'évolution est la même que dans l’anasarque dite « essentielle » et les mêmes complications d'infection purulente ou septique sont observées.

Des accidents viscéraux peuvent survenir pendant l'évolution. La température remonte brusquement vers 42° et l’on constate bientôt les signes d’une localisation sur le poumon ou l'intestin.

Poumon. — La congestion du poumon s'établit dès le début de la gourme ou au cours de la maladie. Les symptômes sont identiques

à ceux de la congestion a frigore. La marche est toujours rapide; la

guérison est possible lors d’une intervention prompte et énergique; mais on n'observe le plus souvent qu’une rémission passagère; de nouvelles poussées surviennent et le malade succombe à l’asphyxie.

(1) LETARD. De la gourme coïtale. Bulletin de la Soc. centr. de méd. vét., 1892, p. 426. — Jouquax. Gourme coîtale et exanthème coïtal. Id., p. 450. — Le Mouroux, Gourme coïtale. 1d., 1894, p. 450. — CHaAusséE. Loc. cit, p. 10.

(2) CHARON. De l'anasarque sur les jeunes chevaux. Mémoires sur l'hygiène et la médecine vétérinaire militaire, t. VII, 1881, p. 848.

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La pneumonie lobaire succède à la congestion pulmonaire ou à la broncho-pneumonie purulente; elle évolue isolément ou en même temps que la pleurésie et la péricardite. Tantôt le malade succombe dès le début de l’hépatisation, tantôt il résiste plus longtemps et les symptômes se rapprochent de ceux de la broncho-pneumonie déjà décrite. La terminaison par la suppuration ou par la gangrène est la plus ordinaire. Certaines lésions persistent sous une forme atténuée. La guérison est toujours lente et rarement complète.

INTESTIN. — Des poussées de congestion s’opèrent sur l'intestin, au cours de la maladie ou pendant la convalescence; la complication d’invagination est fréquente. Les symptômes consistent en des coliques sourdes, avec sueurs froides; la mort surprend le malade dans une prostration complète.

SÉREUSES. — Les accidents, primitifs ou consécutifs, portent sur les séreuses splanchniques et sur les synoviales. Pleurésie. — L'inflammation de la plèvre, la plus ordinaire, accom-

pagne souvent la pneumonie; en d’autres cas, elle coexiste avec la péricardite ou se manifeste isolément.

« La pleurésie gourmeuse primitive a une marche lente et insidieuse. Lorsque, après une poussée congestive sur la muqueuse des voies respiratoires, l'écoulement nasal, sans être abondant, continue pendant des semaines et même des mois, quand la fièvre persiste et avec elle linappétence, la tristesse, la sécheresse de la peau et le redressement des poils, le refroidissement des extrémités, la petitesse et la fréquence du pouls, on doit craindre la pleurésie, même en l'absence de signes particuliers du côté de la poitrine. Dans bien des cas, l’inflammation de la plèvre reste sourde et localisée sur la région diaphragmatique; puis, sous l'influence d’une cause occasionnelle quelconque, une nouvelle poussée se manifeste, plus violente que la première, et l’animal est emporté en quelques jours par un épanchement considérable. » (Wiart.)

La pleurésie qui accompagne la congestion pulmonaire est plus nettement hémorragique et ses manifestations sont différentes. La douleur des parois thoraciques est peu marquée; l’exsudation, abondante el rapide, provoque l'oppression, l’anxiété et la discordance des mouvements du flanc. Les épanchements abondants coïncident avec des lésions de même ordre sur le péricarde et parfois sur le péritoine. La résorption est possible si l’épanchement est modéré. Lors d’inflamma-tion intense, la mort survient en 24 à 48 heures, par ANÉrENS ou encore, en quelques heures, par hémorragie.

Péricardite. — La Pacte sourmeuse exsudative est rare (4 cas sur 1000 observations; Wiart); elle accompagne la pleurésie aiguë ou la pleuro-pneumonie. Les symptômes sont ceux de la péricardite aiguë simple.

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La péricardite hémorragique accompagne la pleurésie de même type. Aux symptômes de celle-ci s'ajoute l'extrême difficulté de la circulation.

Péritonite. — Klle coïncide avec les altérations des viscères abdominaux (péritonites viscérales) ou avec d'autres localisations sur les séreuses. Les troubles sont analogues à ceux. des péritonites aiguës d'origine différente.

Synovites et arthrites. — Les séreuses articulaires et tendineuses sont quelquefois affectées au cours de la gourme catarrhale ou pendant la convalescence des localisations thoraciques. Les accidents consistent en une inflammation exsudative, sans suppuration. Les synoviales le plus ordinairement atteintes sont les gaines grande et petite sésamoïdienne, les gaines articulaires du jarret, du grasset, de l'épaule, du boulet, les gaines carpienne et tarsienne; plus rarement, les synoviales des extenseurs antérieur et latéral des phalanges et celle du coraco-radial.

Plusieurs séreuses sont frappées en même temps ou successivement et sans ordre déterminé. Le début, toujours brusque, est accompagné d'un état fébrile. L'évolution est variable à la fois suivant le siège et l’inten-

sité du processus; les rechutes sont à craindre et, pour une même syno-

viale, la résolution n’est souvent définitive qu’en cinq à six semaines. Des engorgements persistent en quelques cas, notamment au niveau de la gaine articulaire du jarret. |

SYSTÈME NERVEUX. — La congestion apoplectique du cerveau est signalée au cours de la gourme (Wiart, Joly et Jacoulet). Les symptômes n’ont rien de spécial; la mort survient en quelques minutes ou en 2 à 4 heures. , |

OEiz. — Joly (1) rapporte une curieuse observation d’iritis gourmeux, caractérisé par un exsudat dans la chambre antérieure et un trouble consécutif de la cornée. Les accidents ont pour conséquence la formation de synéchies postérieures et l’atrophie de l'œil.

MARCHE. — CoMPLICATIONS. — Pronosric. — La diversité des aspects cliniques ne donne qu’une idée insuffisante des variations observées dans la marche de la maladie. Non seulement les multiples localisations se trouvent associées suivant tous les modes, mais les divers types évolutifs se succèdent sur un même malade | et des accidents persistants sont rencontrés chez certains.

La gourme purulente est exprimée, le plus souvent, par l’inflammation catarrhale de la muqueuse des premières voies respiratoires et digestives; elle se termine, en deux à trois semaines, après formation d’abcès dans les ganglions de l’auge. Sous cette forme, la maladie est bénigne et la guérison est complète en 20 à 50 jours;

(1) Jocy. Ophtalmie gourmeuse. Recueil sur l'hygiène et la médecine vétérin. milit., t. XVII, 1895, p. 554.

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parfois cependant des poussées successives se produisent et la résolution n'est complète qu'après deux mois et plus. Des complications sont dues à certaines localisations des suppurations; la compression du larynx, de la trachée ou des nerfs entraîne l’'asphyxie; la gêne de la déglutition aboutit à la chute de parcelles alimentaires dans la trachée, suivie d'une pneumonie par corps étrangers ; l’ulcération des vaisseaux occasionne des hémorragies graves (1).

L’envahissement des bronches et du poumon est toujours alarmant; l'évolution d’abcès dans les ganglions de la cavité thoracique ou dans le poumon, les poussées de congestion sur le poumon ou sur la plèvre, les complications de gangrène ou d’infection purulente sont également redoutables.

La gourme septicémique est plus grave que la gourme purulente, dans ses conséquences immédiates. Les accidents congestifs viscéraux tuent souvent les malades dès les premières périodes et la tendance aux récidives est encore plus marquée que dans la forme précédente. Ces atteintes laissent les animaux dans un état de faiblesse qui les rend inutilisables pendant plusieurs mois.

Rien ne peut faire prévoir la marche de l'infection gourmeuse. Un malade affecté d’un catarrhe respiratoire bénin en apparence présentera, au cours de l’évolution, des suppurations cavitaires fatalement mortelles, ou bien il succombera à des poussées congestives sur les viscères. Tel autre, qui n'aura montré que des accidents éruptifs insignifiants ou un catarrhe sans gravité, sera emporté, après plusieurs semaines, par une atteinte foudroyante de gourme septicémique. |

Certaines lésions persistent indéfiniment. Le catarrhe respiratoire est entretenu pendant plusieurs mois chez quelques malades, avec des alternatives d’aggravation et d'amélioration (gourme chronique). Tantôt il y a guérison, tantôt des complications diverses surviennent (abcès périphériques, exanthème, synovites, gangrène du poumon). Les lésions du poumon, des plèvres, et plus souvent celles de l'intestin, tendent aussi à persister. Les troubles durables ou définitifs de la locomotion, consécutifs aux localisations médullaires, empêchent l'utilisation des animaux (2). Les déter-

(1) Moon. Angine gourmeuse avec rupture de l'artère faciale. Bulletin de la Société centr. de médecine vétérin., 1895, p. 189.

(2) Le « mal des chiens » des poulains de course est certainement d’origine gourmeuse. Les accidents ne sont pas spéciaux d’ailleurs aux « pur sang »; Bigoteau les rencontre plusieurs fois en Beauce sur les percherons d'élevage. Voy. MATHIEU.

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minations sur les articulations des membres laissent des tares définitives (1). | |

Une autre complication est à craindre si les lésions des voies respiratoires persistent pendant deux ou trois mois. Il résulte des statistiques de Charon que les chevaux affectés de bronchite chronique gourmeuse deviennent corneurs dans la proportion de 23 pour 100; l’angine chronique fournit 15 pour 100 de corneurs. Dans les mêmes conditions, Wiart constate le cornage chez 25 pour 100 des malades.

Quelques animaux présentent un état d’anémie progressive, aboutissant à la cachexie et à la mort. Il existe parfois de la leucocythémie, avec tuméfaction de tous les organes lymphoïdes; en d’autres cas, on note seulement de la faiblesse générale, de la polyurie, des œdèmes dans les parties déclives et des hydropisies passives dans les séreuses. La mort survient à la suite de troubles cardiaques, d’hémorragie interne, ou par épuisement. On rencontre

des dégénérescences amyloïdes du foie et des reins, de la dégé- «

nérescence cireuse étendue à certains groupes musculaires et,

presque toujours, des myocardites parenchymateuses ou interstitielles.

La gourme est une affection des plus redoutables. Si le taux de la mortalité générale est peu élevé (1 à 5 pour 100), la maladie laisse souvent les animaux amoindris pour longtemps ou tarés définitivement. La complication possible de cornage, la présence de lésions articulaires ou osseuses aggravent le pronostic général.

Il convient de réserver tout jugement sur l’évolution probable de la maladie; il faut aussi prévoir l'éventualité de rechutes successives, Jusque dans les dernières périodes de la convalescence. La marche de la température (2) donne des indications pronostiques assez précises; une élévation rapide, avec maintien à 41° pendant plusieurs jours, traduit un état très grave; si l’ascension continue, « même lentement, vers 42°, la mort est imminente ; une chute rapide au-dessous de la normale présage aussi une mort prochaine. Des complications sont à redouter s'il existe une discordance marquée entre les indications du thermomètre et l’état du pouls.

La gourme chez le cheval de pur sang. Bulletin de la Soc. centr. de méd. vétér., 1892, p. 424. — Joy et JacouLET. Loc cit., p. 6. (1) LÜgke. Nachkrankheit der Druse. Berliner thierärztl. Wochenschr., 1896, p. 321. (2) HUMBERT. Essai sur la marche de la température dans les principales manifestalions de la gourme. Mémoires de la Soc. centr. de méd. vét., t. IX, p. 227.

Il est évident que la signification des indications thermométriques n’est pas absolue; le simple développement d’un abcès en une région très sensible occasionne ainsi une hyperthermie persistante. De même l'état général des malades est profondément modifié par certaines localisations peu graves en réalité.

El — 'Lésions.

La gourme évolue anatomiquement sous deux formes distinctes : . dans l’une (gourme purulente), les cultures locales dans les milieux lymphatiques sont exprimées par des suppurations ; dans la seconde (gourme septicémique), la culture du streptocoque dans le sang produit des accidents d'intoxication locale (congestions...) ou générale.

à |. — Gourme purulente.

a) Gourme catarrhale. — Les muqueuses enflammées, recouvertes par un exsudat catarrhal, présentent une congestion d'intensité variable, accompagnée d'un œdème lymphatique sous-muqueux ; toutes les parties sont infiltrées par de nombreuses cellules migratrices et par de courts streptocoques. La muqueuse des sinus et des poches gulturales, fortement vascularisée, prend un aspect tomenteux; lors de lésions récentes, les cavités renferment un liquide trouble, safrané, tenant en suspension des caillots fibrineux; à une période plus avancée, l’exsudat est épais, grumeleux et purulent. La muqueuse des bronches est épaissie, recouverte de muco-pus; les petits canaux sont obstrués.

Dans la broncho-pneumonie, le poumon congestionné est envahi par des foyers d’hépatisation lobaire ou lobulaire, renfermant parfois un ou plusieurs centres purulents. Des lésions de congestion généralisée, de gangrène ou de suppuration étendue sont surajoutées. Chez les animaux qui ont succombé à des manifestations chroniques, il existe de la pneumonie interstitielle, avec bronchiectasie et emphysème.

b) Suppurations .gourmeuses. — Dans le tissu conjonctif souscutané, les lésions affectent la forme d’abcès ou de suppurations diffuses qui gagnent les interstices musculaires et entraînent la nécrose des tissus.

De nombreux foyers purulents sont disséminés dans le tissu conjonctif œdématié de la tête et du cou. Les abcès n’ont que peu

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de tendance à s'ouvrir au dehors; ils constituent une menace continuelle d'infection purulente. Des accidents de même ordre siègent dans le tissu conjonctif péri-rectal et autour du cordon testiculaire (gourme de castration). |

Les lymphangites purulentes sont réparties en diverses régions; la suppuration s'étend aux vaisseaux et aux ganglions lymphatiques.

Des localisations gourmeuses sont disséminées en divers points |

de l'appareil digestif. On trouve dans les parois du pharynx un semis de petits abcès, disséminés dans la couche sous-muqueuse, ou des foyers volumineux. Des collections purulentes siègent aussi dans le tissu conjonctif et dans les ganglions rétro-pharyngiens.

Les altérations abdominales les plus ordinaires consistent en des abcès dans les ganglions mésentériques ou sous-lombaires; certains foyers renferment plus d'un litre de pus. Les suppurations des parois de l'estomac et de l'intestin sont rares (1). Dieckerhoff rencontre trois fois de petits abcès, de la grosseur d’une fève ou d’une noix dans la muqueuse de l’iléon ou du jéjunum; Robr trouve un foyer unique et volumineux du côlon flottant. Lors d'évolution lente, un tissu cicatriciel enkyste les abcès où des néomembranes soudent entre eux les territoires correspondants de la séreuse. Des abcès se développent dans le foie, la rate, les reins.

Du côté de l'appareil respiratoire, les suppurations s’établissent plutôt dans les ganglions médiastinaux ou bronchiques, qui atteignent jusqu'au volume de la tête d’un homme. Les ganglions préscapulaires et trachéaux, le tissu conjonctif péritrachéal sont le siège d'abcès ou de suppurations diffuses. Dans le poumon, les foyers disséminés sont entourés d’une zone d’hépatisation (pneu monie lobulaire purulente). Des pleurésies locales, dues au voisinage des foyers, des inflammations diffuses de li séreuse, consécutives à l'issue du pus dans les plèvres, des altérations superposées de congestion et de gangrène du poumon coexistent avec ces lésions.

Le myocarde est quelquefois envahi; les abcès siègent dans les

parois ventriculaires et dans la cloison interventriculaire.

Le cerveau renferme une ou plusieurs collections purulentes; toutes les régions sont exposées. « Les abcès chroniques — les plus nombreux — sont limités par une membrane enkystante ; les abcès aigus n’ont comme paroi qu'une couche pulpeuse, ramollie, rougeâtre. » (Le Calvé.)

(1) Dreckernorr. Lehrbuch der Pathologie, t. I, 1888, p. 367. — Rour. Complications abdominales de la gourme. Recueil de médecine vétérin., 1892, p. 487.

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Les localisations articulaires sont exprimées par des arthrites ou par des péri-arthrites suppurées.

9 2. — Gourme septicémique.

Les altérations portent sur tous les tissus; elles affectent partout le même caractère de congestions actives aboutissant, suivant le siège et l’intensité du processus, à l’exsudation séreuse, à l’hémorragie et à la gangrène. |

Les lésions cutanées sont peu connues dans leur forme anatomique. Sous un premier type, elles consistent en une exsudation dans les parties superficielles du derme. Il se produit des plaques de desquamation (eczéma gourmeux) ou des soulèvements épidermiques, sous la forme de papules et de vésicules. Les muqueuses montrent des pétéchies, des desquamations épithéliales et des hémorragies superficielles.

Un second mode d'évolution consiste en des tumeurs cutanées, disséminées ou confluentes. Les altérations sont nettement hémorragiques; le tissu cellulaire sous-cutané est distendu, au niveau des foyers, par du sang coagulé et par le sérum qui infiltre la trame celluleuse. En certaines régions, des hémorragies siègent dans les interstices musculaires et dans les gaines vasculaires. Sur les muqueuses, les hémorragies occupent de préférence l’arrière-bouche, le larynx et le pharynx; la muqueuse est épaissie, rouge brun; la couche sous-muqueuse est distendue par un exsudat hémorragique qui infiltre les tissus voisins.

Sous une troisième forme, les altérations aboutissent d’emblée à des escarres de la peau ou des muqueuses. « Sur le tégument externe, on rencontre, en divers points, des plaques gangreneuses qui, sur les membres, dépassent parfois en étendue la largeur de la main; en d’autres points, les lésions sont disposées en traînées allongées, sinueuses et plus ou moins larges... » (Wiart.) Des lésions identiques existent sur les muqueuses. La pituitaire est couverte de pétéchies ou de nappes hémorragiques qui s’éliminent en mettant à nu une surface couverte de fines granulations rouge vif. |

Les lésions de l’appareil digestif portent sur l'estomac et sur l'intestin. Les autres viscères de la cavité abdominale et le péritoine pariétal sont rarement affectés. « Les accidents se présentent sous forme d’ecchymoses, de suffusions sanguines, d’extravasats sanguins plus ou moins étendus et de plaies ulcéreuses. Sur cer-

Pire sujets, ces altérations sont réunies sur l’un ou l’autre intestin,

à l'exclusion des autres parties, et elles ont alors des Sarac to assez analogues à ceux de l’entérite hémorragique. Plus circonscrites, elles forment des plaques à contours irréguliers, sur lesquelles la muqueuse, noirâtre ou brun chocolat, est en voie de mortification. Après l'élimination des escarres, on trouve des plaies à bords taillés à pic, à fond bourgeonneux et rouge foncé. » (Wiart). Des invaginations, dues à la pénétration d’une portion hémorragique et paralysée de l'intestin dans la partie voisine, sont rencontrées en de nombreux cas.

Les localisations hémorragiques sur le poumon sont exprimées par des congestions lobaires détendue variable. Les parties atteintes sont hépatisées; le sang épanché remplit les cavités alvéolaires ; 1l dissèque le tissu interlobulaire et les gaines conjonctives des vaisseaux et des bronches. Si les malades résistent, il se produit des nécroses lobulaires ou lobaires, dues aux oblitérations vasculaires. L'évolution est souvent compliquée de suppuration et de gangrène, consécutives à la culture dans le tissu anémié de germes accidentellement introduits.

La plèvre est couverte d’ecchymoses; ses vaisseaux sont distendus. L’épanchement est constitué par une sérosité sanguinolente ou par une véritable hémorragie. Le sang coagulé remplit une partie des cavités et distend les mailles du médiastin. Le péricarde contient une sérosité rosée, en partie coagulée. Les altérations du périloine sont limitées aux parties congestionnées de l'intestin; le feuillet pariétal est rarement atteint. La cavité renferme un exsudat séro-hémorragique ou une masse de sang coagulé.

Les séreuses articulaires A une sérosité sanguinolente, liquide ou Coagulée. Les synoviales tendineuses altérées sont recouvertes par des bourgeons charnus qui soudent les feuillets et accolent les tendons entre eux et avec les parois de la gaine.

Les lésions musculaires hémorragiques se présentent en foyers limités, noyés dans la profondeur des muscles. L'épanchement dissèque les faisceaux musculaires et donne à la coupe un aspect « truffé » caractéristique. Les fibres musculaires emprisonnées dans l’exsudat sont décolorées, friables, en voie de dégénérescence.

Les accidents siègent dans toutes les régions. Dans la langue, les hémorragies déterminent une tuméfaction considérable.

Les centres nerveux montrent des épanchements séreux ou des hémorragies dans les méninges et dans les ventricules; il existe de

la congestion de l’encéphale, avec réplétion des capillaires et sablé hémorragique.

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