CHAPITRE XXVII
BOTRYOMYCOSE
On désigne sous le nom de botryomycose une infection caractérisée par la présence, dans certains tissus, de néoformations inflammatoires dues au Botryomyces equi.
Historique. — En 1870, Bollinger (1) rencontre, au sein de nodules fibreux du poumon du cheval, des parasites qu'il désigne sous le nom de Zooglea pulmonis equi. En 1879, Rivolta et Micellone signalent la présence d’un organisme voisin de l’actinomyces dans les néoformations du « champignon de castration »,chez le cheval. Rivolta(2) donne, en 1884, une description plus Éhioféte du parasite qu’il dénomme Dyseomaces equi. Le même organisme est étudié ensuite par Johne (3) sous le nom de Micrococcus ascoformans, par Rabe (4) sous celui de Micrococcus botryogenus, et enfin par Bollinger qui lui donne le nom de Botryomyces (5).
En même temps que de nombreuses observations cliniques sont . rapportées, l'étude bactériologique et expérimentale de l'affection est poursuivie par de Jong (6), Poncet et Dor (7), Parascandolo (8)...
Bactériologie. — Le Botryomyces se présente dans les tissus en amas müûriformes, mesurant environ un demi-millimètre de diamètre; les blocs sont eux-mêmes constitués par une agrégation de masses arrondies, du diamètre de 50 à 100 x, nettement délimitées par une membrane hyaline, brillante et homogène (asque). Les zooglées sont formées par la réunion d'éléments ronds, mesurant 1 x environ.
Le microcoque prend bien les couleurs d’aniline, notamment le bleu de Lôffler et le violet d'Ehrlich; il reste coloré par le procédé de Gram.
La culture est obtenue dans tous les milieux. Le bouillon est troublé en
(1) BoziNGER. Mycosis der Lunge beim Pferd. Archiv für pathol. Anat., t. XLIX, 1870, p. 983.
(2) RivocTa. Del micelio e del varielà e specie di Discomiceti palogeni. Giornale di Anat. Fis. e Patol., t. XVI, p. 181.
(3) JonnE. Zur nu bote des Samenstranges. Deutsche Zeitschr. für Thierm., t. XII. 1885, p. 73.
(4) RABE. Ueber mykotische Bindegewebswucherungen bei Pferden. Id.,t. XII, 1886, p.137.
(5) BozLiNGER. Ueber Botryomykose beim Pferd. Id., t. XIIT, 1887, p. 176.
(6) DE JonG. Untersuchungen über Botryomyces. Thés de Giessen, 1899.
(7) Poncer et Dor. La Botryomycose. Archives générales de médecine, 1900, p.129 et 214. — Spick. Spécificité de la Botryomycose. Thèse de Lyon, 1900.
(8) PARASCANDOLO. Die Botryomykose. Deutsche thierärztl. Wochenschrift, 1901, p. 182 et 195.
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24 heures, puis un dépôt jaunâtre s'opère. Sur gélatine, en plaque, les colonies arrondies, brillantes, d'aspect métallique, passent du blanc d'argent au jaune gris, puis la liquéfaction se produit. En piqûre, une culture blanche s'opère sur le trajet; la liquéfaction commence vers l'extrémité supérieure, donnént une cupule en forme de tulipe (Rabe); ce mode n’est cependant pas constant et la liquéfaction se fait aussi en entonnoir, comme pour le staphylocoque doré (de Jong). La gélose donne une couche d’abord blanche, puis jaune d'or ou orangée. Sur pomme de terre, la culture forme une couche jaune; elle répand une odeur fraiche CDDAMRE celle de la fraise. Le lait est coagulé,
Le microbe est pathogène pour le cheval, le mouton, la chèvre, le chien, le lapin, le cobaye, la souris.
Spécificité du botryomyces. — Si les amas zoogléiques du botryo-
myces ont une physionomie spéciale, leurs éléments constituants ne se distinguent en rien des staphylocoques pyogènes. Hell assimile le parasite au staphylocoque blanc; Kitt le considère comme une forme d’involution du staphylocoque doré; Mari le rapporte à la fois aux Staphylococcus aureus et citreus; de Jong l'identifie encore au staphylocoque doré; Mac Fadyean obtient des cultures sur gélose qui ressemblent tantôt à celles du staphylocoque doré, tantôt à celles du staphylocoque blanc; il formule des doutes quant à la spécificité du parasite. I est certain que l’analyse des seuls caractères bactériologiques du botryomyces et du staphylocoque doré ne permet pas une différenciation précise et que la plupart des dissemblances invoquées sont inconstantes (1). Mais une distinction est possible si l’on considère l’ensemble des propriétés biologiques et pathogènes des deux agents. « Le botryocoque et le staphylocoque sont tous deux pyogènes pour le cheval; mais jamais le staphylocoque n’a produit de grains jaunes dans le pus, jamais il n’a provoqué la formation d’une ele botryomycosique » (Spick, Poncet et Dor). D’après Parascandolo, les lapins immunisés contre le staphylocoque ne le sont point contre le botryomyces, et la réciproque est aussi vraie; d'autre part, le sérum des vaccinés contre le botryomyces n’agglutine pas le staphylocoque et réciproquement.
(4) D’après Spick, la culture du botryomyces sur gélose, jaune d’or à 50°, devient blanche à 570, « C’est là un caractère différentiel très net. » Parascandolo signale une série de différences quant aux propriétés physiologiques (cultures dans différents milieux) ou biochimiques (action de certaines substances) du staphylocoque et du botryomyces.
Kirr. Das Auseinanderkennen von Rotz und Botryomykose. Monatshefte für prakt. Thierheilk., t. I, 1889, p. 71.— Mari. Étude sur la botryomycose. Analyse in Journ. de médecine vétérin., 1895, p. 360. — DE JonG, SPick, PONCET et Dor, PARASCANDOLO. Loc. cit. — SABRAzÈS et LAUBIE. Non spécificité de la botryomycose. Archives générales de médecine, 1899, t. IT, p. 513. — GaLzi-VALERIO. Contribulion à l'étude de la botryomycose. Centralblatt für Bakteriol., t. XXVI (Orig.), 1902, p. 508 (avec bibliographie). — DrouET. La botryomycose. Thèse de Montpellier, 1902. — BopiN. Sur la botryomycose humaine. Annales de dermatologie, 1902, p. 289.
Par contre, Galli-Valerio obtient un botryomycome chez le lapin par l'inoculation d’un staphylocoque vieilli sur un brin de paille stérilisé; il estime « qu'aucun des caractères considérés comme typiques pour différencier le microcoque de la botryomycose du Micrococcus pyogenes aureus n'est suffisant pour permettre la création d’une espèce séparée ». Sabrazès et Laubie, puis Bodin concluent aussi à l'identité du boatryocoque et du staphylocoque doré (1).
S'il n’est pas certain que le botryomyces constitue une « bonne espèce »,
les propriétés spéciales du parasite font au moins de la botryomycose
une infection nettement différenciée.
Espèces affectées. — Les accidents sont observés surtout chez le cheval. On n’a signalé Jusqu'ici que quelques cas chez le bœuf et chez le porc.
L'affection est aussi RE DiRue chez l’homme.
Étude clinique.
J. — SyMPTÔMES.
a) Botryomycose chez le cheval (2). — Les lésions siègent dans la peau, dans le cordon testiculaire et, par exception, dans les viscères. L’infection reste limitée presque toujours à une région ou à un organe, mais on observe aussi l’envahissement par contiguïté de tissu ou la généralisation. |
Peau. — Le parasite est rencontré dans les tumeurs fibreuses superficielles décrites sous les noms de mycodermoïdes (Johne) ou de mycofibromes. Les tumeurs sont dures, indolores; leur surface, mamelonnée, présente des foyers de ramollissement superficiels, peu étendus, ou des orifices fistuleux qui donnent un pus blanc Jaunâtre et grumeleux. Elles siègent de préférence dans les points les plus exposés aux traumatismes, à la pointe de l'épaule, au garrot, au coude, au niveau de la parotide, du larynx, du fourreau, des articulations des membres... Elles envahissent le tronçon de la queue après l’amputation. Les fibromes diffus de l’extrémité des membres renferment souvent le botryomyces (Frühner).
Les botryomycomes sont communs chez le cheval; Frühner, à la clinique de Berlin, recueille plus de cinquante observations en deux
(1) D’après Bodin, « les néoplasies botryomycosiques humaines ne sont en somme que des bourgeons charnus, nés sous l'influence du staphylocoque doré et dont l'allure clinique spéciale et la forme pédiculée sont probablement dues aux particularités de structure anatomique de la région où ils se développent ».
(2) Kirr. Der Micrococcus ascoformans und das Mykofibrom des Pferdes. Centralblatt für Bakteriol., t. III, 1888, p. 177, 207, 246. — JENSEN. Ueber Botryomykose. Deutsche Zeitschr. für RAT SR t XVIIT, 1892, p. 455. — FRÔHNER. Ueber die Bedeutung und operative Behandlung der ile beim Pferde. Monatshefte für Thier-
heilk., t. VIII, 1897, p. 97 (avec photogr.).
DL a
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années. D’après Cadiot et Almy, « la plupart des tumeurs fibreuses creusées de fistules suppurantes relèvent de la botryomycose ».
Les tumeurs ont presque toujours une extension lente. Elles atteignent en quelques cas un volu 6 considérable. Rabe trouve dans la cavité abdominale une tumeur du poids de quinze kilogrammes, étendue sur la paroi inférieure, depuis la courbure gastrique du gros côlon jusqu’à la vessie. «D’autres tumeurs, de la grosseur d’un œuf, sont situées dans le voisinage. La masse principale communique avec le dehors par une fistule qui s'ouvre à la face interne de la cuisse, au voisinage du scrotum, et qui donne du pus épais et jaunâtre. |
CORDON TESTICULAIRE. — C’est dans les inflammations du cordon testiculaire, consécutives à la castration, que le botryomyces a été le plus souvent rencontré ({). | |
Les caractères cliniques de la tumeur développée sont bien connus. Les néoplasies sont envahissantes ; elles gagnent peu à peu toute l’étendue du cordon dans son trajet abdominal. Certains mycofibromes du cordon acquièrent des dimensions énormes. Ils sont constitués par du tissu
fibreux, lardacé, creusé de logettes ou de larges foyers renfermant du .
pus ou des matières ramollies. Le botryomyces est associé aux microbes ordinaires de la suppuration.
Muqueuses. — L’envahissement de la pituitaire est seul signalé jusqu'ici. Frühner (2) rencontre à l'entrée des cavités nasales une tumeur polypeuse, dure, de la grosseur d’une noix, ulcérée à sa surface. Storch trouve le sinus maxillaire gauche, le sinus frontal et la cavité nasale correspondante remplis par une tumeur du volume de la tête d’un enfant: il existe une déformation de la face et du jetage muco-purulent.
PauPiÈREs. — Dans une observation de Gutbrod (3), la paupière supérieure gauche forme une tumeur lisse, de la grosseur d’un œuf de poule; le bord libre est renversé en haut. La muqueuse épaissie est parsemée de 12 à 15 végétations mûriformes, saillantes, avec un centre purulent, ressemblant à de gros bourgeons charnus. Le pus renferme les conglomérats du botryomyces.
(1) Le botryomyces ne saurait être considéré comme la cause exclusive des tumeurs du cordon. Il existe des « champignons « purement inflammatoires ou dus
à des parasites différents; l’actinomyces joue le même rôle que le botryomyces..
Kitt et Hôflich ont rencontré, dans des foyers ramollis, la bactérie des septicémies hémorragiques.
Mongiardino reconnaît deux variétés de « funiculite » : l’une simple, due à divers traumatismes du cordon, l’autre spécifique. Ball ne trouve pas une seule fois le botryomyces dans neuf « champignons » examinés. = MonGrARDINO. Contributo allo studio di alcune neoplasie del cordone testicolare del cavallo... Il moderno Zooiïatro, 1900, p. 23 et 42. — BaLL. Pathogénie du champignon de castration. Bulletin de la Société des sciences vétérin. de Lyon, 1900, p. 196.
(2) FRôHNER. Botryomykom der Nasenschleimhaut. Monatshefte für Thierheilk., t. VIII, 1896, p. 98. — Srorcx. Ueber ein von der grossen Highmorshühle des Pferdes ausgehendes Botryomycom. Thierärztl. Centralbl., 1893, p. 342.
(3) GurBroD. Botryomykose des Augenlides. Wochenschrift für Thierheilk., 1900.
MaMELLE (1). — Un premier cas de botryomycose mammaire est rapporté par Nielsen et Sand, en 1890. Dans une observation nouvelle de Sand, il existe une tumeur du volume de la tête d’un homme, dure, mobile, indolore, pénétrée par une douzaine d’orifices fistuleux; le pus qui s'écoule des abcès superficiels renferme des grains jaunes caractéristiques. L'auteur rapporte cinq autres observations : il pense que cette localisation n’est pas très rare. Jensen, Frôhner, Unterhôüssel publient des cas semblables.
Viscères. — Le poumon est le siège de prédilection des lésions. En 1869, Bollinger rencontre, dans le poumon d’un cheval, des tubercules fibreux, atteignant jusqu’au volume d’une noix et renfermant des parasites qu’il désigne provisoirement sous le nom de Zooglea pulmonis equi. Une étude ultérieure les montre identiques au botryomyces.
Thomassen (2) constate l’envahissement du poumon, chez un cheval affecté d’une funiculite mycosique. Des symptômes de pneumonie aiguë sont suivis de mort après deux jours. Il existe des lésions de pneumonie lobaire fibrineuse, avec infiltration par des amas de botryomyces. Les lésions du cordon ont gagné par reptation le péritoine, les épiploons, le foie, le diaphragme et le poumon. Steiner (1891) et Wester (1894) signalent des exemples analogues.
Dans une observation de Rieck (3), le poumon est envahi par de petites masses fibreuses, de la grosseur d’une tête d’épingle à celle d’un pois, renfermant une petite quantité de pus jaunâtre. Le diaphragme est couvert, sur la face péritonéale, de néoformations gris blanc, rappelant l'aspect de la tuberculose récente des séreuses. La surface du foie et de la rate portent des. conglomérats du volume d’un œuf de poule; les ganglions mésentériques sont envahis. La paroi de l'utérus, fortement épaissie (5 à 18 centimètres), est transformée en une cuirasse fibreuse parsemée de nombreux foyers purulents. Les ovaires, du volume d'une grosse pomme, sont remplis par des foyers purulents à parois fibreuses très épaisses. L'auteur tend à admettre une infection directe de l’utérus, à la suite du coït avec un étalon affecté d’un botryomycome du pénis (?).
Frôhner (4) constate la généralisation des lésions chez un cheval affecté de botryomycose du cordon, traité par l’iodure de potassium. La partie
(1) Sann. Ueber Botryomykose im Euter bei der Stute. Archiv für Thierheilk., t. XIX, 1896, p. 98. — JENSEN. Loc. cit. — FRôHNER. Botryomykose des Euters beim Pferde. Monatshefte für Thierheilk., t. VII, 1895, p. 55. — UNTERHÔSSEL. Euterbotryomycose beim Pferde. Berl. thierärztl. Wochenschr., 1902, p. 4176.
(2) THOMASSEN. La botryomycose. Bulletin de la Société centr. de médecine vétérin., 1893, p. 513. — WEsTEr. Long-Botryomycose. Tijdschrift voor Veeartsenijk., t. XXI, 1894, p. 171.
(3) Riecx. Ausgedehnte Botryomykose bei einer Stute. Archiv für Thierheilk., t. XX, 1894, p. 213.
(4) FRÔHNER. Ein Fall von generalisirter Botryomykose..…. Monatshefte für Thierheilk., t, VIII, 1897, p. 171.
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abdominale du cordon est transformée en un épais cordon fibreux; le péritoine voisin est couvert de masses fibreuses épaisses; le poumon renferme des noyaux de di edarn d'un pois à celle d’une noix, contenant des conglomérats dé bôtryomyces.
Mac Fadyean (1) rapporte unesérie de trois observations. Dans un cas, la rate d’un poulain est farcie de nodules jaunâtres, de la grosseur d’une noisette à celle d’une noix. Chez un second cheval, porteur d’un « champignon » de castration, on trouve dans les poumons cinq tumeurs fibreuses, du volume d’un œuf à celui des deux poings, contenant de petits foyers purulents remplis de botryomyces. La troisième observation concerne un cheval morveux, affecté d’un double « champignon »; le poumon renferme une masse fibreuse, du diamètre d’un œuf de poule; la coupe ouvre de petits abcès; le pus contient les granulations parasitaires.
Kofler (2) publie un nouvel exemple de botryomycose généralisée. Il existe des tumeurs dans le cordon testiculaire, sur la peau de la mâchoire inférieure et de l'épaule. Le cheval tousse souvent et s’essouffle dès le début du travail; les muqueuses sont pâles et l’état général mauvais. L’autopsie décèle une tumeur, du volume de la tête d’un enfant, dans le poumon droit et une masse de la grosseur d’un œuf de pigeon, vers le hile du rein. |
b) Botryomycose chez le bœuf (3). — Czokor rencontre le botryomyces dans la mamelle d’une vache, au sein de foyers scléreux disséminés. Dans une observation d’Immelmann, la moitié de la glande est transformée en une tumeur fibreuse, creusée de logettes renfermant les parasites. Günther décèle le botryomyces dans des tumeurs du foie.
Reali trouve chez un bœuf trois botryomycomes siégeant à La fesse, en avant et au niveau de l'épaule. Les tumeurs sont irrégulières, dures, indolores et mobiles. Des fistules donnent un pus jaunâtre, sanieux, renfermant des grains de la grosseur d’une tête d’épingle.
c) Botryomycose chez le porc. — Wilbrandt (4) rapporte une observation consécutive à la castration. Il existe une tumeur fluctuante de l'extrémité du cordon et une tuméfaction dure et indolore des muscles de la cuisse. Dans le cordon, une collection d’un liquide brun renferme de petits corps solides en suspension. Les muscles de la cuisse sont
(4) Mac FaDpyEaAn. Metastatic lesions in Discomycosis. The Journal of Pathol. and Therap., t. XIII, 1900, p. 337.
(2) KorLer. Generalisirte Botryomykose des Pferdes. Thierärztl. Centralblatt, 1902, p. 298.
(3) Czokor. Un cas de botryomycose chez le bœuf. Semaine médicale, 1890, p. 436. — IMMELMANN. Botryomyces im Euter einer Kuh. Archiv für Thierheilk., t. XIX, 1893, p. 103. — GünrHEr. Botryomykome in der Leber des Rindes. Zeitschrift für Fleischund Milchhyg., t. IX, 1900, p. 14. — REaLr. Botriomicosi nel bue. Clinica Te 1900, p. 256.
(4) WiILBRANDT. Ein Fall von hochgradiger Botryomycose beim Schwein. Zeitschrs für Fleisch- und Milchhyg., t. IV, 1894, p. 111.
ÉTIOLOGIE. — ÉTUDE EXPÉRIMENTALE. 337
transformés en une masse fibreuse, parsemée de nombreuses cavités du diamètre d’un pois à celui d’une noisette. Les logettes renferment une matière granuleuse, grise, associée dans certaines à un liquide brun. On trouve les amas du botryomyces dans le tissu conjonetif enflammé.
Les lésions sont analogues à celles qui sont produites par l’actinomyces. Les tumeurs récentes sont constituées par un lissu de granulations et entourées par une zone vascularisée. Plus tard, elles sont formées par un amas de noyaux fibreux arrondis, présentant un centre ramolli, du diamètre d’une tête d’épingle à celui d’un pois. Dans les tumeurs volumineuses, les foyers de ramollissement contiennent un putrilage caséeux ou liquide. La peau et le tissu conjonctif sous-jacent sont transformés en une masse fibreuse recouverte par une croûte gris rouge.
Les logettes creusées dans les tumeurs et les masses ramollies renferment des grains Jaune pâle, ressemblant à du sable fin, constitués par des amas de botryomyces (2).
Étiologie. — Étude expérimentale.
Il est certain, & priori, que les germes du botryomyces sont répandus dans le milieu extérieur, comme les agents habituels de la suppuration. Ils sont apportés au contact de plaies ou de surfaces absorbantes par les poussières ou les souillures de toute nature.
L'effraction cutanée est possible à la suite de frottements réitérés. Rabe pense qu'elle est produite, chez le cheval, par le contact des harnais au niveau d’érosions et de plaies superficielles. Wester (1893) rapporte une observation qui confirme ces prévisions : un cheval présente, dans la région du collier et du poitrail, des botryomycomes qui sont opérés ; un autre cheval, qui porte le même harnais, est affecté à son tour dans la même région. La localisation fréquente sur le moignon du cordon testiculaire, après la castration, est la conséquence d'une infection directe pendant ou après l'opération; les parasites trouvent dans les tissus enflammés un terrain des plus favorables.
L'inoculation de la culture sous la peau du cheval produit un œdème inflammatoire, suivi d’une néoformation fibreuse; la tumeur présente les caractères des botryomycomes accidentels (Rabe). Ces effets sont obtenus seulement avec les cultures des premières générations; les autres per-
(4) Jonxe. Mykofibrom. Lehrbuch der pathol. Anatomie von Birch-Hirschfeld, t. I, 1897, p. 400. — Kirr. Lehrbuch der pathologischen Anatomie. 2 vol. 1900 et 1901. (2) Poxcer et Dor, BaLLz (Loc. cit.) étudient l'anatomie pathologique du « chambpi-
gnon de castration ».
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dent peu à peu leurs propriétés botryogènes et donnent seulement du pus (de Jong). Chez le mouton, inoculé sous la peau, l’œdème chaud local est suivi parfois de nécrose. Le chien résiste en général à l’injection sous-cutanée ou intra-péritonéale; quelquefois seulement un abcès se développe dans le Re Chez le lapin, l'inoculation souscutanée détermine des accidents locaux variables (œdème ou abcès) ou la mort par septicémie. Le dépôt dans le péritoine tue la plupart du temps par suppuration. L'inoculation intra-veineuse entraîne la mort par septicémie. Le cobaye jeune est tué par l'injection dans le péritoine; l'inoculation sous-cutanée occasionne un abcès, sans infection généralisée. La souris est tuée par l’inoculation sous-cutanée (de Jong), tandis que le rat blanc réagit faiblement.
Le botryomyces perd sa virulence dans les cultures après 5 à 8 mois; il reste vivant pendant 7 à 9 mois. La dessiccation tue en 55 à 40 jours à l'ombre et en 28 à 50 jours au soleil.
Traitement.
L'extirpation des tumeurs était considérée, jusqu'en ces dernières années, comme la seule intervention possible.
Les observations de Thomassen (1) établissent que l’iodure de potassium a sur lès lésions une action comparable à celle qui est exercée dans l’actinomycose. Des « champignons » volumineux ont été guéris après un mois de traitement. La médication n'est pas toujours efficace, mais il convient au moins de l’essayer avant que de recourir à une intervention chirurgicale grave. On donne l’iodure, à la dose de 10 grammes par jour, pendant quinze jours environ; la dose est abaissée ensuite à 6 grammes si des signes d’iodisme intense sont constatés.
(1) THomassex. Traitement de la funiculile chronique du cheval. Bulletin de la société centr. de médecine vétérin., 1895, p. 323 et 515.
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