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L'actinomycose des différents viscères est presque toujours méconnue; les aëécidents sont rapportés plulôt à la tuberculose. La constatation des actinomyces dans certains produits d'excrétion (jetage, pus...) permettrait un diagnostic certain. Celui-ci est d’autant plus utile que toutes les formes paraissent être curables au début.
b) Cheval. — L'’actinomycose des os maxillaires ou de la lanœue (1) est soupçonnée d’après l’analogie des accidents avec ceux qui sont constatés chez le bœuf. Les autres localisations ne sont. reconnues que par l'examen direct et après la constatation du parasite. |
c) Porc. — Les lésions sont rapportées en général à la {uberculose; seul, l'examen direct des suppurations ou des tumeurs exlir-
Étiologie. — Étude expérimentale.
Modes de l'infection. — L'observation démontre que la contagion ne joue qu’un rôle restreint dans la genèse de l’actinomycose et les connaissances acquises sur la sn. du parasite expliquent cette particularité.
L'actinomyces est essentiellement un parasite des végétaux; il
dans les tissus animaux. Les matières organiques souillées par le parasite, le pus des abcès et des fistules, le jetage, la salive, transmettent difficilement la maladie par les modes les plus variés de l’inoculation. Johne a obtenu cependant l'infection chez la génisse. Chez le lapin et le cobaye, on produit une évolution lente, caractérisée par la présence de foyers dans le péritoine, le mésentère et l’épiploon (Max Wolff et J. Israël).
L'infection par les plantes est bien établie. Les graminées sont surtout dangereuses, en raison de la facilité de pénétration des
(1) Hôflich rapporte une intéressante observation de glossite chronique, due à «« l’'envahissement des muscles par des sarcosporidies. La langue est volumineuse et dure, sauf vers la pointe ; la muqueuse est pâle et lisse; les bords présentent des plaies irrégulières, dues au pincement par les molaires; la face supérieure porte deux ulcères irréguliers, rouge brun; sur la coupe, le tissu conjonctif est hypertrophié, fibreux, tandis que les museles sont pâles et atrophiés. Toutes les parties sont envahies par des sarcosporidies; on trouve encore celles-ci dans les muscles des lèvres, du pharynx, du larynx, les intercostaux, les psoas..… Le
HôrLicx. Ein Fall von Glossitis chronica sarcosporidica bei einem Pferde. Jahresb. der. k. thierärztl. Hochschule in München, 1897-1898, p. 75.
ÉTIOLOGIE. — ÉTUDE EXPÉRIMENTALE. 397
épillets. L’Hordeum murinum est considéré comme un véhicule fréquent du parasite (Brazzola). Des observations de R. Jensen montrent que l’actinomycose est apparue en divers points du Seeland (Danemark), à la suite de la substitution aux prairies de la culture des céréales et de l’orge notamment. Une observation de Neuwirth établit le rôle des pailles (orge et blé) dans la genèse de la maladie.
Il est hors de doute que l’actinomyces se trouve communément répandu sur les végétaux, en certaines régions, sous un état encore indéterminé (1). Les circonstances qui favorisent la souillure des fourrages par la terre, comme les pluies et les inondations, multiphent les chances de contamination (2).
L'infection est facilitée par la résistance des germes. D’après Liebman, les spores produites dans les cultures en milieux liquides résistent pendant quatorze minutes à l'ébullition et elles supportent une température sèche de 145° pendant trois heures (?). L’acide phénique à 5 pour 100 est sans action et la solution de sublimé à 1 pour 1000 ne les détruit qu'après cinq minutes de contact.
La pénétration du parasite s’effectue ordinairement dans les premières voies digestives; les épillets porte-germes s’implantent dans la langue, dans l’arrière-bouche, le pharynx, ou bien ils séjournent entre les molaires et pénètrent dans l’alvéole. Krantz et Tribout (3) étudient chez les bœufs africains une actinomycose miliaire de la langue simulant la ladrerie: les nodosités, enchâssées sous la muqueuse, occupent l’acinus d’une glandule salivaire ; au centre d’un noyau jaunâtre, purulent, on voit un petit corps étranger, épine ou poil végétal, d’où partent les touffes d’actino-
(1) Terni trouve les actinomyces dans des nodules du foie chez les lézards (Lacerta agilis et viridis):; il décrit une forme spéciale du parasite (Actinomyces lacertæ). L’inoculation des cultures à L. agilis, viridis, muralis et à Coluber viridiflavus reproduit les lésions. Les lézards pourraient être une cause de diffusion de l’actinomyces dans les pâturages. Galli Valerio trouve deux fois les parasites dans le foie du lézard.
TERNI. Actinomicosi della lucertola. L’Uïficiale sanitario, 1896, p. 160. — Gazzi VALERIO. Il moderno Zooiatro, 1897, p. 7.
(2) Preusse rapporte l’histoire d’une enzootie observée en Prusse, dans la plaine basse qui s'étend entre Elbing et Marienburg. Les prairies restent submergées pendant trois mois et les animaux reçoivent pendant l'hiver des fourrages vasés. 20 pour 100 des bovidés sont affectés, surtout à la peau de la tête, moins souvent dans les ganglions du cou, aux mâchoires, à la langue, aux naseaux....
Preusse. Zur Lehre von der Aktinomykosis. Anal. in Deutsche thierärztl. Wochenschrift, 1899, p. 165. |
(3) Kranrz et TrigouT. Sur une forme d'invasion de l'actinomycose. Recueil de médecine vétérinaire, 1895, p. 469.
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358 ACTINOMYCOSE.
myces. Chez le pore; Johne trouve les parasites à la surface de balles d'orge entre les piliers du voile du palais; Korsak rencontre souvent, dans les amygdales du porc, des barbes aiguës de graminées revêtues d’actinomyces. Chez la vache, Piana, Kouritsine, Neuwirth... voient les parasites végéter sur des fragments de graminées implantés à la surface de la langue, puis pénétrer de là dans la profondeur des tissus. Diverses circonstances favorisent le séjour et la pénétration des parcelles alimentaires; la carie dentaire, l’éruption des molaires ou des incisives de remplacement sont les causes prédisposantes les mieux établies. Faletti signale la fréquence de l'infection à la suite de l'éruption aphteuse du bœuf et il la rapporte à une inoculation plus facile au niveau des érosions de la muqueuse.
L’invasion de la langue paraît facilitée, chez le bœuf, par la disposition anatomique de l’organe (1). La partie fixe est séparée de la portion antérieure mobile par une dépression et un sillon transversal qui s’accusent avec l’âge (Guittard, Henschel et Falk, Breuer...). D'autre part, les papilles qui tapissent et protègent la région disparaissent peu à peu chez les adultes. Les corps qui séjournent dans la bouche {épillets, grains, poils...) tendent à s’accumuler dans le sillon, tandis que les mouvements de la partie libre favorisent la pénétration. Il se forme des fissures et des plaies ulcéreuses, qui ‘deviennent une porte d’entrée facile pour l’actinomyces. Ge procédé explique la présence exclusive (Breuer) des lésions chez les adultes (deux ans au moins) et leur fréquence extrême chez les vieux animaux (8 à 10 ans) (2).
La pénétration dans les parois des estomacs ou de l'intestin est plus difficile, en raison du ramollissement des fragments ligneux, devenus peu aptes à s'implanter dans les tissus, et peut-être aussi d’une altération du parasite. L’infection directe par les voies respiratoires paraît possible, soit par inhalation de poussières chargées de spores (Pflug, Buzzi et Conti), soit par la chute dans la trachée de parcelles alimentaires portant les parasites. L'envahissement de la mamelle est sans doute le résultat d’une contaminaon directe; les champignons, répandus sur le sol ou dans les
(1) BrEUER. Ueber die Entstehung der Zungenaktinomykose der Rinder. Zeitschrift für Fleisch- und Milchhyg., t. XI, 1901, p. 103.
(2) Les lésions primitives ainsi constituées, décrites sous le nom d’ulcère de la langue (Zungengeschwäür), trou de la langue... paraissent fréquentes en certaines régions, — GUITTARD. Pathologie bovine, 1895, p.64. — Zwicxer. Zungengeschwür bei Rindern. Berliner thierärztl Wochenschrift, 1899, p. 145. — NéssL. Id., Thierärztl. Centralblatt, 1899, p. 477.
litières, pénètrent et végètent dans les canaux galactophores (Johne). :
L'inoculation par effraction à travers la peau est soupçonnée pour les formes cutanées primitives. Le frottement des harnais, des colliers ou des chaînes d'attache expliquerait la fréquence des localisations sur l’encolure.
Certaines opérations chirurgicales favorisent l'infection; la castration chez le cheval, le taureau, le porc, la truie, est l’origine d’accidents localisés ou étendus. Les parasites, apportés au contact de plaies opératoires, proviennent sans doute des lits de paille, et cette infection serait facile à éviter (1).
Pathogénie. — L'’actinomyces provoque dans les tissus un afflux de cellules migratrices ; celles-ci subissent, en même temps que les cellules conjonctives, la transformation épithélioïde (2). Les lésions s'étendent de proche en proche; les filaments englobés par les phagocytes sont entraînés dans le voisinage et créent de nouveaux foyers.
En quelques cas, la généralisation semble s'opérer par la voie sanguine; on peut rapporter à ce mode l'extension des lésions aux séreuses, aux épiploons et aux tissus musculaire et osseux.
L’actinomyces donne des filaments mycéliens ramifiés dans quelques. milieux seulement, et alors que la résistance est peu marquée; si la défense est active, on observe des formes d’involution et le parasite peut être détruit sur place.
Traitement.
L’actinomycose présente cette curieuse particularité d’être justiciable d’un traitement spécifique (3).
Thomassen montre, en 1885, que la médication 1odurée permet d'obtenir la guérison complète dans presque tous les cas d'actino-
(1) Gooch (1894) observe les lésions sur le trajet de sétons chez plusieurs bœufs d’un même troupeau.
(2) PaAuLowsky et MaksuTorr. Sur la phagocytose dans l’actinomycose. Annales de l’Institut Pasteur, t. VII, 1895, p. 544. — Hocune. Histogenèse du nodule actinomycosique.... Archives de médecine expérimentale, 1899, p. 599.
(3) THOMASSEN. L'actinomycose au point de vue de sa thérapeutique. Écho vétérinaire belge, t. XV, 1885, p. 409. — Nocarp. Notes sur l’actinomycose des animaux. Bulletin de la Société centr. de médecine vétérin., 1892, p. 167. — Id., id., 1895, p. 13. — SaLMox. Report upon investigations relating to the treatment of lumpy jaw, Broch., Washington, 1893. — STREBEL. Die lodbehandlung der Aktinomykose beim Rinde (avec bibliogr.). Schweizer-Archiv für Thierheilk., 1898, p. 49.
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360 ACTINOMYCOSE.
mycose récente. Apphquée avec un succès à peu près constant par
quelques vétérinaires hollandais et allemands, la méthode nouvelle ne se répand que très lentement. L’attention est appelée sur la question, en 1892, par une communication de Nocard, relatant les merveilleux effets de l'iodure sur la « langue de bois » du bœuf. Presque aussitôt, le traitement est employé contre l’actinomycose
de l'homme et des animaux en Hollande, en Allemagne, en Italie …
et en France. Aux Etats-Unis, une commission officielle est char-
gée de recherches sur le même sujet. Sur un total de 185 animaux
affectés de tumeurs volumineuses des mâchoires ou de la région parotidienne, 151, soit 71 pour 100, sont complètement guéris; on note chez les autres une amélioration sensible : 53 animaux, affectés à un moindre degré et traités par les propriétaires, guérissent également. |
L'iodure de potassium est administré par les voies digestives, à la dose de 8 à 12 grammes par Jour, pendant quinze jours en moyenne. La médication est reprise, après un repos de quelques jours, si quelque lésion persiste. Les accidents d’iodisme sont peu à craindre; ils ne justifient l'interruption du traitement que s'ils deviennent très alarmants.
Les constatations de Moussu, de Frick et d’Imminger (1) mon
trent: que le traitement est d'autant plus efficace que les régions envahies sont plus vascularisées. Les conditions du traitement sont bien établies par Moussu, qui distingue à ce point de vue une aclinomycose des tissus mous et une actinomycose osseuse. L’actinomycose des tissus mous : muscles, glandes, ganglions, séreuses..…. est curable par l’iodure. Pour l’actinomycose linguale, par exemple, la langue se mobilise quelques jours après le début du traitement et, de jour en jour, la guérison s’accentue. La médicalion doit être prolongée pendant trois semaines ou un mois en moyenne. Une récidive est possible, exigeant un nouveau traitement; de plus, on doit redouter, à longue échéance, l’atrophie scléreuse de la langue, complication irrémédiable entraînant l'impotence fonctionnelle définitive. Il est indiqué, pour cette raison, de hâter l’engraissement des animaux et leur utilisation pour la boucherie. Les localisations parotidiennes, cervicales ou autres, cèdent à la
(1) Moussu. Pronostic et traitement de l’actinomycose maæillaire. Recueil de médecine vétérin., 1896, p. 465. Traité des maladies du bétail, 1902, p. 660. — Frick. Die Behandlung der Actinomykose und ihre Erfolge. Deutsche thierärztl. Wochenschr., 1896, p. 407. — IumiINGER. Eïiniges über die operative Behandlung der Actinomycome. Monatshefte für Thierheïlk., . XI, 1899, p. 129.
PROPHYLAXIE. s61
même médication; mais il convient en plus de déterger les fistules, d’abraser les bourgeons exubérants, de nettoyer les culs-de-sac, de curetter les régions accessibles. La durée du traitement est plus longue que pour l’actinomycose de la langue; on abaisse la dose d'iodure à 2-4 grammes par jour, dès que des signes d’iodisme sont relevés. :
L'actinomycose osseuse résiste en général à la médication iodurée employée seule. Il faut combiner celle-ci avec une intervention chirurgicale, curettage ou ablation de l'os atteint. Les fistules osseuses sont mises à nu par des incisions en côte de melon des tissus superficiels; on évide ensuite l’intérieur de l'os avec une curette tranchante et on applique un pansement iodé ou iodoformé. L'intervention n’est utile qu’au début et pour des animaux de valeur que l’on tient à conserver {(Moussu).
Les applications extérieures sur les tumeurs (teinture d’iode, pommade 1odo-iodurée) et les injections intra-parenchymateuses (teinture d'iode, solution de Lugol) sont d’une efficacité douteuse: elles ne réussissent que dans les formes curables par la seule médication interne. (1)
Prophylaxie.
Les connaissances acquises sur la biologie de l’actinomyces et sur les modes de l'infection sont trop incomplètes pour servir de base à une prophylaxie certaine. Dans les étables habituellement envahies, on évitera autant que possible l'alimentation avec les pailles de céréales. Il est RAC d'isoler les SPAS jusqu’à leur complète guérison.
Transmission à l'homme. — La transmission de l’actinomycose des animaux à l’homme est rendue improbable par tous les faits d'observation. Les statistiques ne démontrent nullement la fréquence plus grande de la maladie chez les personnes qui ont des rapports habituels avec les animaux; d'autre part, des observations précises
(1) Le mode d'action de l’iodure de potassium est difficile à préciser. Dans lactinomycose linguale, les nodules disparaissent très vite et une amélioration est évidente dès les premiers jours; les tumeurs du maxillaire fondent avec une rapidité surprenante, en même temps que la suppuration cesse. L'action spécifique ne parait pas s'exercer sur le champignon, car celui-ci cultive dans des milieux additionnés de 1 pour 100 d’iodure de potassium (Nocard); elle porterait donc sur les éléments anatomiques, dont les propriétés sont subitement et profondément modifiées.
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établissent que l'infection s'opère par l’intermédiaire des végétaux, comme pour les animaux et suivant des procédés identiques.
On ne saurait affirmer cependant que la contagion soit impossible, et quelques précautions doivent être conseillées aux personnes chargées de soigner les animaux affectés de suppurations actinomycosiques. Le simple lavage des régions exposées suffit à écarter tout danger d'infection cutanée; les plaies seront mises à l'abri des souillures par une membrane isolante (taffetas, caoutchouc, collodion); on évitera le transport des matières infectantes ou des corps souillés (pailles, fourrages...) au contact des muqueuses.
Utilisation des viandes. — Les viandes renfermant des parasites doivent être rejetées de la consommation, saisies et dénaturées, encore que leur nocivité n’ait pas été démontrée jusqu'ici. A l’abattoir de Berlin, la présence des actinomyces (?) dans les muscles du porc ou du mouton entraîne la saisie totale; la graisse seule peut être utilisée, après avoir été fondue à une haute température. A Zurich, un ordre du 14 juillet 1882 interdit aussi la mise en vente des viandes infectées. Dans l'Illinois, les bœufs atteits sont saisis sur les marchés, abattus et enfouis. Ces mesures sont tout à fait injusüfiées ; la saisie des régions envahies est seule indiquée.
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