‹ Les maladies microbiennes des animauxChapitre 55 sur 107 · ROLE PATHOGÈNE DU BACILLE · texte numérisé non relu

ROLE PATHOGÈNE DU BACILLE

Bactériologie. — Le microbe est essentiellement polymorphe.

En certains cas, 1l forme au sein des tissus un feutrage composé de

très longs filaments (80-100 ), présentant souvent une extrémité épaissie et une terminaison effilée (1). En d’autres, la forme est nettement bacillaire; mais la longueur des bâtonnets est très variable et les formes très courtes ont l'aspect de cocci. L'épaisseur des bacilles varie entre 0,75 et 1 u

La coloration est oblenue par le bleu de Lôffler et par la fuchsine phéniquée, mais non par la méthode de Gram. Le microbe est un anaérobie de nécessité. | - Le développement s'opère entre 50 et 40°, de préférence à 37°. La culture en bouillon de veau peptonisé, difficile à « mettre en train », donne en 2 à 5 jours un trouble uniforme. Sur sérum, en strie, on obtient de petites colonies isolées, blanchâtres ; l’'ensemencement par piqûre donne, après 6 à 8 jours, de petites colonies gris blanc d’où partent une infinité de fins rayons divergents; l’aspect rappelle celui des cultures du bacille du rouget dans la gélatine (Schmorl). Sur plaque de sérum-gélose, les colonies forment un semis de colonies profondes, atteignant à peine le diamètre d'une tête d’épingle, constituées par des pelotons enchevêtrés d’où partent des filaments radiés. Dans le sérum liquide, la culture produit des coagula grisâtres, renfermant des amas de très longs bacilles ; la coagulation est complète après quelques jours. La porte de terre ne donne aucun développement.

Le microbe est pathogène pour le lapin et pour la souris. Le cobaye, le chien, le chat, le pigeon et la poule sont réfractaires.

Rôle pathogène du bacille. Classification des formes. — Le « bacille de la nécrose » représente à coup sûr une forme saprophyte abondamment répandue. Les observations de Bang montrent que le microbe est présent dans le cæcum du porc à l'état de santé; il est probable qu'il constitue un hôte habituel ou occasionnel du tube digestif chez les hérbivores.

En nombre de circonstances, le bacille ne devient pathogène que grâce à des altérations préexistantes des tissus. Dans la pneumoentérite du porc, il cultive dans les milieux déjà envahis par les bactéries spécifiques et il modifie l'aspect des lésions par son action nécrosante (Bang). Gutbrod (2) le découvre dans un abcès actino:

(4) Schmorl décrit le parasite comme un streptothrix (Streptothriæ cuniculi) ; Jensen le désigne sous le nom de Bacillus necroseos.

(2) Gureron. Beitrag zur Kasuistik der Tuberculose. Anal. in Zeitschrift für Fleischund Milchhyg., t. X, 1900, p. 209.

mycosique de la mâchoire, chez une vache. On peut prévoir qu’en la plupart des cas il n'intervient que secondairement, imprimant des caractères communs à des troubles différents par leur origine et leur pathogénie. Il est permis de penser que la plupart des « inflammations diphtéritiques » des mammifères adultes, signalées maintes fois chez toutes les espèces, relèvent d’une infection, primitive ou secondaire, par le « bacille de la nécrose ».

En quelques cas aussi, grâce à son adaptation plus parfaite à la vie parasitaire ou à une moindre résistance des organismes, le « parasite occasionnel » devient un « parasite vrai » et détermine à lui seul diverses lésions. Toutes les espèces herbivores paraissent tributaires du bacille; on peut esquisser son rôle pathogène chez le cheval, le bœuf, le mouton, le renne, le lapin...

I. CHEvaz. — Le bacille est rencontré dans les gangrènes cutanées de l'extrémité des membres (javart cutané, Brandmauke).

La généralisation de l'infection est possible. Nielsen (1) décrit dE cas de pneumonie nécrosante en foyers, au cours de la « Brandmauke » ; les lésions pulmonaires renferment des amas bacillaires. Mac Fadyean (2) relève trois observations analogues. Des chevaux porteurs de javarts cutanés de l'extrémité des membres présentent des foyers de suppuration dans le poumon et parfois de la pleurésie (2 cas). L'examen bactériologique du pus et l’inoculation au lapin décèlent le bacille de la nécrose dans le poumon et dans les lésions cutanées initiales.

II. Bœur. — La diphtérie des veaux constitue une première modalité de l'infection. ;

Il est à peu près certain que le bacille de la nécrose joue un rôle essentiel dans la pathogénie de la « nécrose des onglons » (piétin du bœuf, Panaris, Klauenkrebs), très analogue et peut être identique à la zoppina, enzootique dans la Lombardie (3).

La présence des bacilles dans des abcès du poumon et du foie, démontrée par Mac Fadyean (4), est signalée à nouveau par Jensen et par Ostertag. Les lésions du foie sont communes chez les veaux sacrifiés à l’abattoir de Toulouse (Observ. inéd.). Les abcès forment dans le foie des

(4) NIELSEN. Metastatisk Lungebetændelse efter Brandbyld. Maanedsskrift for Dyrlæger, t. IX, 1897, p. 99.

(2) Mac FaADyEAN. Metastalic lesions in bacillary necrosis. The Journal of compar. Pathol. and Therap., t. XIIF, 1900, p. 549.

(3) On peut prévoir que ces accidents ne sont pas rares et que les complications d'infection purulente, consécutives aux suppurations du pied et de diverses régions, sont dues parfois au bacille de la nécrose.

Voir sur ce sujet l’intéressant travail d'IMMINGER : Ueber den sogenannten Klauenkrebs beim Rinde. Berliner thierärztl. Wochenschrift, 1898, p. 517.

(4) Mac FADYEAN. Disseminated necrosis of the liver of the ox and sheep. The Journal of comp. Pathol. and Therap., t. IV. 1891, p. 46.

sr sun voérqr mani

sr ft

Page 1