‹ Les maladies microbiennes des animauxChapitre 41 sur 107 · A PL · texte numérisé non relu

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320 MAMMITE STREPTOCOCCIQUE DE LA VACHE.

l'organe a conservé sa disposition lobulaire, mais chaque lobule semble s'être hypertrophié isolément et a perdu l’apparence spongieuse des lobules normaux. La partie malade est mal délimitée; le tissu glandulaire qui l’environne présente çà et là des îlots blanchâtres, denses, fermes, accusant l’envahissement progressif de la sclérose.

L'examen histologique dénote une sclérose consécutive à l’inflammation catarrhale des canaux excréteurs. Les éléments conjonctifs sont hypertrophiés; les cellules épithéliales des acini glandulaires et des canaux excréteurs sont gonflées et desquamées. Les parois infiltrées des canaux se confondent avec le tissu fibreux périphérique. L'examen bactériologique des coupes montre des amas de longs streptocoques, en pelotons inextricables, mélangés à des amas de cellules er tMAEER en voie de dégénérescence.

Diagnostic. — La mammite streptococcique ne peut être confondue avec les mammiles parenchymateuses, accompagnées de signes évidents d'inflammation locale et d’une altération initiale de la sécrétion. Seule, la mammile tuberculeuse pourrait être soupçonnée en quelques cas; il est à remarquer que le « nœud de la mamelle » débute toujours en un

même point, à l’origine du trayon, tandis que l’induration tuberculeuse

siège plutôt dans la profondeur de la glande; le caractère enzootique de la mammite ne laisse d’ailleurs aucun doute sur sa nature et il est toujours facile d'assurer le diagnostic par l’examen bactériologique (1).

Étiologie. — Étude expérimentale.

La virulence est limitée à la mamelle atteinte et à son contenu.

La contagion constitue la cause presque exclusive de la maladie. Dans une étable infectée, la transmission s’opère d’une vache à une autre par l'intermédiaire des trayeurs. Non seulement ceux-ci négligent de se laver les mains après chaque mulsion, mais c’est une habitude, en nombre de régions, de malaxer le trayon, au début de la traite, avec le lait qu’on vient de recueillir. On s’explique que dans les pays d'élevage, où les veaux tètent directement les mères, « l’induration de la mamelle » se montre à l’état sporadique, alors qu’au contraire la marche est nettement épizootique dans les vacheries industrielles.

La transmission indirecte, par les litières souillées, paraît ne jouer qu'un rôle insignifiant.

La diffusion est assurée par l'introduction d’une vache atteinte. En quelques cas, les vachers des étables envahies portent l'infection dans une étable voisine en y trayant des vaches saines.

(1) Le lait est recueilli dans un verre à réactif et laissé au repos. On prélève “ensuite, avec une pipette, quelques gouttes du dépôt. Les nombreux essais de Zschokke montrent qu'il suffit de deux préparations pour déceler . Fret coque.

L'observation démontre que la maladie procède presque toujours d’une contagion évidente ; on peut admettre cependant que le streptocoque est capable d’une vie saprophytique sous certaines conditions et qu'il détermine une infection directe.

La mammite est reproduite, chez la chèvre en lactation, par l’inocu-

lation d'une culture virulente dans la mamelle; après quinze jours environ, la glande inoculée montre un noyau induré et le lait présente les altérations habituelles. L’inoculation sous-cutanée des cultures ou du lait à la vache, au porc, au lapin, au cobaye, à la souris blanche est sans effet. L’injection intra-péritonéale au chien, au chat, au chevreau, au cobaye, au lapin est également inoffensive.

La pathogénie est facilement prévue. Le microbe pénètre de la glande par le canal du trayon; il atteint le sinus galactophore et cultive dans le liquide accumulé, pour gagner ensuite les gros canaux glandulaires. Le streptocoque provoque une inflammation catarrhale de la muqueuse et une induration du tissu cellulaire interstitiel, suivie de l’atrophie du parenchyme. La phagocytose s'exerce activement dans

la glande et nombre de leucocytes reuferment des chaïînettes enroulées (Zschokke).

Traitement.

La guérison est possible si l’on intervient dans les premières périodes. Les injections dans le trayon avec une solution à 4 pour 100 d’acide borique (Nocard et Mollereau) donnent de bons résultats au début. Moussu obtient la guérison, à toutes les périodes, avec la solution de fluorure de sodium (1 pour 1000 à 1 pour 200); on injecte, aussitôt après la traite, 100 à 150 grammes de la solution tiède; l’opération est répétée deux ou trois fois, à cinq ou six Jours d'intervalle. Le noyau induré disparaît peu à peu et le lait reprend ses caractères normaux. Les solutions de sublimé (Eggeling) ou d’acide phénique (Eber) ont été employées dans le même but (1).

On ne peutespérer une guérison complète si les lésions sont anciennes et l'induration considérable; le mieux est de renouveler l'injection d'acide borique quatre ou cinq fois, à douze heures d'intervalle; on assure ainsi la suppression complète de la sécrétion et l’animal cesse d'être dangereux au point de vue de la contagion.

Prophylaxie.

Les connaissances acquises sur les modes de l’infection permettent de formuler des règles prophylactiques efficaces.

({) Zschokke a essayé sans succès les injections du sérum antistreptococcique de Marmorek (200 gr. en six jours).

Nocarp et LECLAINCHE. — 3° éd. — II, b

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Avant la mulsion, le trayeur devra se laver les mains et laver la mamelle avec une solution d'acide phénique à 2 pour 100. Ce double lavage sera répété après la traite de chaque animal. Les vaches affectées seront traites les dernières, en commençant par les quartiers sains.

On peut isoler les malades, ou tout au moins les réunir à une extrémité de l’étable, en les séparant des animaux sains par une cloison étanche, On évitera de répandre/e lait virulent dans les litières et dans l’étable. Après le traitement, on enlèvera les fumiers et on désinfectera les locaux.

Il convient d'examiner avec soin les mamelles des vaches laitières introduites dans les vacheries industrielles et il est bon de soumettre les animaux à une quarantaine de quelques jours. |

L'ingestion du lait infecté paraît être sans danger pour l’homme; toutefois, l’altérabilité du liquide lui enlève ses qualités marchandes; il doit être bouilli et employé à l'alimentation des porcs (1),

(1) Axel Holst, de Christiania, observe quatre épidémies de catarrhe intestinal coïncidant avec l’ingestion de lait renfermant les streptocoques. La preuve n’est pas faite toutefois que le microbe fût la cause des accidents.

A. HozsT. La présence des streplocoques de la mammite cause de gastro-entérite…. Festskrift till Prof. Heiberg, 1895.

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