‹ Les maladies microbiennes des animauxChapitre 53 sur 107 · NA NOTES RE MENT · texte numérisé non relu

NA NOTES RE MENT

380 ACTINOBACILLOSE.

virulente détermine des accidents semblables à ceux qui sont constatés chez le bœuf; l'injection intra-veineuse occasionne des phénomènes passagers d'intoxication. Le cheval et l'âne, inoculés sous la peau, présentent un œdème inflammatoire envahissant, puis un abcès qui donne du pus séreux, cailleboté, renfermant peu de microbes libres et pas de touffes de massues: la cicatrisation est très rapide. L'injection dans les veines est bien supportée; mais elle produit souvent une phlébite adhésive, avec oblitération définitive du vaisseau. Le porc est sensible à la toxine, plutôt qu’au bacille. Le dépôt de la culture sous la peau occasionne des troubles (abattement, tremblements, etc.) qui persistent pendant quelques heures; un petit abcès se forme au point inoculé. Les accidents généraux sont plus marqués encore après l'injection intraveineuse. Le chien jeune succombe souvent à l’inoculation intra-veineuse d’une culture; la mort arrive en vingt-quatre heures, sans lésions visibles, ou après trois ou quatre Jours,avec de petits foyers purulents disséminés dans les viscères et surtout dans le foie.

Le cobaye inoculé sous la peau ou dans les muscles ne montre qu’un abcès local. Le dépôt d’une dose massive dans le péritoine occasionne une péritonite aiguë, qui tue d'ordinaire en douze à vingt-quatre heures; une dose plus faible occasionne une vaginalite, analogue à celle qui PE due aux bacilles de la morve ou de la lymphangite ulcéreuse, et la mort en cinq à sept jours. Les lésions, localisées à l'abdomen, consistent en un semis de foyers purulents, de la grosseur d'un grain de mil ou de chènevis, répartis sur toute la séreuse et de préférence sur le diaphragme, la rate et l’épiploon. Le lapin est très peu sensible; l’inoculation sous la peau produit un abcès qui évolue en quelques jours. Le rat blanc présente les mêmes réactions. La souris grise est tuée en vingt-quatre heures par l'injection dans le péritoine. Les oiseaux sont réfractaires.

Pathogénie. — Les premiers stades de l’évolution sont indéterminés; il est probable que les parasites, apportés par les aliments, pénètrent par les premières voies digestives.

L'actinobacille provoque une réaction inflammatoire des tissus, exprimée par l'infiltration leucocytaire et la néoformation conjonctive. Les nodules sont constitués au début par une touffe actinobacillaire entourée de cellules épithélioïdes et de leucocytes; plus tard, la fonte purulente s'opère et les foyers voisins se réunissent. Le transport des bacilles par les cellules migratrices explique l’envahissement progressif des ganglions et la création de foyers disséminés.

Résistance du virus. — Le bacille est tué, par la dessiccation. Le pus, conservé en pipettes fermées, donne après deux mois quelques rares colonies; il est stérile après six mois. Le virus est détruit par le chauffage en 1 heure 1/2 à 52 degrés, en 1 heure à 54 degrés, en 10 minutes à 62 degrés, en 1 minute à 100 degrés. La résistance aux antiseptiques est très faible.

Modifications de la virulence. — Immunisation.— La virulence est

pre.

TRAITEMENT. =) PROPHYEAXTE: 381

conservée dans les cultures, à la condition de pratiquer tous les jours

ou tous les deux Jours un nouvel ensemen cement. Les microbes recueillis à la période de déclin de la maladie spontanée ont une virulence affaiblie. Les inoculations en série déterminent aussi une diminution de la virulence.

On peut obtenir un sérum immunisant. Un cheval qui a reçu des doses croissantes de culture en bouillon-peptone donne un sérum qui immunise préventivement le cobaye, à l'égard d’une inoculation dans le péritoine. L’injection de sérum, pratiquée un ou deux jours après l’inoculation virulente, est encore efficace dans certains cas. Le sérum jouit de propriétés agglutinantes très marquées.

Traitement. — Prophylaxie. — C’est surtout contre l’actinobacillose que le traitement de Thomassen se montre efficace. Les lésions osseuses résistent seules à la médication iodurée. L'iodure de potassium est administré par ingestion, à la dose de 10 à 12 grammes par jour, pendant une quinzaine de jours. Les injections interstitielles de la solution iodurée à 1 pour 10 ou de la solution de Lugol (1 c. c. en chaque point) ont les mêmes effets. La ponction des abcès, le curettage et le tamponnement des cavités, avec la teinture d’iode ou un antiseptique fort, complètent l'intervention.

L’isolement des malades est indispensable, même dans les formes qui ont peu de tendance à la diffusion. L’abatage aussi précoce que possible est souvent la mesure la plus économique; on fait évacuer ensuite les prairies contaminées.

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